La compagnie Air Sénégal et ses turbulences ont été au menu des doléances évoquées au Palais de la République du Sénégal, dans le cadre de la journée du 1er mai. Macky Sall, le Président sénégalais a martelé son souhait de voir la compagnie nationale sénégalaise performante et protégée au nom des sacrifices consentis par  l’état pour en arriver là.

Pendant ce temps, les échos venant des cieux semblent brouiller les prévisions optimistes des autorités sénégalaises. Macky Sall souhaite que sa compagnie soit à l’image de la « Ethiopian Airlines » en termes de performances. Toutefois certaines langues soutiennent que ce projet si cher au président Macky Sall est en train de battre de l’aile  à cause de la mauvaise gestion de l’entreprise. La compagnie accumule des couacs les uns après les autres. Entre les vols qui sont annulés au dernier moment et l’équipage d’un vol pas trop « sénégalais », les passagers voient leur enthousiasme disparaître comme la traîne d’un avion furtif. Une mauvaise publicité pour cette compagnie qui comme un vieux phénix tente de renaître des cendres des défuntes expériences de compagnies nationales.



Il était une fois ‘Air Sénégal International’

Mise en place pour succéder à la défunte Air Afrique, ‘Air Sénégal International’ fut créée en 2001 par des privés sénégalais, la société passe ensuite par une recomposition de capital de l’ordre de 49% d’actions pour le Sénégal contre 51% pour les partenaires marocains. Elle exploite quatre avions dont deux sont loués avec une garantie de la Royal Air Maroc.

La compagnie assurait la desserte intérieure au Sénégal, entre Dakar et les villes de Saint-Louis et Ziguinchor notamment, en plus de lignes extérieures. Elle se voulait le symbole de la coopération entre Dakar et Rabat. Née d’un élan, de coopération et de développement économique, la compagnie Air Sénégal International est le prolongement des relations entre le Sénégal et le Maroc.

Air Sénégal International fut élue meilleure compagnie Africaine en 2003.
Ce paragraphe appartenait désormais à l’histoire puisque quelques mois plus tard, la compagnie connut des problèmes.

La compagnie bat de l’aile

Les difficultés d’ASI débutèrent en 2004. Le Maroc et le Sénégal auraient-ils surestimé les perspectives de développement de la compagnie et consenti des investissements de lancement trop conséquents ? En tout état de cause, la compagnie chérifienne est appelée à la rescousse pour renflouer les caisses. Parallèlement, un plan de redressement est adopté. Celui-ci prévoit, entre autres, un ralentissement de l’activité et la réduction des effectifs. Les deux parties se mettent d’accord. Mais le plan tarda à être mis en place.

Sur le terrain, la situation fut loin d’être sereine. Cadres, syndicats et opinion publique développèrent progressivement une hostilité à l’égard de la partie marocaine au point de provoquer des dissensions au sein du Conseil d’administration de la compagnie.

Rien n’allait plus. La crise sociale était latente et la grogne des syndicats grandit. Ce qui n’arrangeait rien aux difficultés financières qui allaient grandissantes.

Rappelons qu’ASI employait 450 personnes et 150 intérimaires et qu’une des principales revendications concernait la réintégration de ces intérimaires.

La problématique posée par la crise d’ASI dépasse le cadre de l’entreprise. La compagnie a effectivement une double nature puisqu’elle était à la fois marocaine (RAM en est l’actionnaire majoritaire) et sénégalaise puisqu’il s’agit de la compagnie nationale du Sénégal. Cette dualité était épineuse. Non pas parce qu’il s’agissait de deux nationalités différentes mais davantage parce qu’elle faisait entrer en ligne l’enjeu politique. Ce qui ne correspondait pas nécessairement aux impératifs de rentabilité économique. D’où l’urgence d’étudier de nouvelles formes de partenariat en Afrique. Ce n’est pas le cas actuellement pour Air Sénégal.

Pour la nouvelle compagnie ‘AIR SÉNÉGAL’, la question qui se pose est qu’attend le gouvernement Sénégalais pour reprendre les choses en main pendant qu’il est temps. Beaucoup de passagers dénoncent la suppression prématurée de la ligne Corsair alors qu’Air Sénégal n’est pas encore prêt pour assurer la desserte Paris-Dakar.

2 Commentaires

  1. Tous les experts du Monde savent que le Plan Sénégal Émergent peut mener à l’émergence du Sénégal ; émergence qui repose sur une croissance forte, durable et inclusive de son économie.
    Au moment annoncé de sa création, en avril 2016, j’avais souhaité que les erreurs et les échecs cumulés de Sénégal airlines et d’Air Sénégal international ne se reproduisent plus. Elles devraient servir de bonnes leçons sur les choix à opérer quant à la flotte, aux montages financiers et au recrutement des Personnels de la nouvelle compagnie.

    Les incompétences aux commandes d’une Entreprise sont synonymes de mal gestion commerciale, financière, technique, administrative; de gabegie. Il faudrait donc éviter les erreurs et doter notre Pavillon national et nos Aéroports d’une expertise nationale encore beaucoup plus patriotique (…).

    La dimension internationale que l’on souhaite donner à l’aéroport Blaise Diagne, parallèlement à l’existence d’une Compagnie aérienne de grande envergure, très élevée, un pavillon fort qui dès sa première année d’activités dessert l’Europe, l’Amérique, et toutes les grandes capitales africaines, ne se ferait qu’avec plus d’intelligence et des coût assez élevés.

    L’heure est à une union sacrée, à une fierté et à un patriotisme réaffirmés qui devraient animer tous les acteurs économiques, tous les personnels et tous les usagers nationaux de nos outils de développement.

    À l’instar des pays d’Asie, d’Europe ou des Amériques, le Sénégal gagnerait à contourner certaines Réglementations «contraires» à son Emergence, tout en respectant les Conventions ratifiées. Subventionner donc, sans état d’âme, les activités de notre Pavillon national.

    En contrepartie d’une imposante flotte aérienne, quelques barils de pétrole ou bien quelques mètres cubes de gaz pourraient être hypothèqués dans les Marchés financiers, aux fins de lever des fonds, en vue de relever tous les défis qu’imposent la création et l’exploitation d’un transport aérien moderne et durable.

    Mettre Air Sénégal Sa à l’abri de tout problème financier et de trésorerie, tel devrait être maintenant l’objectif majeur des Dirigeants ou Décideurs.

    Le Sénégal a bien les moyens de sa politique de Transport aérien. Il n’a de portefeuille que ses droits de trafic, immense richesse qu’il faut partager, souverainement, grâce à des Accords commerciaux à nouer intelligemment avec tous les Transporteurs qui le désirent. Des parts de marchés sont à prendre ou à récupérer en fonction de ces droits réels.

    À l’image du Président feu Cheikh Fal, leader charismatique, compétent, fort et indépendant, le nouveau DG pourrait acquérir rapidement les compétences et connaissances nécessaires mais non suffisantes dans le domaine du transport aérien. IL devra s’entourer d’une équipe, véritables patriotes qui :

    • ont à cœur de mener à bien toutes les diligences opérationnelles, marketing et ventes nécessaires pour ouvrir les Représentations en fonction des plans commerciaux stratégiques

    • comprennent le transport aérien et la réalité concurrentielle à laquelle Air Sénégal est confrontée

    • croient et savent que le capital humain est primordial pour construire une vision cohérente ou un plan d’avenir, mais savent comment diriger et travailler avec les différentes catégories d’employés.

    L’expertise avérée des jeunes vétérans, combinée aux talents et dynamisme de la jeunesse, serait un atout pour asseoir définitivement une excellente politique économique et commerciale de la Compagnie. Le redressement est à portée de l’équipe dirigeante. Faire confiance au patriotisme économique des jeunes à qui il faudrait donner de réelles ouvertures.

    Je souhaite donc une union sacrée, de toutes les bonnes volontés, autour de notre Pavillon national.

    Aussi j’en appelle à la Responsabilité des Populations sénégalaises, de l’Assemblée nationale, du Conseil économique et Social, du Patronat, du Gouvernement qui devrait être engagée pour qu’enfin, à l’image de l’Aéroport International Blaise Diagne, la Nation sénégalaise dispose, une fois pour toute, d’une très grande Compagnie aérienne, pérenne, viable et enviable.

    C’est un choix, c’est possible, c’est faisable.

    Meissa Ndiack Seck, Consultant Senior, Expert en Transport aérien, Formateur commercial certifié Amadeus central system.

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