* Le jour où Wade m’a offert 1 million pour payer mon loyer

Le séisme en Haïti a secoué la bonne volonté de Coumba Gawlo Seck. Elle a lancé Afrik for Haïti avec un casting alléchant : Ismaël Lô et Wasis Diop, Lokua Kanza, Alpha Blondy, etc. L’Afrique chante et récolte des fonds pour Haïti. Le single est attendu pour bientôt. Mais les notes de cette symphonie généreuse sont discordantes : Report ou annulation du Téléthon, absences du public et d’invités de marque au concert du 6 mars dernier au stade Léopold Senghor. L’Initiatrice du projet revient sur ces points qui ont alimenté la chronique médiatique ces derniers temps. La chanteuse parle aussi de ses relations privilégiées avec Me Wade et de ses rapports avec les hommes politiques.

Wal Fadjri : La presse a parlé de fiasco après le concert du 6 mars en faveur du peuple haïtien. Mais vous, quelle appréciation faites-vous de cette manifestation ?

Coumba G. SECK : J’en fais une lecture pleine de fierté. Pour plusieurs raisons. Réunir pendant sept jours autant d’artistes de talent, et que tous répondent présent malgré leur agenda extrêmement chargé, ce n’est pas une mince affaire. Accueillir, dans nos locaux, près de cent personnes (artistes, accompagnants, instrumentistes, presse internationale et nationale, etc), qui, du début à la fin de leur séjour, ont montré un grand bonheur d’être venus chez nous, et réussir à les gérer de la façon la plus professionnelle possible, est un autre motif de fierté.

L’autre succès, c’est organiser un concert dans un stade pareil (Léopold Sédar Senghor, Ndlr) avec plus de dix mille tickets vendus, et que le son soit au top, le décor de meilleure qualité, que toute la logistique réponde aux normes professionnelles du métier. Et le projet Afrik for Haïti continue. Le but principal, c’est la sortie de la chanson sur laquelle nous travaillons.

Wal Fadjri : Si le concert était à refaire, qu’auriez-vous changer ?

Coumba G. SECK : Il y a toujours des choses qu’on peut revoir surtout quand on aime les challenges. J’avoue que le stade ‘Léopold Sédar Senghor’ est un grand stade ; jamais, dans l’histoire de la musique, il n’a été rempli. Il était éloigné, il y avait beaucoup de vent, c’étaient des inconvénients. Le stade Demba Diop était pris ce jour-là. On ne pouvait pas caler une autre date, les artistes ne seraient plus disponibles. Le programme a été, plusieurs fois, repoussé pour essayer de se conformer au planning de chacun. La seule date qui permettait à de tous de se réunir à Dakar, c’était le 6 mars. Alors, on s’est dit : ‘Allons au stade’ (Léopold Sédar Senghor). Mais le lieu n’est pas le plus important, même si c’est un bon facteur… Le plus important, c’est le fait que tous les regards aient convergé vers le Sénégal, pour une action d’envergure mondiale pour laquelle on a reçu des félicitations venant de partout. Et le lendemain du concert, toutes les chaînes de télé et parmi lesquelles Rti, Africable, Africa 24, ont salué le succès du projet. Sauf quelques trucs dans mon pays ; mais faire l’unanimité n’est jamais possible.

Wal Fadjri : Pensez-vous avoir suffisamment préparé le concert, pour lui garantir un succès ?

Coumba G. SECK : Mais, il y a un succès ! Le programme a drainé dix mille personnes. Je dis bien dix mille personnes ! Les preuves sont là : il y aura une remise de fonds. On peut pas remettre dix millions de francs si on n’a pas vendu dix mille tickets (L’entrée au concert était à 1 000 F Cfa, Ndlr). Il ne faut pas seulement voir le côté financier. Ce qui aurait été négatif, c’est que les artistes ne fussent pas venus, que le projet eût foiré en cours de route. Afrik for Haïti est d’une popularité légendaire. Des événements pareils se préparent six mois à l’avance, mais pour Haïti, Dieu ne nous a pas prévenu. Le monde s’est mobilisé pour faire quelque chose, dans des délais très courts. C’est la même chose qu’on a faite. On a fait toute la campagne qu’il fallait, au Sénégal comme sur le plan international, pour avoir le succès que l’on a eu.

Wal Fadjri : Quelle a été la contribution des ténors de la musique sénégalaise dans le projet Afrik for Haïti ?

Coumba G. SECK : Vous êtes censés savoir que je suis l’initiatrice du projet Afrik for Haïti. Au début, j’ai fait tout ce que j’avais à faire. J’ai contacté tous les artistes, y compris ceux que vous appelez ‘les ténors de la musique’, afin de les y associer. Chacun a donné son accord. La preuve : tous sont venus enregistrer dans nos studios.

Wal Fadjri : Pourquoi Youssou Ndour n’était pas au concert ?

Coumba G. SECK : Youssou Ndour avait confirmé sa participation. Sur l’affiche Afrik for Haïti figurent toutes les photos des artistes qui ont donné leur accord. Je suis musicienne depuis 20 ans, je ne m’aventurerai jamais à mettre l’image d’un artiste sans son accord au préalable. Tous les artistes qui figurent sur l’affiche ont donné leur accord. Pour le cas de Youssou Ndour, il a donné son accord, mais en disant qu’il a un souci pour le concert, puisqu’il coïncidait avec sa tournée. Il m’a demandé d’attendre le 25 février pour me dire s’il viendra au concert ou pas. Je lui ai dit : ‘Comment on fait alors pour l’annoncer ?’ Youssou Ndour m’a répondu : ‘Je t’autorise à diffuser ma photo et le 25 février, on finalise.’ C’est pour cette raison, qu’on l’a annoncé au concert. Quand il est venu pour l’enregistrement de la chanson, on était le 26 ou le 27, la campagne était déjà lancée. Il m’a dit : ‘J’ai essayé de décaler une émission que j’ai à Londres, mais ça n’a pas marché.’ Je lui ai alors demandé de me faire une vidéo, à diffuser au stade le jour du concert pour expliquer les raisons de son absence. Nous l’avons diffusée, entre les prestations des artistes, parmi tant d’autres images.

Wal Fadjri : Pourquoi n’avoir pas prévenu avant le concert que Youssou Ndour n’y serait pas ?

Coumba G. SECK : Youssou Ndour n’est pas le centre de ce projet (…) Papa Wemba n’était pas là, pourtant, personne n’en a parlé. Je n’ai vu nulle part quelqu’un dire que Papa Wemba est absent. Pourtant, il avait bien confirmé qu’il y serait, ses billets d’avion ont été achetés, ils nous ont coûté presque 8 millions de Francs Cfa. Un groupe local a été installé pour répéter ses chansons. A la dernière minute, il a eu des problèmes à Kinshasa, que je ne soulèverai pas ici. Il s’est excusé, c’est à Paris qu’il chantera. De la même manière que Papa Wemba, dont le nom continue à figurer sur la pub, un autre artiste, quel qu’il soit, continue d’y figurer.

Wal Fadjri : Avez-vous contacté les chanteuses sénégalaises ?

Coumba G. SECK : Ceux qui ne sont pas sur l’affiche, n’ont pas été contactés. Tout le monde n’est peut-être pas dedans parce qu’il y a des timings de production, de présentation. Ce programme repose sur des critères : la notoriété des artistes, leurs références dans ce genre de projet. L’autre critère, c’est le temps, parce qu’une chanson a une durée. Dans des projets comme ça, on a besoin d’artistes, certes mais d’artistes de référence. Je respecte le talent de chacun. Je suis une artiste qui aime partager. Mon label a eu à faire des événements et à y associer beaucoup d’artistes. Mais chaque programme a son identité, son concept, sa durée. Angélique Kidjo a appelé en cours de chanson pour participer. J’ai dit : ‘On ferme le projet.’ Elle chantera peut-être en France. Je suis très honorée qu’elle veuille participer, pareil pour d’autres, mais il y a des moments où il faut savoir arrêter.

Wal Fadjri : Parlons du cas Manu Dibango. Qu’est-ce qui s’est passé ? On dit qu’il a boudé et est rentré avant le concert.

Coumba G. SECK : C’est totalement faux ! Quand j’ai entendu tout ça, cela m’a fait rire. Les gens disent tellement de choses. J’ai l’impression que ce sont leurs cœurs qui parlent, c’est très dommage. J’aimerais que les gens viennent à la source ou qu’ils prennent un minimum de temps pour étudier les choses. On a dit que Manu Dibango est rentré le 6 mars, le jour du concert, alors qu’en pleine forme, il est rentré de Dakar le 7 mars. Manu Dibango, vu son âge, d’après la raison qu’il a avancée, parce que quand quelqu’un te parle, il faut toujours te fier à ce qu’il te dit, ne doit pas jouer au-delà de 22 heures, pour des raisons médicales. C’est pourquoi qu’il n’a pas été au concert. Je l’ai raccompagné à l’aéroport, le 7 mars au soir. Et presque tous les jours, on se parle au téléphone.

Wal Fadjri : Que s’est-il passé avec le téléthon ?

Coumba G. SECK : D’abord, laissez-moi vous préciser que le téléthon n’est pas annulé, mais juste reporté. Je vous précise également que le téléthon n’était pas mon idée, mais celle du président de la République. Je me suis dit, du moment que les artistes sont disponibles, pourquoi ne pas les mettre à la disposition du président. Surtout qu’ils étaient, après concertation, d’accord pour donner plus d’envergure au téléthon. Mais quand j’ai vu qu’il y avait des choses qui ne pouvaient pas se faire au même moment, j’ai préféré, après m’être concertée avec l’équipe, reporter le téléthon et non l’annuler comme cela a été dit.

Wal Fadjri : Quelles sont les raisons exactes de ce report ?

Coumba G. SECK : La raison en est simple : on avait envie de nous concentrer davantage sur la chanson qui est très importante pour nous. Et diriger des voix, gérer des artistes, tout cela demande beaucoup d’énergie. Quand on a vu que les deux ne pouvaient pas aller ensemble, on a préféré, d’un commun accord, reporter le téléthon pour mieux le faire. C’est tout simplement cette raison.

Wal Fadjri : Justement, on dit que c’est ça qui aurait énervé Manu Dibango, le fait que le téléthon ait été reporté.

Coumba G. SECK : C’est vous qui me l’apprenez ! Manu Dibango, avec qui je parle tous les jours, ne m’a jamais dit cela.

Wal Fadjri : Les autorités sénégalaises étaient-elles présentes au téléthon ?

Coumba G. SECK : Elles étaient présentes. Il y avait le ministre des Loisirs, le ministre de l’Education, le Sénat, l’Assemblée nationale. Donc la question n’est pas là. C’est un téléthon reporté d’un commun accord, et non annulé, et en concertation avec les partenaires. C’est tout.

Wal Fadjri : On ne saisit pas les raisons du report. Les artistes, les autorités, la télévision, tout était en place, qu’est-ce que vous craigniez ?

Coumba G. SECK : Je ne crains rien. Nous n’avons rien à craindre dans cette affaire. C’est juste pour des raisons techniques. On a vu, parce que nous sommes quand même des professionnels, mon équipe et moi, qu’il y avait quelques petits points qu’il fallait améliorer.

Wal Fadjri : Quels points précisément ?

Coumba G. SECK : Ce sont, entre nous, des points internes. On s’est concerté et on s’est dit qu’on peut reporter le téléthon. Ce n’est pas la première fois que des événements sont reportés. Cela fait partie des lois du métier. Le téléthon, comme le concert, c’était un plus. La symbolique, c’est la chanson commune.

Wal Fadjri : Est-ce qu’il y avait des sponsors pour le téléthon ?

Coumba G. SECK : On a beaucoup de partenaires, qui ne sont pas seulement des sponsors. Nous avons dressé une liste et ciblé des sponsors.

Wal Fadjri : Des sponsors pour le téléthon, précisément ?

Coumba G. SECK : De l’événement de manière générale. On a ciblé des partenaires qui nous ont soutenus.

Wal Fadjri : A quand est reporté le téléthon ?

Coumba G. SECK : Je ne sais pas. On est en train de nous concerter pour voir les disponibilités des artistes. Une fois que tout sera calé, on reviendra vers vous pour vous en informer.

Wal Fadjri : Qui a pris en charge les frais d’organisation d’Afrik for Haïti ?

Coumba G. SECK : C’est nous qui avons pris en charge tous les frais.

Wal Fadjri : C’est qui, nous ?

Coumba G. SECK : Le comité d’organisation de Afrik for Haïti, à commencer par moi, qui suis l’initiatrice du projet.

Wal Fadjri : Y a-t-il eu un soutien des autorités sénégalaises, de la présidence notamment ?

Coumba G. SECK : Ce qu’on a fait dans ce projet, c’est ce qui se fait dans n’importe quel programme culturel ou humanitaire. A savoir l’établissement d’un budget par rubriques (…) C’est à la suite de cela que nous sommes arrivés à ce budget de 147 millions francs Cfa, pour un programme, tenez-vous bien, qui draine cent personnes. Rien que les billets d’avion coûtent plus de 50 millions de francs Cfa… Pour vous donner un exemple, lors de mes tournées en Afrique dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, le plus petit budget c’est 60 millions par concert. Mais nous sommes dans une dynamique de faire des choses intelligentes, parce que nous cherchons des moyens pour aider d’autres personnes. C’est ce travail que nous avons fait et qui n’est pas confidentiel. Il n’y a rien à cacher. Dans un programme, il faut trouver les moyens. On ne peut rien faire avec ses dents, même avec toute la volonté du monde. Avec le minimum, nous avons réussi à organiser un événement d’envergure.

Wal Fadjri : Combien avez-vous dépensé pour réussir cela ?

Coumba G. SECK : Ce que je peux vous dire, c’est que nous n’avons pas réussi à mobiliser le budget qu’on avait déposé.

Wal Fadjri : Combien avez-vous obtenu ?

Coumba G. SECK : Je ne vous dirai pas combien. Je ne veux pas verser dans les comptes et décomptes. C’est une chose qui se fera le moment venu. Au moment du bilan, de la manière la plus transparente, on montrera toutes les dépenses, avec les pièces justificatives. Notre objectif n’est pas de dire quand est-ce qu’on va rentabiliser nos dépenses. On a donné avec le cœur, tous les artistes ont compris qu’il fallait donner avec le cœur. C’est la raison pour laquelle personne n’a demandé un franc. Tous ont chanté gratuitement. Ce n’est pas l’argent qui a mobilisé tous ces artistes. Chacun a ses tournées et gagne suffisamment…

Wal Fadjri : L’idée de se mobiliser pour les Haïtiens est partie du président de la République. N’a-t-il pas fait appel à vous pour mettre en œuvre son programme ?

Coumba G. SECK : Il n’a pas fait appel à moi. C’est moi qui suis allé vers lui. Après avoir mis en place ce projet, j’ai considéré qu’il ne pouvait pas se faire sans l’autorité suprême, sans sa caution. Ne serait-ce que pour garantir la sécurité des artistes.

Quand je contactais ces artistes, ce n’était pas une idée du président. L’idée était de mener une initiative pour ce qui lie Haïti au peuple africain. Même s’il n’en avait pas parlé, je n’aurais jamais fait ce projet sans aller vers le président. C’est une initiative personnelle devenue une initiative commune avec le soutien des artistes et qu’on ne pouvait mener sans y associer le président. Ne serais-ce que pour la crédibilité vis-à-vis de l’opinion. Que le président ait eu la même idée, cela a créé une synergie, et c’est une excellente chose.

Wal Fadjri : Quelle est la nature de vos liens avec le président de la République ?

Coumba G. SECK : Le président Wade, c’est un père pour moi. Je vais vous faire une révélation. C’est la première que j’en parle. J’ai, très tôt, eu des responsabilités familiales, mes parents ayant divorcé quand j’étais encore jeune. A une époque, au début des années 90, nous avions eu six mois d’arriérés de loyer : 350 mille F Cfa, en tout. Je n’avais personne à qui me confier. J’ai longtemps hésité avant d’aller voir Wade. Je l’ai trouvé chez lui, à Point E, il m’a dit : ‘Ma fille, quand ces choses t’arrivent, il faut m’en parler.’ Sur-le-champ, il a compté en francs français la valeur d’un million de francs Cfa et m’a dit : ‘Tu fais le change, tu paies le loyer et tes factures. Mes larmes sont tombées. J’étais gênée. Je ne sais pas tendre la main, mais je savais d’où il m’a tirée… Quand Me Wade était ministre d’Etat, sous Diouf, je devais animer une soirée dont il était le parrain. A midi, je n’avais pas de sono. Les musiciens n’avaient pas de quoi se mettre sous la dent. Il m’a remis, en présence de Habib Sy, qui était déjà son directeur de cabinet, deux millions de francs Cfa pour la location de la salle, la sono, la restauration des musiciens et ma toilette. Si le président, avec tous les bons souvenirs que j’ai de lui, m’appelle pour quoi que ce soit et si je peux me rendre utile pour lui, comme pour mon pays, je le ferai sans aucune hésitation.

Wal Fadjri : Vous soutenez à fond Me Wade ?

Coumba G. SECK : Il ne faut pas tourner la chose en disant que je se soutiens à fond Me Wade et entrer dans un débat politique. Je soutiens le président de la République dans tous les combats positifs qu’il mène, pour tous les bons combats. A plus forte raison quand il me fait l’honneur de m’appeler.

Wal Fadjri : Etes-vous prête à le soutenir politiquement ?

Coumba G. SECK : Je mène toujours des combats politiques. Si soutenir Me Wade politiquement, c’est contribuer à changer des choses, contribuer à mener des combats, je le ferai tant que c’est pour faire avancer mon pays.

Wal Fadjri : Un soutien à l’homme politique Wade, est-ce envisageable de votre part ?

Coumba G. SECK : Je ne répondrai pas à la place du président. Je ne connais pas encore la nature de ce soutien puisqu’il ne me l’a pas encore demandé.

Wal Fadjri : Et s’il vous le demandait ?

Coumba G. SECK : J’attends qu’il le fasse. S’il me le demande, on verra.

Wal Fadjri : Etes-vous une ‘wadiste’ ?

Coumba G. SECK : C’est quoi être wadiste ? Je porte le président Wade dans mon cœur. Vous n’allez pas me reprocher d’aimer mon ami. Moi j’aime le président Wade, je le porte dans mon coeur. Quand je le vois, ou je l’entends, je ressens ce que je ressens pour mon père. Parce qu’il a mené beaucoup de combats pour moi. Je suis l’une des rares artistes à n’avoir de sens interdit nulle part. Moustapha Niasse m’a emmenée, en 2002 ou 2003, à Keur Madiabel. Il m’a fait jouer là-bas et m’a présentée à sa mère. Après le concert, il a rajouté 500 mille francs Cfa à mon cachet parce qu’il était content du travail que j’avais fait. Avec Ousmane Tanor Dieng, on s’envoie des vœux à chaque fin d’année. Amath Dansokho, quand il était ministre de l’Urbanisme dans le gouvernement de Diouf, m’a offert un terrain à Golf Nord. Je pourrais citer tant d’autres qui se sont levés un jour pour mener une action en ma faveur : Idrissa Seck, Khalifa Sall, le président Diouf en tant que secrétaire général de la Francophonie. Je suis musicienne et la musique n’a pas de frontières.

Wal Fadjri : Comment est née votre amitié avec Me Wade ?

Coumba G. SECK : Je ne sais même plus. Je pense que des amitiés et des relations, ça se fait naturellement. Le président était dans l’opposition, beaucoup d’artistes le fuyaient. Moi, il me tenait en estime, et je l’aimais beaucoup. Je le voyais comme un père et lui m’a toujours vue comme sa fille. J’allais souvent le voir avec son épouse. Quand j’organisais des événements, j’en faisais le parrain. Avec mon père, j’allais souvent le voir et il m’a souvent soutenue.

Wal Fadjri : Vu vos relations avec les homes politiques, vous êtes bien placée pour déclencher le dialogue politique…

Coumba G. SECK : Tout ce que je peux faire pour l’intérêt du pays, je le ferai avec plaisir. Parce qu’il vaut mieux que les gens soient réunis. Ce que je souhaite, c’est que l’opposition et le président se réunissent autour d’une table pour le bonheur du Sénégal. Si, comme vous le dites, je peux le faciliter, j’en serai fière.

Wal Fadjri : Vous êtes donc prête à jouer ce rôle ?

Coumba G. SECK : Absolument ! C’est pour la paix de mon pays, j’en serai très honorée et très fière.

Wal Fadjri : Vous en parlerez à Me Wade quand vous le verrez ?

Coumba G. SECK : Je ne lui ferai pas la proposition. Mais s’il me le demande, je le ferai. Si je vois que ça peut être d’un apport pour le Sénégal, parce que la paix, c’est pour le bonheur du Sénégal, je le ferai avec plaisir.

Propos recueillis par Awa GUEYE & Abdou Rahmane MBENGUE
walf.sn

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