Son univers musical est inclassable. Profondément enraciné dans sa culture urbaine, il revendique aussi un ancrage dans la tradition. Né au Sénégal, il n’en vit pas moins sur 3 continents : Europe, Amérique et Afrique. Dans ce dernier continent, il partage son temps entre Dakar et Johannesburg en Afrique du Sud pays qu’il découvre en faisant partie des chanteurs officiels de la coupe du monde 2010. Moh-DeDiouf puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne fait rien comme les autres.

À Dakar, depuis quelques semaines, il a annoncé en exclusivité à Music In Africa, la sortie en mars prochain d’un triple album.

3 albums, vous avez bien entendu. Rencontré au Bazof endroit branché de Dakar, Moh DeDiouf qui travaille avec plusieurs producteurs, explique cette boulimie par le fait qu’il a des chansons en attente et souhaite les proposer au public avant d’ouvrir une nouvelle page dans sa carrière.

« J’ai beaucoup voyagé, je suis allé à la rencontre de cultures riches et différentes, échangé avec des gens formidables et partagé la scène avec des musiciens de divers horizons. C’est la somme de toute cette expérience que j’ai envie de livrer au public » dit –il. Pourquoi 3 au lieu d’un seul ?

« C’est une volonté de tout évacuer, j’ai beaucoup écrit, beaucoup travailler et j’ai envie de tout partager. Ils seront de couleurs différente par exemple celui qui va sortir au Sénégal, on retrouvera des classiques de la musique sénégalaise. Un autre sortira en Europe dans un style world music, et un dernier en Afrique du Sud… »

L’Afrique du Sud, justement parlons-en : depuis qu’il a foulé le sol de la nation arc-en-ciel, le pays de Madiba est entré dans son cœur.

« Travailler en Afrique, dans mon continent tout en ayant des infrastructures de standing international, voilà ce que m’offre d’abord l’Afrique du Sud. Ensuite je m’y sens comme chez moi » raconte l’enfant de Dakar.

Musicalement, Moh DeDiouf se sent bien en Afrique du Sud. Il a joué et est programmé dans plusieurs festivals. Il collabore également avec beaucoup d’artistes et producteurs du pays. « J’ai joué à plusieurs festivals notamment Cap Town jazz, Soweto wine festival, Birtchwood festival ou encore Sun City festival. Dans tous ces rendez-vous, j’ai eu à partager avec le public cette expérience dont je parlais tantôt ».

Ce qu’il adore particulièrement dans ce pays, c’est la performance et la justesse des techniques vocales des artistes sud-africains. Dans le même temps, ces derniers adorent l’approche négro-arabe que développent les Sénégalais dans leur façon de chanter et eux : ils ne savent pas faire. Moh DeDiouf est un artiste épanoui.

Son projet et parcours sud-africain vont d’ailleurs être au cœur de son prochain album. Pour ce faire, il s’est entouré de personnalités de renom tel que Mzee&Rafiki. Mzee est un journaliste d’investigation à la base et qui est aussi chanteur et producteur dont la maison sud-africaine Oskid disait : « la musique de Mzee touche les racines de la culture africaine que la plupart d’entre nous manquent. Sa manière unique de fusionner des voix africaines authentiques donne à sa musique un meilleur attrait mondial »

Comme producteur Moh a travaillé également avec twin brothers Revolution, Bheki Khossa et Black Coffee que du lourd !

Quand on lui demande pourquoi il n’y a pas assez d’échanges musicaux entre le Sénégal et l’Afrique du Sud, il répond qu’il est nécessaire de poser des actes dans ce sens. C’est ce qu’il essaye de faire, créer des synergies et rapprocher les peuples à travers la musique.

« Il y a un bouillonnement extraordinaire dans les deux pays. Si les mélomanes Sud-africains ne connaissent que Youssou N’Dour ou Baaba Maal les Sénégalais également ne connaissent que Luke Dube et Johnny Glegg. Pourtant, il y a au pays de Mandela, une nouvelle scène intéressante, des chanteurs, des musiciens et des réalisateurs de talent. Il y a moyen de corriger cet impair. C’est en créant des opportunités, des échanges artistiques. Il faut connecter les differentes parties de l’Afrique » explique un Moh optimiste quant à l’avenir.

Son avenir immédiat, c’est la sortie à Dakar du prochain album. Avec comme directeur artistique le bassiste d’origine camerounaise Christian Obam, le projet avance bien nous assure-t-il. N’a-t-il pas l’impression de se disperser musicalement en jouant sur plusieurs tableaux ? Pas le moins du monde indique-t-il.

« L’essentiel c’est de savoir d’où l’on vient. Dans cet album de 10 titres qui va sortir au Sénégal, je vais reprendre des classiques de la musique sénégalaise comme « Diaguagué », « RG44 », « Ey way thiossane » et « Massama Dieye ». Bien ancré dans mes racines et m’ouvrir au monde, apprendre des autres, témoigner de ma culture, voilà ma ligne de vie » explique un Moh déterminé et ayant la tête sur les épaules.

C’est avec ces mots optimistes sur l’avenir de la musique africaine et les ponts à bâtir entre les cultures, que nous avons pris congé de l’auteur de « Kora Meet Maskandi » tube realisé en compagnie du légendaire guitariste sud-africain Bheki Xhossa.

musicinafrica.net

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