Le discours de ce 4 avril marque une rupture avec les tonalités des discours antérieurs. Pour une rare fois, le discours du Président Macky SALL est rapidement sorti du chantier de la célébration des valeurs fondamentales constitutives du socle de la Nation et de l’hommage aux héros de notre histoire qui ont bâti notre pays et payé par le Sang le prix de notre indépendance, pour entrer de plain-pied dans les hautes urgences de l’heure.
Le Sénégal est en effet à un tournant de sa longue existence tranquille, due à une tradition démocratique fondatrice d’une stabilité politique qui nous a placés depuis longtemps parmi les démocraties majeures.
Le Covid-19 a impacté fortement notre croissance économique. Notre taux dans ce domaine baisse de moitié, passant de 6% à moins de 3%. C’est dire que la situation est préoccupante. Elle est même grave. Et c’est pour cela que nous mesurons à sa juste valeur les mesures hardies prises par le Chef de l’Etat, pour soutenir notre économie dont la décélération risque de plomber tous les efforts consentis jusque-là pour asseoir la stabilité macro-économique de notre pays.
Le premier constat positif sur les mesures hardies annoncées par le Président Macky SALL porte sur le déficit budgétaire. Il sera absolument creusé, comme nous l’avons constaté dans tous les pays impactés négativement par la crise.
Le Sénégal se met donc en mode réajustement. Pas structurel, comme l’avaient prédit les oiseaux de mauvaise augure. Tous les budgets seront revus et rongés. Les budgets de fonctionnement seront réduits tandis que les budgets d’investissement seront rééchelonnés. Ce réajustement qui renforce les moyens d’intervention sociale de l’Etat et de relance de l’économie nationale est l’expression concrète d’une volonté politique réaffirmée de maintenir le Sénégal sur processus irréversible de l’émergence économique, où il s’est engagé depuis près de 10 ans, avec le PSE.
Le discours du Président en ce 4 avril n’aura en ce sens laissé en rade aucune frange de la population sénégalaise. Toutes les couches sociales touchées de plein fouet par les effets de la crise seront soutenues, tandis que les acteurs économiques nationaux bénéficieront d’une batterie de mesure financières pour les maintenir à flots, afin de préserver l’emploi, et d’éviter ainsi un désastre social comme cela s’est vu aux USA, où 10 millions de personnes se sont inscrites au chômage en moins d’une semaine, à cause des effets désastreux du Covid-19.
Le Président de la République est resté sur les chiffres et les actions prévues, dans un horizon temporel clairement défini qui ne laisse de place ni au doute ni à la tergiversation. C’est donc dire que l’Etat est prêt. Et que les moyens attendus pour la mise en œuvre des mesures salvatrices édictées par le Président Macky SALL sont disponibles, ou immédiatement mobilisables.
Le Sénégal est à la croisée des chemins. Nous sommes sortis des discours convenus et traditionnellement attendus du 4 avril, pour aboutir à un discours nouveau, et fondateur parce qu’il annonce une nouvelle étape dans l’évolution de notre Nation, qui est à la croisée des chemins. Le Covid-19 et ses conséquences sonnent en effet la fin d’une époque. Le temps du changement est arrivé.
Il nous faut dès lors nous adapter. Vivre autrement notre citoyenne, et assumer davantage nos responsabilités patriotiques, par une réponse à l’appel du Président de la République qui invite à un sursaut national, pour atteindre l’émergence.
Les projections sont intéressantes. Et elles sont d’autant optimistes que le discours du Président de la République porte seulement sur des mesures mises en œuvre avec les mécanismes financiers habituels, et l’accompagnement des partenaires techniques et financiers.
Si nous nous inscrivons dans la perspective imminente de l’exploitation du pétrole et du gaz et de leur impact attendu sur la croissance économique de notre pays, nous constaterons véritablement qu’il s’agit dès à présent d’asseoir certes les agrégats d’une bonne gestion économique et financière de nature à stabiliser notre économie, mais aussi que le Sénégal aura largement les moyens d’impulser son développement économique et social dans un futur proche.
Ceci explique sans doute la décision non seulement de creuser le déficit public pour secourir et les couches sociales négativement impactées par le Covid-19 et les entreprises en péril, mais aussi de s’endetter auprès des créanciers traditionnels de notre pays. Et, si cela est possible, c’est bien parce que notre pays est solvable. Et que son avenir s’annonce radieux, tel que le Président de la République y travaille, à travers le PSE.
Saluons encore une fois le patriotisme de la classe politique sénégalaise dans son ensemble, dont la mobilisation autour du Président de la République et aura certainement contribué à la définition du cadre d’intervention d’urgence annoncé par le Président de la République pour la réponse nationale à l’impact négatif du Covid-19.
Les défis ultérieurs que le chef de l’Etat a annoncés engagent le peuple sénégalais dans son ensemble. Remporter la lutte contre le Covid-19 tel qu’il y appelle le peuple sénégalais aujourd’hui sera un acte fondateur pour le peuple sénégalais. Car, sa résilience, mise en ballotage sur tous les plans, en sortira renforcée, et son unité, sa citoyenneté et sa solidarité nationales réhabilités.
Cissé Kane NDAO
Président A.DE.R.

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