Au vu du rythme actuel de l’APR France tout laisse penser que le parti va bien. Du moins c’est ce qui est raconté à Macky Sall. Des sections montées un peu partout en France par une DSE en pleine forme, et preuve de sa supposée vitalité ces méga-meetings organisés à Mantes-la-jolie il y a un peu plus d’un mois, et à Marseille il y a quelques jours qui a enregistré d’ailleurs la présence du Président. Un mouvement des femmes lui aussi dit en pleine forme, qui vit ses belles heures de fonctionnement, qui se réunit régulièrement. Bref une APR France qui marche, qui vit, qui se massifie, des militants plus que jamais engagés. Le président croit dur comme fer que l’PAR France marche merveilleusement bien. Erreur. Ou presque. En effet seule la coordination des cadres (CCR) et dans une moindre mesure la structure des jeunes marchent normalement. Le reste des structures de l’APR France notamment la première d’entre elles la DSE, et le mouvement
des femmes n’ont qu’une existence relative. Macky ne le sait très certainement pas mais la situation réelle de l’APR France est à des années de lumière de celle qui lui est rapportée. La formation est aujourd’hui traversée par une dynamique de démobilisation et d’érosion graduelles de ses militants. L’APR France vit des heures sombres de son histoire. L’apparente bonne santé de la DSE et du mouvement des femmes cache en vérité une métastase en pleine évolution. Les deux structures en proie à des querelles internes de positionnement font face à des difficultés réelles de fonctionnement. La DSE d’abord. L’équipe dirigeante de cette structure dont l’élection récente a défié les règles primaires de la démocratie est loin de faire l’unanimité au sein des sections. Certains coordonnateurs de sections à travers la presse ne se sont pas munis de gants pour dénoncer “l’autoritarisme de la DSE. Et il y a quoi. Dans sa course effrenée
à atteindre l’objectif des cent sections fixé par le président, la DSE ne tient plus compte des critères géographiques de création de section préconisés par les statuts du parti. La régle est simple. Il faut installer le maximum de sections. Quitte à créer dans une même ville trois voire plusieurs sections, l’essentiel c’est d’en créer tant pis si ces montages de sections enfreignent les règles statutaires de l’APR et par la même occasion soient susceptibles d’engendrer des conflits entre sections voisines. Quant au soi-disant mouvement des femmes, il n’est que l’ombre de lui-même, un véritable club d’amies, dont les réunions sont plus des rendez-vous entre copines que des moments de discussions politiques et d’élaboration de stratégies de massification du mouvement. Eles sont nombreuses ces femmes de plusieurs sections qui avouent ignorer le nom même de la présidente du mouvement et pire qui jurent n’avoir jamais été convoquées
aux réunions de la structure. Mais comment en est-on arrivé à cette situation chaotique de l’APR France?. La réponse à cette question réside dans la manière dont la DSE et le mouvement des femmes sont gérés. Un petit retour en arrière. Au lendemain de son arrivée au pouvoir en 2012, Macky Sall prit une option, du reste louable. En guise de remerciements aux très nombreux militants et sympathisants de l’APR France, il nomma certains coordonnateurs de section, en raison de leurs compétences, ministre, député, Directeurs de société, ambassadeurs, consuls, vice-consuls et que sais-je encore. Ces anciens coordonnateurs dont certains ont changé de pays de résidence en raison de leurs nouvelles fonctions, le temps du mandat présidentiel, devaient normalement ceder leur place de coordonnateur. Seulement voilà. Ils ont gardé leur poste plongeant ainsi ces sections dans des difficultés de fonctionnement pour ne pas dire une léthargie
chronique. Pas de réunion, silence radio. C’est par la pression de certains militants de ces sections qu’ils ont fini par lâcher du lest, céder la place. Oui céder la place. Mais sur la forme seulement. En effet céder ces places auxquelles ils sont attachés comme à la prunelle de leurs yeux veux dire pour eux se faire remplacer par des personnes dignes de confiance, leurs sous-fifres, complètement acquises à leurs causes, qui ne décident de rien sur la section sans leur aval. Et ces personnes ce sont eux qui les choisissent pour être sûr de la possibilité de garder la main mise sur les sections. Ainsi de leur pays de résidence ils continuent de gérer indirectement leurs sections. En clair ce sont eux les vrais patrons de ces sections. La situation est injuste et c’est ce que certains militants courageux de ces sections ont dénoncé. Mais mal leur en a pris. Ces voix qui ont osé s’élever à l’intérieur de ces sections pour dénoncer
cette forme de militantisme ont été vouées ainsi aux gémonies, et leur combat rangé dans le registre de la jalousie. Une stratégie efficace pour les faire taire. Et ça marche. Devant l’impossibilité de se dépetrer de ces accusations, las de ne pas être entendus, esseulés ces supposés révoltés qui ne sont en réalité que des militants engagés, soucieux du bon fonctionnement de l’APR, et
mûs par son seul intérêt, finissent, en désespoir de cause par accepter le silence qui leur imposé. Ils sont obligés de faire le choix ultime, conséquence de la pression, ne rien dire, laisser les choses telles qu’elles sont. Tout le monde le sait, ce sont ces anciens coordonnateurs actuellement établis à Dakar ou ailleurs qui contrôlent leurs anciennes sections ainsi que la DSE. Le premier à en pâtir de ces disfonctionnements de la DSE c’est le gouvernement lui-même. Sa politique de développement incontestable articulée autour du PSE ne bénéficie pas d’une véritable sensibilisation. La DSE au lieu de déployer son énergie essentiellement sur la création de sections aurait dû se focaliser davantage dans la sensibilisation du PSE dans toutes les régions de France, expliquer l’engagement du président à respecter ses promesses.La CCR le fait. La DSE doit le faire. Mais tant qu’elle ne se restructure pas, elle continuera à s’occuper
des choses moins essentielles.

Abdoulaye Mbodji
Journaliste.

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