Tout penseur est critiquable mais toute critique peut à son tour être critiquée. C’est cela le débat intellectuel.

Le danger pour un intellectuel, c’est de vouloir critiquer un auteur mais de le faire de manière légère et désinvolte, surtout si l’auteur qu’il critique a une pensée complexe et nuancée.

En faisant cela, il prête le flanc à son tour à la critique.

Dès que j’ai lu le texte de Bachir, j’ai vu les « failles ». J’ai voulu répondre, mais sachant que Boubacar Boris Diop était en train de produire un texte, j’ai laissé tomber.

Bachir et Boris sont des amis. Je suis leur jeune ami. J’ai une correspondance soutenue avec tous les deux. Mais quand il s’agit de débat intellectuel, l’amitié est mise au placard le temps du débat. On s’approprie tous la phrase d’Isaac Newton : « Platon est mon ami, Aristote est mon ami mais mon meilleur ami, c’est la vérité. »

Le débat est donc ouvert. Que ceux qui ambitionnent de critiquer à leur tour les critiques se lancent.

La vitalité culturelle d’un pays se mesure aussi à la vitalité des débats intellectuels.

En 2013, j’avais, avec mon cher ami philosophe, Thierno Guèye, produit un article-réponse à Bachir. Le sujet portait sur les langues. Bachir étant notre professeur, nous avions décidé de lui envoyer d’abord le texte avant de le publier dans la presse. Bachir, en gentleman, nous avait recommandé de le publier dare-dare. Le professeur Aram Fal, linguiste célèbre, ayant eu vent de ce débat, s’était à son tour lancée dans la discussion et avait également produit un texte-arbitre.
Tout cela s’était fait dans le respect et la courtoisie.

Qu’il en soit toujours ainsi dans les débats intellectuels.

8 Commentaires

  1. Enfin de vraies contributions dignes de ce nom qui nous éloignent des stupides « lettres au président de la république » !! Merci M. Guèye et tous les participants comme Boris Diop au débat soulevé par Bachir Diagne. En fait ce n’est même pas un débat, mais un point de vue libre, critique et taquin sur l’oeuvre de Cheikh Anta Diop. L’interview de Bachir est disponible et j’espère que tous les lecteurs de Xalima le liront pour se faire une idée. En plus il faut éviter le piège de diviniser l’oeuvre de Cheikh Anta car il est avant tout un intellectuel et un scientifique, donc totalement ouvert à la critique et à la contradiction. C’est sous cet angle qu’il faut lire les propos de Bachir qui a bien connu lui-même Cheikh Anta, qui lui a toujours rendu hommage et qui a contribué à diffuser tout son travail aux USA et dans le monde. Merci !

    • J’aimerai bien savoir comment Bachir Diagne a contribué à faire connaître le travail de CAD aux États unis et ailleurs. Parce qu’à ma connaissance il n’a jamais fait une chose pareille. Une petite preuve serait la bienvenue.

  2. Merci Diop, mais tu dois savoir que ce type qui écrit cette contre-vérité est incapable de dire une vérité sur quoi que ce soit. La légèreté de Bachir est inacceptable. Jamais je n’aurais pensé qu’il ne s’était jamais donné la peine de lire Cheikh Anta. Il n’y a que le complexe qui explique une telle attitude de la part d’une personne de son niveau.

    • N’etes vous pas un peu trop categorique Monsieur Gorgui Diop. Nous admirons beaucoup Cheikh Anta, mais la perfection n est pas de ce monde. Nous avons aussi beaucoup de respect pour SBD. Boris Diop nous donne un example de reponse intellectuelle. A mon avis, dans ce genre de debat, c est l’approche à suivre-

  3. Merci Khadim!

    Souhaitant une poursuite de la conversation entre ces deux remarquables compatriotes, il faut juste deja souligner que Bachir s’est mepris lorsqu’il pretait a CAD la mauvaise interpretation s’agissant d »UNIFICATION » et « UNITE » de langue.

    Vivement une suite, avec pourquoi pas l’arbitrage de grands esprits dans ton genre, pour nous eclairer.

    Nous autres, nous resterons au balcon a nous regaler.

    Merci encore Khadim!

  4. @ngala, ma première phrase n’est pas pour S.B.Diagne, mais plutôt pour ce type crapuleux qui a fait le premier commentaire et que je ne veux point nommer. Il est le baye fall de macky qui defend tous les actes de trahison de notre imbécile national.
    En ce qui concerne le reste de ton commentaire, loin de nous de penser que C.A.Diop est parfait. Diop est lui même le premier qui disait que « ceux qui nous aurons compris, sont ceux là qui, armés d’une nouvelle conscience pousserons les recherches dans nombres de domaines qu’il n’a fait qu’effleurer ». Diop est incompris par beaucoup, car il faut du temps et des recherches pour apprèhender un esprit aussi fructueux et complexe. Je suis habitué de voir des personnes parler de Diop sans le comprendre. Mais quelqu’un comme S.B.Diagne ne devrait jamais tombé Dan’s ce travers.

    • @GorguiDiop,
      Merci pour cette clarification. La nuance/le respect que je demande pour nos intellectuels, je ne demande pas pour nos politiciens. Il faut nommer le mal pour l’exorciser.

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