Après le référendum du 20 mars dernier, les partis politiques se projettent déjà à l’horizon 2017, pour les élections législatives, qui seront suivies de la présidentielle et les locales en 2019. Ainsi, durant les 3 années à venir, le pays va être confronté à un cycle infernal de campagne, occasionnée par la récurrence des consultations citoyennes.

Le référendum du 20 mars dernier, portant sur le projet de révision constitutionnelle, étant derrière nous, se profilent alors à l’horizon d’autres consultations citoyennes et pas des moindres. Dans un an, les électeurs sénégalais seront appelés aux urnes pour choisir leurs représentants au niveau de l’Assemblée nationale. Un choix qui se fera sur la base de listes, soit de parti politique, soit de coalition de partis. L’heure étant bien évidemment au bilan-évaluation du dernier référendum, les politiques cherchent à tirer les leçons de la dernière consultation citoyenne, en diagnostiquant les points forts et les faiblesses, sans occulter les opportunités à fructifier et les poches de résistance à faire sauter.

Toutefois, les manœuvres pour la confection des listes législatives vont bon train. Même si, par ailleurs, tout se passe en coulisse, il reste évident que chaque formation politique et/ou coalition de partis, opposition comme la mouvance présidentielle, se projette vers les législatives de 2017. Cela, tout en étant conscient que le montage des listes des parlementaires a toujours été un casse-tête pour les partis politiques, à fortiori les coalitions de partis. Un facteur d’implosion de parti ou de coalition qui a certainement poussé des formations politiques, membres de la Coalition Benno Bokk Yakaar, à inviter les uns et les autres à la consolidation de l’élan unitaire, suscité par le vote du projet de révision constitutionnelle du chef de l’Etat, Macky Sall. Ce qui donne déjà un goût de campagne avant l’heure. Dès lors, le marathon vers l’horizon 2017, année des législatives, a bien pris départ.

Sans transition aucune, se tiendront d’autres élections inévitablement à forts enjeux, selon les résultats des urnes des législatives. Selon le calendrier républicain, la présidentielle se tiendra en 2019, au même titre que les locales. Le chef de l’Etat, Macky Sall, probable candidat à sa propre succession, sera aux prises avec les prétendants à son fauteuil. Les jeunes loups aux dents longs (Khalifa Sall, Karim Wade, Malick Gackou, etc), sans oublier les ténors accrocheurs (Idrissa Seck, Abdoulaye Baldé, etc), ne ménageront aucun effort pour bouter hors du pouvoir l’actuel chef de l’Etat.

D’ailleurs, certains observateurs de la scène politique soupçonnaient déjà une campagne présidentielle déguisée de ces derniers, entreprise par des tournées nationales politiques, bien avant que la date du référendum ne soit connue. Ainsi, le maintien de la présidentielle en 2019, suite à la décision du chef de l’Etat de poursuivre son mandat de 7 ans, conformément à l’avis du Conseil constitutionnelle, aurait donné du plomb dans l’aile aux ambitions des prétendants au pouvoir. Déterminés vaille que vaille à occuper le perchoir, les opposants reprendront de plus belle leur campagne de proximité, pour restructurer et massifier les bases de leur parti. Ce qui plongerait le pays dans un cycle infernal de campagne.

Pour le moment, l’imminent remaniement ministériel, ou autre jeu de chaises au niveau de certaines directions publiques, conséquence logique du référendum dernier, retient le souffle des responsables politiques sur siège éjectable.

CYCLE INFERNAL DES ELECTIONS AU SENEGAL : Le couplage de certaines élections préconisé

De 2012 à 2019, le Sénégal connaîtra au total 7 consultations citoyennes (2 présidentielles, 2 locales, 2 législatives, 1 référendum), occasionnant ainsi une campagne électorale en continue. Une situation intenable, selon certains observateurs avertis, qui militent, par ailleurs, en faveur d’un couplage de certaines élections, et pourquoi pas la tenue d’une série d’élections pendant des weekends successifs.

En l’espace de 7 ans, de 2012 à 2019, le Sénégal organisera au total 7 élections, avec une moyenne d’une consultation citoyenne par an. En effet, après la présidentielle de 2012, qui a connu la deuxième alternance, ainsi que les élections législatives de la même année, sans oublier les locales de 2014, le pays vient d’organiser un référendum en 2016, pour une révision constitutionnelle. A cela s’ajoutera, au cours des 3 années à venir, les législatives de 2017, suivies des présidentielle et locales de 2019. Face à ce cycle infernal de campagne électorale, occasionné par la récurrence des élections, la question du calendrier républicain se pose avec acuité.

Tout d’abord, l’analyste politique contacté par nos soins hier, mercredi 6 avril, qui a préféré garder l’anonymat, précise que le référendum n’est pas prévu dans le calendrier républicain. A l’en croire, cette consultation citoyenne peut venir à tout moment, à condition que le chef de l’Etat exprime le besoin, bien entendu tout en suivant la procédure référendaire. Toutefois, notre interlocuteur pense qu’en réalité il y a matière à réfléchir, si l’on sait que les élections mobilisent les politiques dans une campagne sans fin. Pour lui, il y a lieu de réfléchir sur la planification des joutes électorales.

Quid des mécanismes à mettre en place pour réduire tout ce temps de campagne ? Notre analyste électoral pense qu’avec la réduction du mandat présidentielle de 7 à 5 ans, un couplage des élections reste possible. Cela, même s’il rappelle, par ailleurs, qu’il existait auparavant le couplage des législatives avec la présidentielle, au Sénégal. Une formule abandonnée par la suite, d’autant plus que certains estimaient que c’était un recule démocratique, informe-t-il. Mais, à son humble avis, du moment que tous les mandats (présidentiel, parlementaire, local) sont à 5 ans, il est possible de procéder à un appariement de certaines élections. Comme par exemple la présidentielle avec les législatives, ou encore la présidentielle avec les locales, propose-t-il.

Mieux, et pour réduire le temps de campagne électorale et la récurrence des élections, l’analyste politique pense qu’il serait même possible d’étaler les différentes élections sur des weekends successifs. Ce qui permettrait, selon lui, d’organiser les élections une bonne fois pour tout. En attendant la formulation de telles propositions, le calendrier républicain sénégalais est ainsi fait, ouvrant la porte à des campagnes politiques à perpétuité.

Sud Quotidien

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