Karmen Gaï. Un film réalisé par Joseph Gaï Ramaka et qui a défrayé la chronique au Sénégal et a crée l’ire chez les Baye Fall. Ces derniers avaient d’ailleurs tout saccagé sur leur passage lors de la première du film au Cices. Car ayant entendu des Khassaïd de Serigne Touba sur le passage d’une scène assez provocatrice. Dix ans après, l’actrice principale du film Dièynaba Diop, qui est rentrée des Etats-Unis où elle vivait depuis, revient sur cet épisode de sa vie avec beaucoup de regrets. Entretien.

DIX ANS APRES LA SORTIE DU FILM KARMEN : Gai, dieynaba diop qui a tenu le role principal se confie «Karmen, si c’était à refaire, je ne l’aurai jamais refait»

Présentez-vous d’abord à nos lecteurs
Je m’appelle Dièynaba Diop, mais certains m’appellent Dièynaba Diop Karmen, d’autres Karmen tout simplement. Je suis Sénégalaise. Je suis musulmane. Je précise que je suis mouride (elle éclate de rire…). J’ai une maîtrise en philosophie. Après j’ai commencé à défiler un peu. J’ai toujours été une fille de société. Avec mon premier mariage, j’ai dû arrêter les défilés. Par la suite, j’ai épousé Joseph Gaï Ramaka, réalisateur sénégalais avec qui j’ai commencé le cinéma.

Vous êtes toujours mariée ?
Non (elle s’éclate encore de rire…). Karmen a pris la place de Dièyna. Comme Dièyna devait partir dans tous les cas, on a laissé Karmen se réaliser toute seule. Je suis divorcée depuis 2002. J’ai 44 ans et je suis mère de trois garçons, dont deux jumeaux et une fille.

Puisque vous en parlez, comment s’est déroulé le casting du film Karmen qui vous a rendu célèbre ?
Au début, c’était à moi de m’occuper du casting. Je n’étais pas supposée jouer dans le film. Le casting était un peu difficile à faire parce que je pouvais trouver tous les autres personnages facilement. Car des belles filles, il y en a énormément à Dakar. Mais une Karmen qui peut incarner Karmen, qui était un personnage très physique, très compliqué à cerner, c’était très difficile. Puisque je maîtrisais le scénario. Et à force d’expliquer la personnalité de Karmen, mon mari a dit finalement : ‘c’est toi Karmen’.

Pourquoi avez-vous accepté d’incarner Karmen ?
Je sais comment mon mari a travaillé sur ce scénario pendant vingt ans. Les réalisateurs de cinéma sont comme des artistes plasticiens. Leurs scénarios sont leurs bébés. Ils y tiennent. Donc, je n’ai pas pu lui dire non. Je me disais que ce n’était pas mon devoir de lui dire non. Il y tenait, donc je devais faire tout mon possible pour l’aider à réaliser son bébé. Je n’étais pas actrice, mais je devais essayer.

Comment avez-vous fait pour entrer dans la peau du personnage de Karmen qui était quand même dévergondé et provocateur ?
J’ai été femme au foyer presque toute ma vie. Donc, ce n’était pas facile. J’ai dû répéter. Pour me mettre dans la peau de Karmen, on a fait venir un professeur russe de Moscou. Un professeur de théâtre qui a fait les premiers pas de Robert de Niro ainsi que toute une équipe technique. Il n’y avait rien de personnel parce que je ne suis pas Karmen, je suis tout à fait le contraire de Karmen. Donc, il fallait que je sois professionnelle et comme je n’étais pas actrice, il fallait qu’on m’aide. Nous avons travaillé sur comment occuper l’espace, transposer mon corps, etc. Cela a été très bénéfique. Il fallait apprendre à nager, à parler comme dans le milieu du cinéma. J’ai dû apprendre à danser, car je ne savais pas danser le Sabar. A chanter et à retenir mon souffle un peu longtemps puisque je suis asthmatique. Donc, je m’entraînais tout le temps. Karmen avait besoin d’avoir un peu de muscles, parce que c’est une fille un peu dévergondée et la police lui courait après. Donc, j’ai dû apprendre à faire tout ça pour pouvoir bien incarner le personnage de Karmen.

Il y a eu un grand tollé à la sortie du film, comment l’avez-vous vécu ?
(Elle devient sérieuse) Il y a eu deux problèmes dans le film, c’est-à-dire deux chocs sociaux. L’un c’est quand on sortait le corps de la directrice de la prison qui était une lesbienne et chrétienne en plus. Sur cette image, on a superposé le chant de Cheikh Ahmadou Bamba. Une erreur du réalisateur. A l’époque, je n’étais pas mouride, mais je savais parce que c’est moi qui ai transcrit le texte au réalisateur pour qu’il le comprenne, puisque je connais bien l’arabe. Il ne lisait pas l’arabe et ne le comprenait pas non plus. Mais ça l’a intéressé après, mais je l’avais fait juste professionnellement. Je n’ai pas pensé, par contre, que ça allait passer sur cette scène là. C’est au montage au Canada que j’ai vu qu’il allait faire passer ce chant sur cette scène. Je n’ai pas pensé mouride ou layenne, j’ai juste pensé que c’est un chant islamique. Donc, je lui ai suggéré de mettre le requiem dessus. Mais il voulait le requiem juste à l’église. C’était son choix. Parfois il faut respecter ce que le réalisateur fait et même si tu ne le respectes pas. Il fait ce qu’il veut. Le premier assistant qui m’a appuyée, lui a souligné la même chose. Je lui ai également dit que dans mon pays les gens sont à plus de 90% musulmans, ça n’allait pas passer. Mais, je savais que ce n’était pas possible de lui faire changer d’avis. Il y a aussi beaucoup d’autres choses que je n’ai pas appréciées et que le réalisateur a faites et que j’ai acceptées, tout simplement parce que c’est son produit. Alors je me suis dit laissons passer parce que c’est juste un film et une fiction en plus. Dans ma tête, je me suis dit que Dieu me pardonnera d’avoir fait ça, parce que ce n’est pas mon film à moi. Et je me disais que ça allait passer si le montage se faisait bien, mais ce n’est pas passé. Et il y a eu la scène de nue. C’était peut être pas une scène de nue, c’est une image de Dièyna allongée. Car cette fois-ci, c’était Dièyna allongée nue. La caméra a défilé sur les courbes du corps et ça a choqué aussi. Ça a appuyé ce que les autres, qui étaient contre les Khassida sur une des scènes, disaient. Alors on a commencé à dire que c’est un film amoral sans même regarder le film intégralement. L’image était belle, ce n’est pas parce que c’est mon corps, c’est juste qu’il y avait les lumières, etc. Honnètement au départ, dans le scénario, l’image ne s’y trouvait pas. Il y avait une scène d’amour, mais suggérée et non tournée en réel. D’abord, j’ai fait le sacrifice de faire les mouvements de la scène d’amour tournée en réel, et c’était très dure. Mais l’actrice avec qui j’étais est une Canadienne professionnelle, et heureusement ça aide parce qu’on ne s’attarde pas trop sur les détails. Et il fallait encore, en surplus, faire la scène de la nudité. Ce n’était pas du tout facile.

Mais comment avez-vous véritablement vécu le tolet qu’il y a eu autour du film ?
Après ce n’est pas ce qui est important pour moi, c’est plutôt l’avant évènement. Jusqu’au moment où on disait action, j’étais mal. J’espérais qu’il ne l’aurait pas fait. Mais la fixation des créateurs, c’est qu’ils créent et ils oublient tout. Ce n’était pas facile de trop ébruiter la chose sur la scène parce qu’on avait des Français, des Canadiens. Et il devait se battre pour ces productions et pour son équipe sénégalaise, donc je devais le supporter. Je n’avais pas envie que les étrangers voient que je n’étais pas d’accord. Et je n’avais pas envie qu’ils voient qu’on était en conflit. Il se battait pour beaucoup de choses pour l’équipe sénégalaise, donc je me suis sacrifiée. Mais c’était dur. Après le montage, j’ai vu quand même que ce n’était pas de l’étalage de chair. Et c’était de ça dont j’avais peur. C’était moins choquant. N’empêche, Karmen, si c’était à refaire, je ne l’aurais jamais refait (elle coupe un instant et reprend). Si on me redonne un scénario avec la scène décrite même parcellaire, je ne l’aurai pas fait.

Pourquoi ?
Parce que ce n’est pas moi. Ce n’est même pas ma vision des choses. Ma vision, c’est de suggérer la nudité et c’est encore plus beau. Quand la Sénégalaise rentre dans sa chambre avec son mari, dans son intimité, elle met des pagnes qu’elle crée. Elle ne s’étale pas toute nue. Ce n’est pas dans notre culture. Et je n’ai pas été éduquée comme ça. Je n’ai pas cette culture, et je suis extrêmement féminine. Femme, pas comme féministe, pas comme je me considère comme femme, parce qu’il y a un homme non. Je ne me bats pas, je ne fais pas la dualité, je ne fais pas la parité. Je suis une femme et je m’accepte comme telle. Et cela suppose accepter le romantisme et la beauté de la femme. Ce que je trouve beau chez la femme, c’est la suggestion de la sensualité et non l’étalage de la sensualité. Si par exemple une femme porte des habits courts et dès qu’elle se baisse on voit tout son corps, ce n’est plus sensuel, c’est choquant. C’est comme ça que je pense avec les images. On ne gagne rien en choquant. On gagne tout à suggérer. A prendre les gens par des pincettes «bañu xam fi nga bëgë jëm». C’est ça ma vision des choses, et non l’étalage de la chair. Mais c’est un bon cinéaste (Joseph Gaï Ramaka). Un excellent cinéaste. Il est juste un peu trop en avance et un peu trop différent de ce que moi je pense. Peut-être que je ne suis pas assez ‘nandite’.

Mais comment votre famille a vécu cet épisode ?
Dans ma famille, je suis la plus conne, la plus traditionaliste. Tout le monde dit que je suis la plus jolie et la plus moderne, mais je suis la plus carrée. Les gens de ma famille ne sont pas choqués par certaines choses dans la modernité. Alors qu’il y a beaucoup de choses qui me choquent dans la modernité. Quand ils me disent que je suis trop vieux jeune, je me suis dit que je suis peut-être venue à la mauvaise époque. Mais comme «yalla du juum», je suis sûre que j’ai mon mot à dire et je ne vais pas changer. De toute façon, je suis trop vieille pour changer. C’est trop tard (elle sourit). Je trompe beaucoup de gens. Ils croient que je suis une femme très ouverte. Je suis ouverte, je suis cool, tous les enfants du quartier sont mes amis et je bois du thé et du lait toute la nuit avec eux. Mais, il y a des choses que je ne peux pas accepter. C’est pour cela peut-être que je suis la seule mouride de la famille. Quand on m’appelle Dièyna, je réponds toujours par Mbacké Balla (elle s’éclate de rire).

Donc, votre famille ne vous a pas condamnée dans le rôle de Karmen…
Ma famille en est très fière. Et je suis fière de l’avoir fait. Quand je vais dans les festivals, je me sens fière parce que des fois je suis la seule sénégalaise dans un festival et mon film est le seul film sénégalais. Je parle à des gens qui n’ont même jamais vu un Sénégalais. Pour moi, c’était une aubaine. Et je suis fière d’avoir tellement bien travaillé que j’ai pu tenir une compétition à Cannes. C’est le fruit de mon travail. J’ai beaucoup travaillé et beaucoup donné dans ce film. Me voyant vivre, je n’ai rien d’une Karmen. Alors les fruits que j’ai eus sont amplement mérités. Le réalisateur s’est beaucoup donné aussi.

Combien de prix le film Karmen a remporté ?
On a eu des prix que j’ai un peu oubliés. A chaque fois, c’est le réalisateur qui les prenait. Je m’étais convertie déjà au mouridisme. Donc, par respect pour Cheikh Ahmadou Bamba, et que j’ai demandé pardon et que je veux aussi donner ma part, j’allais plus là où on faisait les promotions de Karmen. Parce que «sunu borom dafa ne da nga kay gëm ba pare, gore». Donc, juste pour «gore», je ne voulais plus prendre ou jouir des prix de Karmen parce que c’est moi qui ai écrit le Khassida, transcrit et traduit. Ce n’est pas que je faisais un blocage par rapport au film, non. Je n’ai pas réalisé le film, je n’ai même pas joué dans la scène, mais ma part de responsabilité était là-dans, je le sais. Même si, physiquement, ça ne se voyait pas. Mais moi, je sais ce que j’ai fait. De ce fait, à chaque fois qu’il y avait des prix, le réalisateur les a pris et il est venu les fêter à Dakar et moi j’étais restée aux Etats-Unis. Le Mali, la Côte d’Ivoire, la Rdc, le Burkina Faso, le Mozambique m’ont contactée pour faire la première de Karmen dans leur pays, bien qu’ils soient au courant de l’interdiction de Karmen au Sénégal. C’est vraiment dommage pour le réalisateur d’avoir perdu ses droits africains et de ne pas jouir des fruits financiers de Karmen. Parce que le film a été censuré.

Qu’est-ce qui s’est véritablement passé au Cices à la première de Karmen ?
Ce jour-là, des Baye Fall nous attendaient au Cices où devait se dérouler la première du film de Karmen. Alors les policiers m’ont appelée et m’ont demandé de ne pas y aller par mesure de sécurité. Pourtant, je voulais y aller, je tenais à y aller, mais j’ai finalement rebroussé chemin parce que ce n’était pas sûr. Par la suite, j’ai appris qu’ils ont cassé tout le matériel de projection que le réalisateur avait fait installer au Cices et c’était vraiment beaucoup d’argent. Je trouve que c’était dommage.

Ce sont ces émeutes qui vous ont poussée à aller vous réfugier aux Etats-Unis ?
La raison de mon départ pour les Etats-Unis est quelque peu personnelle. Il y avait trop de choses en même temps qui ont coïncidé et si j’étais restée. c’aurait pas été bon pour mes enfants. Je ne pouvais pas maîtriser ce que les gens disaient, les extrapolations et autres. Des gens disaient m’avoir vue dans des milieux douteux, et on commençait à raconter des choses. Ce n’était pas pour moi, mais c’était pour protéger mes enfants que je suis partie. Et il y avait mon divorce, Karmen, les Baye Fall, bref toutes les médisances. Alors, je me suis dit qu’il faut que je m’écarte un peu, faire taire toutes ces choses et laisser passer du temps. Mais j’ai fait la bêtise d’aller aux Etats-Unis où on ne peut pas revenir avant 10 ans.

Est-ce que le film Karmen est la cause de votre divorce d’avec Joseph Gaï Ramaka ?
Non ça n’a rien à voir. Disons que ce qui nous a séparés est strictement personnel.

Est-ce que Karmen a été véritablement suspendu ?
Après tout le bruit qu’il y a eu, on a fait quand même des projections privées avec des personnalités et même avec le ministre de la Culture d’alors. Donc, il n’y avait pas vraiment une censure, car ils ne l’ont pas véritablement prononcé. Ils ont dit qu’il fallait juste suspendre le film pour quelque temps, en attendant que les choses se calment.

Avez-vous continué le cinéma aux Etats-Unis ?
Non, aux Etats-Unis je n’ai pas pu parce que j’ai vu des scénarios d’autres pays, mais il y avait toujours des scènes obscènes comme dans Karmen. Pour me rendre utile, j’ai fait ce que toutes les femmes font pratiquement là-bas, c’est-à-dire apprendre à faire les tresses. Ce n’était pas évident au début, mais après cela a marché et j’ai commencé à m’installer petit à petit.

Vous exercez toujours ce métier de tresseuse…
Non, actuellement j’écris des scénarios télés. J’aimerai faire de la télé pour un peu faire revivre le cinéma sénégalais. Le public sénégalais est un peu injuste par rapport au cinéma et je trouve que nous avons de bons cinéastes très imaginatifs et très créateurs. Je pense qu’il faut remettre les compteurs à zéro et permettre à nos enfants d’être aptes à comprendre et à accepter le cinéma sénégalais, parce que c’est un tout. Ce n’est pas du cinéma d’Hollywood où on te fait du tape à l’œil. Notre cinéma nous amène à être plus profond, à réfléchir pour nous-mêmes, à revoir notre culture. C’est tellement dommage que nous ayons perdu tout cela. Nous n’avons plus de salles de projection et j’aimerai participer à ce que l’on puisse donner un souffle nouveau au cinéma sénégalais.

Quel commentaire faites-vous de l’exploit du Sénégal au Fespaco 2013 avec 11 prix, en plus de l’Etalon d’or de Yennenga ?
C’est vraiment une fierté pour le cinéma sénégalais alors que nous n’avons aucun soutien de l’Etat. Alors, ils sont à féliciter, car ces réalisateurs ont réussi cette prouesse, soit avec leurs propres fonds, soit avec les fonds étrangers. Ce qu’ils ont fait, c’est vraiment le point de départ pour relancer le cinéma sénégalais. Alain Gomis mérite amplement son trophée ainsi que tous ceux qui ont remporté des prix. C’est une grande fierté.

Avez-vous une idée du titre de l’émission que vous voulez faire et du concept ?
Je suis déjà allée voir quelques télévisions, mais avec le Magal ce n’était pas trop évident. Toute cette semaine, j’ai encore travaillé dessus et je vais encore relancer cela. Les télévisions sont là et montrent des choses que nous n’aimons pas et que nous acceptons. Alors, pourquoi ne pas montrer des choses que nous aimons, qui nous font plaisir et nous font réfléchir.

Quand vous étiez mannequin, vous ne sortiez pas beaucoup ?
J’ai beaucoup défilé pour Sadiya Guèye. Elle était à Paris au moment où j’étais étudiante à Paris et je m’étais inscrite au concours Afrique magazine. Et quand on allait dans les soirées, je voyais les mannequins africains avec de l’alcool et jamais je ne l’ai vu verser dans cela. C’est pour cela que je l’ai prise comme exemple dans ce métier. J’ai réussi le concours d’Afrique magazine, mais comme je me suis mariée assez jeune, mon mari ne voulait pas que je suive la carrière de mannequinât. En un moment aussi, cela ne pouvait pas coller parce que j’adorais étudier. Donc, j’ai fait ma maîtrise et après je suis rentrée sur Dakar. La première fois que j’ai retrouvé à Dakar un mannequin avec qui j’étais très bien chez Sadiya dans une boîte en ville, la voix cassée, buvant de l’alcool et fumant de la cigarette sur les genoux d’un homme qui avait perverti presque toutes les filles de Kennedy, je pleurais. C’était trop pour moi, elle était beaucoup plus jeune que moi et elle avait de l’avenir. Mais les hommes doivent laisser les gamines grandir normalement.

Cela dit, vous fustigiez le comportement de certains mannequins…
Elles sont tellement belles, mais elles ont donné tellement de valeur à l’argent, alors que l’argent n’a plus de valeur… Je ne comprends pas… Elles n’ont rien dans la tête en fait. Il ne faut pas jouer avec le feu. Je me demande même quel plaisir certaines personnes ont à regarder ces filles-là. Parfois, on en rencontre qui disent qu’elles ont un enfant de 10 ans comme si c’était une chose normale. Elles ne réalisent même pas qu’elles auront des comptes à rendre plus tard à ces enfants-là. Par exemple, 10 ans après Karmen Gaï, vous êtes en train de me poser des questions sur la nudité que j’ai jouée dans ce film alors que ma fille à 20 ans et est en deuxième année de médecine. On fait des erreurs, mais on a le temps de se rattraper. Cela ne veut pas dire que les erreurs ne nous rattrapent pas. Mais ‘nala fekk ci benen’ stade, que tu puisses dépasser cela et que jamais au plus grand jamais tu ne le refasses. Mais quand on passe du temps dans une affaire, vieillir dedans, c’est regrettable. J’ai appris beaucoup de choses aux Etats-Unis. Des femmes ont gâché leur ménage là-bas à cause de mauvais conseils, car les gens sont méchants. Quand on veut aider une personne, on se doit de lui dire la vérité. J’adopte le concept américain, ‘I can do back all by myself’. ‘Lima yaxal sama bop barina déjà’, douma bayi kenn mumay indil benen jafe jafe, wax ji bariwonna’ déjà, ‘li sama kanam lay seet, kenn duma ko yaxal» (j’ai assez gâché ma vie comme ça, je ne vais laisser personne me porter tort).

Quels conseils donneriez-vous aux mannequins ?
Je conseille aux mannequins de vendre l’habit et pas le corps. Le corps est juste là pour mettre en valeur l’habit. C’est le corps qui porte l’habit et non le contraire. Il faut mettre en valeur le vêtement que tu portes, avec tes façons de faire, ton élégance, ta féminité et cela s’arrête sur la scène. Quand tu descends de ta scène, sois une personne digne. Revalorise ton corps, respecte toi. Laisse les gens fantasmer sur toi sur scène. Mais quand une fois sur scène les gens apprécient, une fois hors de la scène tu te dévalorises, les gens n’apprécient plus, ils profitent de toi. Il faut apprendre à être professionnel. J’aimerais tellement que ces jeunes là puissent comprendre ce qu’est l’imagerie de la scène et celle de la société. Il faut profiter de la vie non pas la gâcher.

Par Aminatou AHNE, Néné Jupiter NDIAYE

6 Commentaires

  1. Ndeysane, vous avez l’air d’une dame tres gentille
    On commet tous des erreurs
    L’essentiel est d’en tirer des leçons du vie
    Diam rek ngey am in sha allah
    Beaucoup de personnes vous jugent sans savoir.. man dh Nawlo mala

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