Le 10 Mars 1986 , l’équipe du Sénégal en pleine euphorie á la suite de sa victoire éclatante contre l’Égypte 3 jours plutôt en match d’ouverture de la CAN (1-0) , rencontre le Mozambique pour sa deuxième sortie. Adversaire « jugé » facile dans l’imagerie sénégalaise. D’autant plus que la Côte d’Ivoire sous l’égide d’Abdoulaye Traoré Ben Badi et de Youssou Fofana avait étrillé (3-0) ce même Mozambique. Résultat final de ce Sénégal-Mozambique fut 2-0 en faveur des Lions (But de Pape Fall et de Jules Bocandé) mais que ce fut laborieux. Face á un adversaire supposé faible, l’ équipe déjoue comme tétanisée et manque de convaincre. 3 jours plus tard une défaite contre la Côte-d’Ivoire (0-1) élimine les Lions. La débâcle du Caire reste á ce jour l’expérience sportive la plus amère, la plus traumatique du supporter et du peuple sénégalais.

En compétition, l’ excès de confiance et l’euphorie peuvent jouer des tours. Peut-être qu’une équipe du Sénégal moins suffisante et plus zen en 2002 en quart de final aurait vaincu les turques? Peut-être. En 2015 á la CAN, peut-être que si Les Lions avaient abordé le deuxième contre l’Afrique du Sud avec le même respect que celui du match précédent contre Ghana ils ne seraient pas éliminés au premier tour après un bon début ? La tendance sénégalaise de se voir tout beau et d’anticiper sur les événements par ricochet en prédisant á tout bout de champs nous a toujours valu des réveils douloureux.

Dans le football moderne, le nivellement des valeurs ne se démontrent plus. Mais un match match ne se joue jamais d’avance. Les Lions d’Aliou Cissé auront l’opportunité demain face au Japon de faire ce que seules deux nations africaines (Le Cameroun en 1990, le Nigéria en 1998) sont parvenues á réaliser: gagner les deux premiers matchs de poules en Coupe du monde et s’ouvrir grande les portes du deuxième tour. Le Japon n’est pas un adversaire facile et j’ose croire que la rigueur démontré par Aliou Cissé dans le discours et surtout l’approche des matchs depuis le début de son magistère continuera . J’ose croire et espérer que nos travers suffisants d’hier ne sont que souvenirs. L’adversaire du Sénégal, c’est le Sénégal.

Aux Lions de laisser les supporters et journalistes s’extasier, de laisser les charlatans prédire, les politiciens humer l’opportunité de se faire voir et entendre. Loin du bruit, loin de l’euphorie, le Japon ne sera pas de la sinécure, et se profile. Avec la même ambition que la leur: se qualifier dés le deuxième match.
En foulant la pelouse du Stade Central de Lekaterinbourg demain et en abordant cette confrontation avec tout le zen nécessaire. avec l’humilité du compétiteur respectueux mais déterminé, le rêve nourri d’une épopée 2018 risque de prendre forme. Á vous de jouer chers Lions.

Sportivement,

SINDO

2 Commentaires

  1. Remonter jusqu’en 1986 pour parler du football au Sénégal c’est très bien !!!
    Mais ne pas comprendre ce qui s’est passé en 2002 lors de la CM Japon-Corée, quelle désolation !!! Nous lisons en effet au second paragraphe : » En compétition, l’ excès de confiance et l’euphorie peuvent jouer des tours. Peut-être qu’une équipe du Sénégal moins suffisante et plus zen en 2002 en quart de final aurait vaincu les turques? Peut-être. ».
    Cette phrase prouve que beaucoup de Sénégalais n’ont rien compris car beaucoup de savent pas analyser !!! Bla-Bla-Bla Rékk…
    Je vous donne un élément, à charge pour vous d’aller re-visionner les films des matchs du Sénégal lors de cette CM et surtou du match de 1/4 de Finale Sénégal-Turquie : Tout récemment un des acteurs clé de cette période, Henry CAMARA a parlé lors d’une émission à la TFM pour dire : « jusqu’à présent je n’ai pas compris pourquoi je n’ai pas joué contre la France en match d’ouverture. J’étais furieux contre le Coach car je n’étais pas blessé et j’étais en super forme !!!… »
    A mon avis, le Coach français ( en bon nationaliste) a voulu rendre service à son Pays en mettant sur la touche l’un des meilleurs attaquants du monde de l’époque, Henry CAMARA…
    Durant cette CM le 1er adversaire du Sénégal n’était autre que son propre Coach Bruno METSU !!! C’est extra-ordinaire mais c’est celà !!!
    Tout comme le 1er adversaire du Sénégal, pour son développement, n’est autre que le Président de la République Macky SALL lui-même !!!C’est extra-ordinaire mais c’est celà !!!
    Au Sénégal, après analyse et réflexion, ce sont les dirigeants qui sabotent !!!Délibérément !!!C’est extra-ordinaire mais c’est celà !!!

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here