Malgré son statut de place forte du foot africain, le Sénégal n’a jamais remporté la CAN. Mais vu son effectif, et son tableau, cela pourrait changer cette année. C’est du moins ce que les Lions de la Teranga veulent croire, avant leur quart contre le Bénin (18h) ce mercredi.

C’est maintenant, ou jamais. La sentence est un peu sèche, mais de Dakar à Pikine, elle résume assez bien l’état d’esprit des millions de supporters des Lions de la Teranga. Rarement placé (une seule finale en 2002), et surtout jamais titré, malgré son statut de nation forte du football africain, le Sénégal veut plus que jamais remporter sa première CAN en 2019. Ça tombe bien: il n’est plus qu’à trois victoires du Graal.

Extrêmement prudent en début de compétition, martelant à chaque prise de parole que son équipe n’était qu’un « challenger », le sélectionneur Aliou Cissé s’est lâché pour la première fois mardi, à la veille du quart de finale contre le Bénin (ce mercredi, 18 heures). « Cette année peut être la bonne », a-t-il concédé, pour le plus grand bonheur des suiveurs.

Une génération dorée
Cette année peut être la bonne pour le Sénégal, en effet, et ce pour plusieurs raisons. La première, la plus évidente, est la qualité de son effectif. Dans le dur au début des années 2010, la sélection sénégalaise peut aujourd’hui s’appuyer sur l’une des générations les plus douées de son histoire.

Les Lions possèdent en défense celui que toute l’Europe s’arrache, le roc Kalidou Koulibaly (Naples), épaulé par les solides Salif Sané (Schalke 04) ou Cheikhou Kouyaté (Crystal Palace). Il peut compter en milieu sur Idrissa Gueye (Everton), le N’Golo Kanté local, et a de superbes arguments offensifs, avec les Rennais Mbaye Niang et Ismaïla Sarr, Keita Baldé (Inter), et surtout, la star de l’équipe, le récent vainqueur de la Ligue des champions Sadio Mané (Liverpool). Autant dire, une équipe assez complète, sur toutes les lignes, ce qui n’a pas toujours été le cas.

Un tableau dégagé
L’autre motif d’espoir pour les Lions, c’est le tableau. « Les grands favoris ne sont pas là. Bien sûr que ça nous donne une idée et encore plus confiance », souffle Cissé. L’hôte égyptien a pris la porte, le Maroc a pris la porte, le Cameroun aussi, et le Sénégal possède sur le papier un chemin vers la grande finale assez abordable. La première nation africaine au classement Fifa (22e) affrontera ce soir le surprenant mais néanmoins limité Bénin (88e), pour une éventuelle demie contre la Tunisie qui n’a toujours pas gagné un match (quatre nuls) ou le Petit Poucet malgache.

En résumé, le Sénégal peut, et doit être présent au stade international du Caire le 19 juillet prochain. Mais attention. « Il nous faudra cravacher dur, il nous faudra travailler dur, il faudra être sérieux et c’est ce que nous sommes en train de faire, prévient Aliou Cissé. […] Je le dis et je le répète depuis quatre ans que je suis ici, il n’y a plus de petites équipes sur le continent africain et je crois que cette CAN l’a montré. Gagner en Afrique, c’est difficile, compliqué. Les équipes qui pensent que le match est déjà joué auront tort. »

Mais des détails à régler
D’autant que jusqu’à présent, tout n’a pas été parfait dans le jeu sénégalais. La victoire contre l’Ouganda (1-0) en huitièmes a même été laborieuse, et la phase de poules, conclue à une deuxième place (deux victoires, une défaite), n’a pas non plus montré une équipe largement au-dessus du lot. Le cas de Sadio Mané est assez symbolique. L’attaquant des Reds a marqué trois buts, mais il a aussi manqué deux penalties, et il lui faudrait passer à la vitesse supérieure. « Maintenant, il faut reculer pour mieux sauter, convient-il. L’équipe m’a donné trois fois ma chance (sur penalty), je pense que le ratio n’est pas bon. Désormais, je laisse le laisse aux autres. A un moment donné, il ne faut pas être égoïste, il faut penser à l’équipe. »

L’équipe en tête, et peut-être aussi… l’Algérie. Malgré les succès contre la Tanzanie (2-0) et le Kenya (3-0), Mané et ses camarades doivent aussi se souvenir qu’ils ont été battus au premier tour par l’Algérie (1-0) dans l’un des chocs de la compétition. Or, les Fennecs, devenus au fil des matchs les favoris de l’autre partie du tableau, pourraient de nouveau se dresser face aux Lions en finale…

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