Sacré Karim Wade ! Il est tenace, le bonhomme. Après d’intenses manœuvres sur fond de délation, le fils du président de la République, qui a bataillé ferme pour passer au scalpel la tête de Samuel Amète Sarr, ci-devant ministre de l’Energie, a obtenu gain de cause. Il peut exulter. A juste raison, d’ailleurs. Non seulement il s’est payé la tête de son désormais ex-complice, mais aussi il hérite du département de l’Energie qu’occupait ce dernier, étendant ainsi démesurément ses immenses tentacules. Sacré Karim ! On n’est pas adepte de la politique du « ôte-toi que je m’y mette » pour rien.
De ministre de la Terre, des Airs et de la Mer eu égard au super ministère de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures qu’il concentrait entre ses inexpertes mains, Wade-Junior devient de facto un Président bis en héritant du département de l’Energie. Un portefeuille stratégique qu’il cumule avec ses anciennes attributions, à l’exception de l’Aménagement du territoire (une coquille vide) qu’il juge dévalorisant pour ses exceptionnelles compétences. Justement à propos de compétences, sur quels critères s’est basé son pater de président de la République pour lui confier le portefeuille de l’Energie ? De quelles aptitudes manageriales a fait preuve Karim Wade dans le secteur énergétique, si ce n’est son statut spécial de fils du chef de l’Etat, pour mériter le poste ?

Visiblement rien, si l’on revisite son cursus ministériel. Tout nihilisme mis à part, le bilan du fils du chef de l’Etat à la tête du super ministère de la Coopération internationale… depuis 19 mois maintenant est une suite de flops les uns plus retentissants que les autres. Le leader de la Génération du Concret a lamentablement échoué. Les exemples pour le démontrer foisonnent à merveille. Après avoir commencé son magistère à la tête du super Micatti par l’enterrement de première classe d’Air Sénégal International (Asi), Karim Wade s’est montré incapable de respecter une seule des mirobolantes promesses qu’il avait faites aux travailleurs d’Asi. Au contraire, il a réussi à anéantir l’espoir des 435 travailleurs permanents d’Asi qui courent désespérément derrière leurs deux mois de salaire ainsi que leurs indemnités.

Devant son incapacité à satisfaire les doléances de Baïla Sow et Cie, il a trouvé, comme seule alternative, la fuite en avant. Annoncée en grande pompe, Sénégal Airlines, la compagnie aérienne qui devait naître des cendres d’Asi et dont le premier vol était prévu début 2010, reste encore à l’état de projet. Il ne peut se prévaloir d’un seul kilomètre de route sur toute l’étendue du pays (en dehors des chantiers ouverts sur l’avenue Cheikh Anta Diop, qui étaient prévue dans le cadre de l’Anoci) depuis qu’il a été bombardé super ministre de la Terre, des Airs et de la Mer. Très loin des préoccupations des Sénégalais, Karim Wade, qui ne se permet que de brèves escales à Dakar, fait le tour du monde à bord de son jet privé et contracte (au nom de qui d’ailleurs ?) de gauche à droite des prêts qui risquent de porter un rude coup à la vie des générations futures. Mais, cela importe peu à l’ogre qu’est le fils du chef de l’Etat, qui ne pense qu’à assouvir ses ambitions gargantuesques.

H. B

Karim, le meilleur de tous !

Il est donc ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, des transports terrestres et de l’Energie ! Le choix porté par le Président sur son fils pour remplacer Samuel Sarr est d’autant plus surprenant qu’il existe dans le secteur de l’énergie plusieurs compétences capables de prendre le relais après Samuel Sarr. S’il est vrai que le mot « délestage » est collé à l’ex- ministre de l’Energie comme une poisse, il n’en demeure pas moins que le problème de la Senelec est structurel et ne peut se résumer à une affaire d’hommes. La Sénélec attend toujours la compensation de 13 milliards de F Cfa de l’Etat en plus de courir derrière la dette que lui doivent les hopitaux, les mairies, les universités, les chefs religieux, etc. En nommant son fils ministre de l’Energie, le Président veut donner à Karim Wade une arme politique pour faire valoir ses « compétences » en direction de la présidentielle de 2012. Mais comme l’équation énergétique est autrement plus compliquée que Sénégal Airlines qui tarde à décoller, l’Aibd (Cde court derrière une facture de plus d’un milliard de Fcfa) et la traversée rapide de Rufisque (on y perd facilement 90 minutes), on ne voit pas par quelle alchimie le très boulimique ministre pourrait s’en sortir. Mais bon comme selon son père, c’est un « démiurge »…

C.M.G

lasquotidien.info

A ses proches qui lui manifestaient leur soutien hier, l’ancien ministre de l’Energie a fait savoir qu’il est le premier à être soulagé. D’autant que ses lourdes charges lui prenaient tout son temps, lui qui n’avait plus de vie de famille. En plus, sa santé en avait pris un sérieux coup.

Soulagé, il compte faire sa passation de service avec Karim Wade le plus tôt possible, peut-être même cette semaine. Au ministère de l’Energie, on se plait d’ailleurs à soutenir que Samuel Sarr a fait le nécessaire, notamment en termes de financements avec récemment des lignes importantes décrochées en Chine et à la Bid, mais que c’est « Karim qui va récolter les fruits ». Au fil des années, l’ancien ministre de l’Energie se sera fait quand même plusieurs « ennemis » au sein de l’appareil d’Etat et aux alentours. Outre Karim Wade, il était en bisbilles avec le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, alors que ses relations avec le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, ne sont plus au beau fixe. Un homme d’affaires, bien introduit au Palais, pariait qu’entre Samuel et Souleymane Ndéné, l’un d’entre eux quitterait son poste à la rentrée. Récemment encore, Samuel Sarr était en bras de fer avec Baba Diao, tout puissant patron d’Itoc, qui a ses entrées dans le saint des saints, en plus d’être très lié aux hautes autorités du régime. Qui pour rien au monde ne veut perdre les juteux marchés des hydrocarbures et du gaz. Curieusement d’ailleurs, son contrat de fourniture de gaz arrive à expiration en fin octobre. Actionnaire dans Sénégal Airlines sur insistance des Wade à plus d’un milliard de francs Cfa, il ne serait pas surprenant qu’il gagne à nouveau le marché de fourniture du gaz. Alors que l’orthodoxie financière exigerait le lancement d’un appel d’offres comme le voulait le ministre de l’Energie sortant…

C.M.G
lasquotidien.info

SAMUEL SARR QUITTE LE MINISTERE DE L’ENERGIE : Comment Karim Wade a été  mis dans le circuit : guerre de lobbys, Opa sur un secteur à milliards

«Si Wade décide de confier le département de l’Energie à son fils, c’est qu’une solution durable a été trouvée pour résoudre de manière durable ce problème ! » Pour, bien sûr, pouvoir dire plus tard que « c’est Karim Wade qui a réglé le problème de l’approvisionnement en électricité… »

Karim Wade cumule désormais l’Énergie, la Coopération internationale, les Transports aériens et les Infrastructures. L’imagination fertile des Sénégalais intéresserait les auteurs de romans d’espionnage, mais ils n’ont pas toujours tort. Si le départ du gouvernement du ministre d’Etat Samuel Amète Sarr était dans l’air du temps depuis plusieurs semaines, le choix de Karim Wade pour lui succéder ouvre la boîte à idées. Il est constant que cette fois-ci, le président Wade ne pouvait plus ouvrir son parapluie protecteur en faveur de son compagnon d’infortune lors de l’affaire judiciaire qui avait suivi l’assassinat du vice-président du Conseil constitutionnel, Me Babacar Sèye.

Lors des dernières grosses opérations financières enclenchées pour l’approvisionnement en hydrocarbures de la Senelec et, au-delà, dans le cadre du déploiement de la Sar restructurée avec le groupe Bin Laden comme actionnaire principal, de puissants organismes financiers avaient été laissés en rade ou avaient peu apprécié le traitement qui leur avait été réservé. Avec l’appui du ministre d’Etat ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr, la société dirigée de main de maître par Carmélo Sagna avait signé deux conventions déterminantes pour l’approvisionnement du pays en hydrocarbures. Au total, c’est une somme globale de 194 milliards de F Cfa que va recevoir la Sar. Sur ce montant, Ecobank va donner 41 milliards francs, la Boad 25 milliards et la banque nigériane Uba 128 milliards. Dans un premier temps d’ailleurs, Bnp Paribas devait conduire l’opération, avant que ne survienne une mésentente entre elle et le gouvernement. Or, Bnp Paribas, ce n’est pas n’importe qui…

Mais c’est surtout la question de la pénurie d’électricité, qui a détérioré ses relations avec le nouvel homme fort du pays, le ministre d’Etat Karim Wade. La rue et l’opinion réclamaient des têtes depuis belle lurette ; elles devaient se contenter de sous-directeurs de la Senelec pour s’expliquer. Après avoir annoncé en grande pompe en juin dernier qu’elle avait investi 21 milliards de francs Cfa pour garantir aux téléspectateurs sénégalais une Coupe du monde sans délestages, les coupures de courant ont repris de plus belle en juillet, août et septembre, laissant sans voix Samuel Amète Sarr.

Incrédules, les Sénégalais se verront servir comme explication une livraison de mauvais fuel à la Senelec. Les protestations vont reprendre de plus belle alors que le vocabulaire des milliards investis dans le secteur donne le tournis. Paradoxalement, après la Senelec qui a affiché un bénéfice de 6 milliards de Fcfa en 2009, c’était au tour de la raffinerie de renouer avec une situation excédentaire, alors qu’elle était presque fermée en 2006-2007. La Sar a réalisé la même année un bénéfice de 2,450 milliards de Fcfa, malgré une conjoncture difficile. Mais les choses vont se dégrader très vite à nouveau. Comme si une main invisible travaillait chaque jour à rendre le secteur ingérable.

Si, par miracle, le déficit énergétique venait à être résorbé au point de faire des délestages un mauvais souvenir les jours à venir, alors la thèse du complot va prospérer. Créer une crise, l’entretenir, pour en faire tirer le bénéfice politique au leader de la «Génération du concret.»

Samuel Sarr est finalement tombé de son piédestal face aux coups de boutoir de son remplaçant, Karim Wade avec lequel il était entré en conflit ouvert depuis quelques mois, et des puissants lobbys qui encadrent la restructuration du secteur énergétique au Sénégal : un gouffre à milliards qui, paradoxalement, a comme corollaire un réchauffement du climat social après les manifestations de rue organisées un peu partout à travers le Sénégal pour protester contre les délestages. Une manne qui n’empêche pourtant pas la société dirigée par Seydina Kane de vivre de sérieuses tensions de trésorerie. Une nouvelle hausse du prix de l’électricité est fortement demandée par le Fonds monétaire international (Fmi), la Banque mondiale et l’Agence française de développement (Afd), avant la fin de cette année. Une recommandation sur laquelle la Commission de régulation du secteur de l’électricité (Crse) va se pencher à la fin de ce mois d’octobre. Après avoir réalisé un bénéfice de 5,9 milliards en 2009, la Senelec traîne actuellement un manque à gagner de 13 milliards de francs Cfa dû à la hausse du prix des hydrocarbures, au long arrêt des centrales de Gti et de Kounoune durant l’année 2010, ayant entraîné l’utilisation soutenue des centrales plus coûteuses. Aussi, les autorités en charge de l’énergie ont-elles invité l’Etat à compenser les 13 milliards qui plombent déjà la Senelec. Outre cette perte importante, la Senelec court derrière 12 milliards dus par les collectivités locales ; des créances dites «sensibles» de 5 milliards non payées par les hôpitaux et 2 milliards dus par les universités.

Mais Karim Wade semble paré, en tout cas le chemin est bien balisé pour mener à la tâche. Là, il s’installe un peu plus au cœur des puissants ; il a la main sur un secteur vital pour l’économie sénégalaise. Egalement en charge de la Coopération internationale, il regarde beaucoup, en ce qui concerne le secteur de l’électricité, vers la Chine. Avant-hier, la République de Chine a officialisé l’appui qu’elle apporte au Sénégal dans sa politique de résorption du déficit énergétique avec une assistance financière de l’ordre de 58 milliards de francs Cfa, révèle le magazine «Les Afriques». Le projet Boucle de Dakar vise à «résorber le gap énergétique dans moins de deux ans», ajoute le journal. Il s’agit d’une nouvelle «autoroute d’électricité» au Sénégal dont le premier chantier d’envergure coûte 26 milliards de francs Cfa sur un réseau de 90Kw. La deuxième phase de financement, ajoute le journal, «a été lancée grâce à Eximbank of China» pour un montant de 32 milliards de francs Cfa.

EN ATTENDANT LES RESULTATS DU LABO DE PARIS : Le rapport de la Dic défavorable à Samuel Sarr

En attendant la suite judiciaire qui sera réservée au fuel contaminé de la Dic, les premiers éléments de l’enquête de la Brigade des affaires générales (Bag) de la Division des investigations criminelles (Dic), dirigée par le commissaire Adramé Sarr, ne plaide pas en faveur de l’ex-ministre Samuel Sarr. C’est du moins ce qui ressort des conclusions des enquêteurs dans cette affaire. À noter également que la société Itoc Sa, Transport Khoury et le directeur général de la Senelec ont été entendus dans le cadre de l’enquête.

L’enquête sur le combustible périmé a-t-elle précipité le départ de Samuel Sarr de la tête du  stratégique ministère de l’Energie ? Tout porte à le croire. En effet, le rapport  volumineux de la Division des investigations criminelles (Dic) transmis au Parquet sur le mauvais fuel a produit des effets immédiats. C’est ce rapport qui a entraîné la démission du ministre de l’Energie dont la responsabilité dans l’achat du combustible de mauvaise qualité a été retracée. Si l’on sait que tous les responsables de la Senelec entendus ont mis en cause la qualité du combustible importé par Itoc à partir des Usa. Ils ont tous soutenu devant les enquêteurs que les machines ont été endommagées par le fuel d’Itoc Sa. Et selon les recoupements effectués, Trafigura qui est le fournisseur attitré d’Itoc Sa. Rappelons que cette société spécialisée dans les transactions pétrolières a été récemment condamnée aux Pays-Bas pour avoir déchargé des produits toxiques en Côte d’Ivoire. Dans le rapport, les enquêteurs ont pu constater plusieurs manquements au cours des auditions dans le processus d’achat et de livraison du combustible. Des actes considérés comme une négligence de la part de l’ex-ministre de l’Energie. Premièrement, le rapport de la Dic se demande pourquoi l’ex-ministre n’avait pas jugé nécessaire de saisir par écrit la société Itoc Sa chargée du ravitaillement en combustible de la société nationale d’électricité pour l’interpeller sur les lenteurs constatées dans la livraison de la dernière cargaison. Surtout que celle-là a pris beaucoup plus de temps avant de livrer son contenu dans les réserves de la Sar. Deuxièmement, les policiers se sont interrogés sur le parcours emprunté par le navire avant de rallier Dakar. Un fait sur lequel la tutelle a manqué de réaction. La Dic a également émis des réserves sur le partenaire de la société Itoc Sa à savoir la société Trafigura. Laquelle a été condamnée par la justice ivoirienne sur les déchets toxiques d’Abidjan. Selon les enquêteurs, le partenaire de la société Itoc Sa aurait fourni du mauvais combustible lors de la dernière cargaison. Et pour en avoir le cœur net, des échantillons ont été envoyés à Paris dans un laboratoire indépendant pour analyses. Des résultats pas encore disponibles jusqu’au moment où nous mettions sous presse. N’empêche, les policiers de la Dic ont également fouillé chez le transporteur Antoine Khoury. Si l’on sait que la société Transport Khoury spécialisée dans la livraison de carburant a joué un rôle clé dans le transport de la cargaison incriminée. Ce qui a été à l’origine de l’audition des conducteurs. Surtout qu’au début de l’enquête, de forts soupçons pesaient sur les conducteurs de Khoury. En fait, des sources soutenaient que les camionneurs auraient été à l’origine des corps étrangers dans le combustible de la Senelec.

SAMUEL SARR – KARIM WADE : Ça va gicler entre les «enfants gâtés» de Wade !

Samuel Sarr avait demandé récemment, lors d’un échange épistolaire, à Karim Wade de doter l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar d’un groupe électrogène au lieu de lui demander sa mise hors-délestage. La coupe venait d’être pleine. On connaît la suite. Toutefois, il y a fort à parier que le ci-devant ministre de l’Energie ne se laissera pas bouffer aussi facilement à la sauce agrémentée de fuel.

La censure populaire en avait fait ses choux gras. Les rats du Palais ajoutaient, chaque jour que Dieu fait, des anecdotes. D’autres diront même, et à juste titre, leur lot d’indiscrétions. Pour ne pas dire de fuites organisées. Et le dernier exemple en date est la parution dans la presse de correspondances échangées entre le désormais ministre de l’Energie et celui qui, après avoir longtemps lorgné son fauteuil, finira par le court-circuiter. Il n’est, d’ailleurs, un secret pour personne que Karim Wade avait fait du départ de Samuel Sarr une fixation. Au point même d’avoir menacé, dans un passé récent, de partir du gouvernement si son «frère» chargé de l’Energie n’était pas délesté. Le fait de voir l’ancien président de l’Anoci lui ôter, après une démission-limogeage, le pain de la bouche ne fait que confirmer ce que tous les observateurs avertis savaient déjà. Car, c’est une lapalissade de dire que les relations entre les «deux enfants gâtés» de Me Abdoulaye Wade étaient des plus exécrables. Et pour cause !

Pape Samba Mboup reste aux côtés de Wade

Faisant la genèse des relations en dents de scie de «ces deux personnes ayant pour dénominateur commun, malgré des lauriers à eux tressés à satiété par le chef de l’Etat, leur incompétence notoire», une figure emblématique du Parti démocratique sénégalais (Pds) se laisse aller à des confidences : «Le problème entre ces deux loups aux dents longues, c’est que Samuel Sarr, qui n’a pas attendu l’Alternance pour parader dans les palaces et se la couler douce sous les lambris dorés, ne nourrit aucun complexe par rapport au «libéral» de la 25ème heure que se trouve être Karim Wade». Dès lors, la cohabitation entre ces deux «enfants gâtés» du Sopi, surtout dans un espace présidentiel où le désormais ministre de l’Energie écrase tout son monde, devenait de plus en plus impossible. Surtout que les crocs-en-jambe n’ont pas manqué, de la part de Karim Wade, pour mettre du sable dans le fuel de celui qui fut, naguère, le conseiller financier, voire le bailleur de son père quand il était dans l’opposition. Ce qui pose le «cas» du ministre chef de cabinet du chef de l’Etat qui ne cessait de marteler : «Si Samuel part, je m’en vais». Surtout quand on sait que le caractère «froid» de son commerce avec Karim Wade est un secret de polichinelle. Joint, hier, par nos soins, Pape Samba Mboup affirme qu’il reste à son poste car «Samuel Sarr est toujours aux côtés du Président».

Du fuel dans les turbines d’Idy, de Gadio et Macky Sall

Maintenant qu’il est envoyé dans les turbines, surtout de la manière inélégante que l’on sait, il va de soi que Samuel Sarr ne tardera pas à se mettre en posture de gladiateur contre ce qu’il est convenu d’appeler «le projet de dévolution monarchique du pouvoir» au profit du leader de la Génération du concret. Vu sous cet angle, il ne serait pas surprenant de le voir faire jonction avec d’autres «légitimistes étouffés par la boulimie du ministre d’Etat Karim Wade». Bref, Idrissa Seck, Cheikh Tidiane Gadio et Macky Sall, qui sont tous des victimes expiatoires de l’agenda politique du fils biologique de leur ex-mentor, ne tarderont pas à tendre une main fraternelle à celui qui aimait se faire appeler «wadiste éternel». Même si Samuel Sarr a dit hier à ses proches «que pour rien au monde» il ne tournera le dos à Me Wade, il n’en demeure pas moins que l’instinct de survie pourrait le pousser à se radicaliser. C’est, sans doute, pour ne pas le jeter dans les bras de ses «enfants égarés» que le chef de l’Etat s’est empressé de le nommer ministre d’Etat conseiller financier à la présidence de la République. La seule question, à l’heure actuelle, est celle de savoir dans quelle atmosphère se déroulera la passation de service entre ces deux ennemis jurés qui ont pourtant eu, par le passé, à entretenir une extraordinaire complicité. Alors, autres temps, autres mœurs ?

WADE CEDE A LA PRESSION : Chronique d’une chute annoncée

Wade a finalement décidé de se débarrasser de son ministre de l’Energie, que beaucoup d’observateurs avertis avaient fini d’assimiler à un chat avec plusieurs vies. Car depuis plus de deux ans qu’on annonce le départ de Samuel Sarr, il a toujours échappé à la guillotine. Mais cette fois M. Sarr est passé à la trappe. Retour sur le processus d’une liquidation qui a avorté à plusieurs reprises.

«L’entraîneur de l’équipe gouvernementale du Sénégal» s’est encore levé et a procédé à un changement. M. Samuel Sarr, précédemment ministre d’Etat ministre de l’Energie, a été débarqué. Il a été nommé ministre d’Etat conseiller financier auprès du président de la République. C’est désormais M. Karim Wade, ministre d’Etat chargé de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures qui gère l’Energie. Il cède l’Aménagement du territoire à Mme Nafi Ngom Diouf, désormais ministre des Transports ferroviaires et terrestres, et de l’Aménagement du territoire.

D’après des sources bien au fait de ce qui s’est passé, Me Wade a pris cette décision pour redonner de l’espoir aux Sénégalais mais aussi pour régler d’autres problèmes. Depuis quelque temps, il y a plusieurs manifestations à travers le Sénégal contre les coupures d’électricité. Ce qui a constitué une pression énorme sur l’Etat du Sénégal. En plus de cette pression populaire il y a eu une pression familiale exercée par les Wade sur le pater familias. Ils ne pouvaient plus regarder le secteur de l’énergie mettre à néant tous les efforts consentis par le régime sans réagir. Raison pour laquelle ils sont montés au créneau.

C’est pourquoi beaucoup de personnes ont pensé que c’est finalement Karim qui a fait tomber Samuel. Mais, c’est Abdoulaye Wade qui a pris librement la décision de se séparer de lui, après avoir été empêché à plusieurs reprises. Il y a deux ans déjà, des manifestants avaient mis le feu à Dakar pour dénoncer les coupures d’électricité récurrentes. Wade avait décidé de se séparer de Samuel Sarr pour apaiser la tension. Mais des députés libéraux sont partis demander à Me Wade de le maintenir. L’année dernière aussi sa démission avait été annoncée dans la presse. Mais ce n’était qu’une fausse alerte. Au contraire, c’était pour couper court aux offensives des bailleurs de fonds via le ministre d’Etat ministre de l’Economie et des Finances. Ils dénonçaient la façon dont le secteur de l’énergie est géré au Sénégal avec tous ces milliards qui y sont investis. Des offensives répercutées à Wade.

Dernièrement, l’affaire du mauvais carburant a ravivé la tension qui existait déjà entre Samuel Sarr et le ministre de l’Economie. Gâchant par la même occasion les rapports entre Me Wade et son ministre de l’Energie. Là encore, des députés de l’Assemblée nationale ont cherché à lui tendre la perche. Mais d’autres ont demandé tout simplement sa démission. L’affaire du contrat entre la Senelec et Bnp Paribas est venu s’ajouter à la tension qui était dans l’air.

Ce n’est pas tout. Au cœur de cette tension, M. Sarr s’est débarrassé d’un élément de Karim Wade dans le secteur de l’énergie. En l’occurrence Modibo Diop, directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification  rurale (Aser). Le fils du président de la République ne  s’est pas empêché d’aller rendre visite à Modibo Diop durant la Korité, alors que ce dernier faisait l’objet d’une enquête à la Division des investigations criminelles (Dic). Comme pour lui dire : «Tu as toujours mon soutien».

Last but not least, dernièrement Samuel Sarr s’est mis à dos Karim Wade, Abdoulaye Diop, le collectif des imams de la banlieue, mais aussi tous les Sénégalais. Donc par ce geste Me Wade cherche encore à apaiser le climat social. Certainement avec une solution à la crise énergétique, qui a une solution.

COMMENTAIRE : Karim : musculation à l’Energie

Samuel Amète Sarr court-circuité. Il a fait les frais de la récurrence des coupures intempestives d’électricité. Un calvaire qui n’a que trop duré. Samuel Sarr électrocuté. De l’énergie à en revendre. Le fils du Président n’en manque peut-être pas. Karim Wade à quitte ou double. Il remplace  Samuel Sarr selon un décret rendu public hier. Seulement, le tout nouveau ministre en charge de l’Energie devra réussir le pari de fournir aux consommateurs, de l’énergie de bonne qualité et, régulièrement. L’échec n’est pas permis. Réussir le pari ou alors se mettre à dos les Sénégalais. Un pari lourd pour un ministre à mille et une casquettes. Il contrôle déjà les Transports aériens avec, en charge, la Coopération internationale et les Infrastructures. Ministre sénégalais du ciel et de la terre. Et, aujourd’hui du sous-sol. Comme si cela ne suffisait, pas on lui confie un secteur clé comme celui de l’énergie qui engage aussi des compagnies d’assurances. Parmi 12 millions de Sénégalais, pourquoi le choix de Wade sur son fils déjà submergé ? Le nouveau ministre devra faire des pieds et des mains pour faire scintiller la lumière dans le pays. Le pilotage à vue et l’incurie n’ont plus de place dans un secteur aussi vital que l’énergie:  moteur de l’économie du pays. Les intérêts inavoués, étroits et les discours politiciens n’intéressent plus les compatriotes. Place aux actes ! L’amateurisme ou encore l’équilibre précaire doivent laisser la place à des solutions durables et définitives.

Déshabiller Paul pour habiller Pierre. Ce n’est point ce qui intéresse les Sénégalais. Surtout quand cela concerne un secteur capital qui a trop fait mal à des millions de ménages. Pas moins de 500 milliards Fcfa investis dans le secteur depuis 2 000, se targue le pouvoir issu de l’alternance. Un investissement douteux qui fait que les travailleurs n’ont de cesse d’exiger un audit de l’entreprise depuis 2 000 pour apporter la lumière sur l’utilisation de ce pactole. Mille et une échéances avancées pour mettre un terme aux délestages. Que nenni ! Qu’on ne nous pompe plus l’air avec des discours du genre : «Nos prédécesseurs ont mis à genoux le secteur». Ces propos de campagne électorale, les compatriotes ne veulent plus les entendre. Dans un contexte marqué par la mise à terre de la quasi-totalité des entreprises (la crise énergétique aidant), il faut se mettre au travail. Aux problèmes structurels des solutions structurelles. Plus de place pour l’amateurisme. Les problèmes qui gangrènent la Senelec sont connus de tous. Ils ont pour noms : l’insuffisance de la production, la mauvaise gestion du secteur de l’énergie, la fraude, la non-transparence dans l’octroi des marchés, le non-paiement des factures par certaines institutions de l’Etat. Même si depuis 2000, l’Etat a commencé à installer de nouvelles centrales, il est important d’entretenir l’existant. Et comme le rappelle pour s’en désoler Lamine Diarra, secrétaire général de la sous-section Sutelec du Cap des Biches,  ce discours a été tenu à tous les directeurs qui sont passés à la tête de l’entreprise. «Avec Samuel Sarr, on a senti la mauvaise volonté d’entretenir les anciennes centrales. Résultat : ces anciennes machines tombent régulièrement en panne et la demande étant sensiblement égale à l’offre, on est obligé de couper à chaque fois qu’une machine tombe en panne», s’insurge le responsable syndical. Pis, relève-t-il, «il arrive que plusieurs machines tombent en panne en même temps. Jusqu’ici, rien n’est fait concernant la production et le calvaire a encore de beaux jours». À cela s’ajoute la mauvaise gestion du secteur. Tout se décide au niveau de la tutelle. Aucune transparence dans l’octroi des marchés. En atteste le fuel lourd et de très mauvaise qualité, récemment commandé par on ne sait qui et à quel dessein. Sur ce point, les travailleurs exigent toujours la lumière. Les responsabilités doivent être situées et les coupables punis. Ils ont fait du tort à toute une nation. L’entreprise croule également sous le poids de la dette. Des institutions étatiques comme, entre autres, les collectivités locales, les hôpitaux, l’université, ne paient pas régulièrement leurs factures. Le tout nouveau ministre de l’Energie devra mener une politique rigoureuse contre la fraude qui coûte à l’entreprise 20 milliards de nos francs par an. Qu’attend le gouvernement pour faire voter une loi pénalisant cette fraude ? C’est dire que les problèmes sont connus. Pas de solution-miracle. Il suffit d’une volonté politique pour sortir les Sénégalais du noir.

REACTIONS, REACTIONS, REACTIONS…

Hélène Tine de l’Afp : «Karim Wade est disqualifié, il n’a ni la capacité ni la crédibilité pour gérer ce secteur»

«Le constat est que la famille Wade n’a aucun respect pour les Sénégalais. Maintenant, ce n’est plus une affaire républicaine. La gestion des affaires publiques dans ce pays est devenue familiale. Et ça confirme aussi que Abdoulaye est toujours accroché désespérément à son projet de succession monarchique. Nous ne pouvons pas comprendre que pour donner l’occasion à Karim Wade de faire ses preuves en matière de gestion des affaires publiques, on laisse mourir des bébés, on met des sociétés en danger et de faillite parce qu’il n’y a pas d’électricité. On a laissé pourrir une situation qui a causé de morts d’homme et traumatisé le peuple Sénégalais pour nous ramener Karim Wade comme un messie, c’est un manque de respect aux Sénégalais. Ce qui est sûr est que Karim Wade ne pourra pas régler ce problème. Ils vont faire du tape-à-l’œil. Nous exigeons que Samuel Sarr rende compte de ces 800 milliards qu’on a mis dans le secteur. Karim Wade doit, lui aussi, rendre compte des centaines de millions de l’Anoci. Karim est, d’ailleurs, disqualifié. Parce qu’il n’a ni la capacité intellectuelle et technique, ni la crédibilité pour gérer ce secteur. Et tous les Sénégalais le savent très bien.»

Djibril Thiongane spécialiste en énergie : «Si Karim veut réussir, il lui faut de gros moyens et une équipe bien organisée»

«C’est un secteur très stratégique. Il faut le diagnostiquer de façon précise. Karim doit être entouré de gens compétents. La première chose c’est d’abord réunir tous les acteurs du secteur pour connaître leurs avis, leurs préoccupations, leurs problèmes et recueillir toutes les informations possibles pour mettre en place une bonne politique énergétique. Surtout dans le domaine de l’approvisionnement en hydrocarbure. Par hydrocarbure, je pense au butane et au fuel de la Senelec. Il faut dire au passage qu’il s’agisse de la Senelec ou de la Sarr, c’est un problème de trésorerie, un problème de finance. Il faut que cette société recouvre une bonne santé financière pour pouvoir jouir d’une bonne image auprès des grandes banques du monde et fournisseurs. Nous vivons une situation de monopole alors qu’on parle d’appel d’offres. Ce sont des faux appels d’offres. C’est une situation de monopole avec des prix exorbitants et des conditions de règlement draconiennes. Je dois dire encore une fois qu’il y a un problème de planning d’approvisionnement». Karim peut régler le problème s’il y a la volonté politique. Abdoulaye Wade a intérêt que son fils réussisse. Et certainement les moyens seront au rendez-vous.»

Matar Guèye de la Cap21 : «C’est une bouffée d’air frais pour les consommateurs et tous les usagers du courant»

«Ce changement qui vient d’intervenir dans l’attelage gouvernemental peut être considéré comme une bouffée d’air frais pour les consommateurs et tous les usagers du courant électrique. Parce que tout le monde a souffert des délestages qui avaient fini d’ailleurs de ruiner notre économie. Avec le départ de Samuel Sarr, je pense que le chef de l’Etat a voulu apaiser les tensions qui caractérisaient ce secteur dans lequel il a investi pas moins de 700 milliards de nos francs. Le départ de Samuel est une des revendications de l’opposition à laquelle le président vient de donner droit. Alors, maintenant, Samuel étant remplacé par Karim Wade, je crois que l’attitude la plus sage voudrait qu’on le laisse quand même faire ses preuves. Abdoulaye Wade nomme qui il veut. Il est le seul à opérer un choix pour ses proches collaborateurs. Pour moi, Karim Wade doit se mettre, sans attendre, à la tâche. Parce qu’il y a vraiment urgence. Il doit continuer comme il a toujours fait au ministère de la Décentralisation et des Collectivités locales. C’est-à-dire, continuer à parler peu et à travailler beaucoup. Car les Sénégalais attendent des résultats.»

lobs.sn

« Je voudrais vous dire, Monsieur le Président, mes salutations les plus chaleureuses et des prières ferventes pour que votre fin de règne se passe dans les conditions les meilleures, par la grâce de Dieu le Tout Puissant.
‘Après la nomination de votre fils, Karim Meïssa Wade, comme ministre d’Etat chargé de l’Energie, je pense très sincèrement, Monsieur le Président, qu’il est maintenant temps de remettre au goût du jour le poste de Vice-Président que l’Assemblée nationale a bien fini de voter et qu’à défaut de le nommer à cette station, lui adjoindre le portefeuille de l’Assainissement serait une bonne chose. L’occasion lui sera ainsi donnée de prouver toutes ses compétences avec le règlement définitif et durable des problèmes des inondations et de l’électricité.

Cette mission réussie, en effet, il aurait l’adhésion de tous ses compatriotes et plus personne n’aurait à redire. »

Dakar, le 4 octobre 2010 Cheikh Ahmadou Kara MBACKE Général de Bamba

« Si Samuel part, je m’en vais », avait déclaré, Pape Samba Mboup, le chef de cabinet du président de la république et militant historique du Parti démocratique sénégalais. C’était au cours d’une interview accordée au Quotidien l’Observateur.

Le pote de Samuel Sarr a décidé de rester, ce, malgré le limogeage de celui-ci à son poste de ministre de l’Energie. Il a en effet estimé que « Samuel Sarr est toujours aux côtés du Président ».

A noter que l’ex-ministre de l’énergie est nommé Ministre d’Etat, conseiller chargé des affaires financières.

nettali.net

D’abord, il y a eu deux « fouilles » au niveau de la Sénélec. La première en Juillet 2005, la seconde en 2007. Sur le plan de la production, du transport, de l’entretien, de la tarification etc.… de nombreuses irrégularités avaient été notées. Des recommandations également données. Seulement, des zones d’ombre subsistent toujours sur les rapports réels qui existent à la Sénélec et à GTI.

Le présent rapport commandité par la Commission de Régulation du Secteur de l’Electricité (CRSE), entre dans le cadre des missions qui lui sont dévolues, notamment celles d’assurer la sécurité ainsi que la continuité et la qualité de service. Il a été préparé sous la direction technique de Arona Rachid Niang, Expert en Ingénierie électrique (Consultant principal et Chef de Mission) avec la participation des consultants que sont Moustapha Ndiaye, Expert en Ingénierie électrique, Saliou Diop, Expert en Electromécanique, Adama Diallo, Expert en Electromécanique, Cheikh Bâ, Expert en Système de Réseaux électriques, Abdoulaye O. Djibo, Expert en Sécurité industrielle. Depuis prés d’un mois, la Cour des comptes fouille la Sénélec. Rappelons qu’entre 2004 et 2009, cette société nationale a connu prés de (03) trois Directeurs généraux.
Le rapport dont nous avons copie, explique dans les plus petits détails, la situation actuelle que vit la Sénélec depuis l’échec de sa privatisation. Selon ce rapport, «le programme d’électrification adopté par la Sénélec de 1993 à 2001 n’a pas permis d’atteindre la moitié des ménages sénégalais ». «En effet, poursuit il, en 2000, seuls 28% de ces ménages sont desservis par le réseau électrique de la Sénélec contre plus de 65% dans la région de Dakar ».
Toujours selon le rapport, «le taux de desserte des ménages a connu une évolution assez timide depuis le début de la période d’ajustement ». Estimé à 20,4% en 1985, il est passé à 21,4% en 1992, 23% en 1993 et 25,3% en 1995. Ainsi, entre la période d’ajustement et la période post-dévaluation, soit 10 ans, le taux de desserte des ménages en électricité n’a augmenté que de 5 points.  Cette situation caractérise plus la zone rurale.Le document atteste que «durant la période d’ajustement, la consommation d’énergie électrique par habitant urbain est restée presque stationnaire ». L’année du plan d’urgence 1993 correspond à une année de reprise dans la consommation d’énergie, avec une hausse de 7 points par rapport à 1992. Cependant cette amélioration reste éphémère. En effet, l’année du changement de parité du franc CFA est marquée dans les villes par un tassement du taux de consommation d’énergie électrique par habitant. En outre, on note une progression de ce taux en 1995 qui reste maintenue jusqu’en 2000.
Cela se traduit entre 1995-2000, en zone urbaine, par une consommation moyenne d’énergie de 82 kWh par an/hab. Sur le plan institutionnel, la Lettre de Politique de Développement du Secteur de l’énergie (LPDSE) signée par le Gouvernement du Sénégal en janvier 1997 avait identifié les contraintes majeures dans le secteur de l’énergie. Dans le sous secteur de l’électricité, il s’agissait notamment, du manque de ressources publiques requises par l’effort d’investissement nécessaire au renouvellement et à la maintenance des installations, de la qualité insuffisante des services d’électricité avec une demande non satisfaite par manque de production et du faible taux d’électrification en 1997. Par ailleurs, prés de 75 % de la population n’avaient pas accès à l’électricité contre une moyenne mondiale de 40 %. Le taux d’électrification en milieu urbain était, en effet, estimé à 50 %, contre 5 % en milieu rural.

REPONDRE AUX PREOCCUPATIONS

Pour répondre à toutes ces préoccupations, l’Etat a pris les mesures consacrant la réforme du secteur de l’électricité actée par la loi n° 98-29 du 14 avril 1998 relative audit secteur. Le cadre institutionnel du secteur a également été rénové avec la création d’une Commission de Régulation. Le principal opérateur en matière de production, transport, distribution et vente d’énergie électrique est la Sénélec qui est une entreprise à caractère industriel et commercial. Son capital social était de 119.433.859.000 Fcfa en 2005. Sur le plan interne, les effectifs de la Sénélec au 30 Septembre 2004 étaient composés de 269 Cadres, de 1070 Maîtrises, 509 Exécution. Au total l’effectif est de 1848.

Des cadres qui ne payent pas.

A la Senelec, il y a des catégories de cadres qui ne paient pas l’électricité depuis fort longtemps. Et ainsi, peuvent se permettre d’utiliser des appareils électriques à très grande consommation de courant dans leurs foyers. Leur facture est prise en charge par le contribuable. Toujours sur le plan interne, il n’y a aucune politique de dégraissement du personnel,,susceptible de rendre la boite plus performante. En général, les employés sont des agents qui ont fait toute leur carrière dans la boîte avec des avantages colossaux et qui ont pris la Sénélec en otage. Certains ont démissionné pour rejoindre GTI où ils continuent d’entretenir des relations sombres avec la boîte d’origine. Et toujours selon le dit rapport, les activités de la Sénélec portent sur différentes zones géographiques se répartissant ainsi : Délégation Régionale Dakar 1 englobant Dakar Plateau et environs jusqu’au croisement Cambérène, Délégation Régionale Dakar 2 s’étendant du croisement de Cambérène à Kayar, Délégation Régionale Centre Ouest comprenant les régions de Thiès et Diourbel, Délégation Régionale Centre Est comprenant les régions de Kaolack, Fatick et Tamba, Délégation Régionale Nord : Régions de Saint Louis, Louga et Matam, Délégation Régionale Sud : Régions de Ziguinchor et Kolda. Dans toutes ces villes, les populations se plaignent de la Sénélec à cause de la qualité et de la cherté du service.

GREENWICH TURBINE INC (G.T.I)

Le second opérateur national en matière de production d’énergie électrique est la société G.T.I filiale de Greenwich Turbine Inc). La centrale électrique de cette société est en fonctionnement depuis mai 2001.Elle est située au Cap des Biches (23 Km de Dakar). Elle occupe une superficie de 5 ha appartenant à Sénélec, sur le même site que les centrales C3 et C4. Cette centrale à cycle combiné, composée d’une turbine à gaz associée à une turbine à vapeur, peut fonctionner soit en cycle simple à 34 MW, soit en cycle combiné avec une puissance maximale de 54 MW.  La centrale GTI est la première unité technique indépendante, productrice d’électricité au Sénégal. Sa réalisation faite suite à un appel d’offres international lancé par la Sénélec, pour la réalisation par le soumissionnaire, d’une centrale de 50 MW connecté au réseau 90 kV suivant la formule BOOT (Build, Own, Operate and Transfer).
La Sénélec et G.T.I ont conclu en 1996 un contrat d’achat d’énergie, contrat stipulant que la Sénélec devra annuellement acheter un minimum de 300 GWh pendant quinze ans. Cette centrale est rentrée dans sa phase finale de fonctionnement, c’est à dire en cycle combiné avec comme combustible le naphta ou le diesel. Notons cependant que le combustible utilisé plus fréquemment par GTI depuis 2002 est le Diesel oil, le naphta n’étant pas toujours disponible chez le fournisseur Shell. Il faut également noter que plusieurs Cadres de la Sénélec auraient rejoint GTI.
Le producteur GTI lié à la Sénélec par un contrat du modèle TAKE OR PAY représente en moyenne pour les deux dernières années (2002-2003), 20% de la production totale des groupes du réseau interconnecté. Le rang de GTI (6è en placement du parc de production en 2003) a été conforté par sa bonne disponibilité (85%). En outre, GTI a respecté l’arrêt annuel (10 au 27 avril 2003) évitant ainsi d’être à l’origine d’une quelconque perturbation du réseau interconnecté. L’écueil principal réside cependant dans la répartition des charges aux périodes creuses. Le contrat avec la Sénélec requiert en effet, le maintien d’une puissance minimale de 40MW à GTI, ainsi qu’une réserve tournante pour la reprise de charge. En matière de sécurité, il est reproché à GTI, un îlotage «volontaire » et prolongé lors des perturbations sur le réseau, l’argument développé par GTI étant surtout le respect des normes de protection (système de relais) et le souci de pouvoir disposer d’une unité saine de production pour la remise de la tension sur le réseau interconnecté. Les discussions au sein du groupe technique de réflexion dont GTI est membre, peuvent aider à trouver les solutions idoines.
Pourquoi ont-ils choisi cette option ? Quel rapport entretiennent-ils avec la société la Sénélec ? Y a t il un deal entre la Sénélec et ses Cadres qui ont rejoint la GTI. Dans tous les cas, il y aurait beaucoup de zones d’ombre dans les rapports entre la Sénélec et le GTI. A quand la révision du contrat entre la Sénélec et le GTI ? La SOGEM fait aussi partie des partenaires de la Sénélec dans la fourniture d’électricité.

TRAVAUX NOUVEAUX

Les travaux nouveaux prévus en 2004 pour un coût global de 432.500.000 FCfa consistent essentiellement à la remise en état des circuits, des condenseurs et des réfrigérants des groupes 101 et 103 ainsi que la réparation des ramoneurs des chaudières. A cela s’ajoutent les prévisions de travaux nouveaux inscrits dans un Programme de Recouvrement de Puissance et de Fiabilisation appelé PRPF d’un coût global de 15.905.000.000 FCfa inscrits pour mémoire (PM) en 2004.

BUDGET, INVESTISSEMENTS ET REALISATIONS

La prévision des travaux en 2003 s’élève à 2,324 milliards FCfa pour une réalisation effective ou en cours de 524 millions FCfa, soit 22,5 %. En dehors de cette réalisation, aucune autre inscription n’est exécutée et ceci a pour conséquence de détériorer les performances des machines. Un lot de pièces de rechange auxiliaires d’un coût global de 1,368 millions FCfa est reporté en 2003. Dans ce lot, le montant des réalisations effectives et en cours, s’élève à 524 millions FCfa. Suite aux reports successifs du budget, il est prévu pour l’année 2003 le remplacement des bagues de l’alternateur de ce groupe (Groupe 301) pour un montant de 25 millions de FCFA. Toutefois aucun poste n’est inscrit pour la chaudière. L’amélioration du poste de traitement du combustible de la chaudière, prévue pour 25 millions de FCfa n’a pas été exécutée. Il en est de même de la turbine pour laquelle aucune inscription n’est retenue. Le remplacement des tubes de chaudière, du poste de détente et du système de contrôle commande est budgétisé pour 876 millions de FCfa. En ce qui concerne le remplacement des éjectairs de démarrage de la turbine, prévu pour un coût de 30 millions de FCfa, aucune réalisation n’est encore effective sur le groupe. Le Plan de Recouvrement de Puissance et de Fiabilisation prévu pour un montant global de 4,190 millions FCfa, réparti comme indiqué ci-dessous, ne connaît pas encore une réalisation effective. Un lot de pièces auxiliaires d’un montant de 790 millions FCfa est inscrit dans cette rubrique avec une prévision de réalisation de 197,5 millions FCfa en 2003. La remise à neuf de la Chaudière est prévue pour 935 millions FCfa et la modernisation de la turbine pour un investissement de 480 millions FCfa. Les travaux de la chaudière sont prévus pour 460 millions FCfa. Ceux de la turbine pour 757 millions FCfa et enfin ceux des auxiliaires communs pour 790 millions FCfa.
Selon le rapport d’audit, le budget de GTI n’a pas été communiqué à la mission «malgré notre demande insistante». Pour remédier aux insuffisances des réseaux de Transport, la Sénélec définit régulièrement un budget de travaux de maintenance et d’investissement à réaliser.
Parmi ces travaux, nous citerons des cas patents de report qui compromettent dangereusement la sécurité d’approvisionnement en énergie électrique, en l’occurrence : la réhabilitation du poste de Cap des Biches pour 600 millions Fcfa en 2001, qui s’est soldée par un report en 2002 et en 2003 pour les mêmes montants, donc sans réalisation. Cette réhabilitation mentionnée deux fois semble concerner pour le premier point, le poste 30 kV seulement, dont les travaux sont en cours. Cependant le poste 90 kV en lui-même, mérite une réhabilitation après étude du système global. Il y a aussi la réhabilitation du poste 90 kV de Thiona pour 200 millions FCfa en 2002 est reportée en 2003 pour le même montant sans être réalisée. Pour les grands projets, les problèmes de financement constituent souvent un obstacle. Il faut également noter des entraves consécutives aux lourdeurs du système et à son défaut de suivi. En effet la planification des projets inscrits au budget gagnerait à faire l’objet d’un suivi comme celui initié lors du 1er Projet d’électricité dit le rapport
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LE CASSE TETE DES DELESTAGES

Le nombre de délestages sur le réseau de distribution s’élève à 2104 et constitue 32% du total des coupures intervenues en 2003, contre près de 58% en 2002. Le réseau 6.6 kV en a le plus souffert avec 75 % des coupures par délestage (1593) dont 74 % (1179) par manque de production et le reste pour divers incidents liés à cette même production. Il y a dans le lot, les coupures pour nécessité d’exploitation. Elles constituent 37% de l’ensemble des coupures intervenues sur le réseau de distribution de Dakar et sont la première cause d’interruption de service sur ce dernier. Le réseau 6.6 kV en est le plus affecté puisque ce type de coupure constitue prés de 46% des interruptions intervenues sur ce réseau (6 coupures par jour). Cela laisse supposer l’existence de sérieux problèmes pour la planification des travaux ou bien une vétusté avancée des installations. L’autre aspect du problème est que 75% des causes d’interruption pour nécessité d’exploitation sont classées dans la rubrique «autres», ce qui peut laisser croire que ces causes ne sont pas bien cernées.

CONTRAINTE D’EXPLOITATION

L’exploitation des réseaux de Dakar se heurte à un certain nombre de difficultés qui gênent considérablement son déroulement. On peut citer la vétusté des installations qui entraîne de nombreuses pannes et des interventions de la part du personnel d’exploitation. Ce qui dégrade considérablement la qualité de service. Le schéma de commutation dans certaines sous stations où parfois un sectionneur est utilisé comme appareil de couplage de barres peut également allonger la durée des manoeuvres et partant, altérer sérieusement la continuité de service. Il y a par ailleurs le faible degré d’automatisation du réseau, 44 postes asservis sur près de 1400 que compte le réseau est un facteur aggravant notable de l’indisponibilité du réseau. La vieillesse et l’indisponibilité du parc roulant sont un handicap pour les déplacements des agents d’exploitation etc.

SITUATION DE LA MAINTENANCE

La vétusté et l’état de dégradation des ouvrages de distribution illustrent bien du peu de cas qui est fait de la maintenance, en tant que fonction de planification de programmation et d’exécution des opérations de remise en état du matériel défectueux. La maintenance préventive est totalement ignorée et de surcroît difficile à mettre en œuvre, au vu des insuffisances en capacité de transit du réseau et du régime ‘’marche ou crève ‘’ qui constitue le fondement de son exploitation, dit le rapport. Qui précise que «toutes les fonctions devant concourir à une bonne maintenance sont déficientes. Et on a noté le cas du personnel qui présente des insuffisances quant à la formation, de la fonction gestion de stock qui n’est pas prise en compte de façon systématique. La plupart des besoins en pièces de rechange ne se faisant que lorsque de besoin, les moyens logistiques (outillage spécialisé, appareils de mesure, véhicules de liaison et de manutention) se trouvent dans un état dégradé ou font simplement défaut.

BUDGET : DES INVESTISSEMENTS JAMAIS REALISES

En matière de budget, la mission d’audit a mis l’accent sur tout ce qui est afférent à la sécurité d’approvisionnement en énergie électrique, en l’occurrence les investissements relatifs à la sécurité des ouvrages et partant, la continuité de service. A ce titre, les taux de réalisation figurant ci dessous ont été observés dans les différentes Délégations Régionales en fin 2003 (suite au report des différents investissements prévus en 2001 et 2002).
Passage en souterrain des réseaux de Dakar. Un investissement prévu pour 2.600 million Fcfa or aucune réalisation n’a été notée. Il en est de même pour les travaux en passage souterrain de câbles actuellement exécutés à Dakar qui ont trait surtout à la création de nouvelles lignes dont les feeders Sacré Coeur, Université Secours, Puits – Equipement de 418 postes en matériel de sécurité. Une situation identique a été constatée concernant un autre investissement prévu pour 160 millions Fcfa aucune réalisation, le remplacement d’intersecs défectueux dans les réseaux de Dakar.
L’investissement prévu ? : 76 millions Fcfa, mais aucune réalisation. Le remplacement poteaux fissurés sur SIES-VCB et Rufsac : Investissement prévu 10 Millions Fcfa, réalisation aucune. Reprise des réseaux nus de l’exploitation de Rufisque en pré assemblé, investissement prévu 50 Millions Fcfa réalisé à 80 %. Passage en souterrain du feeder Hann Pêcheurs entre s/s Thiaroye et Bona, investissement prévu 74 millions Fcfa, réalisation, néant. Passage en souterrain de ligne surplombant le marché central de Thiès, investissement prévu 40 Millions Fcfa, réalisation aucune.
Reprise réseaux nus dans différentes villes de la région de Thiès, investissement prévu 95 millions Fcfa, aucune réalisation. Réhabilitation départs Nioro et Kafrine, investissement prévu 36 millions Fcfa réalisé à hauteur de 20%. Pour la réalisation des terres et protection de transformateurs, investissement prévu 15 millions Fcfa, aucune réalisation. Passage en souterrain départ 30 kV LEBAR et 6,6 kV SOR, investissement prévu 92 millions Fcfa, aucune réalisation. Pour la pose de 178 parafoudres sur divers postes de DRN, investissement prévu 15 Millions Fcfa, aucune réalisation. Pour le remplacement câbles nus en pré assemblage pour les postes Sikilo et Ancienne Centrale, investissement prévu 4 millions Fcfa, réalisation aucune. Pour la suppression branchement potelet à potelet à Délégation Sud, investissement prévu 8 millions Fcfa, aucune réalisation. Pour le remplacement poteaux termités à DRS, investissement prévu 5 millions Fcfa réalisé à hauteur de 25%.
Au vu des résultats enregistrés ci dessus, nous ferons remarquer que la faible réalisation ou la non réalisation des investissements prévus dans le budget 2001, 2002 et 2003 a engendré des difficultés d’exploitation, source d’énergie non distribuée, note le rapport. Qui remarque par ailleurs, que durant cette période, une dégradation accrue de différents ouvrages dans le domaine de la distribution, suite au manque de moyens adéquats en exploitation et en maintenance. Sans parler de l’état du réseau, qui demeure encore sous dimensionné (prédominance du 6,6 kV), et accentue l’insécurité en matière d’approvisionnement continu en énergie électrique.

Bitimrew.net

Telle une dent cariée qu’il faut extraire d’urgence de la gencive infectée de la République, le départ tant attendu de Sam-Fuel, qui jouait jusqu’ici le rôle de ministre de l’énergie, est enfin effectif. Wade le chirurgien, après des années d’hésitation, est finalement passé à l’acte : il a tout bonnement inséré, avec une bonne dose d’anesthésie, un implant à même d’abriter la « prothèse » Karim, qui refait surface dans un nouveau dossier, celui de l’énergie, alors qu’il tarde à faire décoller « Sénégal Airlines », dont le premier vol, après plusieurs mois de report, était prévu pour le 1er septembre 2010.

Le remplacement à la tête du département de l’Energie hier, lundi 4 octobre de Samuel Amète Sarr par Karim Wade qui croule déjà sous le poids de plusieurs ministères en un : Ministère des Infrastructures, de la coopération et des transports aériens ouf ! sans encore prouver quoi que ce soit,- est indécent ! Indécent d’autant plus que l’opinion est entretenue d’une querelle vraie ou fausse, qui opposerait les deux hommes depuis quelque temps. Samuel malgré sa proximité avec le président de la République devant se plier aux ordres du prince.

Un prince qui semble fort intéressé par le département. Au point que l’on ne s’est point attardé sur les formes. Même si on a invité le Premier ministre à formuler une proposition de quelques profils qui feraient l’affaire, on a vite fait de lui demander tout bonnement d’entériner la nomination du fils à la place de l’autre fils, Samuel Sarr. Il faut le dire, il n’est cependant qu’un fils d’emprunt comme Idrissa Seck, Macky Sall et ou un certain Cheikh Tidiane Gadio. Il faut renforcer « l’héritier » en ses moyens d’interventions « politiques » et financiers en lui permettant de rebondir après la débâcle de mars 2009.

D’autant plus qu’on semble disposer d’une solution toute prête pour le secteur de l’Energie qu’on lui affecte ainsi qui préserverait désormais d’ici à 2012 les Sénégalais du rationnement pire qu’en temps de guerre de l’électricité auquel ils sont encore astreints et qu’on a refusé jusqu’ici de mettre à la disposition du « remercié » qui a essuyé la colère du peuple. Loin de nous l’intention d’absoudre Samuel Sarr, sa gestion parle pour lui, mais sinon, on ne prendrait point un tel risque au palais d’ajouter à une impopularité qu’on éprouve toutes les difficultés du monde à inverser en laissant le fils patauger dans la crise. Il est la solution, non le problème, vend-on aux Sénégalais depuis l’immeuble Tamaro ? Karim Wade ne faisant point mystère de son souhait de contrôler le juteux département de l’Energie. Ce que Samuel Sarr ne voulait entendre de cette oreille. Le programme d’investissement du secteur depuis quatre maintenant, rien que pour la Senelec est estimé à près de 1000 milliards de nos francs. Un programme qui gagnerait néanmoins à être audité.

Les Sénégalais sont en droit de connaître de l’utilisation des fonds empruntés ou reçus en leur nom et qu’ils rembourseront tôt ou tard et que l’on décline en milliards sans qu’ils en voient la couleur ou les retombées. Mais on peut s’attendre avec l’arrivée des Chinois et autres investisseurs peu regardants des pays du Golf ou des dits émergents pour qui la transparence et la régularité ne sont point le fort dans le secteur comme annoncer à grande pompe, à un doublement de cet investissement. Ce qui peut faire saliver plus d’un, surtout quand on vous prête de coûteuses ambitions présidentielles. Karim Wade peut donc engranger sur le dos de son « ami » qui aura fait tout le travail en amont. Et son père de redire aux Sénégalais que son fils a encore bien travaillé.

A cela s’ajoute le sous-secteur des hydrocarbures, gouffre à sous et terrain propice à tous les accommodements fructueux pour des poches qui demandent qu’à être remplies. Quand on sait que le système fonctionne sur la base de pénuries perlées et domestiquées qui permettent le contournement des dispositions contraignantes du Code des marchés en ouvrant les vannes du gré à gré où le manque d’orthodoxie se le dispute à la possibilité des rétro commissions, on voit d’ici, les raisons d’un forcing.

Cependant les Sénégalais sont loin d’être dupes et ne sont pas prêts à avaler un si gros leurre. Ils savent que le souci de construire au forceps un destin politique expliquerait l’arnachement monstrueux qui ne rime à rien du fils qu’on veut présenter pour plus fort que le génie des Carpates, capable à lui seul de gérer six départements en un. Une espiègle relation avance même, pince sans rire, que les milliards sont le dénominateur commun du département à particules du fils. Autrement, il est difficile de trouver une quelconque cohérence à un ministère à l’effigie difficilement inscrite sur un tampon circulaire. Jusqu’ici, on peine à lui trouver une quelconque réussite. Les milliards de la Corniche, on n’a pas encore fini de les payer alors que les travaux restent encore en grande partie non réceptionnés. La nouvelle compagnie aérienne tarde à voir le jour malgré les multiples promesses. Aucun projet du Micatti n’est achevé comme si tout était dans l’énoncé et non dans la réalisation.

Pourquoi si tant est qu’on n’a pas un projet politique secret de faire adouber le fils, n’a t-on pas fait gré aux propositions de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck en le propulsant à la tête de ce département lui qui a récemment formulé des solutions de sortie de crise ? Une occasion de le tester et de tester ses solutions. Craint-on qu’il fasse de l’ombre au fils ? Pourquoi ne pas associer également l’autre ancien Premier ministre, Moustapha Niasse qui s’y connaît en matière d’énergie et de gestion du secteur ?

A ce jeu cependant de quitte ou double, Wade en cédant aux appétits boulimiques de son fils appuyé par la famille et le clan, l’expose tout autant à la vindicte populaire. Il est désormais dans la position du chasseur qui peut à tout moment se retrouver la cible. Tous les « crimes » et les infanticides perpétués n’y changeront rien. Car il revient aux Sénégalais et à eux seuls, le droit d’octroyer par le biais des urnes place et position dans la chaîne de commandement national à tous les citoyens qui en formuleraient régulièrement la demande. Les artifices ne sauraient emporter leur adhésion. Ils sauront faire les comptes. Le fils de son père dont les initiales KW (Karim Wade) se décline dorénavant en KW/heure n’a pas droit à l’erreur. Il court en effet le risque fatal d’électrocution ou à tout le moins un court-circuit tout aussi lourd de conséquence pour lui-même, pour son père, surtout pour le pays.

En tout état de cause, l’acharnement de Wade and family à imposer Karim au pays contre toute décence et simplement la raison et le bon sens, si on n’y prend garde l’emporterait lui-même et son régime. Ce serait une tragique réédition du meurtre du père, c’est-à-dire, d’un « parricide » commis par le père lui-même. Ce qui en politique comme dans la vie tout court s’appelle simplement un suicide.

sudonline.sn

Samuel Amète Sarr a finalement rendu hier, lundi 4 octobre le tablier du département de l’Energie qui commençait à lui peser. Les crises répétitives du secteur qui semble rétif à ses solutions ont fini elles, d’accabler les pauvres populations. Celles-ci sont irritées au plus haut point en effet, par des délestages intempestifs et sans fin de la Sénélec. Tout comme elles n’en peuvent plus d’une pénurie quasi entretenue du gaz butane, de la flambée des denrées de premières nécessités, des pénuries d’eau potable, des inondations, de l’insécurité accentuée par une paupérisation grandissante. Depuis, elles manifestent bruyamment leur colère à travers certaines artères des grandes villes, surtout à Dakar et notamment dans ses quartiers périphériques et même dans certaines localités parfois éloignées à l’intérieur du territoire national.

On peut penser que l’expression de leur ras-le-bol a eu raison du ministre d’Etat, ministre de l’Energie, Samuel A. Sarr avec son remplacement hier à la tête du département par Karim Wade qui a trouvé là argument pour pousser vers la sortie son « ami ». On a certainement tenu compte en haut lieu d’une opinion de plus en plus révoltée par ce qui passe à ses yeux pour une gestion nébuleuse et incompétente du secteur ainsi que les déficits énergétiques entraînés qui affectent gravement son vécu quotidien au point de l’amener à l’exprimer tapageusement. Il n’en demeure pas moins que le désormais ancien ministre d’Etat, ministre de l’Energie reste dans le giron du pouvoir comme ministre d’Etat, conseiller financier du président de la République, apprenait-on de sources généralement bien informées. C’est-là, le compromis tout trouvé au sein du « clan » pour l’amener à céder la place au « fils », renseignent en effet les mêmes sources.

Faut-il chercher cependant dans la querelle à fleurets mouchetés, mais non moins féroce des deux « amis » qui se regarderaient en chien de faïence depuis plusieurs mois maintenant, querelle entretenue par presse interposée, les véritables raisons d’une démission attendue depuis longtemps ? Samuel Sarr a-t-il été sacrifié comme les autres sur l’autel des ambitions successorales prêtées à Karim Wade ? Paye-t-il plutôt le « trop plein » de ses montages financiers, lui qui « est le seul à pouvoir lever au pied levé, des milliards sur toutes les places financières du monde », Wade dixit, rapportent nos confrères du Quotidien « l’As » dans leur édition d’hier, lundi 4 octobre ? Un peu de tout cela indubitablement. A la suite d’Idrissa Seck, Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio et tant d’autres fils d’emprunt broyés par le système Wade depuis 2000, Samuel Sarr risque de passer à la trappe. D’autant plus que selon les sources, on aurait actionné non pas depuis le 6è étage du ministère de l’Economie et des finances, la tutelle, la terrible Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) contre lui, mais depuis…les abords du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. Certaines de ses transactions seraient suspectes, indique-t-on pour l’heure en attendant que l’enquête aboutisse. Sa proximité avec le président de la République semble même l’avoir desservi dans cette affaire. Certains dossiers concernant pourtant des personnalités aux premiers rangs de l’Etat qui ont leur entrée au palais et qui feraient même partie de ceux-là qui ont actionné la cellule contre Samuel Sarr ont été distraits cependant du champ d’investigation de la Centif, renseignent des sources avisées. Samuel Sarr agneau de sacrifice ou véritable coupable ? L’avenir le dira. Mais, l’opinion avalera difficilement qu’il est le seul coupable, d’autant plus que l’on avance dans les milieux informés que d’importantes « commissions » ont été versées dans l’affaire de la recapitalisation de la Sar et de la création de la société de stucage « Senstock ». On parle d’une dizaine de millions de dollars.

On rapporte par ailleurs, de sources généralement bien informées, que « la famille au palais, à l’unisson, s’est mobilisée depuis quelques jours pour obtenir sa tête ». Hier, même, avancent les mêmes sources, la tribu est (re) montée au créneau et aurait même invité le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye à soumettre ses propositions pour le remplacement de Samuel Sarr. Poudres aux yeux si ça se trouve avec la nomination au finish de Karim Wade. Tous ceux qui font montre d’une proximité certaine avec le président de la République deviennent suspects pour le fils et ses affidés. Demandez à Pape Samba Mboup dont on avance qu’il devra bientôt céder son poste de ministre, chef de cabinet du président de la République à un proche de Karim.

Pour l’heure Samuel Sarr qui s’était rendu le week-end à Touba, certainement pour en informer son marabout, a laissé entendre à des proches « qu’il n’en voulait plus et même n’en pouvait plus ». Il a à plusieurs reprises mis sa démission sur la table du chef de l’Etat, informe-t-on dans son entourage. Il s’est étonné également de l’intérêt grandissant de son « ami » Karim pour le secteur qu’il avait en charge au point de le voir s’immiscer dans tous les projets du département. Que ce soit pour les deux centrales à charbon de 125 Mégawatts chacune que la République de Chine populaire va financer pour enrichir le parc de la Sénélec ou encore le projet de la Boucle de Dakar de restauration du circuit de distribution de la même société d’électricité de près de 58 milliards de Fcfa. Ou encore la recapitalisation et le renforcement de la Société africaine de raffinage (Sar) d’un montant de 250 milliards de Fcfa de la part du groupe saoudien Bin Laden, il y a la main de Karim Wade. Tout comme il s’inquiétait de voir un échange épistolaire qui daterait du mois de juin dernier remis au goût du jour ces temps derniers. Dans les milieux proches du ministère de l’Energie, on signale que « c’est parce que les réformes institutionnelles du secteur ont été mises en branle et qu’elles commencent à donner des fruits qu’on cherche à s’en accaparer ». Si les délestages d’ici à février 2012 devenaient de simples souvenirs, on serait amené à croire à une telle assertion.

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La nomination de Karim Wade ne signifie pas automatiquement fin des délestages et solution définitive de la crise énergétique au Sénégal. Et selon imam Youssouf Sarr, Karim Wade est déjà trop chargé pour qu’on lui confie une question aussi urgente. Pour nombre de représentants d’associations consuméristes, peu importe la personne, ce sont des solutions définitives qui sont attendues.

Pour l’Imam Youssou Sarr, porte parole du collectif des imams de Guédiawaye, c’est une mesure qui était demandée par la population. La nomination au pied levé de Karim Wade au département de l’énergie reste diversement apprécié au point de susciter e quelques inquiétudes notamment auprès du porte parole du collectif des imams de Guédiawaye. « C’est que le départ de Samuel Sarr était devenu inéluctable, mais je suis contre le fait de donner ce poste à Karim Wade. Il était préférable de donner le poste à un autre. Il y’a d’autres personnes qualifiées et compétentes qui pourraient bien réussir cette mission », a-t-il dit. « Il en déjà beaucoup sur la tête pour qu’on lui rajoute un secteur aussi crucial complexe. Il faut aussi ajouter qu’il y’a une urgence à résoudre les problèmes du secteur de l’énergie.

Pour toutes ces raisons nous pensons qu’on aurait pu trouver quelqu’un de moins chargé », ajoute l’imam. A la question de savoir si cette mesure pourrait les amener à reconsidérer leur mot d’ordre de boycott du paiement des factures brandi récemment avec le retour tout azimuts des délestages. L’imam lance net : « on ne peut pas se prononcer pour dire qu’on suspend notre mot d’ordre. C’est prématuré. On attend de voir ce que cela va donner avant de reconsidérer notre position sur cette question. » Au vu des autres réactions recueillies, cette mesure ne semble pas trouver l’agrément chez les populations.

« L’affaire, ce n’est pas de la magie. Je ne pense pas que simple nomination de Karim Wade soit la solution du problème. Pour moi, le ministre m’importe peu. L’essentiel est de pouvoir avoir de l’énergie pour travailler et livrer mes commandes à temps », tranche ce couturier établi à Mermoz. C’est quasiment le même son du côté de cette restauratrice à côté d’un grand centre d’appel à Dakar. L’important pour elle pense, c’est de disposer de l’énergie et du gaz en ces moments de perturbations dans la distribution causant d’énormes pertes.

« Je ne connais pas Samuel Sarr ou Karim Wade. Je ne connais que mon restaurant qui me permet de gagner ma vie et de subvenir aux besoins de ma famille », renchérit-t-elle.

Notre interlocutrice n’en reconnaît pas moins l’urgence d’apporter une solution à l’épineux problème de l’énergie « surtout le gaz, il est très important pour nous. Cela nous permet non seulement de gagner du temps mais aussi de faire des économies. Je dois dire que le gaz est plus économique, mais avec cette pénurie on dépense beaucoup en charbon. Ce qui augmente nos charges alors que nous vendons les plats au même prix. Si Karim Wade peut régler ce problème tant mieux. En tout cas on est très fatigués, sans parler des coupures de courant qui détruisent toutes nos provisions », se plaint-elle

Du côté de l’Ascosen, on préfère laisser au président la prérogative du choix de ses collaborateurs. « Samuel Sarr a fait quelque chose mais les problèmes persistent » , reconnaît Momar Ndao, président de l’association consumériste. Et par rapport au nouveau ministre, le responsable consumériste dit attendre de lui « la même ouverture d’esprit que son prédécesseur, la résolution définitive des difficultés de ce secteur. »

Revenant sur les véritables problèmes de la Sénélec qui sont, à son avis, au niveau de la production Momar Ndao a soutenu que le grand problème c’est la gestion de la production. « Il faut la changer, sinon on ne résoudra rien. Il faut veiller également à l’entretien préventif, à la maintenance et l’optimisation de la production », indique-t-il.

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