L’intelligentsia sénégalaise de l’astronomie, la langue arabe et Pulaar dans toute leur splendeur littéraire et poétique, le droit islamique, la fine connaissance du Coran et des enseignements du prophète Mohamed (SAW), la confrérie Tidjane est en deuil. Le célèbre astronome et non moins réputé astrophysicien Abou Dembel Mbodji, Thierno Abou pour les intimes, concentré de l’ésotérisme dans toute sa profondeur et la complexité de sa dimension, est décédé ce vendredi 12 mai, dans son village natal, Dondou. Retour sur la vie et l’œuvre de cet érudit. Après ses études coraniques et arabiques dans son village natal, Dondou, dans la région de Matam, Abou Dembel Mbodji, dont les anciens condisciples et autres camarades de fac décrivent comme un surdoué, s’envole pour l’Egypte afin d’étancher sa soif de connaissances. Au pays du Nil il s’inscrit à la faculté des sciences juridiques où sa finesse d’esprit et ses extraordinaires capacités intellectuelles vont lui permettre de mener un parcourt universitaire sans anicroche. La maîtrise en sciences juridiques islamiques en poche il se lance dans de longues études d’astronomie et d’astrophysique auprès de deux érudits de l’époque dans ces deux disciplines Abdoul Fatah Doukhi et Aliou Issa. Emerveillés par le Quotient Intellectuel (QI) très élevé du jeune prodige les deux savants, qui voyaient en lui leur digne héritier, ils ne se tromperont pas, lui firent découvrir l’ensemble des secrets du Elmoul Noujoum (la science astronomique) et l’astrophysique dans leurs aspects les plus ésotériques. De retour au Sénégal Abou Dembel Mbodji s’installe dans la vile de Saint-Louis où il opta pour l’enseignement de l’arabe au collège Abbé david Boilat du Quartier Gokhou Mbathi. Parallèlement à l’enseignement il mène ses activités favorites d’écritures et de recherches. Confectionne des calendriers, annonce des éclipses lunaires et solaires dans des coins du monde. Etudiants, élèves et autres assoiffés de savoirs venant de plusieurs coins du Sénégal se ruent vers lui, sa maison ne désemplissait pas. Très vite il s’impose dans la ville, devint Imam, traduisait le coran durant le mois de Ramadan. Côté écritures il publie plusieurs ouvrages dont Lejjande Koode ( un chef d’œuvre sur l’astronomie) sur la composition galactique, entièrement écrit dans sa langue maternelle, Pulaar, publié en 2014, par la maison d’éditions papyrus Afrique, dont un éminent professeur sénégalais dira, à propos du livre, qu’il s’agit d’une véritable “générosité didactique”. Abou Dembel Mbodji dira lui même, au sujet du livre que “la maîtrise de ces enseignements permet de mettre fin aux nombreuses divergences sur l’apparition lunaire”. Abou Dembel Mbodji qui était aussi un fervent disciple de Cheikh Ahmed Tidjane Chérif (RTA) dont il avait une extraordinaire connaissance de la confrérie, fût un véritable défenseur de la langue pulaar dont il était un des éminents poètes. Toute vie étant une condamnée à une fin Abou Dembel Mbodji s’en est allé laissant un grand vide à l’islam modéré qui perd ainsi l’un de ses grands défenseurs et non moins niche de secrets ésotériques. Abou Dembel est enterré dans son village natal. A sa famille et particulièrement à ses enfants, nous présentons nos très sincères condoléances.
Abdoulaye Amadou Mbodji
Journaliste. Promotion 2005 Ecoles Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ-Paris).
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