Installé au Qatar depuis 2004, il fut l’un des acteurs de la décennie noire en Algérie.

« Que Dieu l’accueille en son paradis ! » « Qu’il brûle en enfer ! »L’annonce de la mort, le mercredi 24 avril, à Doha (Qatar), à l’âge de 88 ans, d’Abassi Madani, militant nationaliste, combattant de la guerre d’indépendance au sein du Front de libération nationale (FLN) et fondateur du Front islamique du salut (FIS), a suscité des réactions très contrastées sur les réseaux sociaux en Algérie.

L’homme est en effet associé à la « décennie noire » des années 1990, période violente et traumatisante de conflit intérieur, qui continue de hanter les Algériens. Le régime ayant décidé, à l’arrivée au pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, en 1999, de tourner la page de cette « tragédie nationale », chacun s’en tient à sa vérité. Pour les partisans d’Abassi Madani, il a été victime des « généraux » qui, en interrompant le processus électoral en janvier 1992, ont volé aux islamistes une victoire annoncée. Pour ses adversaires, son ambition personnelle et sa volonté d’imposer un régime théocratique ont précipité le pays dans les violences.

Né le 28 février 1931, à Sidi Okba (Biskra), une région conservatrice du sud du pays, Abassi Madani, fils d’imam, reçoit un enseignement religieux avant de rejoindre une école de l’Association des oulémas musulmans algériens d’Abdelhamid Ben Badis. Engagé très jeune dans le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD- indépendantiste) dont sera issu le FLN, Abassi Madani prend part à l’une des premières actions armées à Alger. Il fait partie d’un commando ayant essayé, le 1er novembre 1954, d’attaquer les locaux de Radio Alger. Dix-sept jours plus tard, il est arrêté et restera en prison jusqu’à l’indépendance, en 1962.

Abassi Madani a fait partie de l’association El-Qiyam (« les valeurs »), fondée en 1963 notamment par le philosophe islamiste Malek Bennabi. L’association sera interdite en 1966 par le président Houari Boumediene, défenseur d’un nationalisme « progressiste ». Après des études universitaires à Alger, il part pour Londres, de 1975 à 1978, pour préparer une thèse de doctorat et revient ensuite enseigner à l’université d’Alger.

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