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><channel><title></title> <atom:link href="http://xalimasn.com/category/dossiers/dixieme-anniversaire-de-l%e2%80%99alternance/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://xalimasn.com</link> <description>Tout sur le senegal</description> <lastBuildDate>Thu, 09 Feb 2012 23:24:01 +0000</lastBuildDate> <language>en</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator><itunes:summary>Tout sur le senegal</itunes:summary> <itunes:explicit>no</itunes:explicit> <itunes:image href="http://xalimasn.com/wp-content/plugins/powerpress/itunes_default.jpg" /> <itunes:subtitle>Tout sur le senegal</itunes:subtitle> <image><title></title> <url>http://xalimasn.com/wp-content/plugins/powerpress/rss_default.jpg</url><link></link> </image> <item><title>[Audio] A propos du TFM, Wade affirme: &#160;&#187; Je ne sais pas ce que c’est Futurs Médias, je n&#8217;autoriserai jamais sa télévision&#160;&#187;</title><link>http://xalimasn.com/a-propos-du-tfm-wade-affirme-je-ne-sais-pas-ce-que-c%e2%80%99est-futurs-medias-je-nautorisera-jamais-sa-television/</link> <comments>http://xalimasn.com/a-propos-du-tfm-wade-affirme-je-ne-sais-pas-ce-que-c%e2%80%99est-futurs-medias-je-nautorisera-jamais-sa-television/#comments</comments> <pubDate>Sun, 21 Mar 2010 12:15:08 +0000</pubDate> <dc:creator>Samory</dc:creator> <category><![CDATA[ACTUALITES]]></category> <category><![CDATA[DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ALTERNANCE]]></category> <category><![CDATA[PODCASTS]]></category><guid
isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=9074</guid> <description><![CDATA[Xalimasn.com Dans un entretien qu&#8217;il a accordé au Futurs Médis (lobs et Rfm) le président Wade a affirmé qu&#8217;il ne donnera jamais à Youssou ndour (patron dudit groupe de presse)  le signal télé dont il a besoin. Extraits: Le groupe Futurs Médias a un projet de télévision, mais il y a un blocage de votre [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Xalimasn.com</p><p><strong>Dans un entretien qu&#8217;il a accordé au Futurs Médis (lobs et Rfm) le président Wade a affirmé qu&#8217;il ne donnera jamais à Youssou ndour (patron dudit groupe de presse)  le signal télé dont il a besoin.</strong></p><p>Extraits:</p><p><strong>Le groupe Futurs Médias a un projet de télévision, mais il y a un blocage de votre côté…</strong><br
/> Je ne sais pas ce que c’est Futurs Médias.</p><p><strong>Son conseiller s’interpose…</strong><br
/> Wade réplique : « yanngi yax sa affaire, yow », s’adressant toujours à Bamba Ndiaye. Avant de poursuivre.</p><p>J’ai dit que n’importe quel Sénégalais peut ouvrir une télé ou une radio s’il le souhaite, mais à la condition qu’il ne finance pas son projet avec l’argent de l’Extérieur. C’est clair.<br
/> C’est un projet du groupe Futurs Médias<br
/> J’ai des informations contraires… Je défends les intérêts du pays et je ne l’autoriserai jamais. J’ai des renseignements très sûrs. Si quelqu’un prend de l’argent ailleurs pour avoir une télé, je ne peux pas l’accepter.</p><p>Khady Jeanne Seck</p><p>Source Audio: RFM</p><div
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Je ne sais pas ce que c’est Futurs Médias.Son conseiller s’interpose…
Wade réplique : « yanngi yax sa affaire, yow », s’adressant toujours à Bamba Ndiaye. Avant de poursuivre.J’ai dit que n’importe quel Sénégalais peut ouvrir une télé ou une radio s’il le souhaite, mais à la condition qu’il ne finance pas son projet avec l’argent de l’Extérieur. C’est clair.
C’est un projet du groupe Futurs Médias
J’ai des informations contraires… Je défends les intérêts du pays et je ne l’autoriserai jamais. J’ai des renseignements très sûrs. Si quelqu’un prend de l’argent ailleurs pour avoir une télé, je ne peux pas l’accepter.Khady Jeanne SeckSource Audio: RFM</itunes:summary> <itunes:author>NO AUTHOR</itunes:author> <itunes:explicit>no</itunes:explicit> <enclosure
url="http://xalimasn.com/wp-content/uploads/2010/03/wade-47-75fbe1-150x150.jpg" length="9061" type="image/jpg" /> </item> <item><title>La célébration des 10 ans d’alternance, une provocation selon Aj/Pads</title><link>http://xalimasn.com/la-celebration-des-10-ans-d%e2%80%99alternance-une-provocation-selon-ajpads/</link> <comments>http://xalimasn.com/la-celebration-des-10-ans-d%e2%80%99alternance-une-provocation-selon-ajpads/#comments</comments> <pubDate>Sat, 20 Mar 2010 20:22:33 +0000</pubDate> <dc:creator>Samory</dc:creator> <category><![CDATA[ACTU+]]></category> <category><![CDATA[DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ALTERNANCE]]></category><guid
isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=9184</guid> <description><![CDATA[La célébration du dixième anniversaire de l’alternance au moment où, « les populations manquent de tout », est une « provocation ». C’est du moins le sentiment du Secrétariat exécutif d’And Jef. Les camarades de Landing Savané, l’ont fait savoir à l’issue de leur réunion de bureau. Selon eux, l’alternance « a trahi le peuple sénégalais » qui « manque de tout [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><strong>La célébration du dixième anniversaire de l’alternance au moment où, « les populations manquent de tout », est une « provocation ». C’est du moins le sentiment du Secrétariat exécutif d’And Jef.</strong></p><p>Les camarades de Landing Savané, l’ont fait savoir à l’issue de leur réunion de bureau. Selon eux, l’alternance « a trahi le peuple sénégalais » qui « manque de tout et patauge encore dans les eaux stagnantes de plusieurs années d’inondation au niveau de la banlieue de Dakar ».</p><p>Dès lors, les camarades de Landing Savané appellent à « une nouvelle alternative et des changements profonds » pour éradiquer les nombreux « scandales dans la gestion d’établissements publics et parapublics (ARTP, audits de l’ARMP, de l’ANOCI… qui éclaboussent de hautes personnalités du pouvoir ».</p><p>Le Secrétariat exécutif d’AJ se félicite également de l’initiative des guides religieux pour l’établissement d’un dialogue entre l’opposition et le pouvoir. Il dénonce également « le regain de violence en Casamance » et appelle à « la tenue d’Assises Nationales sur la Casamance ».</p><p>africanglobalnews.com</p><div
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url="http://xalimasn.com/wp-content/uploads/2010/03/landingalter-150x150.jpg" length="8628" type="image/jpg" /> </item> <item><title>L’an dix de l’alternance. Où sont passés les ministres ?</title><link>http://xalimasn.com/l%e2%80%99an-dix-de-l%e2%80%99alternance-ou-sont-passes-les-ministres/</link> <comments>http://xalimasn.com/l%e2%80%99an-dix-de-l%e2%80%99alternance-ou-sont-passes-les-ministres/#comments</comments> <pubDate>Sat, 20 Mar 2010 20:16:50 +0000</pubDate> <dc:creator>Samory</dc:creator> <category><![CDATA[ACTU+]]></category> <category><![CDATA[DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ALTERNANCE]]></category><guid
isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=9177</guid> <description><![CDATA[Le pouvoir, ça grise. La célébration de l’an dix de l’alternance en a administré la preuve la plus éloquente hier. Ceux qui sous le régime socialiste, arpentaient les rues de la capitale, rechignent aujourd’hui à s’adonner à ce qui jadis, était leur sport favori. Sont-ils grisés par le pouvoir au point de détester marcher avec [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le pouvoir, ça grise. La célébration de l’an dix de l’alternance en a administré la preuve la plus éloquente hier. Ceux qui sous le régime socialiste, arpentaient les rues de la capitale, rechignent aujourd’hui à s’adonner à ce qui jadis, était leur sport favori.</strong></p><p>Sont-ils grisés par le pouvoir au point de détester marcher avec la populace qu’ils avaient pourtant convié à cet exercice, histoire de célébrer le dixième anniversaire de leur changement de statut. On ne peut l’affirmer. Cependant, le déroulement des faits le laisse subodorer.</p><p>Pape Diop et Abdoulaye Faye ont été les seuls à se mêler à cette marée humaine pour aller à « l’assaut » du palais de la république, avant de monter dans leur véhicule et laisser la grande masse de désœuvrés poursuivre sa randonnée. Il est clair qu’une fois qu’on a goûté aux lambris dorés de la cour, avec bureaux, salons, chambres à coucher et voitures climatisés, il devient suffocant de marcher à travers les rues polluées de Dakar.</p><p>Il est vrai également qu’il est plus confortable d’attendre sagement sous la tente, que de se taper des kilomètres à pied qui, forcément usent les souliers, mais aussi épuisent les muscles.</p><p>Cette attitude serait elle le signe d’un divorce avec ce peuple qui l’avait adoré au point de le porter au pouvoir avec une période de grâce exceptionnelle. Ou est ce, les huées des commerçants de Sandaga qui protestaient contre « la cherté de la vie et l’inaccessibilité des couches démunies aux soins médicaux », qui ont poussé les deux téméraires à s’engouffrer dans leurs luxueuses limousines pour aller attendre sagement devant les grilles du palais.</p><p>En tout état de cause, force est de reconnaître qu’il y a un hiatus entre les tenants du pouvoir et les populations, car aucun membre du gouvernement n’a daigné se taper ses quelques kilomètres entre la poste de Médine et les grilles du palais.</p><p>africanglobalnews.com</p><div
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isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=9101</guid> <description><![CDATA[10 ans après l’avènement de l’alternance qui a porté maitre Abdoulaye Wade au pouvoir, les amis de Omar Faye du mouvement «Leeral Askan-wi» considèrent qu’à la place des fastes et gaspillages organisés par le régime libéral et ses alliés, les Sénégalais doivent se retrouver dans les lieux de cultes pour implorer Dieu afin que le [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>10 ans après l’avènement de l’alternance qui a porté maitre Abdoulaye Wade au pouvoir, les amis de Omar Faye du mouvement «Leeral Askan-wi» considèrent qu’à la place des fastes et gaspillages organisés par le régime libéral et ses alliés, les Sénégalais doivent se retrouver dans les lieux de cultes pour implorer Dieu afin que le pays retrouve sa place au rang des nations émergeantes. C’est ce qu’ils ont fait ce 19 mars (hier) dans les quartiers de Diokoul, Dangou, Colobane et Thiawlène.</p><p><strong>Par Ibou NIANG</strong></p><p>«Les Sénégalais n’ont jamais autant souffert. Aucun ménage ne peut supporter aujourd’hui le prix des denrées de première nécessité et ce gouvernement n’a aucun sens des priorités.» Tels sont les premiers mots recueillis de Omar Faye, leader de Leeral Askan-wi. Ce mouvement a commencé la journée du 19 mars 2010, hier, par un récital de Coran pour le départ du président de la République qui, à ses yeux, «a ruiné les espoirs du peuple». Omar Faye et ses camarades ont ensuite investi certains quartiers traditionnels de Rufisque pour informer les populations sur ce qu’ils considèrent comme «le plus grand flop de l’histoire politique du pays». Et de citer les multiples scandales financiers que nous avons connus durant cette période et la «priorité faite aux monuments et autres, qui sont des gouf-fres à milliards, au détriment des préoccupations du peuple qui ont pour noms : insécurité, délestages, inondations, cherté de la vie, etc.». Pour M Faye, l’objectif n’est pas de demander aux militants libéraux de tourner le dos à leur mentor, mais «d’éveiller la majorité silencieuse pour qu’elle refuse les Khartoum (tissus bas de gamme), les 2500 francs et les t-shirts, seules armes du pouvoir pour mobiliser les gens». Pour ce dernier, «même si Abdoulaye Wade ramener le prix du kilogramme de sucre à 100 francs, il ne retrouverait pas sa crédibilité aux yeux des Sénégalais.»<br
/> Pour terminer, les animateurs de Leeral Askan-wi ont appelé des Sénégalais comme Bara Tall, Mansour Kama, Serigne Moustapha Sy Djamil, Mouhamadou Mbodji, Amadou Makhtar Mbow, Jacques Habib Sy, Lamine Diack, etc. à se retrouver pour choisir en leur sein un candidat de la société civile qui «sera, au-delà de l’opposition traditionnelle, ce qui sapera les bases de la monarchie sénégalaise». Puis de mettre en garde le Président Wade contre toute tentative de suppression du second tour de l’élection présidentielle.</p><p><strong>Correspondant</strong></p><p>lequotidien.sn</p><div
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url="http://xalimasn.com/wp-content/uploads/2010/03/wadediakhle1-150x150.jpg" length="8236" type="image/jpg" /> </item> <item><title>Wade remet son ministre-conseiller porte parole (Bamba Ndiaye) : &#171;&#160;Bayi ma, yanngi yax sama affaire, &#160;&#187;</title><link>http://xalimasn.com/wade-remet-son-ministre-conseiller-porte-parole-bamba-ndiaye-a-sa-place-et-le-menace-bayi-ma-yanngi-yax-sa-affaire-yow/</link> <comments>http://xalimasn.com/wade-remet-son-ministre-conseiller-porte-parole-bamba-ndiaye-a-sa-place-et-le-menace-bayi-ma-yanngi-yax-sa-affaire-yow/#comments</comments> <pubDate>Sat, 20 Mar 2010 10:07:56 +0000</pubDate> <dc:creator>Samory</dc:creator> <category><![CDATA[ACTUALITES]]></category> <category><![CDATA[DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ALTERNANCE]]></category><guid
isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=9077</guid> <description><![CDATA[Xalimasn.com Hier Bamba Ndiaye a appris qu&#8217; être conseiller et porte parole  d&#8217;Abdoulaye Wade n&#8217;est pas tâche facile. Et ce dernier n&#8217;écoute jamais ses conseillers.  Wade  est  son propre conseiller en communication, son propre porte parole&#8230; Lors d&#8217;un entretien avec le groupe futurs médias (Lobs et Rfm) le Président de la République s&#8217;est montré désobligeant [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Xalimasn.com</strong></p><p><strong>Hier Bamba Ndiaye a appris qu&#8217; être conseiller et porte parole  d&#8217;Abdoulaye Wade n&#8217;est pas tâche facile. Et ce dernier n&#8217;écoute jamais ses conseillers.  Wade  est  son propre conseiller en communication, son propre porte parole&#8230;</strong></p><p><strong>Lors d&#8217;un entretien avec le groupe futurs médias (Lobs et Rfm) le Président de la République s&#8217;est montré désobligeant vis à vis de son porte parole à chaque fois que celui-ci  intervînt pour mettre au terme  l&#8217;interview qu&#8217;il avait même organisée. Pourtant dans des grands entretiens comme celui qu&#8217;a eu hier le chef de l&#8217;Etat avec le groupe Futur Médias, c&#8217;est le groupe de communication de la présidence qui orchestre en quelque sorte le débat. Parfois ils interviennent par oreillette  pour dire aux journalistes ça suffit, ou vous ne pouvez pas  poser  telle ou telle  question. Et aussi sont eux  qui tiennent le timing. </strong></p><p><strong>Wade s&#8217;en moque de tout cela.<br
/> </strong></p><p><strong>Nous vous offrons les répliques de Wade à son ministre conseiller porte parole à chaque fois que celui-ci ait voulu interrompre l&#8217;entretien. </strong></p><p><strong>Véritable scène de théâtre</strong></p><p><strong>Extraits </strong></p><p><strong>Acte 1</strong> Après une réponse relative  à la question  sur les audits de l&#8217;Armp dont son fils Karim a été  épinglé, Bamba Ndiaye se lèva pour mettre fin au débat.</p><p><strong>Wade réplique</strong>:  « reste à votre place, le débat est intéressant, donc on continue… Posez vos questions »</p><p><strong>Acte 2</strong>: L&#8217;obs et Rfm lui posent une autre question concernant cette fois-ci son compagnonnage avec ses anciens alliés à savoir: (Niasse, Landing, Dansokho et Bathily. Après une  réponse orgueilleuse du Président, Bamba Ndiaye se leva à nouveau pour interrompre l&#8217;entretien.</p><p><strong>Wade réplique encore</strong>: &laquo;&nbsp;Bayi ma&nbsp;&raquo; (laisse moi tranquille)</p><p><strong>Acte 3</strong>: Les journalistes du Futurs Médias demande à wade pourquoi son gouvernement refuse de leur accorder une fréquence Télé. Le président répond par le mépris: &nbsp;&raquo; Je ne sais pas ce que c’est Futurs Médias&nbsp;&raquo;, son conseilla s&#8217;interpose&#8230;</p><p><strong>Wade réplique à nouvea</strong><strong></strong>: « yanngi yax sa ma affaire, »</p><p>Fini le spectacle! Bamba Ndiaye restera à sa place et fermera sa bouche aux prochains entretiens du Président</p><p>Anta Sy</p><div
class="topsy_widget_data topsy_theme_blue" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fxalimasn.com%252Fwade-remet-son-ministre-conseiller-porte-parole-bamba-ndiaye-a-sa-place-et-le-menace-bayi-ma-yanngi-yax-sa-affaire-yow%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22big%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Wade%20remet%20son%20ministre-conseiller%20porte%20parole%20%28Bamba%20Ndiaye%29%20%3A%20%5C%22Bayi%20ma%2C%20yanngi%20yax%20sama%20affaire%2C%20%5C%22%20%22%20%7D);"></div>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://xalimasn.com/wade-remet-son-ministre-conseiller-porte-parole-bamba-ndiaye-a-sa-place-et-le-menace-bayi-ma-yanngi-yax-sa-affaire-yow/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>1</slash:comments> <enclosure
url="http://xalimasn.com/wp-content/uploads/2010/03/wadecor-150x150.jpg" length="6798" type="image/jpg" /> </item> <item><title>[Entretien Exclusif] 10ans -Alternance.  Les confessions du président wade: Je n&#8217;avais pas assez de cadres&#8230; J&#8217;ai livré Daniel Goumalo Seck et compagnie à la justice&#8230; Karim n’a pas manipulé l’argent&#8230;</title><link>http://xalimasn.com/entretien-exclusif10-ans-de-lalternance-les-confessions-du-president-wade/</link> <comments>http://xalimasn.com/entretien-exclusif10-ans-de-lalternance-les-confessions-du-president-wade/#comments</comments> <pubDate>Sat, 20 Mar 2010 08:55:56 +0000</pubDate> <dc:creator>Samory</dc:creator> <category><![CDATA[ACTUALITES]]></category> <category><![CDATA[DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ALTERNANCE]]></category><guid
isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=9060</guid> <description><![CDATA[Ambiance de lendemain d’alternance en 2000, le coup de fil de Diouf, le stress des premiers moments d’alternance, le Président Wade, dans une interview accordée au Groupe Futurs Médias (Rfm et L’Observateur), revient sur les premières heures de la chute du régime socialiste. Il esquisse aussi son bilan, évoque la demande sociale toujours pressante et [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Ambiance de lendemain d’alternance en 2000, le coup de fil de Diouf, le stress des premiers moments d’alternance, le Président Wade, dans une interview accordée au Groupe Futurs Médias (Rfm et L’Observateur), revient sur les premières heures de la chute du régime socialiste. Il esquisse aussi son bilan, évoque la demande sociale toujours pressante et ne manque pas de solder, tous azimuts, ses comptes. Bonne gouvernance, gestion du foncier, coût de la vie, bases françaises, le Président Wade se penche et s’épanche sur ces questions. Non sans oublier de tresser des lauriers à son fils Karim Wade et à son gouvernement qu’il ne compte pas remanier. Une interview réalisée dans une ambiance particulière hier, au Palais de la République, en présence de son staff de communication et sous la pression de celle-ci.</strong></em></p><p><strong>19 mars 2000, 19 mars 2010, 10 ans que vous êtes à la tête du pouvoir. Quel souvenir gardez-vous de votre accession au pouvoir, le jour « j » de ce fameux 19 mars 2000 ?</strong><br
/> Bismilaahi. Il faut d’abord dire que le jour du 19 mars 2000, cela faisait 25 ans que je battais déjà. Cela ne m’a pas surpris. Plusieurs fois j’ai gagné, mais on m’a privé de victoire. Il faut savoir que quand j’ai commencé à faire de la politique, le Sénégal n’avait pas la maturité nécessaire pour la politique. Je vais vous dire, au moment de m’engager en politique, j’ai recueilli les conseils de mon père qui m’a dit : « si tu n’as pas peur de la prison et des privations, tu peux y aller ». Donc je me suis battu. Certains de mes compagnons sont morts. Mais à la fin, j’ai gagné.</p><p>Donc le mardi qui a suivi le dimanche 19 mars, Diouf m’a appelé pour me féliciter et me dire qu’il va appeler la presse pour annoncer ma victoire. Car Diouf savait qu’il y avait un plan qui consistait à afficher des résultats fabriqués. Ceux qui étaient derrière ce plan comptaient sur l’Intérieur et l’Armée. Mais ils ne pouvaient rien faire car j’avais gagné avec une majorité écrasante. J’ai ensuite félicité Diouf pour son courage. Mais le soir, en pleine nuit, j’ai commencé à réaliser le poids de la charge. Je me suis demandé : « qu’est ce qui m’est arrivé ». Je n’avais pas assez de cadres… J’ai par la suite nommé mon gouvernement. J’ai donc souvenir du poids de la charge qui m’attendait et de la joie des populations.</p><p><strong>10 ans après, est-ce qu’on peut dire que le bilan est reluisant ?</strong><br
/> Dans mon intimité, j’ai souvenir de mon programme que j’ai entièrement réalisé. Je dirais même que je l’ai dépassé. J’ai réalisé plus que mon programme et dans tous les domaines : Nepad, Infrastructures, l’aéroport de Ndiass qui fera partie des meilleurs d’Afrique, l’Education, l’Agriculture avec la Goana.</p><p><strong>La demande sociale est pourtant là. Beaucoup de sénégalais tirent le Diable par la queue ?</strong></p><p>La demande sociale est une notion abstraite. Les gens ne savent pas ce que ça veut dire.</p><p><strong>Concrètement, il y a une flambée des prix du gaz, l’électricité…<br
/> </strong>(Il coupe). Cela est dû à la flambée des prix à l’extérieur. Le Sénégal n’a ni pétrole ni gaz. Le baril de pétrole est passé de 29 dollars en 2003 à plus de 100 dollars. Cela a occasionné les problèmes de la flambée des prix de gaz et d’électricité. Maintenant on a une capacité de stockage de  pétrole au Port qui nous permet de prévenir les pénuries. Ceux qui se plaignent de l’électricité et du gaz ne savent même pas comment ça se passe…</p><p><strong>Dans le chapitre des réalisations de l’alternance, il y a des pas qui ont été faits dans les infrastructures. Seulement, d’aucuns sont d’avis que les denrées de première consommation, la question de la nourriture…<br
/> </strong>(Il coupe) Chacun a sa façon de gouverner. Si vous étiez à ma place, vous feriez autre chose. Les Sénégalais ont placé leur confiance en moi compte tenu de mes pensées et ma façon de faire. Ma vision est qu’il faut faire une place de choix pour les infrastructures, mais je veux des routes pareilles à celles qui sont en France et ailleurs. Ces gens dont vous parlez sont libres d’émettre leurs idées, mais ils ne sont pas au pouvoir. C’est moi qui incarne le pouvoir aujourd’hui et tant que les Sénégalais ne se démarqueront pas de ma vision et de ma démarche, j’irais dans ce sens. D’ailleurs, il m’est souvent reproché de privilégier les routes, mais j’ai pensé à la nourriture. Pour preuve, ce n’est qu’au Sénégal qu’il y a eu la Goana. Elle nous a permis d’avoir de l’abondance.<br
/> <strong>Des audits ont été faits par l’Agence de régulation des marchés publics (Armp) et la Commission nationale de lutte contre la transparence ont déposé leur rapport. Seulement, d’aucuns doutent de la suite qui sera réservée à ces rapports. Au nom de la transparence, quelle est la démarche que vous comptez adopter ?<br
/> </strong>Je ne voudrais pas que l’on évoque les questions dans les généralités. Je suis pour qu’on pose les problèmes au cas par cas afin que j’apporte la réponse qui sied. Il faut que les choses soient claires. Pour le cas de l’Artp que vous évoquez, comment peut-on mettre plus de 120 personnes dans une structure qui doit fonctionner avec 20 agents ? Est-ce normal ? Je les poursuis pour les pratiques qui y ont toujours fait école. Ils se partagent chaque année 1,6 milliard de francs Cfa. C’est ce qu’ils ont toujours fait. La nouveauté, c’est la mesure que j’ai prise de mettre fin à cela. Le texte sur lequel ils se sont basés permet un prélèvement de 2% sur toutes les rentrées d’argent, mais cela ne veut pas dire qu’ils ont le droit de se les partager. C’est dire qu’on ne peut pas imaginer les sommes qui ont été utilisées de cette manière. C’est moi qui ai changé cette disposition règlementaire. Malgré cela, ils ont continué la pratique du partage et j’ai livré tout le monde à la justice, qu’ils soient des magistrats ou autre chose.</p><p>On a commencé par l’ancien Dg car après que je l’ai limogé, il est parti avec la somme de 100 millions de francs. Je l’ai poursuivi pour ce détournement précis. Pour les magistrats, il a été retenu qu’ils versent une caution de 50 millions pour bénéficier d’une liberté provisoire. Pourquoi ils n’ont pas été emprisonnés ? Vous savez que le Droit n’est pas facile à comprendre. Si la loi permet d’entrer en possession des 2% et que ces gens le prennent, il faut voir comment qualifier ce délit. C’est du vol ou autre. Ils en ont droit, mais ils l’ont perçu en avance. Il faut que les juristes se penchent sur la question. Si c’est une faute de gestion, le Tribunal n’y a pas droit.</p><p><strong>Il y a aussi un membre de votre famille à qui vous avez confié des responsabilités gouvernementales et la gestion de l’Anoci, c’est Karim Wade. Il a été même épinglé par l’Armp dans sa gestion de l’Anoci, mais d’aucuns pensent qu’il n’a pas été inquiété parce que simplement c’est votre fils.<br
/> </strong>Non. C’est parce que personne n’a pu apporter la moindre preuve qu’il a posé un acte illégal dans sa gestion. D’abord, il faut que les gens sachent qu’il n’a pas géré l’argent, il était seulement le Président de l’Anoci. Actuellement, je suis le Président, mais est-ce qu’on peut m’incriminer parce qu’un ministre a volé de l’argent ? Je défends tout le monde à l’Anoci, mais c’est Karim qu’on attaque toujours. Je vais vous dire. Karim pouvait ne pas venir au Sénégal car il était bien dans l’une des plus grandes banques du monde, Ubs. Ma fille Sindiély faisait partie de ceux qui auditaient les plus grandes banques suisses. Donc, mes deux enfants avaient des salaires qui pouvaient leur permettre de ne pas venir au Sénégal. Mais lorsque j’ai fait appel à tous les Sénégalais pour qu’ils viennent me soutenir dans mes projets de reconstruction du pays, ils se sont sentis concernés et ont dit qu’ils ne pouvaient rester alors que d’autres fils du pays avaient décidé de soutenir leur père. La banque où travaillait Karim lui avait suggéré la gestion d’un fonds destiné à l’Afrique, il a décliné cette offre.<br
/> Pour ce qui est l’Anoci, le Conseil de surveillance qu’il présidait, est composé de journalistes et d’autres corps. Les comptes sont audités chaque année et un quitus est délivré à l’occasion. Si ce Conseil de surveillance approuve les comptes, on ne peut plus rien dire. Karim n’a pas manipulé l’argent, mais c’est lui qui est attaqué. L’audit des comptes a été confié à un grand cabinet international dont le rapport dit qu’il n’y a rien d’anormal dans la gestion de l’Anoci. Je ne connais pas mieux que vous le Sénégal où il y a des gens qui nient les évidences les plus évidentes. Ce sont ces gens qui passent tout leur temps à porter des accusations de vol sur d’autres personnes alors qu’ils sont incapables d’en apporter la preuve. Qu’ils prouvent donc ce qu’ils avancent !</p><p><strong>Le problème, c’est que (…)<br
/> </strong>(Il coupe). Je voudrais que vous me laissiez terminer. Au Sénégal, tout le monde est intelligent et mon père me disait qu’il plaint celui qui se croit plus intelligent que les autres. Je maîtrise mieux la stratégie de ceux qui m’attaquent. Ils soulèvent des lièvres au fur et à mesure. Quand un sujet est épuisé, ils évoquent un autre en écrivant des livres. J’ai porté mon choix sur mon fils pour l’organisation du sommet de l’Oci parce que cela fait partie de ces compétences. Et il a réussi le travail et tout le monde en est satisfait. Tous les pays arabes qui y avaient injecté leur argent sont satisfaits. C’était la seule préoccupation. Si ces bailleurs arabes n’étaient pas satisfaits, ils auraient réclamé des comptes. S’il y avait un Sénégalais qui a escroqué des saoudiens, c’est le Roi (Ndlr, d’Arabie Saoudite) lui-même qui aurait ordonné les poursuites judiciaires et actuellement il serait en prison. Pourtant, au début, beaucoup de gens pensaient que le gouvernement ne pouvait pas organiser le sommet, mais les Arabes ont dit qu’un sommet aussi réussi ne s’est jamais tenu. C’est à l’honneur de Karim.<br
/> Après le Sommet, j’ai confié à Karim Wade des responsabilités parce qu’il a les compétences requises pour réussir cette mission.</p><p><strong>Qu’on me désigne, au Sénégal, quelqu’un qui maîtrise mieux les Finances que lui ? Qu’on me cite un nom et je lui confie un ministère. Aucun Sénégalais ne peut dire qu’il est plus calé que lui en Finances. Ce n’est pas seulement en termes de diplôme car il a les plus grands diplômes et a capitalisé une grande expérience pour avoir servi dans les plus grandes banques…</strong></p><p>Le problème, c’est qu’il n’est pas soumis aux mêmes règles de transparence que tous les citoyens.</p><p>Bien sûr qu’il y ait soumis. Quand je le nommais à l’Oci, je l’ai appelé et lui ai dit : «Vous (Karim et Baldé», que vous détourniez l’argent ou pas, vous serez accusés. N’y touchez pas ! Et ne soyez pas témoin à tout ce qui touche à l’argent. Ne gérez pas l’argent». Il a bien entendu mon conseil, c’est pourquoi il n’a pas géré l’argent. Les accusations ne peuvent pas manquer, mais les preuves feront défaut. Les documents sont là, mais personne ne peut apporter la preuve des accusations. Donc, la transparence s’applique à lui et à d’autres.</p><p>Son conseiller Bamba Ndiaye se lève pour mettre fin au débat, Me Wade intervient :  « reste à votre place, le débat est intéressant, donc on continue… Posez vos questions »</p><p><strong>Vous avez lancé un appel au dialogue politique à Tivaouane avec la nomination d’un médiateur en la personne de Serigne Abdoul Aziz Sy Junior, pourquoi jusqu’à présent, les choses n’avancent pas ?</strong></p><p>Attendez ! Il faut poser la question à Junior, moi, j’ai donné mon accord pour le dialogue, Habib Sy a expliqué tout cela à la télévision. Junior a expliqué sa démarche. Je suis prêt pour le dialogue.</p><p><strong>Mais, la question du médiateur de ce processus semble poser problème…<br
/> </strong>Je leur ai demandé de proposer un médiateur, mais eux me retournent la question. Si je choisis, ils vont commencer à le récuser. Je peux faire le choix et je le ferais. D’ailleurs, j’ai choisi Doudou Ndir qui est médiateur et magistrat. S’ils sont d’accord, on le confirme sinon, qu’ils choisissent qui ils veulent. Je suis tellement à l’aise dans cette affaire que je suis d’accord sur toute personne qu’ils choisissent. Je confirme Doudou Ndir et je leur notifierai cela.</p><p><strong>Vous fêtez les 10 ans l’alternance aujourd’hui avec ceux qui vous combattiez avant. Les alliés qui vous ont porté au pouvoir, comme Dansokho, Bathily, Niasse ou Landing sont aujourd’hui dans l’opposition. Comment appréciez-vous cela ?</strong><br
/> C’est bon à expliquer. Nous sommes alliés dans un contexte particulier, mais nous étions différents fondamentalement dans la philosophie. Je reconnais qu’ils ont combattu à mes côtés jusqu’à ce que je sois au pouvoir, mais ils doivent comprendre que c’est moi le Président.<br
/> Je ne dis pas que nous ne nous sommes pas battus ensemble pour que j’arrive au pouvoir, mais ils doivent savoir que c’est moi qui suis au pouvoir, avec toutes les faveurs que la Constitution me donne. Mais je ne peux former un gouvernement collégial pour leur demander à chaque fois leur avis sur tout ce que je fais. Je ne le ferai pas parce que c’est moi que le peuple a élu et non eux. Ce sont les Communistes qui forment ce type de gouvernement et on perd beaucoup de temps si chacun doit parler. Ils devaient savoir que je suis un libéral et que la personne représente plus pour moi qu’un groupe où l’individu n’est rien.</p><p><strong>Son conseiller Bamba Ndiaye se lève à nouveau, Me Wade réplique à nouveau : « Bayi ma » (laisse moi tranquille).</strong></p><p><strong>Vos relations avec la presse sont très tendues…</strong><br
/> Je me demande toujours pourquoi la presse s’est subitement retournée contre moi. Elle a joué un grand rôle dans ma campagne électorale ainsi que dans mon accession au pouvoir, en publiant les résultats des bureaux de vote. Donc, je ne serai pas ici sans elle. Je connais la force de la presse et j’y ai investi avec mes journaux «Démocrate» et «Sopi» qui font partie de ce qui m’a permis d’accéder au pouvoir. Je connais la force de la presse. Donc, j’ai trouvé un budget de 100 millions FCFA d’aide à la presse que j’ai amené jusqu’à 150 millions FCFA quelques mois après, avant d’arriver aujourd’hui à 300 millions FCFA. Ce n’est pas pour acheter un journal, mais c’est pour aider la presse. J’aime une presse qui dit la vérité et qui ne me trompe pas. Je n’aime pas une presse qui m’attaque gratuitement. Vous connaissez tous «Takussaan» que j’ai acheté pour le donner à des journalistes. J’aide la presse car je sais que même si les journalistes ont les capacités, elles n’ont pas les moyens financiers nécessaires. J’ai dit aux éditeurs de presse que j’avais décidé de donner 600 millions d’aide à la presse et je ne sais pas où sont les 300 millions qui restent. C’est l’intendance qui n’a pas suivi. Donc je pense que ce retournement de la presse contre moi est également lié à l’argent. Avant, on donnait l’aide à la presse aux patrons des journaux et ceux qui étaient avec moi à l’intérieur du pays pour faire des reportages étaient oubliés. C’est ce que j’ai voulu changer en aidant tous les journalistes. Surtout ceux qui me suivent dans la poussière. Les patrons de presse que j’ai reçus ont décidé de collaborer, mais je ne soudoierai aucun journaliste pour qu’il écrive quelque chose pour moi.</p><p><strong>Le groupe Futurs Médias a un projet de télévision, mais il y a un blocage de votre côté…</strong><br
/> Je ne sais pas ce que c’est Futurs Médias.</p><p><strong>Son conseiller s’interpose…</strong><br
/> Wade réplique : « yanngi yax sa affaire, yow », s’adressant toujours à Bamba Ndiaye. Avant de poursuivre.</p><p>J’ai dit que n’importe quel Sénégalais peut ouvrir une télé ou une radio s’il le souhaite, mais à la condition qu’il ne finance pas son projet avec l’argent de l’Extérieur. C’est clair.<br
/> C’est un projet du groupe Futurs Médias<br
/> J’ai des informations contraires… Je défends les intérêts du pays et je ne l’autoriserai jamais. J’ai des renseignements très sûrs. Si quelqu’un prend de l’argent ailleurs pour avoir une télé, je ne peux pas l’accepter.</p><p><strong>On vous accuse d’avoir cassé les accords de défense avec la France pour récupérer les terres des bases…<br
/> </strong>Mais l’Etat du Sénégal en a le plein droit. Tout le monde devrait me féliciter pour les terres que j’ai récupérées. Maintenant, le Sénégal peut en faire ce qu’il veut. Ce qui est important pour moi, c’est que ces bases soient récupérées et restituées aux sénégalais. Après ils peuvent en faire ce qu’ils veulent. Chacun est libre d’exprimer ses doutes, mais si cela devait avoir lieu, c’est l’Assemblée Nationale qui en déciderait.</p><p><strong>Beaucoup de sénégalais élèvent la voix parce que les bases militaires françaises créent des emplois.<br
/> </strong>C’est vrai que l’Armée française employait des Sénégalais, mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Après les années 1960, tous ceux qui travaillaient à la SMB (Société Matériel et Bâtiment) avaient été renvoyés par les Français. J’étais leur avocat et j’y ai travaillé avec Senghor jusqu’à ce que leurs dus leurs soient payés. Mais nous ne pouvons pas dire que c’est parce que des Sénégalais sont employés par l’Armée française que celle-ci doit rester. L’indépendance a un prix et c’est pour assumer sa dignité et le respect de son peuple. Ils devaient venir me voir s’ils ne veulent pas perdre leurs emplois, mais ne pas parler élever la voix comme s’ils étaient contre ma décision de récupérer cette base. Les Français nous ont remis un document à signer pour récupérer les bases militaires, mais ce n’est pas clair. Donc, nous leur avons demandé des documents clairs, transparents dans un langage simple. Je ne sais pas s’ils vont les signer ou pas. Nous avons aussi discuté des facilités à leur accorder, mais avant il faut récupérer tout avant de finaliser. Mais, ce qui est sûr, c’est que les bases françaises reviennent au Sénégal.</p><p><strong>On vous accuse aussi de mettre de bâtons dans les roues du maire de Dakar Khalifa Sall  dans le cadre du recasement des ambulants pour des raisons à la fois politiques et liées au foncier.</strong><br
/> Je n’ai pas vu Khalifa Sall depuis que je suis au pouvoir et il ne m’a jamais écrit pour me demander quoi que ce soit. Si tel n’est pas le cas, il peut venir me montrer une lettre qu’il m’a écrite.<br
/> Il veut juste recaser les ambulants<br
/> Il n y aura jamais de cantines là-bas. Les Mamelles…</p><p><strong>Non, on ne parle des Mamelles, mais du terrain du Cerf Volant, à Colobane.</strong><br
/> Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de cantines, mais elles seront construites dans des endroits adéquats et pas n’importe où. Il faut des places indiquées pour cela. On ne peut pas mettre des cantines n’importe où.</p><p><strong>On vous prête l’intention de vouloir limoger votre Premier ministre</strong><br
/> Je peux changer de Premier ministre si je le veux. Mais, un remaniement n’est pas dans mon esprit car mes ministres font bien leur travail. Un gouvernement est comme une équipe de football et il est nécessaire de faire des changements. Mais ce gouvernement me satisfait entièrement.</p><p><strong>La Vice-Présidence, c’est pour quand ?</strong></p><p>Est-ce que je ne vais pas te nommer, toi ?</p><p>lobs.sn</p><div
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url="http://xalimasn.com/wp-content/uploads/2010/03/wadecampagne6-150x150.jpg" length="8974" type="image/jpg" /> </item> <item><title>Alternance AN 10 * I &#8211; Le conte d’un changement de régime : Dixième anniversaire de l’Alternance politique ; Le jour où le Sénégal renaissait à la démocratie</title><link>http://xalimasn.com/alternance-an-10-i-le-conte-d%e2%80%99un-changement-de-regime-dixieme-anniversaire-de-l%e2%80%99alternance-politique-le-jour-ou-le-senegal-renaissait-a-la-democratie/</link> <comments>http://xalimasn.com/alternance-an-10-i-le-conte-d%e2%80%99un-changement-de-regime-dixieme-anniversaire-de-l%e2%80%99alternance-politique-le-jour-ou-le-senegal-renaissait-a-la-democratie/#comments</comments> <pubDate>Fri, 19 Mar 2010 04:26:42 +0000</pubDate> <dc:creator>Xalima News</dc:creator> <category><![CDATA[ACTU+]]></category> <category><![CDATA[DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ALTERNANCE]]></category><guid
isPermaLink="false">http://xalimasn.com/m/?p=8933</guid> <description><![CDATA[Lorsque le 19 mars 2000, le candidat du FAL (Front pour l’Alternance) Abdoulaye Wade réussit à déboulonner le candidat du PS (Parti socialiste) Abdou Diouf à l’issue du second tour de la présidentielle, une page entière de l’histoire du Sénégal était tournée. L’événement est d’autant plus historique que les Socialistes ont régné sans partage à [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque le 19 mars 2000, le candidat du FAL (Front pour l’Alternance)  Abdoulaye Wade réussit à déboulonner le candidat du PS (Parti  socialiste) Abdou Diouf à l’issue du second tour de la présidentielle,  une page entière de l’histoire du Sénégal était tournée. L’événement est  d’autant plus historique que les Socialistes ont régné sans partage à  la tête du Sénégal depuis son accession à l’indépendance et que  l’alternance s’est déroulée dans un esprit démocratique exemplaire.  Retour sur les péripéties d’un événement démocratique fondateur.</p><p>« Il faut le réveiller, dites lui que c’est le Président  de la République qui veut lui parler. C’est très important ! » Quelques heures plus tard, il revient à la charge : « Je vous félicite  Abdoulaye, vous avez gagné l’élection présidentielle ! » A peine le président en exercice, Abdou Diouf, eût prononcé ces quelques  mots le lundi 20 mars que les médias les firent se  répandre comme une  traînée de poudre à travers le pays et dans le monde entier. A l’issue  du second tour de l’élection présidentielle le 19 mars 2000, Abdoulaye  Wade, après 26 ans d’opposition politique, venait de remporter avec ses  alliés du FAL (Front pour l’Alternance)- 58,49 pour cent contre 41,51  pour cent pour le PS-, l’élection présidentielle la plus surveillée et  disputée de l’histoire politique du Sénégal. Nous sommes en 2000 et depuis l’indépendance du Sénégal survenue en  1960, le pays est gouverné par le régime socialiste, l’UPS (Union  progressiste sénégalaise) qui devient le PS (Parti socialiste) en 1976  Senghor jusqu’au 31 décembre 1980, puis sous Abdou Diouf jusqu’en mars  2000. Le climat sociopolitique est tendu et après une quarantaine d’années de  régime socialiste ponctuées par les douloureux Programmes d’ajustement  structurel (PAS) imposés par les institutions de Bretton Woods, la  majorité des Sénégalais n’aspirent qu’au changement. Un mot d’ordre que relaye la coalition de  partis politiques autour du PDS (Parti démocratique sénégalais) dont le  slogan lui et son leader et fondateur a toujours été le Sopi. En dépit de la tension qui entoure cette présidentielle dont l’enjeu-  apporter l’alternance politique au sommet de l’Etat- l’exacerbe au plus  haut point, tous les dispositifs semblent être en place pour un bon  déroulement du scrutin : matériel électoral en place, un électorat  motivé, présence des observateurs internationaux&#8230;, le tout sous la  supervision de l’organe en charge de l’organisation technique des  élections, l’Onel (Observatoire national des Elections). Signe que les temps ont changé, pour la première fois de son histoire,   le PS (Parti socialiste), en dépit de la coalition de partis qui  soutiennent son principal challenger, Abdoulaye Wade candidat du CA  2000, est mis en ballotage faute d’avoir obtenu la majorité (51 pour  cent) dès le premier tour du 27 février 2000. La Commission nationale de recensement des votes, présidée par le 1er  Président de la Cour d’Appel, Arona Diouf proclame les résultats  provisoires du 1er tour à l’issue de deux jours de délibération : Abdou  Diouf arrive en tête avec 41,33 pour cent suivi d’Abdoulaye Wade avec  30, 97 pour cent. Ils sont talonnés par le candidat de l’Alliance des  Forces de Progrès (AFP), Moustapha Niasse avec 16, 76 pour cent et Djibo  Leity Ka de l’Union pour le Renouveau (URD) avec 7, 09 pour cent. Ils  sont suivis de loin par Iba Der Thiam (1,20 pour cent) ; Ousseynou Fall  (1, 12 pour cent) ; Cheikh Abdoulaye Dièye (0, 97 pour cent) et Mademba  Sock (0,57 pour cent).     Rebelote le 19 mars 2000. A l’issue d’une campagne consistant en des  promenades à travers la ville- les fameuses « marches bleues » &#8211; dignes  des Péripatéticiens, et s’acharnant à rallier à la cause sopiste les  ultimes sceptiques, La CA 2000 redescend dans l’arène afin de croiser le fer avec le  candidat socialiste.  A peine les bureaux de vote eurent-ils fermé leurs portes que les  résultats commencèrent à tomber. Média chaud par définition, les radios  privées distillent les résultats les grandes tendances qui se dessinent   en temps réel ! Une première dans l’histoire du Sénégal. Une à une, les  grandes villes (Dakar, Pikine, Rufisque, Kaolack, Saint-Louis&#8230;) ainsi  que des fortins naguère réputés inexpugnables tombent une à une dans  l’escarcelle de la coalition de l’opposition dont le porte-étendard est  le PDS. Le peuple retient son souffle, le changement tant espéré depuis  40 ans est en passe de se réaliser sous ses yeux ! A 20 heures, le sort en est jeté. La victoire de la Coalition Sopi ne  fait plus aucun doute. Les principaux établissements humains situés dans les zones rurales  historiquement acquises aux Verts virent cette fois-ci au bleu (le Sud,  le Sud-Est, le Cayor, le Bassin arachidier&#8230;). Tous les militants du  Sopi ainsi que ceux des principaux partis qui constituent le FAL (AFP,  LD MPT, PIT, AJ PADS&#8230;) convergent vers le Point E au domicile du  Secrétaire-Général du PDS Abdoulaye Wade transformé en quartier général  de la Coalition. L’atmosphère est survoltée partagée entre des militants chavirant  presque de bonheur et l’état-major politique de la Coalition procédant  au monitoring des derniers résultats qui affluent et au recomptage des  voix.</p><p><strong>Le raz-de-marée bleu</strong></p><p>Au fur et à mesure que les minutes, les heures  s’égrènent et que les résultats parviennent de tous les coins et recoins  du pays, chacun se rend à l’évidence d’une réalité dont il  n’entrevoyait l’accomplissement que dans un rêve : la Coalition Sopi est  en train de remporter l’élection présidentielle du 19 mars 2000.  Dans le camp opposé, coup de tonnerre et stupeur, le sol semble se  dérober sous les pieds du baobab socialiste. Tous  les dirigeants du PS  se sont alors emmurés dans une posture mutique. Lorsqu’au matin du 20 mars, le président Abdou Diouf téléphone à Wade  pour le féliciter de sa brillante victoire, il coupe court à toute  tergiversation et la messe est désormais dite pour les Socialistes. Le  geste, aussi élégant que rare dans une Afrique hélas accoutumée aux  lendemains électoraux dantesques, est salué dans le monde entier. Tard dans la soirée, le vainqueur de la présidentielle Abdoulaye Wade,  flanqué de ses compagnons de la Coalition FAL Moustapha Niasse,  Abdoulaye Bathily, Landing Savané, Iba Der Thiam et Mademba Sock,  savoure sa victoire et la qualifie « d’étape historique dans la  libération du Sénégal ». Le sentiment de délivrance et la liesse qui animent le peuple sénégalais  n’a d’équivalent que la nature historique de l’alternance politique qui  est en passe de survenir à la tête de l’Etat du Sénégal. Pendant ce  temps, les messages de félicitations saluant ce changement en douceur,  affluent du monde entier. S’ouvre alors une longue séance de visites de Wade dans les différentes  familles religieuses du Sénégal afin de les remercier mais aussi de  solliciter leurs prières et bénédictions. Dans la nuit de lundi à mardi 21 mars, le président nouvellement élu  fonce vers Touba, y passe la nuit afin de recueillir, dit-il, « les  prières et bénédictions de son  guide spirituel le Cheikh Serigne Saliou  Mbacké, alors Khalife général des Mourides. Sur le chemin du retour, il  passe par Louga pour une visite de courtoisie et de remerciements à  Adja Coumba Dème, mère du président de la République sortant Abdou  Diouf. Celle-ci lui avait adressé ses vives félicitations par téléphone  dès l’annonce de sa victoire. Après l’étape lougatoise, cap sur sa ville familiale, Kébémer. Moments  d’émotion et de recueillement : Il s’incline sur la tombe de ses parents  puis s’ébranle vers le domicile familial ou une foule monstre l’attend.  C’est le retour de l’enfant prodigue. Un des temps forts de l’après- 20-mars 2000, le jeudi 23 mars, le  président Diouf reçoit au Palais de l’Avenue Léopold Sédar Senghor,  Abdoulaye Wade. Dans une ambiance de lendemain de Révolution, il est 10 h 30 mn, la  Mercedes de Wade, immatriculée DK 0355 M, se range devant le bâtiment du  Conseil des ministres. Wade en sort, il est accueilli par Abdou Diouf  accompagné par son Chef du Protocole, Bruno Diatta, son Chef de Cabinet  Talla Cissé ainsi que de son Conseiller en Communication Cheikh Tidiane  Dièye. Sourires et chaleureuses accolades comme on peut le deviner. A l’issue de deux tours de pendule dans la salle d’audience de la  présidence,  pendant lesquels le président en exercice et celui  fraîchement élu ont évoqué divers dossiers tels qu’entre autres, la  démocratie sénégalaise, sa situation économique ainsi que son avenir  dans le monde&#8230;, Wade déclare à l’intention de la presse nationale et  internationale : « le président Diouf a accepté de me représenter les  3et 4 avril  2000 au Caire ou se tiendra un important sommet OUA-UE ».  La prestation de serment ainsi que la passation de service auront lieu  le samedi 04 avril, a-t-il ajouté.  Lundi 27 mars, Wade reprend reprends son bâton de pèlerin en rendant  visite au Khalife général des Layènes, Mame Alassane Laye à Yoff  puis  le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, Archevêque de Dakar en sa résidence des  Badamiers à Dakar. Le 29 mars, il est reçu tour à tour à Tivaouane par  Mouhamadou Mansour Sy, Khalife général des Tidianes et à Ndiassane par  son Khalife général Cheikh Bouh Mohamed Kounta. Le 1er avril 2000, une date-repère désormais dans l’histoire du Sénégal,  Abdoulaye Wade prête serment pour entrer dans son costume officiel de  3e président de la République du Sénégal. Pour la première fois, la  cérémonie ne  se déroule pas derrière la solennité des lourds battants  de l’Assemblée nationale ou du Conseil Constitutionnel. Dans son adresse  solennelle devant plus de soixante mille personnes, il justifie ainsi  son choix démotique &#8211; au sens premier du mot -porté sur le Stade Léopold  Sédar Senghor : « la vérité est que nous avons été très tôt taraudés  par l’exigence pressante de la participation directe des Sénégalaises et  des Sénégalais au premier acte qui consacre leur choix du Président de  notre pays. Il devient alors évident que nos concitoyens, à défaut  d’accéder à l’Assemblée nationale dont la salle offrait un plus grand  espace que le Conseil constitutionnel, feindraient de croire que la  proximité leur assurerait la participation et se masserait devant  l’Assemblée nationale ». 16 h 30 mn. Le cortège présidentiel arrive devant le salon d’honneur du  stade Léopold Sédar Senghor. Dans un costume bleu marine impeccable sur  une chemise bleu ciel assortie d’une cravate colorée, Abdoulaye Wade  accompagné de sa femme et de ses deux enfants, reçoit les honneurs  militaires sur fond de la musique de la fanfare des forces armées  sénégalaises. 17 h 15 mn. Wade prend place sur l’estrade aménagée pour la circonstance  devant la tribune couverte, en face des cinq Sages du Conseil  constitutionnel qui doivent recevoir son serment.  Le temps semble avoir suspendu son vol et en dépit de la solennité de  l’instant, on a du mal à étouffer la clameur de l’assistance. Devant le  président du Conseil constitutionnel Youssou Ndiaye ainsi que son  vice-président Ibou Diaité, les juges Marie-José Crespin, Mamadou Lô et  Amadou So, par la formule “sacrée” tirée de l’Article 31 de la  Constitution, Abdoulaye Wade « jure devant la Nation sénégalaise de  remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal,  d’observer et de faire observer scrupuleusement les dispositions de la  Constitution et des lois (&#8230;) ». Lorsqu’à ce moment précis, les juges constitutionnels ont accepté son  serment, Abdoulaye Wade est ainsi installé dans ses nouvelles fonctions  de 3e président de la République du Sénégal.  Au milieu des centaines de milliers de Sénégalais qui ont été témoins de  la prestation de serment, des dizaines de chefs d’Etats, de  gouvernements et d’altesses royales (Omar Bongo, Alpha Omar Konaré, Yaya  Jammeh, Blaise Compaoré, le prince Moulaye Rachid, le Premier ministre  du Cap-Vert Carlos Vega&#8230;) ont tenu à honorer de leur présence la  cérémonie. A l’issue des adresses du président du Conseil constitutionnel Youssou  Ndiaye et du président de la République Abdoulaye Wade à l’endroit des  citoyens sénégalais, l’Hymne qu’il a dédié à l’Afrique est entonné par  la chorale des Martyres de l’Ouganda et mis en musique par le commandant  Fallou Wade de la Musique principale des Forces armées sénégalaises. Alors que les rideaux se sont baissés sur la cérémonie de prestation de  serment, le cortège présidentiel s’ébranle vers le Palais présidentiel  de l’Avenue Senghor Ou l’attend le président sortant Abdou Diouf et toute sa famille afin de  recevoir les insignes symboliques présidentiels et ainsi parachever le  solennel régalia républicain. Accueilli dans la plus grande convivialité  par Diouf au Palais, le désormais nouveau locataire des lieux se fait  arborer par le Grand Chancelier Doudou Diop, l’insigne de Grand Croix de  l’Ordre national du Lion sous forme de collier et de cordon. Après une dernière entrevue avec le président sortant, Abdoulaye Wade  accompagne Diouf qui passe, pour une dernière fois, en revue la garde  présidentielle familièrement appelée Garde rouge puis lance au chef du  détachement : « je vous souhaite beaucoup de chance ! » Instants poignants, instants historiques, sous les vivats des derniers  militants, inconditionnels et de la foule, il s’engouffre dans sa  berline et son cortège toutes sirènes hurlantes déchirent la quiétude la  nuit dakaroise. Une page de l’histoire du Sénégal vient de se fermer.  Presque simultanément, une autre s’ouvre. Retour dans les salons  présidentiels, l’eternel Bruno Diatta, pour la photo, enlève au nouveau  président ces insignes et colliers, sauf la rosette, comme lui avait  conseillé Diouf. Fin de la séance photo, la presse se retire, le président en exercice  Abdoulaye Wade, entouré de sa famille, mais seul face à son destin,  s’apprête à écrire après Léopold Sédar Senghor et son prédécesseur Abdou  Diouf, une nouvelle page de l’histoire du Sénégal.</p><p><strong> Amadou Oury DIALLO </strong></p><p><strong> </strong></p><h3><strong>LES PENSÉES POLITIQUE ET  ÉCONOMIQUE DE Me WADE :  Un destin africain</strong></h3><p><strong> </strong></p><p>Le président Wade a la particularité d’appliquer depuis  dix ans les idées qu’il défend depuis la veille des indépendances  africaines. C’est avant tout, un grand universitaire qui accède au  pouvoir au Sénégal le 19 mars 2000. Il y a l’articulation de plusieurs  disciplines autant dans son parcours académique que dans les  propositions qu’il fait pour le Sénégal et l’Afrique.</p><p>« C’est un homme pluriel qui parvient à se dédoubler  pour conquérir plusieurs espaces différenciés », résume le  ministre-conseiller Amadou Lamine Faye et évoque « un homme total ».  Certes, les gens, qui ne le comprennent pas, le prennent pour « un  expert en tout », là où ils devaient observer la pluridisciplinarité de  l’homme d’Etat.  « A son niveau, il y a une unité des sciences pour aborder la réalité  sous tous ses aspects », une démarche compréhensible et qui était  courante chez les premiers chercheurs africains « extrêmement motivés  dans la recherche de la connaissance globale » pour déconstruire les  thèses colonialistes, très souvent à soubassements racistes. Dans sa thèse de 1959, le Pr. Abdoulaye Wade s’opposait déjà à la  balkanisation et à l’émiettement en micro-Etats de l’Ouest-africain. Il  posait d’emblée le débat sur la pertinence de la réalisation d’un marché  sous-régional intégré et en faisait la condition « essentielle d’un  développement accéléré ». Mais c’est dans le fameux « Un destin pour  l’Afrique » que le président Wade explicite son projet.  « Un destin pour l’Afrique » est le plaidoyer d’un homme politique pour  un projet d’avenir visant une Afrique unifiée et capable de relever les  défis d’ordre écologique, comme la lutte contre la sécheresse, ou  économique, comme le développement durable, ou même culturel. Il  préconise des stratégies conciliant modernisme et tradition. Cet ouvrage  est une profession de foi en un avenir libéré des démons du passé. La  prise de conscience des femmes et des hommes de leur propre histoire  doit être le levain qui les poussera à se mobiliser autour d’objectifs  permettant de parvenir à créer un continent riche de l’apport fécond de  ses filles et de ses fils. Pour M. Amadou Lamine Faye, « il a eu raison sur les premiers dirigeants  africains qui ont expérimenté le marxisme-léninisme au début des  indépendances. Très vite, le président Wade s’est fortement démarqué des  enseignements du célèbre barbu de Trèves. Dans le chapitre III,  intitulé Problématique de l’idéologie et de la doctrine, de la dernière  édition de « Un destin pour l’Afrique », l’opposant d’alors (l’ouvrage a  été publié la première fois en 1989 lors d’une retraite politique)  disséquait le terme idéologie et en faisait la genèse. Il démontrait que  toute idéologie renferme ses mythes. Pour le Marxisme, il s’agit de la  dictature du prolétariat et de la solidarité prolétarienne, tandis que  l’idée de l’État-patron sous-tend l’idéologie socialiste et le  libéralisme met en exergue l’harmonie des intérêts.</p><p>Wade Formula</p><p>Le Dr Pierrette Herzberger-Fofana, lectrice avertie de  l’universitaire, souligne que, partant de ces idéologies qui se sont  développées dans des sociétés occidentales, Me Wade s’interroge sur la  place de l’Afrique qui cherche sa voie dans ce dédale politique. Déjà,  dans le document de travail qu’il utilisait lors du colloque de Berlin,  l’auteur traçait une nette ligne de démarcation entre idéologie et  doctrine. Les intellectuels africains ont, pour la plupart, épousé la  théorie marxiste, alléchante et réconfortante. Ce fut notamment le cas  des premiers théoriciens qui ont pour noms, par exemple : Lamine Senghor  et Tiémoko Garan Kouyaté. Avec Léopold Sédar Senghor, la notion de  socialisme prend une nouvelle dimension et devient le « socialisme  africain ». « Il a le premier prévenu de l’inéluctabilité de la faillite socialiste.  Le référentiel a échoué, tout comme les praticiens qui l’ont testé. Ces  thèses n’ont pas été validées par l’Histoire et les professeurs Cheikh  Anta Diop et Wade voient leurs thèses confirmées, en minorant  l’idéologie pour s’approprier une démarche scientifique », ajoute le  ministre Lamine Faye, premier auteur à se pencher sur « le Sénégal sous  Wade ».   Alors que le président Senghor était surtout poète et homme de Culture,  en montrant que le Noir avait une parfaite intelligibilité de la langue  française et pouvait exprimer sa beauté nègre, l’homme de Kébémer, lui, a  inscrit son action sur le front du développement ; en clair, il propose  de rompre la dépendance économique des Etats africains et propose une  alternative à l’ordre post-colonial. La bataille pour le Nepad en est  une parfaite illustration : « les Africains pensent par eux-mêmes leur  propre développement. » Me Wade, en tant qu’homme de science, pour le  ministre Lamine Faye, se distingue par son aptitude à « prendre ses  distances avec des normes jugées absolues et à relativiser les  modèles. » Surtout que Me Wade a été au cœur du combat panafricaniste comme  l’atteste le long développement qu’il accorde à la question dans ses  recherches et ses premiers engagements politiques ; l’un des tournants  de sa vie a sans doute été l’échange épistolaire qu’il a entretenu avec  Nkwame Nkrumah en 1957 et sa participation au congrès des organisations  panafricanistes de Londres. En juillet 2002, la mise en place de l’Union  africaine à Durban, prélude aux Etats unis d’Afrique et l’élaboration  du Nepad concrétisent l’un des rêves de l’homme politique.  Dans le chapitre intitulé « La stratégie des Etats unis d’Afrique »,  partant des citations de Kwame Nkrumah et de Julius Nyerere, fondateurs  de conscience parmi les pères, Me Wade propose des stratégies de  création d’un espace géopolitique et économique qui inclurait la  Diaspora comme sixième région, avec un gouvernement à l’échelle  continentale composé de 9 ministères, d’une monnaie unique et de voies  de communication reliant le Nord au Sud et l’Est à l’Ouest de l’Afrique. Les « libertés » intellectuelles qu’il se permet se comprennent au  regard du fait qu’il n’est pas un « élément » de l’Enfom, cadre par  excellence de reproduction de l’ordre colonial. « Il est issu du milieu  académique universitaire où la règle est la critique scientifique pour  conquérir le réel, pour connaître ses mécanismes et ses lois », fait  remarquer M. Faye. Quid des comparaisons entre les trois grandes figures  intellectuelles du Sénégal indépendant ? « Le discours de Senghor a été  un plaidoyer pour le maintien d’un lien très fort avec la puissance  coloniale ; Cheikh Anta Diop, lui, était aux antipodes de ces  préoccupations. Il a été d’un apport inestimable pour la reconnaissance  de la conscience historique noire. Son apport ? Il a restauré la vérité  historique. Et si cette question n’avait pas été réglée, on n’aurait pas  eu la possibilité cognitive et épistémologique pour aborder la  problématique du développement endogène. Ce que fait justement le  président Wade », résume le chercheur.  Comment le modèle wadien se décline-t-il ? Il consiste d‘abord à  identifier les secteurs prioritaires et stratégiques. L’auteur développe  dans « Un destin pour l’Afrique » la doctrine du travail qui constitue  la charpente de son projet de société, une idée qui s’accorde avec ses  convictions religieuses, d’où sa sentence : &laquo;&nbsp;Plus tu travailles, Plus vite tu vas Sur le chemin du Paradis&nbsp;&raquo;. (p.93)</p><p>Cette doctrine du travail va de pair avec celle d’un  État libéral interventionniste qui concilierait libéralisme économique  et solidarité. En un mot, l’État jouerait un rôle régulateur en créant  les conditions pour une économie florissante où la concurrence et  l’initiative auraient la place qui leur revient de droit. Dans un  ouvrage intitulé « Abdoulaye Wade, sa pensée économique : l’Afrique  reprend l’initiative », Mamadou Alpha Barry présente au grand public la  pensée économique du président Wade : il analyse l’économie  ouest-africaine à la veille des indépendances, dresse un tableau  clinique de l’Afrique, quarante ans après et montre comment, grâce au  Nepad, le continent peut sortir de la crise et reprendre l’initiative.  C’est une synthèse de la pensée économique du président Wade, à partir  de sa thèse de doctorat en Sciences économiques sur « L’économie de  l’Ouest-africain : unité et croissance ».</p><p>L’Afrique, terre d’avenir</p><p>« Gabegie, pléthore de personnel, incompétence dues aux  interventions politiques dans la nomination des cadres et dirigeants,  absence d’esprit de concurrence », minent encore nos administrations.  Me Wade est surtout préoccupé par la réduction « des gaps historiques.  Et surtout, il continue à chercher, en dépit des lourdeurs de la charge  présidentielle. Face à l’évolution incontrôlée du prix du baril de  pétrole, il prévient que cette situation mènera vers l’impasse et  propose la « Wade formula » Pt &#8211; 29) Qt = St, et initie une politique  hardie de promotion des biocarburants. Par ailleurs, le président Wade soutient qu’une Mondialisation dans  laquelle l’Afrique n’aurait pas sa place est illusoire.  « A l’horizon du 21ème siècle, seule l’Afrique garde encore les  meilleurs potentiels qui font d’elle la zone d’opportunités la plus  attractive pour toutes les grandes économies. Au plan démographique,  vers 2050, l’accroissement de notre population nous rendra  incontournables. L’Afrique, sans être saturée, peut avoir plus (sic) que  le cumul démographique des actuels pays émergents. La tranche d’âge  (0-14 ans) la plus importante se trouve en Afrique, dans un espace  globalement encore inexploité. Mais on ne pourra user de cette future  position sans l’unité politique du continent », toutes idées brassées  par le président Wade, selon M. Amadou Lamine Faye, qui relative  toutefois la portée du Nepad en reconnaissant « un échec dans le  mangement, pas la pertinence de l’idée ».  Sources : Un destin pour l’Afrique, Karthala, Paris, 1989. Me Abdoulaye Wade  Le Sénégal sous Wade. Rupture avec les modèles d’adaptation, Les  Éditions de l’Hémicycle, mars 2005. Par Amadou Lamine Faye Comprendre l’Alternative wadienne. Le juste équilibre entre priorité  stratégique et priorité conjoncturelle, Édition du Panafricaniste, 2008.  Par Amadou Lamine Faye Mamadou Alpha Barry, Abdoulaye Wade sa pensée économique : L’Afrique  reprend l’initiative, Hachette, Essais, 2006</p><p><strong>Par Samboudian KAMARA</strong></p><p><strong> </strong></p><h3><strong>De l’Alternance au nouveau projet  de gouvernance Mamadou Diop « Decroix » : « Ce que Wade avait de plus&#8230; »</strong></h3><p><strong> </strong></p><p>« Qui dit mieux ? » Mot de la fin pour un entretien.  Propos qui ponctue un regard posé sur un très long compagnonnage avec le  candidat Me Abdoulaye Wade porté au pouvoir le 19 mars 2000. La  solitude des geôles, les temps de braises dans la rue comme dans les  studieuses soirées d’élaboration des stratégies de lutte, les alliances  et mésalliances&#8230; Dix ans, c’est le temps d’un bilan. C’est aussi, pour  le Secrétaire général d’And-Jëf/Pads et Coordonnateur de l’Alliance  « Sopi pour Toujours », Mamadou Diop « Decroix », un retour sur les  coulisses du processus ayant conduit, au bout de quatre décennies, à  l’évènement d’une Alternance démocratique. Des visages, des attitudes,  des complicités, des vertus fédératrices : le projet de gouvernance,  porté par Me Wade, s’est appuyé sur ces liants pour devenir un contrat  avec les Sénégalais. Dans cette autre longue marche, les trajectoires  personnelles épousent parfaitement les idées et aspirations dominantes  d’un pays traumatisé, à l’époque, par les politiques d’austérité et la  pauvreté galopante.</p><p><strong> Un regard sur le rétroviseur. Quels ont été les moments les plus  palpitants dans le processus politique ayant mené à l’avènement de  l’Alternance ?</strong></p><p>Le processus politique ayant mené à l’Alternance est un  processus cumulatif. L’on peut considérer qu’à partir du moment où le  régime de Senghor a été contesté et qu’une alternative à ses  orientations et choix politiques a été mise en avant par des Sénégalais,  le processus ayant conduit à l’Alternance a démarré. L’on pourrait même  suggérer que ceux qui avaient voté NON au référendum de septembre 1958  et qui ont poursuivi cette ligne politique après l’indépendance en 1960  sont des acteurs de l’Alternance. C’est le cas du Pai. Ceux qui ont été  massacrés par dizaines aux Allées du Centenaire en 1963 parce qu’ils  s’opposaient au régime en place sont aussi, de mon point de vue, des  acteurs du processus ayant mené à l’Alternance. Le Pra-Sénégal s’était  distingué à cette période, de même que le Bms. Ainsi, chaque décennie a  eu ses moments palpitants dans ce processus cumulatif. La décennie 60 a  eu ses moments palpitants en mai 68. J’étais jeune élève au lycée  Van-Vo, actuel Lamine Guèye et c’est Mai 68 qui m’a, en quelque sorte,  propulsé, sans que je m’en rende compte, sur le champ politique.  L’université de Dakar est fermée suite à une contestation scolaire et  universitaire sans précédent. Les centrales syndicales s’impliquent en  décrétant la grève générale, le pays est paralysé, les fondements du  régime chancèlent. La réaction du pouvoir est foudroyante. Salomon  Khoury meurt sur le campus. Des centaines d’étudiants sont arrêtés et  emmenés dans les camps militaires pour y être parqués. Les étudiants non  Sénégalais, qui venaient de tous les pays francophones d’Afrique,  jusqu’au Tchad et au Cameroun (il n’y avait pas encore d’université dans  nombre de ces pays), sont renvoyés par charters chez eux. Les leaders  syndicaux sont déportés à Dodji dans le département de Linguère sous  surveillance militaire. L’Etat de siège est décrété.</p><p><strong>Dans la décennie 70, il y a eu la  naissance du Parti démocratique sénégalais. Pour les années 80, le  multipartisme intégral. Vous les avez vécus comment ?</strong></p><p>La décennie 70 a eu ses moments palpitants. Ceux qui ont  vécu la naissance du Parti démocratique sénégalais (Pds) avec Abdoulaye  Wade en 1974 vous diront que ce fut un moment palpitant. Nous autres  qui étions dans la clandestinité, chassés de l’université, enrôlés de  force dans l’Armée, pourchassés et régulièrement envoyés en prison,  avons aussi connu nos moments palpitants au cours de cette décennie.  La décennie 80 a connu ses moments palpitants, particulièrement en 1988  (février-mars-avril-mai), lorsque le principal adversaire du président  Diouf à l’élection présidentielle, Wade en l’occurrence, a été arrêté et  jeté en prison avec ses principaux lieutenants dès la fin du scrutin,  donc avant même la proclamation des premiers résultats. Le peuple  descend dans la rue, notamment ses forces juvéniles des zones urbaines  et péri urbaines pour exiger la libération de Wade et demander même son  installation au palais présidentiel. Des dizaines de gens sont arrêtés  et envoyés en prison au cours de ces quatre mois.</p><p><strong> D’autres temps forts dans la marche vers l’Alternance ?</strong></p><p>La décennie 90 aussi a connu ses moments palpitants,  notamment la fin de l’année 96 et toute l’année 97 lorsqu’à la suite du  simulacre d’élection locale de novembre 1996, l’opposition que nous  constituions a exigé une réforme profonde du code électoral et du  système électoral dans son ensemble, sous la houlette du Collectif des  ‘19’, acronyme des 19 partis que nous étions. Ou encore lorsque le  candidat de la Coalition Alternance 2000 (CA2000), Me Abdoulaye Wade,  Secrétaire général national du Pds est rentré en octobre 1999 d’un long  séjour à l’étranger qui avait fait penser qu’il avait définitivement  renoncé à ses ambitions de diriger le pays. L’on dit qu’un million de  personnes sont sorties l’accueillir à l’aéroport et l’accompagner  jusqu’à sa résidence au Point E.  Début 2000, nous avons aussi connu des moments palpitants avec la marche  du Frte (Front pour la régularité et la transparence des élections) en  janvier. Cette marche était destinée à obtenir l’audit du fichier  électoral après avoir obtenu le départ du président de l’Observatoire  national des élections (Onel). L’Onel a été institué en 1997 dans le  cadre de la lutte du Collectif des ‘19’ évoquée tantôt. Cette marche,  qui a regroupé des dizaines de milliers de Sénégalais prêts à tout pour  des élections libres et honnêtes, a constitué un tournant décisif dans  la situation politique du pays.</p><p>Vers la fin des années 90, vous avez pris une part  active dans la lutte pour la transparence des élections, au sein du  Frte. Racontez-nous les instants décisifs, les mesures et acquis  démocratiques qui ont créé les conditions d’un scrutin sincère&#8230;  Il convient de rappeler qu’après la crise de 88 que j’ai mentionnée tout  à l’heure, le National democratic institute (Ndi), proche du Parti  démocrate américain nous avait beaucoup aidés à trouver les conditions  favorables à une rencontre des partis politiques pour rechercher un  consensus autour du système électoral. Ainsi, en 1991 et 1992, le juge  Kéba Mbaye, désigné par le président Diouf et accepté par les autres  acteurs politiques, entouré de quelques experts triés sur le volet dans  le cadre d’une commission restreinte appelée ‘commission cellulaire’,  nous avait permis, grâce à son expertise avérée et ses talents  multiples, d’obtenir effectivement un code consensuel après plusieurs  semaines d’âpres discussions émaillées d’empoignades et de  confrontations qui pouvaient laisser penser à tout moment que l’objectif  ne serait pas atteint. Concernant le Frte, (Front pour la régularité et la transparence des  élections), dont j’ai été le concepteur, il m’était clairement apparu, à  l’analyse, en ma qualité de chargé des Elections à AJ/Pads, que la  CA2000, autour du candidat Wade, avait réuni les facteurs nécessaires à  sa victoire, mais qu’il restait sans doute une stratégie pour sécuriser  cette victoire. Défi énorme car il y avait, à côté de la CA2000,  d’autres leaders qui tenaient à se présenter à l’élection  présidentielle. Et le pouvoir de l’époque, notamment ses secteurs les  plus fascisants, était capable de confisquer le suffrage des électeurs  et de justifier son coup, à l’extérieur du pays, par la dispersion de  l’opposition. En accord avec quelques amis des autres partis dont Modou  Amar de l’Urd, j’ai proposé une réunion de tous les partis au domicile  du candidat de la CA2000, Abdoulaye Wade, au Point E, pour leur tenir le  langage suivant : « Nous avons aujourd’hui plusieurs candidats  potentiels pour la présidentielle de l’An 2000. Si nous nous engageons  dans le désordre dans cette bataille, nous serons tous perdants parce  que nos suffrages seront confisqués. Créons donc, ensemble, les  conditions qui empêcheront quiconque de confisquer les suffrages qui se  porteront sur nos candidats respectifs. Les résultats des législatives  de 1998 ont montré que le Parti socialiste (parti au pouvoir à  l’époque), avec 50,17% des suffrages, pouvait perdre en 2000 devant  l’opposition qui, toutes listes réunies, avait obtenu 49,83% des  suffrages à ces législatives de mai 98. Comment créer ces conditions ?  C’est de nous regrouper dans un front commun pour contrôler le processus  électoral et sécuriser le vote des citoyens ». Telle est l’origine du  Frte.</p><p><strong>Et vous êtes aussitôt passés à  l’action ?</strong></p><p>Aussitôt dit, aussitôt fait, en dépit de quelques  réticences qui insistaient encore sur la nécessité de la candidature  unique. Nous nous sommes donc mis immédiatement à quadriller le pays  avec des tournées partout pour organiser nos gens, exactement comme  l’Alliance Sopi pour Toujours est en train de le faire aujourd’hui. Ce  front nous a aussi permis d’organiser et de réussir la marche du 02  janvier 2000 pour l’audit du fichier électoral. Enfin, l’existence du  Frte avait permis de gommer les aspérités entre partis de l’opposition  et a facilité les retrouvailles pour le deuxième tour. En effet, la mise  en place du Fal (Front pour l’Alternance), au deuxième tour, a permis  de regrouper, pour l’essentiel, les forces de cette opposition,  notamment la CODE2000 (Coalition de l’Espoir 2000) de Moustapha Niasse,  autour de Me Abdoulaye Wade, candidat de la Coalition Alternance 2000,  arrivé en tête face au candidat du Parti socialiste, le président  sortant Abdou Diouf.</p><p><strong>1988, c’est la grande contestation  pour fraudes. 1993, l’histoire des ordonnances. 1996, le Congrès dit  « sans débats » du Parti socialiste et les locales controversées, des  urnes s’étant retrouvées dans la rue. 1998, le Renouveau qui affaiblit  le Ps. 1999, Moustapha Niasse qui lance son appel : « J’ai choisi  l’espoir ». Comment avez-vous vécu ces moments ?</strong></p><p>J’ai rappelé certains de ces moments au début de cet  entretien. Je ne les reprendrai pas tous mais, pour faire bref, je dirai  que l’alternance a été rendue possible grâce à la combinaison des  quatre facteurs suivants : Premièrement : le peuple voulait réellement le changement. Les résultats  de 1998 l’avaient prouvé. Ps : 50,17 % ; Oppositions réunies : 49,83 %.   Deuxièmement : l’opposition a su dépasser ses clivages pour offrir aux  électeurs, en dépit des candidatures multiples, grâce au Frte (Front  pour la régularité et la transparence des élections), un visage uni.  Troisièmement : le Ps était divisé et affaibli, comme vous l’avez dit,   par le départ successif de deux de ses barons les plus importants :  Djibo Leity Kâ et ses compagnons en 1996 qui créèrent, en 1998, l’Union  pour le renouveau démocratique (Urd) et Moustapha Niasse et ses amis, en  1999, pour créer l’Alliance des forces de progrès (Afp). Ces départs ont été incontestablement des facteurs non négligeables de  la défaite du Parti socialiste en l’an 2000. J’ai toujours dit que ce  parti ne serait vaincu dans des élections que le jour où l’on aura le Ps  face au Ps. C’est en quelque sorte ce qui s’est passé entre 1995 et  2000.</p><p><strong>Vous êtes vous dit :  « l’Alternance, c’est possible » ? Avec quelle organisation ?</strong></p><p>C’est ce que je viens de vous dire. Nous étions unis et  le Ps était divisé. La Gauche a cheminé avec Me Wade en 1988 et 1993. En 2000, la  candidature unique a été sentie comme une nécessité historique. Pourquoi  le choix porté sur Wade ?  Déjà, en 1983, le Pit, avec Amath Dansokho, avait soutenu la candidature  de Wade. En 1988, la Ld et le Pit ont soutenu Wade.  En 1993, le Pit  avait soutenu le candidat du Ps. Mais en 1998, la Gauche avait réussi à  se retrouver dans le cadre de ce que nous appelions le Pôle de Gauche.  J’avais en effet convaincu Amath, au cours d’une mission parlementaire  sur St-Louis, de réunir Landing et Bathily chez lui pour formaliser  quelque chose.  Ensuite, tout le monde voyait bien que la victoire était  à portée de main avec les résultats que je vous ai rappelés tout à  l’heure mais à condition que nous soyons unis. Il fallait s’unir  derrière quelqu’un. Le seul critère, alors, était le critère électoral.  Il fallait s’unir derrière le plus fort et c’était, de loin, Me Wade.</p><p><strong>Après « analyse concrète de la  situation concrète », comme vous dites dans la Gauche, quels avantages  avez-vous trouvés, en termes d’image et de leadership, à Me Wade et que  les autres, y compris vos candidats potentiels, n’avaient pas ?</strong></p><p>Je ne peux pas parler au nom des autres mais, me  concernant, c’est lorsque nous avons séjourné ensemble en prison, en  octobre 1985, à l’issue d’une marche anti-apartheid en soutien au peuple  d’Afrique du Sud en lutte, que j’ai appris à connaître l’homme. Pour la  petite histoire, cette année-là, nous avons passé la fête de la Tabaski  en prison. Cela fait donc un quart de siècle. Plus tard, en 1990, au  mois de février plus exactement, fut porté sur les fonts baptismaux la  Conacpo (Conférence nationale des chefs de partis de l’opposition). De  février 1990 à mars 1991, nous nous sommes retrouvés tous les mercredi  soir chez le président Mamadou Dia, à la Zone B, parfois jusque très  tard, pour élaborer et conduire des stratégies de lutte contre le régime  en place. J’ai découvert chez le président Wade un homme affable,  fécond au sens où il a toujours énormément d’idées sur les questions à  l’ordre du jour et il les dispense généreusement. J’avais aussi noté  qu’il travaillait énormément. Lorsqu’une question n’avait pas pu être  élucidée et que nous étions obligés de nous séparer tard le soir, il  était fréquent que le matin de bonne heure, un porteur vienne vous  déposer une proposition que Me Wade avait élaborée dans la nuit et  saisie dans son ordinateur avant de l’imprimer lui-même pour l’envoyer  aux autres. Je respectais énormément cette puissance de travail, cette  disponibilité. J’avais aussi été frappé par sa flexibilité. Je suis  toujours étonné quand on présente le président comme quelqu’un qui ne  croit qu’à son intelligence propre et qui n’écoute personne. Ce n’est  pas l’expérience que j’ai de lui, bien au contraire. Il écoute tout le  monde. Et, quand on le convainc, il change d’avis sans aucune  difficulté. Même devenu président de la République, j’ai été plusieurs  fois témoin de moments où un collaborateur du chef de l’Etat défend avec  opiniâtreté son point de vue et où, au bout du compte, le président  conclut en ces termes : « Vous ne m’avez toujours pas convaincu mais  puisque vous tenez à votre idée, alors faites ».  Donc, au total, Wade synthétise, dans une large mesure, les qualités  attendues d’un leader. Il écoute beaucoup. Il cherche toujours les  synthèses dynamiques. Il n’est pas dogmatique mais ouvert ; il travaille  dur.</p><p><strong>C’est tout ce qu’il a de plus par  rapport à d’autres leaders ?</strong></p><p>Je pense que ce qu’il avait de plus sur beaucoup  d’autres leaders, c’était cette capacité à sentir, au quart de tour, le  pouls du peuple sénégalais. A être en osmose avec celui-ci. Quand il  s’adresse aux populations, il a toujours les mots justes que les gens  retiennent et qu’ils vont rapporter dans leur entourage. « Ablaay wax na  dëgg » (Abdoulaye a vu juste) est un leitmotiv que l’on entend souvent  chez les populations, après ses sorties. Enfin, je pense que, pour lui, la politique est un humanisme. Il sait  oublier ; il a l’art de mettre à l’aise son interlocuteur, en somme de  couper la distance&#8230; C’est peut-être la raison pour laquelle, à  l’époque, on l’avait choisi. En tout, nous étions déjà assez proches.</p><p><strong>Était-il difficile, à des partis  ayant mené des luttes dans la clandestinité et dont les membres ont été  traqués et emprisonnés, de se ranger derrière un Libéral face à des  Socialistes ?</strong></p><p>Libérale, socialiste, les doctrines existent. Mais nous  devrions nous méfier des épithètes et des étiquettes en nous efforçant  ici, en Afrique, d’en découvrir les contenus au regard de nos urgences  et de nos exigences. Qui étaient au pouvoir au temps des Programmes  d’ajustement structurel du Fmi et de la Banque mondiale ? Les  Socialistes ou plutôt ceux qui se réclamaient du Socialisme. Ce sont ces  programmes qui ont liquidé l’agriculture, déstructuré l’industrie,  anémié l’Ecole et finalement déresponsabilisé l’Etat. Le coût que le  pays et le peuple ont payé, pendant toute la décennie 80 et la première  moitié de la décennie 90, jusqu’à la dévaluation du franc Cfa en 1994, a  été exorbitant à tous égards pour des résultats plus que maigres à  l’arrivée. En effet, après ces programmes supposés devoir nous installer  sur les rampes du développement, nous sommes plutôt passés à des  programmes de lutte contre la pauvreté. Ça dit tout ! Wade, à l’époque, a  critiqué ces politiques et revendiqué le rôle de l’Etat dans  l’édification économique du pays. Dans « Un destin pour l’Afrique »,  publié en 1989, il s’est posé la question suivante : « Qui va construire  les routes, les écoles et les hôpitaux si vous éliminez l’Etat ? ». De  fait, celui qui revendique la doctrine libérale censée accorder peu de  place au sort du plus grand nombre, se retrouve en train de défendre les  populations contre des politiques ultra libérales mises en œuvre par  des socialistes.</p><p><strong>A défaut de prendre le pouvoir par  vous-mêmes, l’Alternance politique, en 2000, était-il un moyen de mettre  en œuvre votre projet politique, économique et social ?</strong></p><p>Le programme d’une coalition politique est toujours  l’expression d’un compromis, d’un consensus minimum. Le programme de la  CA2000 a été élaboré par le Pôle de Gauche et préfacé par Abdoulaye  Wade. Encore une fois, Wade aborde largement les questions d’alliance  dans ses ouvrages et donne beaucoup d’exemples sur l’Europe où des  socialistes et même des communistes se regroupent pour former des  gouvernements.  Au demeurant, ici au Sénégal, la Ld, le Pit, le Pds et le Ps ont partagé  le même gouvernement et donc exécuté le même projet. Par conséquent, il  nous faut nous écarter des schémas stéréotypés et des clichés.</p><p><strong>Quels axes de convergence avez-vous  trouvés entre les idées de Gauche et la pensée politique et économique  de Me Wade, un Libéral qui affirme un fort penchant social ?</strong></p><p>Vous me donnez l’occasion de rebondir sur l’interview  que le président a accordée récemment à des journalistes dans le cadre  de l’émission « La tribune ». Wade, répondant à une question du genre de  celle que vous venez de poser, a affirmé avec force qu’il a fait  infiniment plus de social que les Socialistes au cours de ses dix ans à  la tête du pays. Et tout le monde en convient. Je voudrais insister  particulièrement sur le fait que ceci n’est pas un hasard car,  n’oublions pas que le programme fondamental du Parti démocratique  sénégalais, en 1974, était fondé sur la doctrine socialiste  travailliste. Et ce n’était qu’une continuité d’ailleurs parce que, dans  ses années d’étudiant, Wade avait déjà fait une publication sur la  doctrine mouride du travail. Devenu président de la République, il a  lancé le slogan : « Travailler, encore travailler, toujours  travailler ».  Ensuite, puisque vous parlez de Gauche, je rappellerai que lorsque le  Pds a obtenu des députés en 1978 pour la première fois, Wade a  revendiqué les bancs de Gauche à l’hémicycle. Senghor a revendiqué la  même chose et un âpre débat s’en est suivi. Mais, puisque Senghor avait  le pouvoir, il a imposé les bancs de Droite à Wade dans le cadre de sa  loi sur les courants politiques. Après l’Alternance, lorsque Wade a eu  la majorité à l’Assemblée, les libéraux occupent les bancs de Gauche à  l’hémicycle. Voilà l’Histoire. Je pourrai encore poursuivre les  exemples&#8230; Donc, il n’y a pas lieu de batailler sur les étiquettes et  les épithètes mais sur les réponses concrètes qui sont apportées aux  problèmes concrets qui se posent au pays et à ses habitants et à  l’Afrique et ses populations.</p><p><strong>Au sein de la CA 2000 puis du Fal,  quels ont été les apports de la Gauche aux Libéraux ?</strong></p><p>Certains parlent d’une meilleure organisation&#8230; Ce serait trop prétentieux de ma part de parler en ces termes, mais  c’est vrai que les organisations qui ont connu la clandestinité ont  acquis un sens aigu de l’organisation. Toutefois, il y avait une  symbiose qui faisait le charme et la force de la coalition.</p><p><strong>La Gauche avait-elle comme  arrière-pensée de soutenir le candidat Wade et de le remplacer assez  vite ? Est-ce la raison des ruptures successives ?</strong></p><p>Je ne peux parler au nom de toute la Gauche qui était  avec Wade. Je ne peux pas savoir ce qui peut se passer dans la tête de  tel ou tel leader. Mais je pense qu’il y avait quelques problèmes qui  peuvent expliquer les ruptures. D’abord, une compréhension non partagée  de comment une coalition au pouvoir doit travailler. Ainsi, les uns  pensaient qu’ils n’étaient pas suffisamment associés à la gestion du  pouvoir, les autres considéraient qu’il s’agissait-là d’une volonté de  confisquer le pouvoir à celui qui était élu par les Sénégalais.</p><p><strong>Quelque temps après, il y a eu  l’idée de la Direction politique unifiée. Les alliés ne sont pas tombés  d’accord. Avec un recul de dix ans, était-ce nécessaire ?</strong></p><p>En réalité, on a beaucoup épilogué sur la Direction  politique unifiée (Dpu). Certains en ont même revendiqué la paternité.  Pour ce que j’en sais, l’idée m’a été exposée par le président Wade dans  son bureau plusieurs semaines ou mois avant qu’elle ne soit abordée  dans la presse. Il est possible que, par la suite, le concept lui-même  n’ayant pas été discuté, certains pouvaient ne pas partager la  perspective de ce qui apparaissait comme un renforcement des alliés du  président. Aujourd’hui, l’existence de l’Alliance Sopi pour Toujours,  avec sa réunion mensuelle des leaders autour du président Wade, la  répartition des tâches aux différents partis à travers les commissions  techniques de l’Alliance, l’existence, parmi ces commissions, de celle  chargée de la Veille politique, sont autant d’éléments qui vont dans le  bon sens. J’ai toujours été d’avis et je l’ai toujours dit au président,  qu’un organe de concertation politique est toujours nécessaire. Ma  conviction est que si un tel organe existait, beaucoup de malentendus  auraient été évités. Cela dit, n’y avait-il pas des agendas cachés ici  ou là ? La politique est trop complexe pour autoriser des certitudes.</p><p><strong>Comment avez-vous vécu la sortie du  gouvernement des acteurs de l’Alternance comme Niasse, Dansokho et  Bathily ?</strong></p><p>Pour ne rien vous cacher, avec beaucoup de peine. J’en  ai parlé dans mon livre mais je préfère ne pas m’étendre là-dessus.  C’était une expérience inédite. Je suppose que, quelque part, l’on a  pensé que les rapports entre leaders dans l’opposition devraient  gouverner le travail à la tête de l’Etat ; autrement dit, que toute  décision du chef de l’Etat devait être soumise à l’approbation des  alliés. De même, des frustrations ont pu naître du fait que des  questions qui pouvaient faire l’objet de concertations sans que cela ne  constitue un empiétement sur les prérogatives du président de la  République n’ont pas été soumises effectivement à concertations. Ce sont  des jeux de pouvoir qui existent partout.</p><p><strong>Allié du Pds, avez-vous craint un  remake du syndrome Ps, avec les épisodes Idrissa Seck et Macky Sall ?</strong></p><p>Non ! Pas du tout ! Idrissa Seck est revenu et les  contextes sont bien différents. Là-bas, c’était un parti à bout de  course après 40 ans de gouvernance, qui sortait de deux décennies  d’ajustement avec leur lot de souffrance et de paupérisation des  populations. Un parti qui, au surplus, était profondément divisé avec  refondateurs, rénovateurs, barons et j’en passe&#8230; Ici, la décennie  Wade, en dépit d’une conjoncture internationale unanimement reconnue  comme défavorable, a été marquée par des succès que personne ne conteste  dans l’ensemble des secteurs de l’activité nationale. Naturellement, nous venons de très loin et c’est pourquoi, malgré les  énormes pas qui ont été faits, les difficultés continuent de nous  défier. Mais la direction est bonne et le peuple, dans sa sagesse  légendaire le sait et le montrera le moment venu. <strong> Aj, sous votre houlette, reste ancré dans la majorité. Politiquement,  comment vivez-vous, aux côtés du président Wade, cette fracture ?</strong></p><p>La page que vous évoquez est tournée. Les missions que  l’Alliance vient d’effectuer dans quarante départements du pays ont  clairement montré la mobilisation et la prégnance du parti dans tout le  pays. Les missionnaires ont, en effet, rencontré, de Saraya à Ranérou,  de Goudomp à Kanel ou de Goudiri à Oussouye, des militants Aj/Pads  debout, dont des maires, des présidents de conseil rural, des sénateurs  des députés, des membres du Conseil économique et social et des  centaines de conseillers municipaux, ruraux et régionaux. Cela suffit.  La cause est entendue depuis longtemps.</p><p><strong>Il y a maintenant l’Alliance Sopi  pour Toujours dont vous êtes d’ailleurs le coordonnateur. A l’horizon  2012, sous quels aspects apparaîtra votre engagement aux côtés du chef  de l’Etat ?</strong></p><p>Ne conjuguez pas le verbe au futur ! Notre engagement  est à conjuguer au présent. Au passage, vous me permettrez de remercier,  du fond du cœur, le président pour m’avoir proposé comme coordinateur  de notre alliance et aux leaders des partis d’avoir accepté cette  proposition. Comme vous l’avez constaté, nous sommes en train de mailler  le territoire national avant d’engager le travail dans l’émigration.  Dans chaque département, chaque commune ou commune d’arrondissement, et  dans chaque Communauté rurale, se dresseront des directoires de  l’Alliance qui fédéreront toutes les forces qui soutiennent le président  Wade dans ce qu’il fait pour le Sénégal et pour l’Afrique et qui  portent sa candidature pour 2012.</p><p><strong>Vous avez soutenu Wade sur la base  d’un projet politique, économique et social. Quelle lecture faites-vous  de sa mise en œuvre en dix ans ?</strong></p><p>Cette interview ne suffirait pour une réponse  exhaustive. La Convention nationale de notre parti, qui se réunit en  juin, à l’occasion du premier anniversaire de notre congrès  extraordinaire, y répondra. Deux documents y seront présentés : l’un  sera pour un plaidoyer pour la candidature ; nous y exposerons les  raisons pour lesquelles nous pensons que Wade doit être réélu et l’autre  sera une plate-forme pour une nouvelle offre politique prenant en  charge les interpellations et les urgences de notre pays et de  l’Afrique, en somme, pour un Sénégal émergent, dans une Afrique unifiée  et occupant une place de choix dans les affaires du monde.</p><p><strong>Pouvez-vous lire le bilan du  président Wade en termes d’actifs et de passifs dans les domaines  économique, politique, social, culturel, diplomatique et  institutionnel ?</strong></p><p>Comme dit tantôt, je vous renvoie à notre Convention  nationale. Naturellement, comme vous le savez d’ailleurs et comme tous  les Sénégalais le savent, dans tous ces domaines que vous évoquez, les  acquis l’emportent de loin sur le passif.</p><p><strong>Avez-vous l’impression que, malgré  les difficultés, le Sénégal soit viable et respecté dans le monde ? Que  reste-t-il à faire ?</strong></p><p>Le président Wade, dès les débuts de l’Alternance, à la  tête de la Cedeao, a conduit les processus qui ont permis d’éteindre les  foyers de guerre civile en Côte d’Ivoire. Il a permis aux acteurs  politiques de Madagascar de retrouver la paix civile et le chemin des  urnes. Plus récemment, il s’est de nouveau porté sur le front  mauritanien pour aider, de toutes ses forces, nos frères du Nord à  retrouver la paix et la concorde. Aujourd’hui, il est à la tête de la Ummah islamique et continue d’être  sollicité dans la sous-région pour la paix et la stabilité de l’Afrique  de l’Ouest.  Il a mené un combat opiniâtre sur le plan théorique, politique et  diplomatique contre les vieilles thèses des institutions de Bretton  Woods qui, aujourd’hui, acceptent de s’investir dans les infrastructures  en Afrique et dans bien d’autres domaines naguère marginalisés. Il a gagné le respect et la considération de tous ses pairs africains.  Le président Wade, qui reste très attentif à la qualité de nos relations  séculaires avec la France, a su, dans le même temps, développer des  relations de respect et de considération avec, à la fois,    l’Administration Bush et l’Iran d’Ahmedinejade, avec Cuba, avec la  Libye, avec Hugo Chavez, Lula da Sylva du Brésil ou encore Hu Jintao,  président de la puissante Chine populaire qui a visité notre pays  l’année dernière. Le tout sur la base de l’assumation courageuse et  honnête de ses positions patriotiques, panafricanistes et pour la  justice et l’équité dans les relations entre les nations. Qui dit  mieux ?</p><p><strong>Entretien réalisé par Habib Demba  FALL</strong></p><p><strong>II &#8211; Les pas du système politique  et institutionnel</strong></p><p><strong>Les réformes au Sénégal : La  nouvelle peau d’un dispositif consensuel</strong></p><p>En dix ans, le Sénégal a connu plusieurs réformes  institutionnelles. Avant d’accéder au pouvoir, le président de la  République, avait annoncé la suppression du premier Sénat dirigé par feu  Abdoulaye Diack. Au cours de cette campagne électorale de février-mars  2000, l’opposition avait jugé inutile cette Chambre « de recasement » de  dignitaires de l’ancien régime. Pour confirmer ses engagements, la  suppression du Sénat a été l’une des premières mesures du nouveau  gouvernement suivie de la dissolution de l’Assemblée nationale avec la  convocation de nouvelles élections des députés. Le 7 janvier 2001, un projet de Constitution a été soumis à référendum  au peuple sénégalais. C’est à la suite d’un large consensus des partis  politiques et des membres de la Société civile que ce projet a été soumis au peuple. Au cours d’une rencontre dans la cour du  Palais présidentiel, le chef de l’Etat s’était prêté à de nombreuses  questions de citoyens sénégalais sur cette nouvelle Constitution. Un  débat qui avait mis en vedette l’ancien président du Forum civil, Me  Mame Adama Guèye. Dans le préambule de la nouvelle Constitution de 2001,  il est rappelé l’attachement du Sénégal à ses valeurs culturelles fondamentales qui constituent le  ciment de l’unité nationale. Tout en affirmant son adhésion à la  déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et  aux instruments internationaux adoptés par l’Organisation des Nations  unies et l’Organisation de l’Unité africaine devenue Union africaine,  notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10  décembre 1948, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de  discrimination à l’égard des femmes du 18 décembre de 1979, la  Convention relative aux droits des Enfants du 20 novembre 1989 et la  Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples du 27 juin 1981,  le Sénégal a insisté sur son attachement à la transparence dans la  conduite et la gestion des affaires publiques, ainsi qu’au principe de  Bonne gouvernance. Cette nouvelle Constitution accorde également une  bonne place à la femme. Dans plusieurs déclarations, le chef de l’Etat n’a jamais raté  l’occasion de réaffirmer « qu’une Constitution n’est pas un texte  ordinaire : c’est la Loi des lois ; l’acte solennel par lequel une  société déclare les principes qui la fondent, qui la rassemblent et qui  l’organisent ».  Du référendum, il disait qu’un texte ne peut être changé si facilement  d’où le choix populaire. Face aux cadres du Parti démocratique  sénégalais (Pds), l’ancien ministre d’Etat, directeur de Cabinet du chef  de l’Etat, Idrissa Seck, soulignait que « le projet de réforme constitutionnelle en  circulation ne doit pas confiner notre réflexion », ajoutant que :  « rien n’est figé. C’est seulement le produit de la réflexion  d’experts ». Il disait « qu’une révision constitutionnelle, événement  pas du tout courant, revêt un enjeu capital dans la vie d’une nation ».  C’est cette nouvelle Constitution, qui avait décidé la réduction du  mandat présidentielle de 7 ans à 5 ans avec la possibilité de se  présenter pas plus de deux fois à l’élection. Deux ans après la présidentielle de 2007, une nouvelle révision ramène  le mandat du chef de l’Etat de 5 à 7 ans. En Conseil des ministres,  l’explication fournie est que cinq ans sont très courts pour un  président élu de s’installer et prendre ses marques pour conduire sa  politique.  Dans l’histoire, le Sénégal n’a connu que deux référendums. D’abord, ce  fut le cas le 28 septembre 1958, durant la période coloniale, pendant la  période de la Loi Cadre, au moment où le général Charles se Gaule  appelait à la création d’une Communauté franco-africaine. Cinq années  après l’indépendance, pour mettre en place la IIème République sous  Senghor. En cette date du 7 janvier 2001, le Oui avait largement  remporté le vote avec un taux de participation de 66 %. Un galop d’essai  concluant, avait dit le général Mamadou Niang alors ministre de  l’Intérieur. La suppression du Conseil économique et social (Ces) dirigé par le  Président Famara Ibrahima Sagna sera l’une des mesures du nouveau  régime. Une nouvelle institution sera créée à la place avec le Conseil  de la République pour les affaires économiques et sociales (Craes) qui a  joué un rôle de médiateur dans plusieurs conflits entre travailleurs et  employeurs. Il sera confié à Me Mbaye-Jacques Diop avant d’être dissout  pour céder place quelques mois plus tard à un nouveau Conseil  économique et social présidé par l’ancien maire de Saint-Louis, Ousmane  Masseck Ndiaye.  A l’Indépendance, le Sénégal se dotait d’une Cour suprême respectueuse  pour avoir été dirigée par des magistrats de valeur comme les juges  Isaac Foster et Kéba Mbaye, tous deux devenus magistrats à La Haye.  Réputée comme une instance juridique de grande qualité, la Cour suprême  céda la place après une nouvelle réforme de 1992 qui créa le Conseil  constitutionnel, la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat. En 2007,  présidant une rentrée des Cours et Tribunaux, le chef de l’Etat, dans  son intervention, annonça une nouvelle réforme qui consacre le retour de  la Cour suprême. La réflexion engagée aboutira à cette nouvelle création confiée au magistrat Pape  Ousmane Sakho. Enfin, la vice-présidence a été l’une des dernières  créations. Depuis plus d’un an on attend la nomination officielle de  celui ou celle qui va assister le chef de l’Etat dans son travail.</p><p><strong>El Hadji Abdoulaye THIAM</strong></p><p><strong> </strong></p><h3><strong>La Constitution, ce socle si  important</strong></h3><p><strong> </strong></p><p>La Constitution est le socle sur lequel repose un pays.  Sa modification nécessite des consultations au préalable. En 2000, après  avoir pris l’engagement auprès des électeurs sénégalais de tous bords,  Me Abdoulaye Wade avait promis d’apporter des réformes profondes de la  Constitution.  Chose promise, chose faite. Après plusieurs consultations avec les  partis politiques, les différentes composantes de la Société civile, les enseignants des Universités de Dakar et  Saint-Louis et même ceux établis à l’étranger, le président de la  République décida de convoquer tout ce beau monde autour d’une table  pour dégager les grandes lignes. Des Sénégalais de toutes les catégories  sociales apporteront des propositions et suggestions pour le nouveau  document. Une commission technique chargée d’élaborer la nouvelle  Constitution fut mise sur pied sous la présidence du garde des Sceaux, ministre de la Justice d’alors Mme Mame Madior Boye, juriste de  renommée. Plusieurs personnalités dont les professeurs Babacar Guèye,  Pape Demba Sy, l’avocat et conseiller du président de la République, Me  Madické Niang, le magistrat de carrière Taïfour Diop, etc. y ont siégé.  Des contributions de haute facture ont été reçues de l’Assemblée  nationale, du Sénat, du Conseil constitutionnel, d’organisations de la  Société civile, d’Ong et plus particulièrement de particuliers comme feu  Kéba Mbaye, feu Me Babacar Niang, Amsatou Sow Sidibé, Makhtar Diouf,  Mouhamet Fall, Me Mamadou Diallo du barreau de Paris, etc.  Par cet acte, le président de la République a voulu associer tous ceux  qui de près ou de loin pouvaient apporter un plus à ce document si  précieux pour une nation.  En dix ans, plusieurs réformes ont été apportées, dans le but  d’approfondir notre démocratie. L’une d’elles adoptée consiste à doter  le Sénégal d’une vice-présidence qui assiste le chef de l’Etat.</p><p><strong>El. H. A.THIAM</strong></p><p><strong>CA 2000, CPC, CPA, AST, BENNOO,  ETC : La « real politik » efface les considérations idéologiques</strong></p><p>De 2000 à nos jours, le Sénégal a connu plusieurs  recompositions guidées par la réalité politique sur le terrain. Les  considérations idéologiques n’ont pas pesé.  Alliés hier, adversaires aujourd’hui. Depuis 2000, le Sénégal a vécu une  intense recomposition politique. Laquelle est alimentée par les remous  qui ont jalonné la vie politique du pays. Arrivé au pouvoir, en 2000 par  une large coalition de l’opposition qui compte en son sein le Parti  démocratique sénégalais (Pds), la Ligue démocratique, Mouvement pour le  parti du travail (Ld/Mpt), l’Alliance des forces de progrès (Afp), le  Parti de l’indépendance et du travail (Pit), le président de la  République, Me Abdoulaye Wade, a d’abord vu son camp subir une mue. La  première en date est le limogeage du Premier ministre, Moustapha Niasse,  leader de l’Afp, en mars 2001. C’est le premier grand divorce entre Me  Wade et ses alliés. Le départ de M. Niasse est intervenu deux mois avant  les élections législatives de mai 2001. Mais cela n’a pas empêché le  parti au pouvoir d’occuper la majorité des sièges au Parlement.  Ce revers semble mettre la pression sur l’opposition.  Même si elle  rassemble de farouches adversaires en 2000, Moustapha Niasse et Ousmane  Tanor Dieng notamment, l’opposition est contrainte à s’unir. Quelques  jours après les législatives, 10 partis d’opposition s’unissent pour  créer le Cadre permanent de concertation (Cpc). Pour riposter, 25 partis  portent sur les fonts baptismaux la Convergence des actions autour du  président de la République pour le 3ème millénaire (Cap 21) le 25 août  2001.  Un moment de vérité arrive entre le Cpc et la Cap 21 avec les élections  locales de 2002. Le duel tourne à l’avantage de la mouvance  présidentielle qui remporte les scrutins locaux. Mais l’opposition  parvient à contrôler quelques collectivités locales dont Ziguinchor,  Tambacounda et Kédougou. Ces élections semblent consacrer la stratégie  de résistance au sein du Parti socialiste. Depuis 2000, le Ps  a subi  des saignées. Face aux menaces nées des audits et aux appels de la  mouvance qui théorise la transhumance politique, des barons socialistes  rejoignent le Pds. Parmi eux, des figurent emblématiques dont Abdoulaye  Diack, Sada Ndiaye, Adama Sall.  Ce vent de transhumance a eu des dégâts collatéraux dans la mouvance  présidentielle. Des querelles entre anciens et nouveaux vont naître.  Plusieurs responsables libéraux si liguent contre le N° 2 du Pds Idrissa  Seck soupçonné d’avoir mis en branle « un coup d’Etat rampant ».  La presse parle d’une dualité au sommet de l’Etat. Idrissa Seck se  serait également opposé à une entrée de Djibo Ka, militant de la  social-démocratie et cofondateur du Cpc dans le gouvernement. Cette  crise aboutit au limogeage d’Idrissa Seck alors Premier ministre du  Sénégal, le 21 avril 2004. Il sera remplacé par Macky Sall. Ce dernier  occupait les fonctions de ministre de l’Intérieur &#8230; La mouvance verra un autre départ après l’arrivée de Djibo Kâ et ses  camarades : celui des ministres de la Ld/Mpt. C’était en mars 2005.  Le  pouvoir et l’opposition ont désormais en ligne de mire les élections  législatives de 2006. Mais celles-ci n’auront pas lieu. Prétextant des  inondations qui ont frappé le pays en septembre 2005, le président de la  République a renvoyé ces joutes. Et cela en dépit d’une farouche  résistance de l’opposition qui a crée en avril 2006, une nouvelle  structure dénommée Coalition populaire pour l’alternative (Cpa) composée  des partis d’opposition regroupés au sein du Cadre permanent de  concertation (Cpc), du G10 et de la Ld/Mpt. L’objectif visé était  « faire face à Wade » et de « lancer deux mois de lutte contre les  dérives du régime de l’alternance ».</p><p>Boycott des législatives</p><p>Rendez-vous est donc donné en 2007. Les deux camps se  remobilisent. Après la phase de résistance et restructuration, le Ps  s’engage dans la reconquête du pouvoir. Il est poussé en cela par une  jeune génération d’hommes et de femmes, mais aussi d’anciens soudés  autour d’Ousmane Tanor Dieng. Mais l’unité du Ps sera minée par une  crise. La révolte des « papys ». Un courant « Démocratie et solidarité »  est née. Il est animé par Robert Sagna et d’autres figures socialistes  dont Souty Touré, maire de Tambacounda.  De l’autre côté, le Pds lançait l’assaut final contre son ancien N° 2  Idrissa Seck. Poursuivi pour « détournement de denier publics et  d’attentat à la sûreté de l’Etat », Idrissa Seck sera traduit devant la  Haute cour de justice et emprisonné le 23 juillet 2005. Il séjourne  pendant 7 mois à la prison centrale de Reubeuss. La tension monte au fur  et à mesure que 2007 pointe. Idrissa Seck va recouvrer la liberté. Le  divorce est également proclamé entre le Ps et les animateurs du courant.   Mais ces épreuves n’ont pas contribué à souder davantage les rangs de  l’opposition. Au contraire, plusieurs candidatures sont annoncées à la  présidentielle de 2007. Impossible d’avoir un candidat unique de  l’opposition sous la bannière de la Cpa. Les nombreuses réunions au  domicile d’Amath Dansokho n’y pourront rien. La pression des femmes non  plus. La Cpa implose. L’opposition va aux élections divisée. Un avantage  pour le candidat à sa propre succession, Me Abdoulaye Wade. Soutenu par  une large coalition comptant une cinquantaine de partis politiques et  plus de « 500 mouvements de soutien », le président Wade croise le fer  avec une dizaine de candidats de l’opposition. Parmi ceux-ci son ancien  homme de confiance Idrissa Seck.  Il sort vainqueur de la présidentielle de 2007 dès le premier tour avec  55,86% des voix exprimées. Son plus proche rival, Idrissa Seck a obtenu  14,93%. Des contestations surgissent, malgré l’approbation des  observateurs nationaux et internationaux.  « Les irrégularités ne sont pas de nature à empêcher les sincérité du  scrutin », affirmait la Rencontre africaine pour la défense des droits  de l’Homme (Raddho) dans une déclaration. L’opposition est loin d’être  convaincue. Elle se mobilise et réclame une évaluation de la  présidentielle avant de s’engager aux législatives du 03 juin 2007.  « Avec les données, biométriques, il est impossible de frauder »,  soutenait le ministre de l’Intérieur, Me Ousmane Ngom.  Pour certainement mieux faire face, l’opposition décide alors de créer  un nouveau cadre d’expression : le Front Siggil Senegaal. Elle décide de  boycotter les législatives du 03 juin. Ce qui semble être une aubaine  pour les « petits partis politiques ».  Ceux-ci se retrouvent au Parlement à l’issue du scrutin face à une  écrasante majorité libérale.  Même absente au Parlement, l’opposition  représentative est loin de quitter l’espace politique. Elle annonce des  « assises nationales ». Des organisations de la Société civile  soutiennent son action. Ces consultations constituent un cadre pour  proposer des changements au plan institutionnel, économique et social.  Le pouvoir refuse d’y participer. Il demande à ses partenaires de ne pas  s’y engager. Ces assises dureront plusieurs mois sous la conduite de  M. Amadou Mactar Mbow, ancien directeur général de l’Unesco. La  restitution des résultats des travaux a eu lieu avant les élections de  mars 2009.  Au moment où l’opposition organisait ses concertations, une autre crise  éclate au sein du pouvoir. Tête de liste de la Coalition Sopi pour les  élections législatives et ancien directeur de campagne de Me Abdoulaye  Wade, le nouveau président de l’Assemblée nationale va devoir faire face  à ses camarades. La décision de l’Assemblée nationale d’auditionner le  président de l’Anoci à propos des fonds injectés dans l’organisation du  sommet de la Oummah islamique est la goutte d’eau qui a fait déborder le  vase. Macky Sall sera éjecté de l’Assemblée nationale, malgré les  médiations de plusieurs guides religieux et personnalités de la Société  civile. Contre toute attente, il démissionne du Pds et de son poste de  maire de la commune de Fatick.</p><p>Présidentielle 2012</p><p>Une recru de taille pour l’opposition. Le désormais  ex-président de l’Assemblée nationale s’engage contre le régime libéral.  L’Initiative citoyenne pour la République (Icr) est créée par M. Sall  et d’autres forces hostiles à Wade dont Yonou Askan-wi née des flancs du  Parti africain pour la démocratie et le socialisme, le Jef-Jel. Une  fusion avec le Front Siggil Senegaal consacre la naissance de Bennoo  Siggil Senegaal.  L’opposition participe aux élections locales de mars 2009 sous la  bannière de Bennoo.  Son initiative connait un succès. L’opposition contrôle plusieurs  collectivités locales à l’issue du scrutin de mars. Parmi celles-ci, de  grandes villes dont Dakar, Pikine, Kaolack, Louga, Saint-Louis.  Tirant  les leçons de cette percée, le président Wade annonce la recomposition  de son camp. L’Alliance Sopi pour toujours et créée. Elle regroupe  toutes les sensibilités qui soutiennent Me Wade. Le Parti démocratique  sénégalais devient Parti démocratique sénégalais libéral (Pdsl). La  nouvelle entité a amorcé depuis quelques temps des renouvellements  conduits par le chargé de la Propagande du Pds, Farba Senghor. L’Ast et  le Pdsl ont pour mission d’accompagner le candidat, Me Abdoulaye Wade, à  la « victoire » à la présidentielle de 2012.  A la même période, Bennoo cherche une formule pour vaincre les libéraux.  Une candidature unique ou plurielle ? Les positions sont partagées,  même si tout le monde s’accorde pour dire qu’un candidat unique ferait  l’affaire de l’opposition. Mais la réalisation d’une telle formule  semble complexe. Les ambitions au sein de l’opposition sont multiples.  Des raisons historiques et stratégiques sont invoquées de part et  d’autre. Un séminaire pour trancher est prévu prochainement.</p><p><strong>Babacar DIONE</strong></p><p><strong>Me Wade, à la fois artisan de la  modernisation des cités religieuses et apôtre du dialogue  islamo-chrétien</strong></p><p>Le Sénégal a connu trois chefs d’Etat, mais jamais avant  l’arrivée de Me Wade au pouvoir, on n’avait vu un président de la  République, de façon aussi volontaire sur les questions religieuses. Le  constat que l’on fait lorsque l’on jette un regard sur ses rapports avec  toutes les confessions, c’est sans conteste l’implication tous azimuts  de Me Wade sur les questions touchant aux religions au Sénégal et dans  le monde, notamment au sujet du Dialogue islamo-chrétien.</p><p>Au pouvoir depuis le 19 mars 2000, par la volonté des  Sénégalais à l’issue d’une alternance historique mettant fin aux  quarante ans de règne du Parti socialiste, Me Abdoulaye Wade a marqué  d’une pierre blanche les délicats rapports entre le spirituel et le  temporel. Dès son arrivée au pouvoir, le président Wade, qui ne cache  pas son appartenance à la communauté mouride, a voulu instaurer de  nouveaux rapports basés sur le respect mutuel, la confiance et  l’entraide entre lui et les tenants des différentes confessions  religieuses (musulmanes ou chrétiennes) ainsi qu’entre les différentes  confréries.  L’on se rappelle sur ce point que son premier geste après la  confirmation de sa victoire éclatante a été de réserver sa première  sortie à son guide spirituel, le défunt Khalife général des Mourides  Serigne Saliou Mbacké à Touba. Un acte plein de symboles qui montre que  dans sa conduite des affaires publiques les hommes de Dieu seront  consultés comme jamais avant dans la conduite des affaires du pays.  Un geste qu’il n’a cessé de multiplier à l’endroit des autres  responsables religieux musulmans ou chrétiens. Pour mieux raffermir la  concorde déjà existante entre la majorité des musulmans et la minorité  des chrétiens du Sénégal, le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, a eu  l’heureuse initiative de lancer à l’échelle nationale et  internationale : l’idée du Dialogue islamo-chrétien. C’était dans un  contexte international marqué par le traumatisme des attentats du 11  septembre 2001. A cette époque, certains dirigeants occidentaux et une  partie de leurs opinions publiques ont voulu faire la confusion entre  l’Islam et la violence.  L’on note aujourd’hui que les interventions incessantes du président  Wade sur les tribunes internationales à propos de ce qu’est le vrai  visage de l’Islam, qui veut dire la paix et ses plaidoyers pour le  dialogue islamo-chrétien, ont permis de dissiper des nuages entre ces deux  religions révélées.  C’est dans ce contexte que, Me Wade, l’apôtre incontesté du Dialogue  islamo-chrétien, a obtenu, à Dakar, la capitale, pour la deuxième fois  de son histoire, l’organisation de la 11ème conférence au sommet de  l’Organisation de la conférence islamique. C’était, on se le rappelle du  07 au 14 mars 2008. Cette conférence de l’Oci a été couronnée d’un  succès historique grâce une organisation parfaite à tout point de vue.  Pour l’occasion, l’Agence pour l’organisation de la Conférence islamique  (Anoci) dirigée à l’époque par Karim Wade et Abdoulaye Baldé a réalisé  des infrastructures routières de dernière génération. Ce qui a  radicalement changé le visage de la capitale. Pour l’accueil des invités  de marque, de nouveaux hôtels de luxe ont été également construits.  La onzième conférence au sommet de l’Oci a été un succès diplomatique  sans précédent. Pour cause, près de 43 chefs d’Etat et de gouvernements ainsi que des souverains ont fait le  déplacement à Dakar. A cette occasion, une nouvelle charte de l’Oci a  été adoptée pour remplacer celle de 1972 et le président Wade élu pour  les trois prochaines années, président en exercice de l’Oci.  Au titre des réalisations du gouvernement de l’alternance sur le volet  religieux, le fait le plus marquant est sans doute cette ambition  affichée et proclamée partout par le président de la République de  « moderniser toutes les villes religieuses ».  Sur ce domaine, force est de reconnaître qu’aucun des prédécesseurs de  Me Wade n’a fait autant que lui. C’est d’abord la Cathédrale de Dakar  qui était dans un état de délabrement assez avancé que Me Wade a  réhabilité pour des centaines de millions de francs. Par la suite, il a  lancé du vivant de Serigne Saliou Mbacké les travaux de modernisation de  la ville sainte de Touba pour un montant global de 100 milliards.  Ces travaux devront comprendre des infrastructures routières, des  ouvrages d’assainissement et des structures sociales de base comme des  hôpitaux, marchés et écoles.  Lors du dernier Maouloud, de passage à Tivaouane, Me Wade a annoncé un  programme similaire et pour le même montant. Lors de l’inauguration de  la grande mosquée de Médina Baye à Kaolack, le président a promis que la  cité religieuse sera modernisée. Après ces villes suivront sans doute  Ndiassane, Médina Gounass, Poponguine, pour ne citer que celles-là.  L’on sait également que le président Wade est très impliqué dans la  construction de certains édifices religieux comme les mosquées et les  églises. Il ne cesse d’apporter son appui matériel et financier à  l’occasion des cérémonies religieuses, qu’elles soient musulmanes ou  chrétiennes. Une démarche qui le rapproche davantage des chefs religieux  qu’il n’hésite pas à recevoir au palais souvent pour des concertations  quand l’intérêt supérieur de la nation l’exige.</p><p><strong>Babacar DRAME</strong></p><p><strong>Un petit pays, une grande puissance  diplomatique</strong></p><p>Le Sénégal a tôt joué un rôle prépondérant dans la  diplomatie en Afrique, compte tenu de sa position géographique et  surtout pour avoir été la première zone à avoir été en contact avec le  système politique coloniale. Dans le sillage de la colonisation, la paix  et la stabilité a toujours été le credo de la démarche sénégalaise  compte tenu des impératifs de développement et dans la perspective des  les Etats unis d’Afrique. Cette politique de Senghor et de Abdou Diouf a  été aussi le credo du gouvernement de Me Abdoulaye Wade depuis le 19  mars 2000.</p><p>L’une des grandes réussites diplomatiques du  gouvernement dit de l’alternance a été sans doute le Nepad, fusion du  plan Oméga du président Wade et le Millenium african plan ou Plan Map.  Apparus au cours de l’année 2000, ces deux plans cherchaient à réponde   aux soucis de plusieurs leaders africains de proposer une stratégie de  résorption du retard de l’Afrique, seul continent dont le développement  et la présence internationale passent de  la stagnation des années 70 à  la régression continue. Economiste et observateur des questions économiques, le président  Abdoulaye Wade, dès son entée en fonction, propose au sommet  France-Afrique de Yaoundé, le Plan Oméga qui devrait, par des  investissements massifs d’origine externe, coordonnés à l’échelle  continentale, poser les bases du développement du continent pour combler  le fossé entre pays développés et pays sous-développés De leurs côtés, Abdelaziz Bouteflika de l’Algérie, Olusegun Obasanjo du  Nigeria et le président d’Afrique du Sud Thabo Mbeki ont un projet  similaire : le Millenium african plan, ou Plan Map qui cherche aussi à  intégrer l’Afrique à la dynamique de progrès universel. Les deux plans  sont fusionnés en un plan unique : la Nouvelle initiative africaine  (Nia) qui, lors du sommet des chefs d’Etat de Lusaka en juillet 2001  donnera le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique  (Nepad) abréviation anglaise de New partnership for african development.   Pour mieux l’impulser, le sommet élargit la direction politique à dix  autres chefs d’Etat, à raison de deux par région géographique sous le  nom de Commission de mise en oeuvre (Implementation committee).  Quelques jours après le 20 juillet 2001, la Nouvelle initiative  africaine était avalisée par les dirigeants des pays du G8 et en octobre  2001, le cadre de cette politique était finalisé par le Comité des  chefs d’Etat chargé de sa mise en œuvre. En plus de ce statut de « père fondateur » du nouveau Plan de  développement de l’Afrique après le plan de Lagos de 1977et qui nous a  valu la reconnaissance du monde à travers le G8, la diplomatie s’est  illustrée au niveau bilatéral quelques mois plus tard avec les accords  inter-malgaches suite à un contentieux électoral entre le président  Didier Ratsiraka et son rival  Marc Ravalomana. L’affaire est un  véritable coup diplomatique du président Abdoulaye Wade, qui est  intervenu après deux échecs de médiation de l’Ua. Les deux protagonistes  malgaches, qui sont venus à parler de paix à Dakar, ont fini par  trouver un accord pour un gouvernement de réconciliation nationale pour  une transition démocratique de six mois. Le Sénégal s’est aussi illustré lors de la crise politique ivoirienne  qui, vite, fait fractionner le pays en deux entités : l’une contrôlée  par le gouvernement légitime de Laurent Gbagbo et l’autre par une  rébellion venue du Nord.  Le gouvernement sénégalais a joué un rôle prépondérant avec le ministre  des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio, qui est monté à la ligne  de front dès les premières escarmouches pour obtenir un cessez-le-feu  pour favoriser la médiation de la Cedeao. Le 17 octobre 2002, un accord  été signé par des représentants des mutins au lycée français de Bouaké à  l’issue d’une rencontre d’une heure et demie avec en plus de Cheikh  Tidiane Gadio, Mohamed Ibn Chambas secrétaire exécutif de la Communauté  économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le général malien  Cheick Oumar Diarra chargé à la Cedeao des questions politiques, de  défense et de sécurité. Un cessez-le-feu qui, de Lomé à Marcoussis,  donnera les accords de Ouagadougou actuellement mis en œuvre. Le 5 avril 2004,  la machine diplomatique sénégalaise monte encore au  créneau en Guinée-Bissau pour surtout rassurer les populations civiles  qui fuient la capitale suite  à une rumeur de guerre civile  qui sème la  panique.  Le président de transition Henrique Rosa avait  du mal à convaincre les  civils de rester dans ce pays où le moins que le puisse dire est qu’il  dispose d’un armée de guérilleros indisciplinés et à la gâchette facile.   Un évènement marquant de l’alternance au plan diplomatique a été aussi  le deuxième sommet de l’Oci qui s’est tenu à Dakar, contribuant à donner  à Dakar un nouveau visage par des infrastructures notamment routières  et hôtelières. Cette XIe session de la Conférence au sommet de  l’Organisation s’est tenue à Dakar du 7 au 14 mars 2008 sur le thème &laquo;&nbsp;La  Oummah islamique dans le XXIe siècle&nbsp;&raquo;, a surtout permis de signer  l’accord paix entre le Tchad et le Soudan. Les présidents tchadien Idriss Deby Itno et soudanais Omar Hassan  el-Béchir ont signé le 13 mars dans la soirée, à Dakar, un accord visant  à mettre définitivement fin aux différends qui opposent les deux pays  voisins et rétablir la paix et la sécurité dans la sous-région. Les deux  chefs d’Etat se sont engagés solennellement à interdire toutes  activités de groupes armés et à empêcher l’utilisation de leurs  territoires respectifs pour la déstabilisation de l’un et l’autre Etat. Le fait marquant de cet accord a été la mise en place d’un groupe de  contact chargé du suivi, de la mise en œuvre de « bonne foi » du présent  accord et du monitoring de ses violations éventuelles. Un groupe de  contact constitué des ministres des Affaires étrangères de la Libye, de  la République du Congo, du Sénégal, du Gabon et de l’Erythrée chargé  d’évaluer l’avancement de l’accord.  La récente visite du président Idris Déby au Soudan et la demande de fin  de mission de la Minurcat entrent dans l’aboutissement logique de  l’accord de Dakar.  Près de nous, l’accord-cadre qui a permis de ramener la paix en  Mauritanie qui avait connu une révolution de palais avec le coup d’Etat  du général Mohamed Ould Abdel Aziz, chef d’état-major particulier contre  le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Réunis sous l’égide du  président Abdoulaye Wade, les représentants des trois pôles de la crise  ont adopté un accord pour un retour à l’ordre constitutionnel.  Le document stipule, entre autre, le report de l’élection  présidentielle, la formation d’un gouvernement transitoire d’union  nationale et la formation d’une Commission électorale nationale  indépendante (Ceni).  Le peuple mauritanien ne s’y est pas trompé accordant un accueil  triomphal au président Wade aussi bien lors de la cérémonie de signature  de l’accord entre les différents protagonistes en juin 2009 que lors de  l’entrée en fonction du président élu Mohamed Ould Abdel Aziz deux mois  plus tard au mois d’août La diplomatie sous l’alternance a presque doublé le nombre des  représentations sénégalaises à travers le monde et fait  évoluer et  aboutir plusieurs dossiers allant de la crise du Proche-Orient, au  nucléaire en Iran, en passant par le rapprochement entre la Libye et les  occidentaux.</p><p><strong> Alassane DIAWARA</strong></p><p><strong> III &#8211; L’économie tient la barre</strong> <strong> COMPÉTITIVITÉ DES ENTREPRISES SÉNÉGALAISES  Les réformes structurelles relancent la machine</strong></p><p>#Avec un Pib par habitant évalué à 1600 dollars, le  Sénégal a longtemps connu des taux de croissance parmi les plus élevés  de la zone Uemoa, souligne le rapport annuel 2008 du Pnud. Mais si  l’économie sénégalaise en est arrivé là, c’est surtout parce que le pays  a pu, pendant des décennies, initier des réformes qui ont, d’une  manière ou d’une autre, porté leurs fruits en relançant l’économie.</p><p>Après les différentes politiques économiques mises en  œuvre au début des années 1970-1980 et qui avaient essentiellement pour  but de favoriser les investissements dans les secteurs primaire et  secondaire, notamment le Plan de stabilisation des finances mis en place  avec le concours de la Banque mondiale suivi de celui dit de  redressement économique et financier (Pref) instauré de 1979 à 1985, le  Sénégal a vecu des réformes structurelles venues s’ajouter aux fameux  programmes d’ajustement structurels de 1980 à 1992. Celles-ci ont permis  de jeter les bases de la libéralisation de l’économie  sénégalaise. Cependant la plupart de ces politiques de libéralisation de  l’économie nationale, qui étaient pour la plupart imposées de  l’extérieur, se sont soldées par des échecs cuisants et elles ont  appauvri la majeure partie des populations sénégalaises. Jusqu’à la la  dévaluation du franc Cfa de janvier 1994 qui, malgré ses conséquences  dramatiques au plan social, a relancé le secteur du tourisme, les  industries agroalimentaires, chimiques et textiles, la pêche et  l’horticulture, contribuant ) relever le taux de croissance économique.  L’avènement de l’alternance en l’an 2000, a été une occasion pour les  autorités de prendre un certain nombre de mesures pour attirer les  investissements étrangers et stimuler la croissance. A cet effet, tout  un dispositif institutionnel avait été mis en place pour sortir le  Sénégal de la pauvreté et assurer les bases de son développement  économique et social. C’est dans cette optique qu’ont été entreprises  des réformes structurelles hardies permettant ainsi d’obtenir un taux de  croissance 5, 5 % en 2000 par rapport à celui de 1999, estimée à 5, 1  %. L’adoption du Document de stratégie de réduction de la pauvreté  (Dsrp) et la mise en place de la Stratégie de croissance accélérée  (Sca), conçus pour réduire la pauvreté et améliorer la croissance  économique, sont désormais devenus des cadres de référence  devant inspirer toutes les politiques de développement du Sénégal dans  les années à venir.</p><p><strong>Des résultats significatifs</strong></p><p>La poursuite des réformes structurelles et macroéconomiques a conduit à  une relative maîtrise de l’inflation et rendu compétitifs les principaux  secteurs de l’économie nationale avec une progression du taux de  croissance qui est allé au-delà de 5 % de 2000 jusqu’en 2007 avant de  chuter en 2008 à moins de 3 % du fait des effets de la crise financière  internationale. Pour l’année 2010, le Fmi prévoit un taux de croissance  économique qui devrait se situer à 3,4 %. Ainsi, grâce à la réduction  des taux d’imposition, la simplification du système fiscal par  l’élargissement de l’assiette, l’amélioration des taux de recouvrement  en vue de baisser la pression fiscale et l’institution d’un impôt  synthétique pour les petites entreprises en vue d’ accroître la  fiscalisation du secteur informel, la mise en place d’un certain nombre  d’infrastructures et le développement des ressources humaines de  qualité, des résultats significatifs ont été enregistrés par les  nouvelles autorités en termes de compétitivité. C’est dans ce cadre que seront poursuivis les projets et programmes de  développement économique, dont la Goana, le Plan Reva, la Grande  muraille verte, le Programme d’insémination artificielle. Le secteur  secondaire n’a pas été en reste, le gouvernement ayant décidé de  « booster » l’industrie par une amélioration de la productivité et de la  compétitivité des entreprises, à travers notamment une réduction des  coûts des facteurs, en particulier l’énergie qui constitue un maillon  important dans la réalisation des objectifs de croissance, selon un  document du ministère de l’Economie et des Finances, publié en octobre  2009 par la Dpee. Ainsi, le secteur secondaire devrait croître de 4,3 %  en 2010 après le repli de 0,5 % enregistré en 2009.  S’agissant du  secteur tertiaire, il devrait croître de 4,4 % en 2010 contre 1,9 % en  2009, sous l’impulsion notamment des activités commerciales et des  activités de « transports et de postes et télécommunications » qui  devraient respectivement progresser de 4,5% et 6,2%, indique-t-on. Pour le cas du secteur tertiaire, le gouvernement sénégalais est en  train de poursuivre ses efforts pour le développement des différents  sous-secteurs, dont les télécommunications, les transports, le commerce  et le tourisme, par la mise en place de politiques et de stratégies  adéquates. Il s’agit d’ouvrir le marché des télécommunications à la  concurrence, de poursuivre le programme de construction, d’entretien et  de réhabilitation des infrastructures (routières, portuaires,  ferroviaires et aéroportuaires) et de rendre compétitifs sur les marchés  extérieurs les produits locaux. Au chapitre des recouvrements des  recettes budgétaires, ils sont arrêtés pour l’année 2010 à 1269, 0  milliards contre 1202 milliards en 2009. Quant aux recettes fiscales  attendues pour l’année 2010, elles devraient s’élever à 1226,3 milliards  contre 1172,0 milliards arrêtés dans la Loi de finances rectificative  de 2009, soit une hausse de 4,7%. Ainsi, la pression fiscale  s’établirait à 18,8% du Pib, soit au dessus du plancher communautaire de  17%. Pour ce qui est des dépenses d’investissement sur ressources  extérieures, elles s’établiraient à 273, 3 milliards en 2010 contre 247  milliards en 2009, soit une amélioration de 26,4 milliards. Le Sénégal  entend également poursuivre la politique de dynamisation du marché  financier régional à travers l’émission de titres publics. Ainsi, le  recours aux ressources extérieures nettes est projeté à 237,2 milliards  en 2010 contre 263,1 milliards en 2009.</p><p><strong> ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES : Les axes d’un retour d’investissements  massifs</strong></p><p>Auparavant, le Sénégal pouvait miser sur sa simple  position géographique très favorable pour attirer les investisseurs.  Mais au fil du temps, l’environnement des affaires est devenu très  hostile face à des contraintes liées aux normes internationales. Ce qui  nécessitait plus d’imagination afin de rendre le Sénégal plus attractif  pour les investisseurs. Et cela les autorités de l’alternance l’ont sans  doute bien compris pour avoir mis en place dès leur arrivée au pouvoir  les structures nécessaires. Grands travaux &#8211; promotion de l’investissement &#8211; Environnement des  affaires, ce sont là sans doute des mots auxquels les sénégalais se sont  bien familiarisés ces dernières années qui ont marqué l’avènement de  l’alternance au Sénégal. En effet, depuis l’année 2000 et l’arrivée au  pouvoir du Président libéral, Me Abdoulaye Wade, d’importantes réformes  structurelles ont modifié le paysage économique du pays. La création  dans la même année de l’alternance de l’Agence nationale chargée de la  promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix) a été sans  doute déterminante dans la stratégie de promotion des investissements.  Et dans la perspective de créer un environnement favorable aux affaires,  un guichet unique a été mis en place dans la même année, même si cette  structure n’a été véritablement opérationnelle que plusieurs années plus  tard. Mais aujourd’hui, le guichet unique fait partie des facilités qui  ont permis de réduire considérablement les lenteurs dans la mise en  place des entreprises. Un nouveau code des investissements instauré en  2004 a également permis des exonérations douanières et fiscales dans un  certain nombre de secteurs. Depuis janvier 2005, les autorités  sénégalaises ont même lancé la stratégie de croissance accélérée (SCA),  mise en œuvre en 2007. Avec comme objectif d’atteindre une croissance  soutenue de 7 à 8 % afin de faire du Sénégal un pays émergent à  l’horizon 2015. C’est un véritable défi qui a été lancé à travers cette  stratégie par les autorités de l’alternance puisqu’il s’agit pour le  régime libéral de transformer considérablement l’environnement des  affaires qui était alors très pesant, en un environnement des affaires  de classe internationale (EACI). Et pour y arriver, 5 grappes à fort  potentiel ont été identifiées autour desquelles il s’agit de bâtir de  véritables pôles de compétitivité. Ce sont notamment : agriculture et  agro-industrie, NTIC, Tourisme et produits dérivés, Textile et  confection, Industrie culturelle artisanat d’art , et Produits de la  mer. Les Grands Travaux et la promotion de l’investissement, ont été donc le  nouveau slogan fortement soutenu par le Chef de l’Etat, Me Abdoualye  Wade, à travers le Conseil présidentiel de l‘investissement (CPI) et sur  lesquels il fallait bâtir une vision forte et des stratégies adaptées  pour atteindre un taux de croissance soutenu d’au moins 8 % à l’horizon  2015. Et petit à petit, depuis 2000, le Sénégal a réalisé des progrès  reconnus par tous les acteurs économiques dans l’amélioration de son  environnement des affaires. Cela lui a d’ailleurs valu de figurer en  bonne place sur la liste des réformateurs établie par le rapport Doing  Business 2009 de la Banque mondiale. Ces progrès sont aujourd’hui bien  suivis par le conseil présidentiel de l’investissement qui s’évertue  chaque jour à donner les orientations nécessaire afin de maintenir le  cap sur les objectifs. De grands travaux routiers ont également été  engagés et achevés par le régime de l’alternance. On peut notamment  souligner la route du Sud, la boucle du Blouf, la route Linguère &#8211;  Matam, etc. L’autoroute à péage dont une partie a été réalisée à travers  un partenariat innovant public -privé vise à mettre le Sénégal sur la  voie de l’émergence économique.</p><p><strong> Adama MBODJ</strong></p><p><strong> </strong></p><h3><strong>INFRASTRUCTURES, MINES,  INDUSTRIES : Un choix stratégique affirmé</strong></h3><p><strong> </strong></p><p>Depuis 2000, le gouvernement du Sénégal a  considérablement misé sur les infrastructures. Ce qui change  considérablement le visage du pays. L’objectif étant d’offrir de  meilleures conditions de vie et de travail aux populations. Aujourd’hui,  dans presque tous les secteurs de l’économie nationale, une bonne place  est faite aux investissements dans les infrastructures. Des milliers de  milliards y sont investis.</p><p>Dans le cadre d’un gigantesque projet routier, beaucoup  d’infrastructures ont été réalisées au Sénégal depuis 2000. Dakar qui se  taille la part du lion a vu non seulement ces routes principales  réhabilitées, mais la construction d’une des plus belles corniches  d’Afrique, la poursuite de l’autoroute à péage Dakar Diamniadio et le  nouvel aéroport Blaise Diagne de Diass. Ce dernier joyau d’un coût 237  milliards de Francs Cfa sera délivré en 2011. L’on peut noter aussi la  réalisation du pont de Médina Ndiathbé, d’un coût de plus de 5 milliards  de Fcfa. Pour désenclaver la partie nord du pays, les autorités ont  misé sur la route Linguère-Matam. Pour ce qui est de la région naturelle  de Casamance, les autorités ont signé avec la Gambie un accord pour  construire un pont sur le fleuve Gambie. Il sera financé par la Bad.  Pour remplacer le bateau Joola, elles ont d’abord mis en circulation Le  Wilis puis Aline Sitoé Diatta. Au Sud-Est, à Tambacounda, le pont  Goloumbo est déjà réhabilité. D’autres routes stratégiques comme la  national 1 et plusieurs autres routes de l’intérieur du pays ont été  réhabilitée.  Ce développement des routes s’est accompagné par celui du parc  automobile avec la création de « Dakar Dem Dikk », le renouvellement des  taxis et des cars de transport en commun, grâce surtout à  l’implantation d’unités de montage de véhicules à Thiès. Lors d’un  sommet sur le transport organisé en Afrique du Sud, le Secrétariat du  Nepad a décerné un prix au président Wade pour les efforts soutenus  qu’il ne cesse de consentir depuis l’an 2000 dans la réalisation des  infrastructures routières. Le tourisme qui fait entrer annuellement dans  l’économie nationale 273 milliards Fcfa, 142 milliards de valeur  ajoutée et 41,6 milliards de recettes fiscales, est renforcé par la  construction en cours d’un hôtel avec un centre de formation à Joal  Finio, la réforme sur le foncier, l’extension des compétences de la  Sapco, etc. Dès son accession au pouvoir, Me Wade a demandé aux différents ministres  des Mines de « s’attacher à la mise en œuvre effective de  l’exploitation des mines de Sabodala ». A présent Sabodala a produit 241  lingots d’or. Ces mines ont une production moyenne estimée à 4,229  tonnes par an, pour les dix prochaines années. Elles permettent la  création de 430 emplois permanents. « Je pense qu’aujourd’hui la preuve  est faite que le Sénégal est entré dans la sphère des pays producteurs  d’or du monde », insistait le président lors de la présentation du  premier lingot. Par ailleurs, grâce à l’Union Européenne, le Programme  d’appui au secteur minier (Pasmi), dans sa composante « Appui à  l’orpaillage », souteint les orpailleurs traditionnels.  Le Sénégal a récemment signé un accord avec des partenaires étrangers  pour la production de verre à partir du sable extra siliceux, où la  production journalière ptentielle est estimée à 600 milles pièces par  jour. Outre la reprise des Ics, la production du phosphate aussi s’est  bien comportée avec la mise en œuvre de l’unité industrielle de  granulation de Matam. Dans ce secteur, les potentialités du Sénégal sont  estimées à 1 milliard de tonnes, ce qui le place dans le top 5 mondial  des producteurs.  Le secteur de l’énergie n’est pas en reste. Lors d’un conseil  interministériel sur la question, le Premier ministre Souleymane Ndéné  Ndiaye a rappelé que l’ensemble des projets réalisé ou en cours de  réalisation dans le secteur, entre 2000 et 2010, se chiffre à 720  milliards de nos francs. Il s’agit entre autres de l’électrification  rurale, de la construction de centrales ou du renouvellement d’autres  déjà existantes. En effet, grâce à une politique attractive mise en  œuvre par les autorités, beaucoup d’investissements privés ont été  réalisés depuis 2000. On peut citer, entres autres, les Ciments du  Sahel, l’extension de la Sococim, la construction de plusieurs  infrastructures hôtelières, etc. Résolument, pour les autorités les  infrastructures constituent un choix stratégique.</p><p><strong>Aly DIOUF</strong></p><p><strong> </strong></p><h3><strong>Un réseau routier de plus en  plus moderne</strong></h3><p><strong> </strong></p><p>Le gouvernement du Sénégal a toujours fait de la  construction de routes une sur-priorité. Cela explique en partie la  somme de 1640 milliards Fcfa investis de 2000 à aujourd’hui dans ce  domaine. On note ainsi un regain d’activités partout dans le pays  tendant à réhabiliter les anciennes routes ou d’en construire de  nouvelles autres.</p><p>Le 12 mars dernier à Richard-Toll, le ministre d’Etat,  ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du  territoire, des transports aériens et des Infrastructures procédait, en  compagnie du délégué de l’Union européenne au Sénégal Gille Hervio, au  lancement des travaux de réhabilitation de la route  Saint-Louis-Rosso-Richard-Toll. En plus d’assurer l’intégration globale  de toutes les villes de la région septentrionale du Sénégal, ce projet  routier financé à hauteur de 36 milliards par l’Union européenne à  travers le Sixième Fonds européen de développement (FED) va permettre le  renforcement de 127 km de route de liaison interurbaine. Il profitera  ainsi à l’axe RN2 allant de Saint-Louis à Richard-Toll, route de  Gandiol, bretelles de Rosso et aéroport de Saint-Louis.  Ce projet prévoit également la réhabilitation de 75 km de voie de  désenclavement ayant pour exutoire la RN2 à savoir Ngalelle-Maka, Toubé,  Colonat Gnitt et Richard-Toll-Mbane-Diaglé. Dans le même temps, il est  prévu dans ces travaux le renforcement et le traitement des surfaces de  16 km de voiries au niveau des traversées urbaines se trouvant entre les  deux grandes villes que sont Saint-Louis et Richard-Toll. Ces travaux  du Nord entrent dans le cadre du vaste chantier de réhabilitation du  réseau routier sénégalais entrepris, depuis quelques années, par le  gouvernement du Sénégal. En effet, avec l’avènement du régime de  l’Alternance, un intérêt particulier a été accordé à la construction  d’infrastructures routières. En terme de chiffres, Karim Wade a  également annoncé que ce sont 1640 milliards qui ont été investis par  l’Etat dans la construction de nouvelles routes ou leur réhabilitation  entre la période 2000-2010. En de ces dernières dix années, on a ainsi  assisté à une densification du réseau routier partout dans le pays.  Dans la partie Sud du pays, des travaux d’extension du réseau routier  ont été entrepris dans le but de désenclaver la nouvelle région de  Sédhiou. La réalisation de la Boucle du Boudhié allant de  Sédhiou-Bambaly-Jirédji-Marsassoum va donner un coup de fouet à la  culture de la banane, des légumes et à l’évacuation des pistes de  production. Cet axe routier qui mesure 179 km va être réalisé à hauteur  de 2,6 milliards Fcfa grâce au concours de la Banque africaine de  développement (Bad). Aussi, la route Ziguinchor- Cap Skiring, longue de  72 km et Ziguinchor Mpack (18 km) ont été refaites avec des ronds points  consolidés en béton afin de les rendre plus solides face à une  fréquentation intense.</p><p>Corridor Dakar-Bamako et intégration</p><p>Ce développement des infrastructures routières est noté  sur l’axe Mbirkilane-Tambacounda, long de 238 km et permettant de relier  la région centre de Kaolack à Tambacounda. Cette route réputée  dangereuse à cause de ses nombreux nids de poule et de son intense  fréquentation va bientôt connaître un nouveau visage. Dans la région  orientale, les vastes projets routiers concentrés entre Tambacounda et  Kédougou vont permettre de finaliser le corridor Dakar-Bamako long de  1659 km. Ce corridor qui dispose en ce moment de 806 km de bitume va  également permettre de réaliser l’intégration sous-région parce qu’il  pourra desservir à la fois à Conakry, en Guinée-Bissau, à Bamako et dans  le reste de la sous-région occidentale.  Ces projets routiers à l’intérieur s’ajoutent au programme de  modernisation du réseau routier à Dakar à travers notamment la  réhabilitation des routes telles la Voie de dégagement nord (Vdn), la  construction d’échangeurs de dernière génération dans les carrefours  Malick Sy, Patte D’oie et Pikine. Ce nouveau visage de la capitale  sénégalaise est articulé au vaste Programme d’Amélioration de la  mobilité urbaine (Pamu) et à l’opération « Zéro nid de poule », lancé en  décembre 2009 par le ministre d’Etat, ministre des Infrastructures,  Karim Wade.  Dans le but de désengorger Dakar de son trop plein de monde et de  véhicules, le projet d’Autoroute à péage a été entrepris par l’Etat en  collaboration avec ses partenaires au développement que sont l’Union  européenne et la Banque mondiale. Actuellement dans sa deuxième et  dernière phase, l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio va permettre  d’entrer ou de sortir de la capitale sénégalais en l’espace de 20  minutes. Les sénégalais n’auront plus que de vieux souvenirs des  embouteillages. « Le souci de moderniser le dispositif infrastructurel  s’illustre à travers la volonté de procéder au réseautage des axes  routiers, l’amélioration de la mobilité urbaine à Dakar et l’ouverture  des pistes de production et la réhabilitation des ponts », avait déclaré  le ministre d’Etat Karim Wade à l’occasion du lancement de l’Opération  « Zéro nid de poule » en banlieue en décembre 2009. Cette déclaration  qui démontre encore la ferme détermination des autorités à doter le pays  d’un réseau routier moderne, dense et durable.</p><p><strong>Maguette NDONG</strong></p><p><strong> </strong></p><h3><strong>MOUSTAPHA mamba guirassy, ministre  de la communication, porte-parole du Gouvernement : « Le régime de  l’Alternance n’a laissé en rade aucun pan de la vie économique, sociale  et culturelle »</strong></h3><p><strong> </strong></p><p>19 mars 2000-19 mars 2010 et c’est toujours : « Oui ! »  Après les Sénégalais qui, dans leur majorité, ont validé le projet de  gouvernance proposé par Me Abdoulaye Wade et ses alliés, le ministre de  la Communication, Porte-parole du Gouvernement, reste affirmatif sur la  prise en charge de la demande sociale. Moustapha Mamba Guirassy passe en  revue les différentes mesures destinées à offrir un meilleur pays aux  Sénégalais, dans les domaines de l’emploi, de l’habitat, du pouvoir  d’achat des ménages, de l’émigration clandestine, de la presse, etc. S’y  ajoutent des dispositions fermes pour la transparence et un cadre  macro-économique performant. Dix ans, c’est, pour M. Guirassy, le temps  de dire : « le Sénégal a la chance historique d’avoir un homme de cette  trempe à la tête de l’Etat, dans un contexte marqué par la perte des  repères sur tous les plans ». Exemples à l’appui.</p><p><strong> Monsieur le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement,  l’Alternance fête ses dix ans. Pouvez-vous nous dresser un bulletin de  santé du Sénégal aux plans économique, social, politique, sportif et  culturel ?</strong></p><p>Permettez-moi tout d’abord de rendre grâce à Dieu de  nous avoir donné la chance d’être là pour fêter les dix ans de  l’Alternance. Dix ans au cours desquels, le Sénégal, notre pays, s’est  repositionné de façon visible et durable sur le plan international à  travers les initiatives salutaires du président Wade qui ne rate jamais  une occasion pour affirmer la position du Sénégal et de l’Afrique sur  toutes les questions qui agitent le monde. Il n’est un secret pour  personne, que le Sénégal est non seulement respecté et considéré sur le  plan diplomatique, mais notre pays est surtout consulté et écouté sur  toutes les questions de l’heure, qu’il s’agisse du système des Nations  Unies, des questions africaines ou celles liées  à la sous-région. Ne  serait-ce que pour ces raisons, les Sénégalais devraient être fiers, non  seulement de leur Président, qui est un chef d’Etat visionnaire, mais  aussi de leur diplomatie qui en est une véritablement offensive,  orientée vers la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique et dans le  monde. Vous savez bien le rôle que notre pays est en train de jouer  pour que l’Afrique soit présente au Conseil de Sécurité des Nations  Unies. Le combat pionnier, singulier, que le Président Wade est en train  de mener, pour que justice soit rendue à notre continent aux Nations  Unies, est en train de trouver une  oreille attentive à travers le  monde.  Je n’évoquerai pas les efforts du Sénégal pour asseoir une paix  durable dans notre sous-région, et qui se sont traduits à travers les  initiatives de paix en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, en Guinée-Bissau et  en République de Guinée et tout récemment au Niger. Je ne vous parlerai  pas du rôle joué par le Président Wade et la diplomatie sénégalaise  dans le retour à une vie institutionnelle normale à Madagascar, ni des  initiatives entreprises au Zimbabwe pour la stabilité dans ce pays. Vous  savez également le rôle discret, mais efficace, que joue le Sénégal  pour le retour de la paix au Proche-Orient, et surtout pour la  sauvegarde des intérêts inaliénables du peuple palestinien.</p><p><strong>Au plan économique et social,  comment appréciez-vous, Monsieur le ministre, les réponses du Sénégal  aux chocs exogènes ?</strong></p><p>Au plan économique, le Sénégal a, malgré la crise  internationale et le renchérissement exponentiel du prix du pétrole,  réussi à maintenir ses grands équilibres macro-économiques. Rares sont  aujourd’hui les pays, non pétroliers et non producteurs de matières  premières stratégiques, qui peuvent se targuer de résister de façon  aussi courageuse et aussi déterminée à ces deux phénomènes. Si le  Sénégal l’a réussi, c’est certes grâce à la vision du Président Wade qui  a su prendre, de façon pertinente et opportune, les mesures qui  s’imposent, mais aussi grâce à l’engagement, à la détermination et à  l’esprit de solidarité du peuple sénégalais. Il va de soi que si vous  arrivez à soulager les populations par une modération, une modulation et  une atténuation des prix des denrées de première nécessité et une  politique volontariste de subvention sans rompre les équilibres  macro-économiques sur lesquels repose la stabilité du pays, vous créez  les conditions d’une véritable prise en main de la demande sociale.  C’est en fait cela qui a permis de poursuivre et de renforcer les  investissements dans tous les secteurs, qu’il s’agisse des  infrastructures, du renforcement de la carte scolaire par la réalisation  de lycées et de collèges en particulier, la création d’Universités et  de centres universitaires régionaux, le renforcement du tissu sanitaire  avec la création de nouvelles infrastructures et la prises en charge des  catégories fragiles, telles que les femmes enceintes, les enfants, les  personnes du troisième âge et les personnes porteuses du VIH/Sida, avec  des initiatives aussi hardies que la gratuité des consultations  prénatales, les césariennes, le plan sésame et la prise en charge  gratuite des séropositifs. Il a donc fallu des sacrifices  extraordinaires de l’Etat pour répondre à cette forte demande sociale. La réponse du Gouvernement aux attentes dans d’autres secteurs, tels que  la culture et le sport, obéit au même souci de créer les conditions  d’un épanouissement physique et moral des Sénégalais. Le programme de  construction de stades omnisports dans toutes les régions et de mise en  place d’infrastructures culturelles aux cotés des vastes chantiers  culturels que sont, entre autres, le Théâtre National, le Monument de la  Renaissance Africaine, etc.  répondent à cette même logique. C’est vous  dire que le régime de l’Alternance n’a laissé en rade aucun pan de la  vie économique, sociale et culturelle du pays, comme en témoignent, au  demeurant, les multiples chantiers qui naissent tous les jours et qui  viennent renforcer ceux réalisés sur les routes, les aéroports et les  ports du Sénégal.</p><p><strong>Me Wade, un libéral à forte  conviction sociale, a-t-il réussi à formuler des réponses efficientes à  la demande sociale qui a eu raison de 40 ans de régime socialiste,  notamment en matière d’éducation, de santé, d’emploi et d’agriculture ?</strong></p><p>Il m’a semblé avoir répondu en partie à cette question.  Je pense d’ailleurs que tous les Sénégalais de bonne foi partagent ma  conviction que le Président Wade qui, dans sa vision stratégique, a  inventé le nouveau concept de libéralisme social, a bien traduit, de  façon concrète et pertinente, cette nouvelle philosophie de pensée et  d’action. Je vous ai énuméré, sans être exhaustif, les multiples  réalisations qui participent toutes à la réponse de la demande sociale.  Comme vous le savez, le Sénégal a la chance historique d’avoir un homme  de cette trempe à la tête de l’Etat, dans un contexte marqué par la  perte des repères sur tous les plans. La mondialisation, du fait des  nouveaux rapports qu’elle induit, des ruptures qu’elle engendre, des  remises en cause qu’elle provoque, ne peut être portée, du point de vue  de la réflexion et de l’action, que par des hommes comme Me Wade, des  hommes capables d’apporter des réponses alternatives pertinentes aux  idées souvent imposées par les grandes puissances ou les organisations  financières internationales. Ne serait-ce que par cette posture, le  Président Wade aura assurément rendu service au Sénégal, à l’Afrique et  au reste du monde. Sans entrer dans les détails et pour ne parler que  des 40 % du budget consacrés à l’Education, citons par exemple la Case  des Tout Petits, un concept adopté aujourd’hui par l’UNESCO, les bourses  et aides aux étudiants, le renforcement du tissu scolaire et  universitaire, les 10 % alloués à la santé, l’augmentation substantielle  du budget des structures de santé, les augmentations successives des  salaires des fonctionnaires et des autres catégories professionnelles,  les initiatives en direction des jeunes à travers le FNPJ, l’ADPME, le  plan REVA, la GOANA, etc. Dans le secteur agricole, par exemple, des avancées notables ont été  enregistrées ces dix dernières années tant en matière de production, de  productivité qu’en matière de diversification des produits agricoles.  Aujourd’hui, on ne parle plus de monoculture de l’arachide, on ne colle  plus au Sénégal l’étiquette d’un pays typée arachide. Le Sénégal s’est  libéré ainsi du fardeau imposé aux paysans par une pratique coloniale  qui avait spécialisé nos pays dans un seul produit, en les maintenant  sous le joug des produits importés. C’est en cela que le Président Wade  provoque une rupture avec un ordre colonial préétabli en créant les  conditions d’une diversification de l’agriculture sénégalaise avec,  innovation majeure, l’introduction aux côtés des cultures vivrières, des  cultures comme le jatropha qui entrent parfaitement dans le  renforcement de notre indépendance énergétique.</p><p><strong>Après les railleries sur les  « éléphants blancs », les infrastructures sont saluées comme des œuvres  d’art sur Dakar et à l’intérieur du pays. Selon vous, ces ouvrages  ont-ils l’impact positif escompté sur les secteurs de la productivité ?</strong></p><p>Ceux qui, au départ, formatés aux politiques  d’ajustement structurels, pensaient qu’il n’était pas possible  d’envisager une politique de construction des infrastructures, ont sans  doute été les premiers à être surpris par la façon dont Dakar et le  reste du pays sont en train d’être transformés. Sur ce plan, le  Président Wade aura fait preuve d’audace et de générosité, en posant la  question des infrastructures comme une exigence de tout premier plan  dans la politique de développement du Sénégal et dans le processus  d’intégration de notre pays dans l’espace sous-régional et africain.  C’est en vérité sur ce chapitre que l’on découvre la forte personnalité  du Président Wade et la dimension panafricaniste de son œuvre. En  initiant des projets structurants dans les transports, les  télécommunications, les projets communs, comme la Grande Muraille Verte,  le Président Wade positionne le Sénégal dans une perspective  d’intégration africaine. Comme vous l’imaginez, la politique de  désenclavement du Sénégal dans l’entité régionale est en train d’être  parachevée par le ministre d’Etat, Karim Wade, avec la finalisation des  corridors sur les différents axes frontaliers. Les produits sénégalais  pourront désormais atteindre tous les marchés africains par la route, en  attendant la remise définitive en état du chemin de fer à grand  écartement.    La facture sociale, avec la crise alimentaire, le chômage, les  inondations, l’émigration clandestine notamment, reste assez  préoccupante dans certains milieux. Pensez-vous que, pour les années à  venir, l’Alternance puisse encore formuler des solutions efficaces pour  justifier une reconduction du candidat de la majorité ? Au regard des importants efforts consentis par l’Etat, en vue de  résorber le chômage et l’émigration clandestine par le recrutement ;  l’accès au foncier et la création de nouveaux emplois ; de mettre en  place un cadre de travail approprié pour les marchands ambulants ; de  permettre aux ménages de maintenir leur pouvoir d’achat et surtout, avec  les initiatives comme le Plan Jaxaay qui, en attendant sa deuxième  phase, a déjà permis de construire et de livrer 1900 logements au prix  subventionné de 4 millions de FCFA, je peux affirmer que la question de  la demande sociale est prise à bras le corps par le Gouvernement de  l’Alternance. Les initiatives, dans ce cadre, se poursuivent avec des  programmes de logements pour les fonctionnaires et les émigrés. Je suis  convaincu que, conscients de l’apport décisive du Président Wade dans la  prise en charge des questions les concernant directement, les  Sénégalaises et les Sénégalais lui accorderont, sans ambages, leurs  suffrages en 2012. Au plan économique, le Sénégal a traversé des moments difficiles.  Quelles sont, selon vous, aussi bien dans le leadership que dans les  choix de gouvernance, les vertus qui ont permis à ce pays de tenir et de  bénéficier de la confiance des bailleurs ? Aucun pays n’a été épargné par les récentes crises. A fortiori le  Sénégal qui ne possède quasiment pas de richesses naturelles comme le  pétrole ou l’uranium. Mais notre grande richesse, ce sont nos ressources  humaines. Grâce à la hardiesse, au réalisme et à l’intelligence de nos  options économiques et politiques, nous avons pu bénéficier de la  confiance de nos partenaires.</p><p><strong>La transparence, à travers les  audits, exprime-t-elle une réelle volonté de Me Wade d’ériger la bonne  gouvernance en règle ?</strong></p><p>Le Président Wade a, dès son accession au pouvoir,  manifesté la ferme volonté de faire de la bonne gouvernance, autrement  dit, de la transparence, de la participation et de l’obligation de  rendre compte, un principe de vie, voire un réflexe chez ses  concitoyens. Les audits, l’exploitation objective de leurs résultats et  les mesures appropriées prises sur la base de ces mêmes résultats  montrent bien qu’au Sénégal il y a, depuis l’Alternance, un changement  radical de paradigme en matière de Gouvernance.</p><p><strong>Existe-t-il trop de « scandales »  financiers sous l’Alternance ou est-ce parce que le Sénégal se  débarrasse du « tout politique » pour entrer dans l’ère du « tout pour  le citoyen et la République » ?</strong></p><p>S’il existe « trop » de scandales comme vous dites,  c’est parce que le style de gouvernance permet de les découvrir. Il n’y a  plus de cloisonnement, plus d’hermétisme comme du temps de l’ancien  régime&#8230; Je ne crois pas qu’il y ait plus de détournements et de  malversation depuis l’Alternance. Il y en a peut-être même moins. La  différence, c’est que maintenant, l’Etat s’est donné plus de moyens pour  les débusquer et les sanctionner. C’est l’ouverture et la transparence  qui permettent cela.  Il ne s’agit plus de protéger qui que ce soit.  Nous devons en être fiers.</p><p><strong>La communication, sous  l’Alternance, a connu des hauts et des bas. Se dirige-t-on, enfin, vers  un espace médiatique apaisé et fédéré par la nécessité objective  d’installer l’excellence, même si ce secteur continuera de bruire de ses  accords et désaccords ?</strong></p><p>Les organes privés d’information servent des intérêts  dans le prolongement desquels se trouve celui de la Nation. C’est dans  ce cadre que les médias privés représentent un trait d’union entre  l’Etat et les populations. La réorganisation du secteur de la presse  vise, d’une part, à asseoir une « Politique de Communication  Gouvernementale Ordonnée, Complète et Régulière » et, d’autre  part, à   créer des relations de confiance avec l’ensemble des médiats, basées sur  le diptyque : Liberté et Responsabilité.   Le processus de réforme de l’environnement des médias a été engagé sur  le plan opérationnel à travers la mise sur pied de la commission  préparatoire chargée de définir une  position uniforme et concertée. Il  s’agira d’harmoniser les positions et de veiller à avoir un point de vue  consensuel et clair sur les points suivants : le cadre juridique des  médias (accès à l’information, statut professionnel, régime juridique  des entreprises des médias, instances de régulation et  d’autorégulation) ; l’environnement économique (appui et financement du  secteur public et du secteur privé, mutualisation des ressources de la  plate-forme régulatrice, conditions de rémunération et de prise de  participation des professionnels des médias dans la structure du capital  des entreprises médias) ; les aspects professionnels  (formation et  identité des professionnels des médias, conditions d’agrément et  d’accréditation des opérateurs et de leurs personnels). La nécessité d’un nouveau code de la Presse au Sénégal s’avère  nécessaire et urgente. Ce code s’inscrit en droite ligne des directives  de Monsieur le Président de la République visant à dépénaliser les  délits de presse et à mettre les journalistes dans les conditions  idoines d’exercice de leur métier en toute liberté, mais aussi en toute  responsabilité.</p><p><strong>2012, est le nouvel horizon. Quel  rôle doit jouer la communication gouvernementale ? Propagande comme l’en  accusent certains, attentisme, comme estiment d’autres ou unité  d’analyse et d’alerte ?</strong></p><p>La Communication reste très mal comprise par une large  frange de professionnels. Elle est constamment réduite à l’information.  La fourniture d’information reste une réalité trop vaste et complexe.  Dans la kyrielle des acceptions de la communication qui a engendré tout  un secteur d’activité qui constitue ce qu’on appelle le « 4ème  pouvoir », il y a certes en filigrane, et de façon intrinsèque, le mot  information, car on ne peut parler de communication sans information.  Mais communiquer, c’est aussi se comprendre, parler le même langage, et  mieux, avoir les mêmes attributs sociaux. Regarder l’ampleur du champ dès lors que nous disons que la  communication est un acte, un moyen qui permet de transférer, de  ventiler, de relayer, de véhiculer l’information qui reste ici un  produit. Si l’information est un produit, une ressource vitale pour  l’humanité, si l’information prime, car nous, communicateurs, disons :  « au commencement était l’information », la communication, quant à elle,  est un acte, mais un acte sociétal, c’est-à-dire qui s’effectue au sein  de la société, dans un environnement où l’espace et le temps revêtent  une dimension capitale dans l’accès à l’information.  Vous voyez bien que ce n’est pas en l’espace d’une communication que  nous allons faire toucher du doigt les ruptures envisagées. Alors faire  voir le champ à investir. Nous avons choisi de ne pas évoluer de façon  isolée et cloisonnée, mais intégrée. La communication reste un domaine  où il n’y a pas de certitude. Que de pistes à explorer ! Par exemple, notre interrogation sur la  formation reste qu’en cette période d’avènement des TIC, le département  des Sciences et Techniques de l’information et de la Communication doit  apparaître comme une illustration  d’intégration des systèmes  d’information, car journaliste, relationniste, documentaliste et autres  professionnels de la communication doivent, pour ainsi dire, être formés  dans le même moule&#8230; C’est par rapport à tout cela que, sous l’orientation de Monsieur le  président de la République, le Gouvernement a entrepris de définir et  d’orienter ses programmes de développement sectoriel et national, en  concertation étroite avec toutes les parties concernées. Par ailleurs,  les acteurs de la société de communication proviennent d’origine et de  catégories socioprofessionnelles aussi différentes que variées : les  décideurs institutionnels publics ou privés, les groupes organisés du  monde du travail, des secteurs sociaux, culturels, économiques, les  dépositaires des cultes traditionnels, les agences et ONG de  développement, les organisations communautaires de base, agents de  développement, producteurs, etc.</p><p><strong> Autour de quels autres axes s’articule, aujourd’hui, la démarche du chef  de l’Etat dans ce domaine ?</strong></p><p>La démarche de M. le Président de la République, au  niveau de la communication gouvernementale, est aujourd’hui autour de la  consolidation de cette société de communication en émergence pour que  se forme, dans notre pays, une opinion publique plus informée,  consciente et imprégnée des valeurs démocratiques et des diverses formes  de libertés. Dans le domaine de la communication gouvernementale, le  Ministère travaille avec la presse nationale et internationale, les  partenaires sociaux, les instances ou mécanismes de régulation et  d’autorégulation.</p><p>Le champ investi reste tout de même immense. L’on peut  noter la pluralité des lignes éditoriales dans le paysage médiatique  sénégalais. Dans ce contexte, et en application de la politique de  l’Etat, je travaille à la création d’un environnement propre à améliorer  la visibilité et la lisibilité de l’action publique ; normaliser de  façon consensuelle l’information et la communication par la création  d’un environnement juridique, législatif, institutionnel et fiscal  adéquats ; répondre aux besoins d’information et de communication de  l’ensemble des segments de la communauté nationale ; démocratiser  l’accès à l’information et à la communication ; favoriser la mise en  place de systèmes d’information, de veille informationnelle ainsi que  des voies de retour de l’information ; favoriser l’expression libre de  toutes les couches sociales.  En parlant de communication, je ne voudrais pas me limiter à la presse.  Les moyens de communication de masse se multiplient et se développent à  une vitesse vertigineuse : grâce à une qualité de réseau téléphonique en  constante amélioration, la communication interpersonnelle connaît un  fulgurant essor. La messagerie électronique et tous les dérivés des TIC  facilitent les échanges et les accès au savoir et au savoir-faire. Avec  un parc de plus d’un million de lignes téléphoniques fixes et autant en  téléphones mobiles, le Sénégal, notre pays, fait partie des figures de  proue dans le domaine des télécommunications, et signe ainsi son entrée  dans l’ère moderne de la communication globale. Jusqu’au milieu des années 90, c’est-à-dire, plus de 30 ans après  l’indépendance, l’essentiel des moyens de communication de masse et des  réseaux de télécommunications, étaient aux mains de l’Etat. Depuis 2000,  il en est autrement. L’émergence de nouveaux outils de communication  entièrement sous contrôle privé, l’arrivée sur le marché d’opérateurs  privés dans les divers réseaux de messagerie électronique, ont libéré de  nouveaux espaces d’expression et de liberté. Cette explosion de la  communication a réveillé les consciences, suscité des initiatives et  impulsé des énergies longtemps endormies. Dans un tel contexte, l’Etat du Sénégal a érigé la concertation comme  mode d’emploi et le Gouvernement en fait une priorité dans son programme  de travail.</p><p><strong>Dites-nous en un peu plus sur la  communication  gouvernementale&#8230;Dans le domaine plus précis de la communication  gouvernementale. Faut-il comprendre que son champ reste limité à celui  des ministères et des structures gouvernementales ?</strong></p><p>Vous voyez bien la pluralité d’acteurs qui intervient  dans l’analyse et la fourniture de l’information gouvernementale. Mais  il est aussi bon de savoir que, dans son contenu, la communication  gouvernementale comprend la documentation, le journalisme et les  relations publiques.  Loin de l’approche propagandiste comme certains nous en accusent, à tort  d’ailleurs, loin de l’attentisme, il nous fallait travailler au-delà de  nos personnes pour la postérité, pour l’histoire. Le Sénégal, pour la  première fois de son histoire, depuis son indépendance, vient d’en  connaître une démarche élaborée et construite. L’histoire a voulu que ce  soit sous la magistrature du Président de la République, maître  Abdoulaye Wade. Loin de toutes ces accusations, la communication c’est tout ce sentier  ouvert et qui connaîtra bientôt une mise en œuvre réelle sous  l’impulsion de Monsieur le Premier Ministre avec le Conseil  Interministériel prévue la semaine prochaine sur la question.   Rien qu’avec les Technologies de l’Information et de la Communication,  le Gouvernement va travailler à l’intérieur du dispositif informatique  de l’Etat. Les ministères vont utiliser de plus en plus utiliser les  supports conçus et disponibles à l’ADIE (le e-gouvernement &#8211; la  messagerie électronique &#8211; la téléphonie IP &#8211; e-liane &#8211; la formation des  acteurs sur les postes de travail &#8211; la SAFI (e-citoyen) &#8211; la  viséoconférence &#8211; la téléphonie avec écran). Les ministères, en  utilisant les systèmes d’information et de communication, ne peuvent  plus évoluer de façon isolée et cloisonnée, mais intégrée. C’est tout  cela le champ de travail sur la communication gouvernementale.</p><p>Vous êtes le leader d’une région où la demande sociale  est forte et où il faut fédérer les forces.</p><p><strong>Quelle sera la formule « Guirassy »  pour être un relais efficace à l’œuvre de Me Wade en vue de la  présidentielle 2012 ?</strong></p><p>Les réalisations du Président, dans la région,  constitueront mon viatique : infrastructures routières de dernière  génération entre Dakar-Tamba, Kedougou-Bamako, le développement de  l’industrie minière, le taux de scolarisation, les infrastructures  sanitaires, l’érection de Kédougou en région, etc.  M’inspirant par  ailleurs de la mésaventure de notre parti aux dernières élections  locales, je compte privilégier la cohésion et l’intelligence d’équipe.  Parce que,  pour gagner, il faut être un bon leader politique, et pour  cela, il faut être capable de rassembler et non pas avoir la volonté de  diviser. Un leader, comme nous l’enseigne le Président Wade, c’est  quelqu’un qui s’ouvre, pas quelqu’un qui vit en vase clos. Il refuse le  sectarisme pour  pratiquer la tolérance. Cet état d’esprit nous a  gravement fait défaut aux locales passées. Toujours dans la logique de  rassembler, il s’agira aussi de s’intéresser à tous ceux qui trouvent  que la politique est avilissante et c’est une frange importante de la  population sénégalaise ; car disent-ils, un vrai intellectuel ou  « quelqu’un de propre » ne milite pas dans des partis, que la politique  n’est donc pas bien. L’abstinence ou la société civile serait mieux  indiquée pour eux. Il nous faudra bien affronter cette fausse idée.  Il  est au contraire noble de s’engager au service de ses idées et au  service de sa cité. Pour qu’il y ait un développement, il faut une  démocratie, et pour cela il faut bien qu’il y ait des partis politiques  et des militants. En général, quand on tourne le dos aux partis  politiques, ce n’est pas pour renforcer la démocratie, ce n’est pas pour  défendre les intérêts du Sénégal, c’est plutôt le contraire ;  enfin,  ne pas choisir son candidat politique, c’est choisir de ne pas  s’intéresser au devenir de sa cité.</p><p><strong>Entretien réalisé par Habib Demba  FALL</strong></p><p
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