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Publie le: Samedi 22 juin, 2013

2ème anniversaire d’un soulèvement citoyen : 23 juin, le jour où le peuple défendait sa Constitution

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Le 23 juin 2011, des milliers de Sénégalais étaient dans la rue. Ils avaient pris d’assaut les abords de l’Assemblée nationale pour dénoncer le vote du projet de loi instituant le ticket présidentiel et le quart bloquant. Retour sur cette chaude journée qui a marqué le point de départ d’une série de manifestations et de contestations contre l’ancien régime de Me Abdoulaye Wade.
Devanture de l’Assemblée nationale, il est 16 heures. Depuis une bonne dizaine de minutes, la rumeur sur l’éminence du retrait du projet de loi tant décrié circule. En effet, quelques minutes plus tôt, à travers la radio, on apprend que le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Seck, a demandé une suspension de 15 minutes des débats qui avaient débuté aux alentours de 10 heures passées. Cette pause d’un quart d’heure va durer un tour d’horloge car les députés de la majorité libérale se concertent. Face à la pression populaire, leur décision est prise : soit le gouvernement retire le projet de loi, soit ils ne le votent pas. Mais à ce moment précis, les milliers de Sénégalais qui se sont amassés devant les grilles de l’Assemblée nationale ne le savent pas encore.
Au retour dans l’hémicycle, Doudou Wade, président du groupe parlementaire libéral, prend la parole, invoque la sagesse légendaire de Abdoul Aziz Sy Dabakh et pose au ministre de la Justice, Garde des Sceaux Cheikh Tidiane Sy cette question : « Cette loi vaut-elle que la paix dans notre pays soit menacée ?». La réponse est non. Le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, chargé de défendre cette loi devant les députés, annonce sur le coup, la décision du chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, de retirer le projet de loi controversé. La nouvelle arrache des cris d’hystérie dans la marrée humaine amassée sur la Place Soweto. On se congratule, on s’embrasse, on s’étreint. Le peuple sénégalais vient de gagner son pari, celui de s’opposer vaille que vaille au vote de cette loi qui allait non seulement instituer l’élection du vice-président au suffrage universel, mais permettrait aussi à un candidat de passer au 1er tour avec juste 25 % des voix valablement exprimées.

Saccages et affrontements
Les prémisses de cette « victoire » historique s’étaient dessinées tôt le matin. Au campus de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, des centaines d’étudiants s’étaient donnés rendez-vous devant le pavillon A pour converger vers le siège de la représentation nationale. Depuis des jours, des affiches appelant à s’opposer au vote de cette loi avaient fini d’inonder le campus. Sur l’avenue Cheikh Anta Diop, pas l’ombre d’un policier. Les étudiants avancent en terrain conquis. Arrivée sur l’avenue Blaise Diagne, la foule tombe sur un barrage policier. L’affrontement est inévitable. Le combat classique s’installe : jets de pierres et mise à feu de pneus et de bacs à ordures par les étudiants, ripostes par des grenades lacrymogènes du côté des forces de l’ordre.
Un peu plus loin, au marché Sandaga, il ne reste plus rien de l’Hôtel des députés qui s’y trouve. Encore en réfection, cet édifice est mis en feu par les manifestants. Des dizaines de matelas orthopédiques, un groupe électrogène, des matériaux de bâtiment (lampes, grilles, portes et fenêtres), furent emportés. Les pillards s’en donnent à cœur joie devant l’absence des forces de l’ordre occupées à en découdre avec une dizaine de manifestants au rond-point Peytavin juste à hauteur de l’immeuble Kébé. Pendant ce temps, la Place Soweto à l’Assemblée nationale continue de recevoir des milliers de personnes. « Y en à marre », « Députés corrompus », « Wade dégage », sont entre autres les slogans chantés par ces manifestants au nez et à la barbe des policiers restés de marbre. L’annonce vers midi de l’abandon du quart bloquant n’y fit rien. Les cris de défiance continuent de plus belle.
Cependant, les choses vont dégénérer quand Alioune Tine, ralliant la Place Soweto par la rue qui passe devant la maison de Farba Senghor, mitoyenne à l’Assemblée nationale, se fait tabasser copieusement par les partisans de celui-ci. Jetés sur le sol, rué de coups de pieds, Alioune Tine et ses accompagnateurs sont tirés d’affaire par de jeunes manifestants qui se sont rués sur les partisans de Farba Senghor. C’est l’affrontement général. La demeure et des véhicules du chargé de la propagande du Pds saccagés et calcinés. Les manifestants réclament sa tête. Mais ce qu’ils auront, deux heures plus tard, c’est le retrait de la loi qui a failli plonger le Sénégal dans le chaos : la loi venait d’être retirée.

Elhadji Ibrahima THIAM

Alioune TINE, ancien coordonnateur du Mouvement : « Le 23 juin traduit l’obsolescence de nos institutions »
L’ancien coordonnateur du Mouvement du 23 juin, Alioune Tine, estime que les évènements du 23 juin traduisent l’obsolescence des institutions sénégalaises. M. Tine est d’avis que le Sénégal est en train d’ouvrir une nouvelle page de son histoire avec les réformes annoncées.
Ce dimanche, le Sénégal célèbre l’an 3 des évènements du 23 juin. Qu’est-ce que cette date représente pour vous ?
« C’est une date historique et symbolique qui marque les capacités de résistance du peuple sénégalais de façon globale. Ça a été une lutte qui a été menée par le peuple sénégalais, toute obédience ou classe sociale confondue. Ça traduit également, d’une certaine manière, l’obsolescence ou le caractère dépassé de nos institutions, surtout le Parlement. Il est évident qu’après le 23 juin, le peuple a mis fin au pouvoir du Parlement sénégalais. C’est une révolution pacifique qui n’a pas abouti à un coup d’Etat militaire. La chose la plus importante sur les capacités de lutte et également sur le discernement du peuple sénégalais, c’est le fait qu’en réalité, ce contentieux très lourd ait été réglé par la voie des urnes. C’est ça qui fait la différence entre les révolutions arabes et la révolution sénégalaise.»

Trois ans après le 23 juin, avez-vous le sentiment qu’il y a des changements positifs ?
« De mon point de vue, il y a une continuité de la dynamique des aspirations profondes à changer le système dans lequel on était jusqu’à présent. Par un pur hasard du calendrier, vous avez hier (Ndlr :jeudi) la conférence de presse du Pr. Amadou Mahtar Mbow, coordonnateur du comité chargé de réformer les institutions du Sénégal. Par un pur hasard du calendrier vous avez l’atelier qui réfléchit sur la ré-institutionnalisation du comité sénégalais des droits de l’homme qui avait été mis entre parenthèses pendant 12 ans. Par un pur hasard du calendrier, je viens du congrès du Saes. Le thème de ce congrès porte sur les questions de refondations, politiques, culturelles économiques et sociales. Il y a quelque chose de phénoménale qui est en train de bouger. L’épicentre de ces mouvements est le 23 juin. Ça montre la capacité du peuple sénégalais à tirer les leçons de ce 23 juin. Si tout se passe bien, si toute cette dynamique est contrôlée, je suis sûr qu’on est en train d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire du Sénégal. J’entends bien les organisations de la société civile, les acteurs non étatiques. »

Pourtant, d’aucuns pensent que la société civile a perdu sa capacité à faire face…
« Si tout le monde marche dans la concertation et le dialogue, on peut changer les choses. Les choses ne se passent jamais de façon linéaire. Il y a des moments de pause. Des moments de réflexion. Comme par hasard, ce qui se passe actuellement montre qu’on est dans une autre étape. J’ai l’impression que c’est l’étape de la reconstruction, de la refondation et de la réflexion. La société civile, ce n’est pas Alioune Tine. Ce n’est pas parce qu’Alioune Tine a changé le curseur que forcément c’est toute la société civile. Tous les jours que Dieu fait, on entend des voix nouvelles. Et ça va continuer. On ne peut pas faire taire la société civile sénégalaise. Celle-ci a une culture de la dénonciation depuis l’indépendance. La société civile sénégalaise est très jalouse de son indépendance et je pense que ça va continuer. »

Propos recueillis par Babacar DIONE

Fadel BARRO, coordonnateur du mouvement « Y’EN A MARRE » : « Nous attendons toujours les ruptures »
Leur combat pour la citoyenneté et pour la démocratie dépasse les régimes et les clivages politiques. C’est pourquoi les responsables du mouvement « Y’en a marre » attendent des nouvelles autorités les ruptures tant souhaitées par le peuple sénégalais.
Ils ont fait l’histoire en même temps que ces nombreux jeunes sénégalais, ces hommes politiques, ces acteurs de la société civile, en se donnant rendez-vous à la Place Soweto, aux premières heures de la journée du 23 juin 2011. Les acteurs du mouvement « Y’en a marre » étaient tous là, excepté Thiat interpellé la veille par la Police, pour avoir participé à une marche spontanée dans les rues de Dakar, après une rencontre houleuse avec les leaders politiques au Centre culturel Daniel Brottier.
Aujourd’hui, le coordonnateur du mouvement « Y’en a marre » se rappelle ces images impressionnantes de jeunes prêts à en découdre avec les policiers pour s’opposer au vote de la loi devant autoriser la nomination d’un poste de Vice-président. Les intimidations, les arrestations ainsi que les bombes lacrymogènes ne parviendront guère à calmer l’ardeur des manifestants. Au-delà de la Place Soweto, ils s’étaient emparés des points stratégiques de la capitale, mis le feu dans certaines grandes villes. Le mouvement de contestation était national. Au soir de cette journée chaude et inoubliable, la détermination des manifestants viendra à bout de l’obstination des députés de la majorité à voter cette loi. Cette scène de liesse renseignait alors sur le grand pas franchi dans la prise de conscience citoyenne. Pour la plupart des citoyens sénégalais, rien ne sera plus comme avant. Ils n’accepteront plus le diktat d’un régime quel qu’il soit.

Les mêmes difficultés demeurent
Pour Fadel Barro, un travail préalable de sensibilisation avait été fait par sa structure dans les grandes villes et départements du pays, pour sensibiliser les jeunes et les sympathisants de leur organisation sur leurs droits en tant que citoyen. Une série de campagnes ponctuée certes par des arrestations et des intimidations de tous genres, mais qui, au final, a donné ses fruits. Avec des concepts simples mais accrocheurs comme « Dass fanaanal ; Fanané Dass », Fadel Barro et ses camardes inciteront les jeunes à aller retirer leurs cartes d’électeur. L’objectif était tout simplement d’arriver à sécuriser la présidentielle de mars 2012. Pour le coordinateur des « Y’en a marristes », le risque de tripatouillage des élections était certain.
Aujourd’hui, même si la présidentielle a livré ses secrets et permis à un grand nombre de Sénégalais de sanctionner Abdoulaye Wade et son régime, Fadel Barro se veut clair. « Au-delà des hommes politiques, au delà du système, nous pensons qu’il fallait changer notre manière de faire. Maintenant, si les gens pensent que notre but était de se battre contre Wade et de s’en arrêter là, ils se trompent », souligne le coordonnateur de « Y’en a marre ». En clair, Fadel Barro et ses camardes rappellent que les idéaux qui avaient créé la création de leur mouvement restent toujours d’actualité. D’autant plus que, selon lui, les mêmes difficultés demeurent avec l’actuel régime.
Fadel Barro cite la courbe de chômage des jeunes, le coût de la vie encore cher pour bon nombre de Sénégalais ainsi que le bradage des terres entre autres. « On attend toujours des ruptures avec l’actuel régime », ajoute le coordonnateur de « Y’en a marre », même s’il ne veut pas être « catégorique et affirmatif » sur les choix de l’actuelle équipe dirigeante du pays.

Maguette NDONG

Deux ans après les événements : Le collectif des familles des victimes réclame toujours justice
Deux ans après les malheureux événements préélectoraux, le collectif des familles des victimes réclame toujours justice, malgré quelques réactions positives du côté des pouvoirs publics. Ces derniers sont dans les dispositions d’indemniser les familles des victimes en attendant l’aboutissement de la procédure pénale.
Les conséquences de la répression policière pendant la campagne électorale de 2012 ont ému plus d’un. Deux ans après les malheureux événements, le collectif des familles des victimes de violences préélectorales de la présidentielle de mars 2012 au Sénégal continuent toujours de réclamer justice. 9 manifestants avaient trouvé la mort, lors de ces manifestations préélectorales. Parmi les victimes, figure Mamadou Diop, alors étudiant en master II à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Ucad, et en même temps professeur au collège d’enseignement moyen (Cem) Mame Yelli Badiane de Pikine. Il a été mortellement fauché par le camion dragon de la police à la Place de l’Obélisque le 31 janvier 2011. 16 autres jeunes ont subi des actes de torture. Assez pour que le collectif des familles de victimes, aidé par des organisations de la société civile, demande aux nouvelles autorités de faire la lumière sur cette question et sanctionner sévèrement les coupables.
Une vingtaine de plaintes a été déposée. Celles-ci ont connu divers développements. Certaines en instruction, ont été suivies par des arrestations notamment celles des deux policiers conducteurs du dragon qui a mortellement fauché l’étudiant Mamadou Diop.
Si l’on en croit le collectif et les organisations qui les soutiennent, l’axe du mal n’est constitué de personne d’autre, si ce n’est de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, Me Ousmane Ngom, ancien ministre de l’Intérieur, et du commissaire Harouna Sy. Le premier, chef de l’Etat sortant a planifié la pression au plus haut niveau, estime le collectif. Le second, alors ministre de l’Intérieur, a donné les ordres. Lesquels ont été exécutés par le troisième. La justice sénégalaise a quelque part donné gain de cause au collectif. Dans l’affaire opposant le commissaire Harouna Sy aux défenseurs des droits de l’Homme, le tribunal correctionnel a sursis à la tenue du procès jusqu’à ce que les manifestations postélectorales soient élucidées.

Avancées significatives
Selon le président du Comité sénégalais des droits humains (Csdh), Aliou Tine, Mme le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a tenu plusieurs réunions avec le collectif des familles des victimes dans le but de trouver des solutions à ce problème aussi bien sur le plan civil et pénal. «Sur le plan civil, il y a eu des avancées significatives. Des propositions très concrètes ont été faites par les avocats des familles des victimes. Nous-mêmes avions déposé une plainte auprès de la Cedeao. C’était la première fois qu’une plainte d’une organisation de société civile soit acceptée. Nous avons créé une jurisprudence à la Cedeao. Aujourd’hui, avec les actions entreprises par le ministre de la Justice, sur le plan civil comme pénal, nous sommes d’accord avec l’agent judiciaire de l’Etat pour retirer notre plainte. Il y a des choses très concrètes qui ont été faites», a-t-il souligné.
Le collectif s’inquiète également pour les 5 jeunes arrêtés dans le quartier de Colobane en janvier 2012, après la mort du policier Fodé Ndiaye, lors d’une manifestation anti-Wade du M23. Le collectif demande que ces jeunes soient jugés ou libérés.

Souleymane Diam SY

Me Assane Dioma NDIAYE, membre du pool du colectif des familles de victimes des violences préélectorales : « L’Etat a pris des engagements »
« Sur certains points, il y a des procédures ouvertes devant le doyen des juges comme l’affaire Mamadou Diop. Pour les autres affaires qui se sont déroulées à Kaolack, à Rufisque, il y a eu les auditions des mis en cause. A part l’affaire Mamadou Diop, je ne suis pas au courant d’autres arrestations. Sur le plan civil, l’Etat a pris des engagements pour indemniser toutes les familles des victimes. Les avocats du collectif a envoyé les propositions des familles de victime à qui de droit. Nous attendons la réaction de l’Etat. D’ailleurs, les autorités veulent élargir ce processus à tous les cas où la responsabilité de l’Etat a été engagée ».

Propos recueillis par S. Diam SY

Devant l’Assemblée, c’était la révolution…
Les manifestations du 23 juin avaient poussé le régime de Me Wade à retirer le projet de loi instituant le ticket à l’élection présidentielle. Des hommes politiques de l’opposition de l’époque comme Momar Samb, Zahra Iyane Thiam Diop, Moussa Sarr racontent le déroulement de cette journée.
El Hadji Momar Samb, leader du Rta-S, Récit de cette folle journée qui, selon certains observateurs, marque le début de la fin du régime libéral. «Je suis un acteur de la manifestation du 23 juin qui a été préparée avant son déclenchement pour protester contre le projet de loi instituant le ticket à l’élection présidentielle », rappelle Momar Samb. «J’ai été au front car j’étais parmi ceux qui étaient devant l’Assemblée nationale », explique le nouveau membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) qui renseigne avoir participé au ravitaillement des manifestants en eau, sandwiches et fruits. Pour sa part, Moussa Sarr confie avoir vécu intensément cette journée en répondant à l’invitation des forces vives de la nation. « Du matin au soir, jusqu’au retrait du projet de loi, j’étais devant les grilles de l’Assemblée nationale. La détermination des Sénégalais m’avait beaucoup marqué », confie Moussa Sarr, membre du directoire de la Ld. « lorsqu’un peuple est mobilisé, il peut obtenir tout ce qu’il désire. C’est une journée qui mérite d’être célébrée », indique le directeur de cabinet du ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat. Selon Zahra Iyane Thiam Diop de l’Uds-Innovation, la journée du 23 juin a été précédée de plusieurs évènements et rencontres. Elle souligne que la veille, des responsables de l’opposition et de la société civile étaient en réunion au centre Daniel Brottier pour préparer la manifestation. «Le 23 juin, c’était un fort moment de lutte contre le régime Wade. C’est ce jour que le peuple a repris sa souveraineté », indique Mme Diop par ailleurs conseillère spéciale du président de la République. Ces trois responsables politiques soutiennent que cette journée du 23 juin a été riche en enseignements. Selon Momar Samb, seules la lutte et la mobilisation paient. «La manifestation du 23 juin a permis le retrait du projet de loi mais aussi de se débarrasser du régime libéral un an plus tard. Il faut lutter pour une Constitution sacralisée. Les fondamentaux d’une nation doivent être discutés, acceptés et connus de tous. Que personne ne puisse remettre en cause cela», note le leader du Rta-S. « Avec ces manifestations, le peuple a pris son destin en main. Il a démontré qu’il était prêt à défendre ses droits et à faire respecter la Constitution», soutient Zahra Iyane Thiam. «Nous retenons une unification des forces politiques et sociales pour la préservation des acquis. Un gouvernement doit être à l’écoute de son peuple. Si le pouvoir actuel tire les leçons du 23 juin, il pourra gouverner pendant longtemps », estime Moussa Sarr.

Aliou KANDE

Abdoul Aziz Diop, ancien porte-parole du M23 : « Le 23 juin 2011, j’avais voulu être libre »

Comment avez-vous vécu la journée du 23 juin 2011 ?
«C’était une journée exceptionnelle pour au moins, deux raisons. Elle avait été comme l’épilogue d’un long processus de sédimentation de 10 années d’éclairages sur la vraie nature d’un régime politique de confusion des pouvoirs dont les tenants avaient fini de se convaincre que l’argent pouvait tout, dès lors que la violence perpétrée contre les récalcitrants (journalistes et citoyens « tonitruants ») et l’impunité, garantie aux suppôts du régime, étaient suffisamment dissuasives. Je ne considérais donc pas que ce qui était en train de se passer sous mes yeux n’était qu’une réaction passagère aux audaces stupéfiantes d’un homme – le président Wade – convaincu, dès sa première prestation de serment en avril 2000, que notre société ne disposait pas d’assez de ressorts moraux, éthiques et intellectuels de riposte à l’opprobre. Elle avait été le test auquel l’un des principaux instigateurs et organisateurs de la manifestation se soumettait sans préjuger du résultat : réussite totale ou flop scellant définitivement le sort peu enviable de la République que nos aînés, parfois critiqués à tort, nous avaient concoctée et léguée. Test réussi quand le porteur de projet abdiqua, me donnant le sentiment d’avoir accompli une mission dont je n’avais jamais mesuré – par humilité peut-être – ni l’ampleur, ni la portée. C’est que beaucoup d’autres Sénégalais, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, avaient été du combat auquel je me devais de contribuer après avoir appris de mes maîtres de l’Université sénégalaise que l’égale soumission de tous à la loi générale était la seule condition de la Liberté».

Quels enseignements en avez-vous tirés ?
«J’avais voulu être libre le 23 juin 2011, plutôt que d’être esclave chez moi pour de nombreuses années encore. Je crois l’avoir été ce jour-là en même temps que les grandes dames de la Place Soweto qui bravèrent la police pour dire Non à la «République des fils ». Elles eurent gain de cause. Et tout le Sénégal avec elles! Hommage aux femmes du 23 juin 2011. La République leur est redevable à jamais».

Propos recueillis par Aliou KANDE

Les jeunes du M23 demandent au président Macky Sall de s’attaquer aux urgences
Selon ces jeunes, la venue du président Barack Obama ne doit nullement nous empêcher de vivre. « Nous voulons que notre marche soit encadrée, ce sera pacifique. Il n’y aura pas d’esprits mal intentionnés. Trois jours séparent la visite du président des Etats-Unis et la date de notre manifestation », estime Abdou Rahmane Sow, qui s’impatiente de voir l’application effective des points de rupture annoncés par le président Macky Sall. Il reconnait que des efforts ont été faits par le chef de l’Etat dans l’exécution de son programme (Yoonu Yokkuté). «Tout est prioritaire et urgent », a dit le responsable de la commission « Orientations et stratégies » des jeunes du M23. Abdou Rahmane Sow est d’avis que les résultats annoncés ne pourraient pas être immédiats. Abdou Rahmane Sow a affirmé que ses camarades et lui continueront à combattre le népotisme, la gabégie, l’injustice, le diktat, le clientélisme et la gestion patrimoniale du bien public.

Serigne Mansour Sy CISSE

lesoleil.sn

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