Comme chaque année, au mois d’avril, l’humanité a commémoré, le génocide rwandais de 1994. Pourtant, une tragédie similaire est en train de se préparer au Centre du Mali, et cela, dans l’indifférence totale de la communauté (ouest) africaine. Il est urgent d’y mettre fin avant que ce conflit n’embrase toute la bande soudano-sahélienne.

Le 10 mars dernier, le Pr Abdoulaye Bathily a donné, au West African Research Centre, à Dakar, une conférence intitulée “ L’Afrique, un continent convoité, face aux défis de ses choix unitaires”. Quelques jours plus tard, j’ai reçu sur un groupe Whatsapp, un extrait de cette conférence qui m’a profondément bouleversé. Après avoir évoqué les conséquences dramatiques de la désertification sur les conditions de vie des éleveurs nomades peuls, l’éminent historien et ancien représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique Centrale avertit : “il y a un risque de génocide anti-peul dans [le Delta central du Niger]” avant d’ajouter: “C’est pourquoi j’ai dit à nos amis maliens ‘Faites attention. On commence déjà à entendre les discours ‘Les Peuls nous embêtent.’ ”

Après avoir entendu ces propos glaçants, je me suis précipité, tôt le lendemain matin, sur les sites d’information sénégalais en espérant trouver des comptes rendus plus détaillés et des analyses approfondies de la conférence. Hélas, quelle ne fut ma déception de constater qu’aucun organe de presse ne semblait avoir été au courant de la rencontre, du moins si j’en juge par l’absence de sa couverture par les sites que j’avais visités. Pourtant, l’avertissement du Pr Bathily ne fait que confirmer des faits qui, depuis 2013, sont largement rapportés par plusieurs médias internationaux, des ONG et des centre de recherches basés hors du continent africain.

En effet, cela fait plusieurs années que les Peuls du Centre du Mali, dont des femmes, des enfants et des vieilles personnes, font l’objet de harcèlements et de meurtres perpétrés par l’armée malienne et des milices d’autodéfense créés sur des bases ethniques et qui sont soutenues par le gouvernement. Les Peuls (qu’on appelle aussi Fulbe, Fulani ou Fellata) constituent le groupe ethnique le plus répandu en Afrique ; on les retrouve dans au moins 20 pays sur le continent. Au Centre du Mali (traditionnellement appelé Macina), où les Peuls vivent depuis des siècles, leurs activités pastorales les mettent souvent en conflit avec des pasteurs arabes et touaregs provenant du Nord Mali ou des agriculteurs appartenant à d’autres ethnies comme les Bambara et les Dogons. Depuis que le Mali est devenu indépendant en 1960, cette rivalité pour les pâturages ou les terres agricoles a causé plusieurs conflits sanglants aux relents ethniques. Bien qu’ils soient estimés à environ 14% de la population nationale, les Peuls se sont souvent considérés victimes de discriminations de la part du gouvernement malien qui, d’habitude, prend position en faveur des agriculteurs ou des éleveurs arabes et touaregs originaires du nord.

Par conséquent, quand le MNLA, un mouvement de rébellion touareg, a envahi le Macina en 2012, causant la fuite des Forces armées maliennes (FAMA), les Peuls se sont sentis sérieusement menacés. Cela a poussé quelques membres de leur communauté peule à rejoindre les rangs du MUJAO, un groupe jihadiste qui avait, à son tour, envahi le Mali et qui se battait
Dr Sadibou Sow- Genocide anti-peul

contre le MNLA. Cependant les Peuls ont payé un lourd tribut quand les FAMA sont retournées au Centre du Mali en 2013 avec l’aide de l’armée française. Comme l’a rapporté Human Rights Watch entre autres, beaucoup de bergers peuls, que les militaires et les milices progouvernementales accusent de collusion avec les jihadistes, font l’objet de harcèlements multiformes: arrestations, confiscation de biens, bastonnades, emprisonnement sans procès voire exécutions sommaires. Cette situation rappelle, à plusieurs égards, les violences qui avaient mené au génocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994.

Le silence des journalistes et des intellectuels (ouest) africains par rapport à ces rumeurs de génocide anti-peul est d’autant plus inquiétant que les informations sur le sujet ne font pas du tout défaut. Pour en trouver, il suffit de visiter des sites tels que Le Monde Afrique, RFI Afrique, Jeune Afrique, Human Rights Watch, Amnesty International, International Crisis Group, pour ne citer que ceux-là. Qu’est-ce qui explique alors cette omerta? Il est quand même extrêmement scandaleux qu’en 2018, au Macina, des hommes, des femmes, des enfants, et des vieillards soient pourchassés, tabassés, fusillés, égorgés, brûlés et enterrés dans des fosses communes juste à cause de leur appartenance ethnique. La vérité est qu’au Centre du Mali, l’existence de tout un groupe ethnique, en l’occurrence les Peuls, est menacée par l’absence de l’État qui échoue lamentablement dans l’accomplissement de sa mission régalienne. Cela laisse les populations entre le marteau des jihadistes et l’enclume des chasseurs Dan-na Amassagou, une milice se disant « d’autodéfense » et pro-gouvernementale. Cette dernière, qui dispose d’armes de plus en plus sophistiquées (allez savoir d’où elles viennent) continue de commettre, contre la population peule du Macina, des massacres d’une violence inouïe et en toute impunité. Cette violence conjuguée des FAMA et des milices pro-gouvernementales pousse de plus en plus les villageois peuls du Delta intérieur du Niger à déserter leurs habitations rurales pour aller se réfugier dans les villes ou les pays voisins. Ces villages abandonnés par les pasteurs seraient immédiatement récupérées par les voisins dogons pour élargir leurs champs.

Il est ahurissant que cette horreur se passe à quelques encablures de la tombe du Capitaine Mbaye Diagne, ce Jambar du « pays des mille collines » reposant à Touba Mbacké, et les médias ouest-africains font comme si de rien n’était. En essayant de discuter de ce silence avec des Sénégalais, j’ai entendu des commentaires vraiment surprenants. C’est ainsi qu’un ami, du reste bien informé, qui essayait de justifier l’absence de réaction du gouvernement sénégalais, m’a balancé la fameuse formule : « un pays n’a pas d’amis ; il n’a que des intérêts» avant de rebondir sur l’importance de respecter la loi sur la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Laakara yoo ! Qui ne se rappelle pas de la forte pression internationale exercée sur un certain Yaya Jammeh pour l’obliger à quitter le pouvoir après avoir perdu les élections en Gambie ? Dans le cas du Mali, il ne s’agit pas de faire respecter les résultats d’une élection. Il s’agit de s’opposer à une épuration ethnique dont les murmures deviennent de plus en plus audibles depuis quelques mois. Il n’y a pas d’intérêts entre des pays voisins qui soient plus importants que la préservation de la vie humaine. Comme le rappelait le Pr Abdoulaye Bathily cité par Jeune Afrique: « Le Mali et le Sénégal, c’est la même histoire et le même peuple [….]. Par-delà les ethnies et les races, le Sahel constitue une unité culturelle.» Or quand la maison de notre parent est en train de brûler, il est immoral de rester inerte. Après tout, avec un peu plus de patience de la part des pères fondateurs de nos nations, Sadio Mané, Keita Baldé et leurs coéquipiers en équipe nationale auraient pu aujourd’hui représenter à la prochaine du monde, non pas le Sénégal, mais la Fédération du Mali.
Dr Sadibou Sow- Genocide anti-peul

Il serait excessivement dangereux de laisser perdurer cette situation. Compte tenu de la présence des Peuls dans plusieurs pays africains, le Mali et la communauté internationale ont intérêt à éviter une situation où les Peuls se diront qu’ils n’ont d’autre choix que de se soulever pour protéger leur communauté contre l’extermination. Un tel soulèvement causerait un chaos dans toute la région soudano-sahélienne; elle deviendrait alors un terreau encore plus fertile pour les guerres indépendantistes ainsi que les activités jihadistes. Les journalistes, intellectuels, artistes et sportifs de l’Afrique (de l’ouest) en général, et du Sénégal, en particulier, doivent tous s’investir dans le retour de la paix et de la convivialité au Mali. Ce serait une honte pour nous tous de laisser les mosquées du Macina voir ce que les églises de Murambi n’auraient jamais dû voir. Protégeons les bergers de Bandiagara contre le sort que connurent ceux de Bisesero pendant les « Cent jours du Rwanda ». Ne laissons pas le Jatigiya/Teddungal malien se noyer dans le Joliba. C’est pourquoi, à l’instar d’autres chercheurs qui se sont penchés sur la crise au Centre du Mali, nous exhortons le gouvernement malien à :

? déployer suffisamment de personnel et d’équipement militaire au Centre du Mali pour protéger tous les civils quelle que soit leur appartenance ethnique ou religieuse.

? démanteler toutes les milices pro-gouvernementales et confisquer leurs armes.

? travailler avec des membres crédibles de la société civile malienne et des organisation de défense des droits de l’Homme pour mener des enquêtes sur les abus commis par la police et les membres des forces armées maliennes et traduire en justice tous ceux qui seront soupçonnés d’être impliqués dans de tels abus.

? travailler avec des chefs de communautés crédibles pour promouvoir le dialogue et la réconciliation entre les différentes communautés et trouver des solutions consensuelles et durables à la gestion des pâturages.

Nous faisons appel également à la communauté internationale, en générale, et les pays qui ont contribué à la MINUSMA en particulier, de veiller à ce que le gouvernement malien protège tous les citoyens du pays, sans discrimination.

Au cas où ce gouvernement ferait montre d’une mauvaise volonté dans l’accomplissement de ces devoirs élémentaires, la communauté internationale devrait lui imposer des sanctions sévères pour l’obliger à s’exécuter.

Vive le Mali; vive l’Afrique

Dr Sadibou Sow
Dr Sadibou Sow- Genocide anti-peul

Monterey, Californie USA

18 Commentaires

  1. Les pays voisins ansin que la communaute internationales doivent veiller a ce que le gouvernement malien arrete d’armer des milices pour commencer un genocide contre le Peuls du pays. Nul n’est a l’abris.

  2. Les pays voisins ansin que la communaute internationales doivent veiller a ce que le gouvernement malien arrete d’armer des milices pour commencer un genocide contre le Peuls du pays. Nul n’est a l’abris.

  3. Dans une crise comme celle qui sévit actuellement au Macina, parmi les plus grandes faveur qu’on puisse faire aux bourreaux, il y a le silence ou le fait de renvoyer les protagonistes dos à dos. Or ici il s’agit du gouvernement malien qui a faillit à son devoir de protéger toutes les populations du malien avant, pendant et après les invasions des rebelles touaregs puis des jihadistes du Mujao. Aujourd’hui plusieurs groupes qui avaient de vieux contentieux fonciers avec les Peuls en profite pour régler ces comptes en formant des « milices d’autodéfense » progouvernementaux. Celles-ci, avec l’appui des forces armées maliennes, commettent des carnages contre les Peuls et en prétendant tuer des terroristes.

    Voici quelques ?sources pour mieux comprendre la tragédie que subissent les Peuls du Mali depuis plusieurs années.

    Bonne lecture

    1) Mali : Décès et tortures de personnes détenues par l’armée (Human Rights Watch)
    https://www.hrw.org/fr/news/2018/04/09/mali-deces-et-tortures-de-personnes-detenues-par-larmee

    2. Le Centre du Mali : épicentre du djihadisme ? ( Boukary SANGARE)

    http://www.grip.org/sites/grip.org/files/NOTES_ANALYSE/2016/NA_2016-05-20_FR_B-SANGARE.pdf

    3. Centre du Mali: Enjeux et dangers d’une crise negligée (Adam Thiam)
    https://www.hdcentre.org/fr/updates/nouvelle-publication-centre-du-mali-enjeux-et-dangers-dune-crise-negligee/

    4. Mali. Découverte d’un charnier et aggravation de la crise sécuritaire
    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2018/04/mali-mass-grave-discovered-as-security-crisis-deepens/

  4. Il peut y avoir des bavures mais ce qui est sûr et certain, certains peuls se sont associés aux djihadistes de Yad le touareg pour tenter d’imposer leur réligion à d’autres populations de Macina. Cela n’est pas acceptable. Et depuis très longtemps les peuls ont été favorisés par les corrompus de l’adminidtration malienne contre le paysan. Il faut que vous discutez avec les peuls puissent que vous pensez qu’ils sont accusés à tord.

    • C’est la même chose qui se passe en guinée. Les peuls sont discriminés partout souvent à cause de leurs réussite qui est partit de rien. Ça va perdurer tant les pays sont gérés par des idiots tarés comme toi Koné

  5. C’est la même chose qui se passe en guinée. Les peuls sont discriminés partout souvent à cause de leurs réussite qui est partit de rien. Ça va perdurer tant les pays sont gérés par des idiots tarés comme toi Koné

  6. Kone, qu’il y ait des Peuls dans les groupes jihadistes, personne ne peut le nier parce que le contraire serait trop surprenant; il y a une grande diversité ethnique dans ces groupes et il faut les combattre farouchement. Mais ce combat ne doit pas se faire avec des milices ethniques progouvernementales qui tuent n’importe qui et n’importe comment. Le droit de porter des armes pour lutter contre les terroristes et les rebelles doit être réservé exclusivement aux forces de défense et de sécurité. Ces dernières n’ont pas le droit d’aller rafler des gens (parfois juste à cause de leur facies), les torturer et les executer sommairement pour les enterrer dans des fosses communes. Les FDS doivent mener leur mission de façon république dans le respect du droit international

  7. De toute évidence il y’a tou jours eu une haine contre les peuls dans tout le sahel. Cette situation arrange les autres composantes de ces pays. De la Mauritanie au Niger. Le colonisateur à toujours favorisé les autres que je ne citerai pas. Alors prenons les armes et défendons ces paisibles citoyens.

  8. Les français sont derrière toute cette instabilité qui menace la vie de nos frères et soeurs au Macina.
    Après avoir semé le désordre au Rwanda, ils arment les populations, les montent les unes aux autres pour semer le désordre.
    Dans leur pays, aucun africain ne vient semer le désordre là-bas et ils viennent jusque dans nos terres ancestrales pour semer la confusion avec nos frères bambaras ou armer des hordes sauvages à dos de chameaux et sans éducation qui ne sont nés que pour l’abomination et le désordre!
    Que la protection et la bénédiction soit sur mon peuple.
    Que le malheur que fomente les comploteurs français et occidentaux retombent sur ces derniers.

  9. c’est Ahmed Sekou Toutre premier président Guinéen qui l’a commencé des qu’il a déclaré le guerre contre Peul, les milices Doozo, venant de différents pays voisins du mali et soutenues par le régime malien, qui veulent exterminer les peuls

    • Vous avez bien fait de mal écrire son nom. De toute évidence, il a échoué et incha allahou il y aura beaucoup de présidents peuls en Guinée à commencer bientôt par Cellou Diallo. La réflexion sur l’avenir des peuls en Afrique mérite bien de se poser actuellement, vu leur nombre, leur répartition et leur persécution.

  10. Bravo mon frere Sadibou,Les pays ouest africains feraient mieuxvde reagir,car l’ethnie peulh est tres repandu,Si la situation degenere ils ne seront pas epargner,Yo Allah wad jam

  11. Vous avez bien fait de mal écrire son nom. De toute évidence, il a échoué et incha allahou il y aura beaucoup de présidents peuls en Guinée à commencer bientôt par Cellou Diallo. La réflexion sur l’avenir des peuls en Afrique mérite bien de se poser actuellement, vu leur nombre, leur répartition et leur persécution.

  12. http://www.rfi.fr/afrique/20180619-fosses-communes-mali-bamako-reconnait-implication-militaires

    Maintenant que même l’ONU, à travers le rapport de son Secrétaire Général, M. Antonio Guterres, a dénoncé les effroyables exactions commises par l’armée malienne, les bouchers de Bamako n’ont plus d’autre choix que de reconnaître leurs actes de barbarie. Mais pour que les Peuls lâchement abattus et enterrés dans les charniers du Macina ne meurent pas pour rien, nous devons maintenir la pression sur le régime d’IBK afin que ces enquêtes aboutissent à des sanctions exemplaires contre les militaires assassins ainsi que leurs protecteurs.

  13. C’est vraiment écœurant, énervant! Le mot est peut être fort mais il traduit la pure vérité! L’élimination ou plutôt l’épuration pure et simple des peuls! Et cela devant les organismes comme l’UEMOA, la CEDEAO et l’Union Africaine! Koné, tu as surement raison, des peuls ont pactisé ou pactisent avec des groupes djihadistes, oui! Mais comme on le dit chez nous « tout se qui se courbe ne chie pas forcément »! Juste sur la base d’avoir le faciès ou la ressemblance à un peul suffit pour faire de moi un djihadiste??? Quand même, un peu de sérieux! IBK est responsable et s’il ne tenait quand moi, il ne sera pas réélu! Il a échoué!!!Ils sont où tous ces intellectuels peuls??? Je souhaite que là où il y a un intellectuel peul dans une instance dirigeante, qu’il soit la voix de son peuple, qu’il défende son peuple, que ses collaborateurs sachent que « peul je suis, peul je mourrai », n’en déplaise à tous ces ennemis de peuls!Quelque fois, tu n’as pas le choix, s’il faut se défendre, on se défendra puisque nos gouvernants s’en fichent complètement de nous! Un soulèvement de peuls dans toute l’Afrique ne profiterait à personne! Combien sont elles ou ils nos sœurs ou frères mariés à d’autres hommes ou femmes d’autres ethnies? A bon entendeur salut! La communauté peule ne s’éteindra jamais, sachez le chers ennemis! Vous nous enviez? mais on a pas volé, c’est Allah qui nous a tout donné!

  14. C’est vraiment écœurant, énervant! Le mot est peut être fort mais il traduit la pure vérité! L’élimination ou plutôt l’épuration pure et simple des peuls! Et cela devant les organismes comme l’UEMOA, la CEDEAO et l’Union Africaine! Koné, tu as surement raison, des peuls ont pactisé ou pactisent avec des groupes djihadistes, oui! Mais comme on le dit chez nous « tout se qui se courbe ne chie pas forcément »! Juste sur la base d’avoir le faciès ou la ressemblance à un peul suffit pour faire de moi un djihadiste??? Quand même, un peu de sérieux! IBK est responsable et s’il ne tenait quand moi, il ne sera pas réélu! Il a échoué!!!Ils sont où tous ces intellectuels peuls??? Je souhaite que là où il y a un intellectuel peul dans une instance dirigeante, qu’il soit la voix de son peuple, qu’il défende son peuple, que ses collaborateurs sachent que « peul je suis, peul je mourrai », n’en déplaise à tous ces ennemis de peuls!Quelque fois, tu n’as pas le choix, s’il faut se défendre, on se défendra puisque nos gouvernants s’en fichent complètement de nous! Un soulèvement de peuls dans toute l’Afrique ne profiterait à personne! Combien sont elles ou ils nos sœurs ou frères mariés à d’autres hommes ou femmes d’autres ethnies? A bon entendeur salut! La communauté peule ne s’éteindra jamais, sachez le chers ennemis! Vous nous enviez? mais on a pas volé, c’est Allah qui nous a tout donné!

  15. Inquiétudes d’un Ouest africain lambda (?)
    L’UA et la CDEAO se prépare à déposer une lettre au Nations Unis en vue d’une intervention militaire au Mali. A mon humble avis une des structures les plus adaptée est le CEMOC (Comité d’Etat Major Opérationnel Conjoint) du champ. Elle concerne la Mauritanie, le Niger, l’Algérie et le Mali. Tous connaissent bien le terrain, connaissent le problème mieux que quiconque et les travers de cette question au coeur du Sahel. C’est elle qu’il faut renforcer et non une force d’attente de la CDEAO ou force africaine de maintien de la paix. Que ne faut-il comme moyens avec ces quatre pays réunis avec l’aide logistique sincère da la dite communauté internationale pour juguler ce problème ?
    A part l’Afrique du Sud et l’Algérie et peut-être le Nigéria qui sont des puissances militaires dignes de ce nom je ne vois pas qui pourraient apporter une solution à ce problème du nord malien. Sans leurs engagements et de concert avec le CEMOC déjà existant je ne vois pas comment nous pourrons sortir de cet imbroglio ? Le risque d’embrasement de la sous-région à travers des amalgames raciaux confessionnels est un grand risque. A l’avouer j’ai peur d’un risque de face à face qui dans des dérives d’une guerre opposerait le Maghreb arabe à l’Afrique subsaharienne. Nous devons à tout prix éviter cela et en conséquence impliquer les acteurs du champ que sont le Niger, l’Algérie, le Mali et la Mauritanie.
    D’autant plus quand nous savons que le Maghreb arabe constitue le rempart contre l’immigration massive subsaharienne est né en 2004. Cette entité est née sous l’impulsion de la France et de la Tunisie. L’initiative « 5+5 défense » récemment appelé Groupe des dix et qui rassemble l’Espagne, la France, l’Italie, Malte, Portugal, l’Algérie, la Libye, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie a pour vocation aussi La lutte contre l’immigration clandestine, le terrorisme et les trafics d’armements qui constituent les principaux défis auxquels font face les pays membres de cette initiative et donc forcément les états en bordure du Sahel.
    Est ce que tout ce monde là est de concert ? Dieu seul sait. Les intérêts peuvent être divergents.
    Si cette structure qu’est le CEMOC avait fait son travail nous n’en serions pas là.
    Que s’est il passé ?
    Pourquoi le ministre nigérien Mohamed Basoum dans les antennes de RFI parle t-il « d’hibernation » quand nous avion le plus largement besoin de cette structure sensée prévenir les éventuels troubles dans cette aire du champ.
    Je cite ces propos sur les antennes de RFI : « Moi, je pense que nos frères algériens ont commis quelques erreurs, ne serait-ce que de communication. Nous étions dans le Cemoc ensemble, et le comité d’état-major opérationnel unifié était conçu pour faire face à de telles situations. Or, depuis que cela est arrivé au Mali, le Cemoc a été mis en hibernation. Je pense que pour le prestige de l’Algérie, pour son rôle dans la sous région, ils doivent se ressaisir. »
    Pourquoi n’a-t-elle pas été efficace. Dieu seul et les acteurs majeurs de cette structure le savent.
    Ne sommes-nous en droit d’interpeller les autorités concernées ? Responsabilité oblige, ils doivent nous rendre compte nous autres peuples au nom des quels ils demandent aide, contractent accord, demandent subventions. N’avons-nous pas ce droit ?
    Ne s’agissait-il pas de peuples en danger ? De sous région en danger ?
    Nous ne sommes pas dupes. Il y a beaucoup de non dits dans cette zone du monde. Les peuples de cette région ne doivent pas faire les frais de calculs savamment orchestrés et souvent mesquines.
    La question du Sahara occidentale n’est pas encore résolue. La poudrière mauritanienne sur fond de racisme d’état avec sa question nationale n’est pas encore résolue.
    Le Mali s’avance, si on y prend garde dans une bipolarisation entre arabes-touaregs et subsahariens noirs.
    Je vous invite à réfléchir longuement sur les conclusions d’une analyse faite par André Bourgeot dans le magazine DIPLOMATIE N° 56 dans sa rubrique Stratégie intitulé : La poudrière malienne et qui indique « Sur un plan plus géopolitique, les descriptions, hypothèses et analyses précédentes autorisent à envisager que les événements au Moyen-Orient (Syrie, Iran), au Maghreb (printemps arabe) et dans l’espace saharo-sahélien (rébellions touboues et touarègues, ces derniers étant réceptifs aux logiques capitalistes et défenseurs des lois du marché, l’Algérie constituant un obstacle), peuvent être des indicateurs de processus de mise en oeuvre d’un nouvel ordre mondial. Celui-ci serait enclenché par les puissances occidentales et se réaliserait par une succession de déstabilisations ponctuelles (sans lien apparent les unes avec les autres), régime par régime, territoire par territoire, ethnie par ethnie »
    Machiavélique non ? Est-ce un cynisme des puissants face aux désarrois des faibles ?
    Nous ne voulons pas encore faire les frais de sales guerres comme la guerre froide Est Ouest. Une autre se profile à l’horizon. Soyons vigilants.
    Les sociétés civiles de nos pays se doivent d’être vigilantes.
    L’Angola et l’Afrique du Sud près Apartheid l’ont chèrement payés à coup de milliers de morts.
    Le golf de Guinée est un enjeu. Le continent en entier est un enjeu pour les super puissance et les pays émergents.
    Nous avons encore dans les mémoires la guerre du Biafra, du Katanga, le Génocide rwandais, la guerre du Shaba et je pourrais continuer, tant la liste est longue.
    Ces guerres nous sont souvent imposées. Soyons vigilants.
    Devront nous toujours nous entre tuer à notre détriment et aux bénéfices des autres?
    N’avons-nous pas assez compris que ces guerres là ne sont forcément pas les nôtres ?
    Qui les paye en sang ?
    Qui les paye en destruction massive de nos ressources humaines?
    Qui les paye en humiliation ?
    Qui les paye en cumul de discrédits ?
    Qui paye la facture financière d’une éventuelle reconstruction? NOUS, seulement NOUS et encore NOUS en bradant à vil prix nos ressources gigantesques, en tendant la main à l’aide internationale afin de boucler nos fins de mois et donc à la merci de ceux qui ont de loin contribué à l’origine de nos maux.
    Evitons de tomber dans les panneaux que l’on nous a toujours tendus, de tomber dans ce cycle infernal, l’éternel recommencement.
    L’internationalisation du problème malien m’inquiète.
    Cette communauté internationale (le conseil de sécurité) elle-même n’est elle pas en crise ?
    L’Irak est dans le chaos après le passage de cette même communauté internationale. La guerre d’Afghanistan n’est pas encore terminée et la coalition internationale sous mandat des nations Unis se retire et la laissera face à son destin.
    Le moyen orient et le Maghreb arabe sont en ébullition avec des risques potentiels d’embrasement de ces sous région. La côte d’Ivoire est à peine sortie de sa convalescence.
    Le prochain foyer pour ceux qui savent bien allumer ces foyers semble bien être notre chère Afrique convoitée, faible de ses divisions, meurtrie, blessée. Une guerre on sait quand est qu’on la commence on ne sait pas quand est ce qu’on la termine.
    Si nous devons aller en guerre imposée en mesurons nous les conséquences ?
    Sommes-nous prêts ?
    Stratèges militaires, Politiques dignes de ce nom, acteurs de la société civile je vous interpelle.
    Nos peuples n’ont que détermination et conviction. Est-ce suffisant ?
    LAT DIOR HGONE LATIR DIOP est resté dans le champ de l’honneur,
    BABEMBA TRAORE est resté dans le champ de l’honneur. L’espace sahélo saharien s’est « pacifié» et la suite nous la connaissons. Face à un combat largement inégal ils ont préféré le suicide à la honte, à la lâcheté. Le chemin de fer Saint-Louis du Sénégal Koulikoro s’est réalisé.
    Le pompage du PETROLE et du GAZ continueront, l’extraction de nos ressources naturelles (URANIUM, OR, DIAMANT, BEAUXITE, NIKEL, BOIS RARES etc ..) continuera à travers des couloirs sécurisés cependant que nous nous serons les chaires à cannons de guerres qui ne sont pas les nôtres.
    Cette guerre si nous devons la mener ; Il est en des préalables :
    – Identifier le véritable ennemi,
    – Préparer et armer le peuple et l’opinion,
    – Choisir ses alliances.

    Nos ennemis sont l’ignorance et la misère qui font que nos peuples adhèrent à ces salles guerres.
    Pour préparer et armer nos peuples et l’opinion, ces peules doivent être armés d’instruction, d’éducation, de formation et de civisme au tour de valeurs et d’intérêts communs propice à l’émergence d’une citoyenneté. Qui donnera ces armes au peuple ? Le politique véreux ? Le peuple ne saura défendre ces intérêts qu’armée de convictions sous tendues par la bonne compréhension des enjeux. Il faut une révolution et dans les mentalités et dans les comportements. Ces mentalités et ces comportements se forgent dans une école républicaine.
    GUERRE SUCCITEES Y’EN A MARRE,
    GUERRES FOMENTEES Y’EN A MARRE,
    GUERRE ETRETENUE Y’EN A MARRE.
    Serons nous à tout jamais voués au dictat du cynisme des puissants, du machiavélisme des puissants, de la cupidité d’un monde sans morale ? Refusons ces salles guerres.
    Stratèges militaires, Politiques dignes de ce nom, acteurs de la société civile je vous interpelle.

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