Karsten Nohl, un informaticien allemand, a dĂ©montrĂ© qu’il Ă©tait parvenu Ă craquer l’algorithme qui crypte les conversations sur les tĂ©lĂ©phones mobiles, inchangĂ© depuis 1988. Les compagnies de tĂ©lĂ©phone assurent que la sĂ©curitĂ© des conversations reste entiĂšre.
Ecouter les conversations de n’importe quel tĂ©lĂ©phone portable Ă partir d’un simple ordinateur et d’une sĂ©rie de codes tĂ©lĂ©chargĂ©es sur Internet… C’est possible. En thĂ©orie du moins. Un informaticien allemand, expert en sĂ©curitĂ©, a dĂ©montrĂ© lundi qu’il Ă©tait parvenu Ă casser le code qui protĂšge les communications GSM.
Karsten Nohl a fait sensation, lundi, au Chaos Communication Congress de Berlin, une rencontre internationale sur la sĂ©curitĂ© informatique. A l’aide d’un petit PC plutĂŽt obsolĂšte, trois informaticiens utilisant sa technique ont montrĂ© devant 600 personnes qu’ils pouvaient capter et Ă©couter une conversation GSM en moins de deux minutes, Ă l’aide d’une sĂ©rie de codes disponibles sur les rĂ©seaux BitTorrent. Conclusion de Nohl : «Ceci montre que la sĂ©curitĂ© du rĂ©seau GSM est inadĂ©quate».
Une explication détaillée de la démarche de Nohl en PDF
L’annonce a mis dans l’embarras les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©phoniques. Car l’exploit de Nohl tient en grande partie au fait que les GSM utilisent la mĂȘme clĂ© de cryptage depuis… 1988. La norme, baptisĂ©e A5/1, n’a pas Ă©voluĂ© depuis les dĂ©buts de la tĂ©lĂ©phonie mobile. Pour l’informaticien, la norme n’est plus fiable depuis longtemps et doit ĂȘtre changĂ©e, d’autant plus rapidement que le mobile sert dĂ©sormais Ă bien plus qu’Ă tĂ©lĂ©phoner.
Les opérateurs se veulent rassurants
La GSM Association, qui regroupe fabricants et opĂ©rateurs mobiles, promet que la dĂ©couverte de Nohl ne prĂ©sente pas de risque. Estimant que l’expert a rĂ©alisĂ© quelque chose d’illĂ©gal, elle promet que l’interception des communications est «thĂ©oriquement possible mais irrĂ©alisable en pratique».
Certes, la chose reste compliquĂ©e : mĂȘme si on peut utiliser le code diffusĂ© sur Internet pour dĂ©crypter la communication passĂ©e depuis un mobile, reste Ă localiser ce mobile parmi tous les flux transitant autour d’une borne relais. Mais le risque est rĂ©el pour les quelque 3,5 milliards de tĂ©lĂ©phones mobiles existant dans le monde.
Autre signe de la gĂȘne manifeste de la GSM Association : tout en minimisant les risques, elle annonce que le code A5/1 va ĂȘtre trĂšs prochain changĂ© pour un nouvel algorithme, le A5/3. Rassurant ? Pas vraiment : trois chercheurs israĂ©liens ont dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© que ce nouveau code Ă©tait lui aussi vulnĂ©rable Ă des attaques.
source: lefigaro.fr















