Assurément comme le malheur, le bonheur également n’arrive jamais seul. À peine que s’envole la brume BORIS/BACHIR nous laissant émerveillés, nous voici envahis de nouveau par une autre : CAMARA/SOUGOU!

CAMARA/SOUGOU! Tellement de différences autant sur la forme que sur le fond. Tellement de différences entre les auteurs, disions-nous…la preuve :

Waw! En fin de compte, quoi retenir de ce duel à coup de plumes? CAMARA/SOUGOU! Professeur/Juriste, c’est toute la chicane qui oppose les deux auteurs. Doit-on vraiment s’en offusquer? Non et non! Bien entendu, il faut avec générosité et audace aller au-delà en essayant d’extraire le substrat principal (le manteau revêtu par chacun) qui traverse les plumes en présence afin de mieux pointer du doigt le rôle essentiel ici du juriste(SOUGOU), là du professeur(CAMARA).

Nul ne peut être contre la vertu! De ce fait disons-le tout de go. Le juriste, en convoquant Jean Matringe c’est « l’ingénieur des normes juridiques, celui qui sait certes comment en dégager la signification et la portée, mais aussi celui qui sait par quels processus ces normes adviennent à l’existence, selon quelles trajectoires ces normes vivent, évoluent, interagissent, somnolent, sombrent dans l’oubli, vieillissent, se périment, se réveillent, comment éventuellement elles ressuscitent ou sont réactivées. Celui qui a saisi et maintient en éveil la compréhension et la maîtrise de la naissance, de la « composition du droit », de la vie et de la mort des normes juridiques».

Mieux, le juriste supérieur est, pour Alain Didier Olinga, «celui qui a été saisi par la conscience de l’importance éthique de son savoir, […] d’un savoir devant être résolument mis au service de la dignité de la personne humaine […] le juriste est l’adepte d’un code méthodologique ; toutefois, tel que nous ne pouvons ne pas le concevoir, il est nécessairement le serviteur d’une éthique humaniste ; pour concilier rigueur méthodologique et impératif humaniste, le juriste doit être le défenseur permanent d’une dogmatique éthique».

Par contre, le professeur pour ne pas dire l’enseignant –celui du cours maternel autant que celui des universités – même coincé entre l’arbre et l’écorce, doit plus aider à faire dépasser les préjugés qui gangrènent la cohésion sociale, à restaurer les convergences qui peuvent émaner des controverses et surtout à préserver la diversité des modèles, des approches, des opinions. Justement, c’est en cela encore aujourd’hui que nous croyions fortement à l’instar de l’écrivain Jean Guéhenno que le Professeur pourrait être cet « homme qui pense mieux devant les autres, avec les autres et pour les autres, que seul et pour lui seul ».

Cependant, c’est une redondance encombrée de faits d’affirmer que notre Sénégal survit toujours à la merci des subtilités des Sciences juridiques et particulièrement des juristes, des praticiens du droit et de certains enseignants de droit malveillants aux agitations fiévreuses et péremptoires. Pire, la justice sénégalaise, à l’instar de celle d’autres pays, traverse de multiples crises qui sont d’ordres matériel, fonctionnel, moral voire identitaire. Contrairement à notre aspiration commune comme Peuple souverain et résolument engagé dans la voie irréversible de la démocratie, la séparation des pouvoirs au Sénégal tant chantée est réduite malheureusement à une retentissante « fiction constitutionnelle».

Des fonctionnaires du corps judiciaire sénégalais ayant l’honneur et le privilège de requérir au nom de l’État et de la loi, éprouvent la plupart du temps de multiples difficultés à faire front aux assauts répétitifs et aux pressions sournoises provenant principalement d’un Pouvoir exécutif animé par une prétention arbitraire, absurde et fortement imbibé de calculs de politiques politiciennes. Beaucoup d’entre eux vivent à la merci d’une tutelle tyrannique qui fait de la coercition du droit et du monopole de la violence illégitime son emblème.

Aussi, le juge judiciaire sénégalais, pourtant « pilier de l’ensemble du système de justice » brave et engagé qu’il veuille paraître tristement devant nous autres, avec les handicaps majeurs connus de tous, ne peut plus jouir de l’indépendance suffisante pour rendre à la règle de droit sa finalité essentiellement sociale ou simplement faire briller son caractère général, abstrait et obligatoire. Pourtant, ce principe de l’indépendance judiciaire par rapport aux autres pouvoirs de l’État doit être au bénéfice exclusif des Citoyens, et non des juges. Car il est crucial au maintien de la confiance de la population dans l’administration de la justice, y compris dans l’impartialité de la magistrature.

C’est la somme d’efforts de qualité soutenus qui conduit à une justice plus efficace, un gain pour l’ensemble de la société. Rendre justice, reconnaissons-le, ne se limite pas à trancher des litiges. Rendre justice doit demeurer pour tous les acteurs concernés un sacerdoce de premier rang qui inclut ,d’abord et avant tout, une volonté politique bien assumée et une saine gestion des juridictions dans le but de favoriser, entre autres, l’utilisation optimale des ressources judiciaires en limitant les délais, en appliquant de manière juste, simple, proportionnée et économique la procédure; et en s’assurant que les droits des parties s’exercent dans un esprit de coopération, de conciliation, d’équilibre et surtout, surtout de respect.
C’est justement là où le bât blesse nous poussant en définitive et avec amertume à nous convaincre, à la suite du doyen Carbonnier, que dans notre cher Sénégal « le droit n’est pas cet absolu dont souvent nous rêvons». Donc, toute confusion des rôles, dans un contexte aussi émotif et critique, est à dénoncer vigoureusement et à proscrire avec raison. QUÆ SUNT CÆSARIS, CÆSARI !!!
CAMARA/SOUGOU, un vrai régal pour notre esprit de profane!

Pathé Guèye-Montréal

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here