Depuis la publication du reportage de la BBC, l’affaire Alioune SALL /Pétro Tim, fait les choux gras de la presse et occupe les plateaux des chaînes de télévision du Sénégal et des radios. Bien que me trouvant à l’étranger pour une mission syndicale, il me revient d’apporter ma contribution en ma double qualité de Président du SNTPGS (Syndicat National des Travailleurs du Pétrole et Gaz du Sénégal), syndicat unique, composé des travailleurs tous statuts confondus, de la première catégorie aux cadres supérieurs de la profession, mais aussi en tant que SG de la Cnts/FC, à laquelle il est affilié.

Je voudrais de prime abord préciser que, le mandat qui me lie à cette base, ne saurait tolérer une déclaration partisane dans un débat sur un sujet de haute importance pour le secteur mais surtout d’intérêt national ayant trait  à la gestion de notre future économie pétrolière et gazière.

Mon intervention dans le débat en cours, consistera essentiellement à rappeler la position que notre organisation syndicale, la seule présente jusqu’ici dans le secteur, a toujours défendue.

Le débat sur la gestion des ressources naturelles, du pétrole en particulier, ne doit pas être restrictif sous prétexte qu’il faut être expert en la matière pour en parler. Toutes les forces vives de la nation s’intéressent en effet, à la bonne gestion des ressources minières nationales, notamment le pétrole. Cependant, nous pensons que toute intervention doit se faire de bonne foi et dans des propos mesurés et avisés, avec comme seule motivation l’intérêt supérieur des générations présentes et futures, qui ont le droit de jouir de la bénédiction du pétrole et non de souffrir de sa malédiction. Dieu nous en garde.

Afin de faire profiter tout le peuple sénégalais de cette providence, ceux qui ont la responsabilité de concevoir et d’appliquer les politiques pétrolières doivent tenir compte de l’opinion de tous, sans préjugé aucun. Il faut également que les instances conçues pour aider à la bonne élaboration des politiques de gestion de nos ressources, COS/PETROGAZ par exemple, soient ouvertes à certains acteurs, et qu’elles soient responsabilisées et impliquées à toutes les étapes.

Nous constatons tous, la recrudescence des agitations, des débats et autres commentaires tout azimut, ainsi qu’un engouement frénétique sur la question depuis la diffusion du documentaire de BBC sur l’affaire Aliou Sall / Pétro Tim.

Et pourtant il n’y a pas beaucoup d’éléments nouveaux par rapport à ce qu’Ousmane SONKO a toujours dit et écrit, bien avant. On serait enclin à déduire de cette situation qu’en Afrique toute information dans le domaine de nos ressources naturelles, particulièrement du pétrole, qui nous provient des médias du Nord est à accréditer aveuglément.

La modeste connaissance que j’ai du secteur du pétrole, m’impose d’attirer l’attention  sur les risques de manipulation par des multinationales ou pour des intérêts occultes qui ont toujours été à l’origine de génocides interafricains ou de ce qui est communément appelé « la malédiction du pétrole ».

De nombreux pays du Sud qui ont découvert des gisements importants de pétrole ou de gaz en ont fait les frais, parmi lesquels : le Nigéria, le Congo, le Soudan sans compter la Libye qui a perdu son leader gênant. Le Venezuela est aujourd’hui victime de bouleversements après la destruction de l’Irak.

Pour autant, le reportage de la BBC a au moins le mérite d’offrir la belle opportunité d’éclairer l’opinion sur l’affaire Franck TIMIS et sur les accusations de corruption contre Alioune SALL, de la façon la plus transparente, sans jeter ce dernier en pâture, ni occulter la présomption d’innocence des mis en cause, quelle que soit par ailleurs la gravité des faits allégués.

Dans ce cadre, la responsabilité des autorités étatiques et judiciaires est pleinement engagée. Toutes les dispositions doivent être prises pour que la lumière dans cette affaire soit faite et que les mesures qui s’imposent soient prises.

Nous devons sans passion partisane, ni mobile politique, ni faiblesse coupable, aborder la situation, afin de rassurer l’opinion et garantir la stabilité et la paix sociale du pays qui est au-dessus de tout autre intérêt personnel.

C’est la seule manière qui peut nous éviter de tomber dans les mêmes travers que certains pays africains.

Pour ce qui concerne la CNTS/FC, la conduite à tenir dépendra des actes qui seront posés dans  les prochains jours dans le sens d’élucider ce dossier.

Cheikh DIOP

SG de la CNTS/FC, Président du SNTPGS

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