Sokhna Aissatou Bintou Cheikhoul Khadim, plus connue sous le nom de Sokhna Mbène
Ngabou, fait partie des filles de Serigne Khadimou Rassoul. Elle a joué un rôle important concernant les interdits à Touba. Elle a été désignée gardienne de Ngabou. A Touba, en général et dans le mouridisme, en particulier, ce sont les fils de Cheikh Ahmadou Bamba les vitrines de la cité et de la confrérie, Préposés au califat et grands maitres d’œuvre des vastes chantiers lancés par le fondateur du mouridisme. Et après eux, leurs fils. De Cheikh Modou Moustapha à Serigne Saliou, en passant par Serigne Bara Falilou jusqu’à l’actuel Khalife Serigne Mountakha Bassirou, l’on est tenté de croire que seuls les hommes font et défont dans cette voie tracée par le serviteur du Prophète. Rarement on parle des filles de Cheikh Ahmadou Bamba. Mais elles ont toutes joué un rôle primordial, même si c’est toujours en arrière-plan qu’elles agissent. La plus en vue des filles de Serigne Touba à œuvrer dans cette voie est sans doute Sokhna Aissatou Bintou Ahmadou Khadim, plus connue sous le nom de Sokhna Mbène Ngabou. Fille de Serigne Touba, elle est née en 1922 à Ngabou, village situé juste après la commune de Mbacké et maintenant directement reliée à Touba par une autoroute. Serigne Touba lui a donné le nom de Seydatina Aïssatou en hommage à l’épouse dévouée du Prophète de l’Islam.

Sa Naissance

A la naissance de Sokhna Mbène, un émissaire a été envoyé à Diourbel auprès de son père et un autre chez Serigne Ndame Abdourahmane Lô pour porter la bonne nouvelle. Serigne Touba, après avoir appris la venue au monde de sa fille, a dit la nouvelle venue se représente comme un homme. Sept dignitaires se nommant tous Mohamed ont été désignés pour aller au baptême. « Serigne Habibou Mbacké qui avait 18 ans, se rappelait que Serigne Touba avait fait immoler beaucoup de chameaux, de bœufs, de moutons et autres. Serigne Touba était tellement content ce jour-là. Elle était l’unique enfant de sa mère. Tous ces contemporains disaient qu’elle avait les attitudes d’un homme », souffle Serigne Modou Lô Ngabou. Sokhna Mbène a le vocable Ngabou collé à son nom, parce qu’un jour, encore enfant, elle a accompagné sa mère auprès de Serigne Touba qui était encore en résidence surveillée à Diourbel. Peu après la prière de Asr (Takoussan), elle insistait auprès de sa maman pour qu’elles rentrent à Ngabou. Quand Serigne Touba a demandé qu’est-ce quelle disait, sa mère répond qu’elle avait hâte de retourner à Ngabou. Serigne Touba dit alors qu’il lui donne Ngabou comme cadeau, ce qui est à l’origine du nom Sokhna Mbène Ngabou.
Serigne Ibrahima Lô, disciple de Serigne Touba, a été envoyé à Ngabou par le Cheikh. Il est le frère utérin de Serigne Massamba Mbacké, frère cadet de Cheikh Ahmadou Bamba. C’est ce disciple du fondateur du mouridisme qui a été l’époux de la fille de Serigne Touba. Cheikh
Ahmadou Bamba disait de Ngabou qu’il était son «Pekk (petite chambre secrète d’une maison où seul le chef de famille a accès). Il ajoutait que Satan ne pouvait rien contre un être qui demeurait à Ngabou. Sokhna Mbène na pas longtemps vécu avec son père. Elle n’avait que 5 ans quand Serigne Touba fut rappelé à Dieu.

Sokhna Mbène et le Hizbut Tarqiyyah

Sokhna Mbène fait aussi partie des fondateurs du Dahira Hizbut Tarqiyyah. Elle était très proche du Dahira des étudiants mourides qui est devenu plus tard le célèbre Hizbut Tarqiyyah. Elle faisait venir plusieurs d’entre eux à Touba durant les grandes vacances pour l’apprentissage du Saint Coran et tout ce qui touche à l’Islam et la Sunna. Mais aussi des Khassaides. « Un jour, elle m’avait demandé d’amener un nombre important d’étudiants auprès de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, alors Khalife général des mourides. Elle m’avait demandé de dire au Khalife qu’elle aide ses jeunes étudiants, parce que les Blancs avaient beaucoup fait souffrir Serigne Touba et n’ont jamais pu le vaincre. Ces étudiants qui ont été à l’école de ces Blancs et qui ont fait allégeance à Serigne Touba sont un signe de victoire éclatante. Ce qui justifie quelle était déterminée à les aider, se rappelle son fils.
Il poursuit : Serigne Abdoul Ahad a été émerveillé par ce travail remarquable et cette théorie de Sokhna Mbène. Il était tellement content de ce travail de Sokhna Mbène Ngabou. Même à Dakar, Sokhna Mbène accueillait tout le temps des étudiants chez elle. Certains même y loger sans frais.». Sokhna Mbène est rappelée à Dieu le surlendemain du Maouloud de 1981 à l’hôpital Principal de Dakar des suites d’une courte maladie. Elle ne voulait pas quitter sa demeure de Touba pour Dakar, mais Serigne Abdoul Ahad a insisté pour quelle parte. Après son décès, elle a été inhumée dans l’enceinte de l’ancien cimetière de Touba auprès de Sokhna Faty Dia Mbacké, fille aînée de Cheikh Ahmadou Bamba.

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