Le président sénégalais s’est engagé à soutenir la candidature du Canada pour un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi, alors que Justin Trudeau concluait la deuxième partie de sa visite officielle en Afrique.

Lors d’une conférence de presse au palais présidentiel à Dakar, mercredi, Macky Sall a déclaré qu’il était « très facile » d’appuyer le Canada et qu’il parlerait avec ses homologues africains pour les encourager à l’imiter. « Je peux dire qu’on a besoin de la voix du Canada au Conseil de sécurité, a-t-il dit. Je pense que c’est une voix qui va résonner et c’est une voix raisonnable. De ce point de vue, bien sûr, le Canada a tout notre soutien dans cette élection. »

Le Canada, la Norvège et l’Irlande se disputent les deux sièges qui seront disponibles pour deux ans à l’organe exécutif des Nations unies en 2021?; le vote des membres à l’Assemblée générale aura lieu en juin. M. Trudeau soutient que ce poste donnerait au Canada plus d’influence sur la scène mondiale dans des dossiers comme la paix, la sécurité et les droits de la personne.

Le premier ministre a passé plusieurs jours en Afrique depuis samedi, en partie pour obtenir le soutien de dirigeants de tout le continent. Il était la fin de semaine dernière en Éthiopie, où il a rencontré plusieurs dirigeants en marge du sommet de l’Union africaine. Il a fait un saut par la suite au Koweït, pour rencontrer des militaires canadiens déployés en Irak.

MM. Trudeau et Sall sont apparus très complices lors de leur conférence de presse commune à Dakar, mercredi — le premier ministre tutoyait le président. Cette facilité apparente dans leur relation contrastait avec certaines rencontres de M. Trudeau avec d’autres dirigeants africains au cours du week-end dernier à Addis-Abeba.

M. Sall s’est néanmoins braqué lorsqu’un journaliste canadien a demandé à M. Trudeau s’il évoquerait avec le président le fait que l’homosexualité soit toujours illégale au Sénégal. Le premier ministre a déclaré qu’il évoquait les droits de la personne chaque fois qu’il en avait l’occasion, mais il a reconnu qu’il y avait encore « du travail à faire ». Il a par ailleurs indiqué qu’il en avait « parlé brièvement » avec M. Sall.

Les « relations contre nature »

Le président sénégalais a ensuite assuré que ceux qui ont une « orientation sexuelle de leur choix » ne font pas l’objet d’exclusion dans son pays. « Les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation, a-t-il expliqué. Cela n’a rien à voir avec l’homophobie. Le Sénégal est un pays de droit, c’est clair, un pays qui respecte les droits de l’Homme […] mais le Code (criminel) interdit l’exhibition, les relations contre nature […] On ne peut pas non plus demander au Sénégal de dire demain, on légalise l’homosexualité, demain c’est les “gay parade”, etc. Ça, ce n’est pas possible, parce que notre société ne l’accepte pas. La société elle doit — elle va évoluer, ça prendra le temps que ça prendra. »

Le président Sall estime qu’« on ne peut pas avoir une vision globale du monde où tous les pays pensent la même chose et font la même chose, ça ce n’est pas possible ». Mais il est bon, selon lui, « que les gens échangent, sensibilisent, et les sociétés évolueront à leur rythme ».

« Comme je le répète souvent, chaque pays a son propre métabolisme et il travaille selon son système interne », a-t-il dit. En attendant, M. Sall a indiqué que son gouvernement était « à l’aise » avec les lois sénégalaises sur ce plan, « en tout cas pour l’instant ».

Avant de rencontrer le président Sall, M. Trudeau avait visité l’île de Gorée, dans la baie de Dakar, qui était autrefois un centre de traite des esclaves sur la côte africaine. Lors de sa visite, le premier ministre a déclaré que le monde devait faire plus pour éviter de répéter les horreurs du passé. Il a ensuite déclaré au président Sall qu’il se souviendrait de sa visite dans l’île de Gorée pour le reste de ses jours.

Avant de rentrer au Canada, en fin de semaine, le premier ministre s’arrêtera en Allemagne. Puis, lundi et mardi prochains, il participera à la Barbade à la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), qui regroupe 15 États membres et cinq membres associés. Il profitera encore d’un sommet de dirigeants pour mousser la candidature du Canada au Conseil de sécurité.

Lapresseca

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