Elimane Diouf est à la tête de la Confédération des syndicats autonomes, depuis le congrès de juillet 2016. Le successeur de Mamadou Diouf dont il était jusqu’ici l’adjoint est le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de la Sénégalaise des Eaux. Dans cet entretien réalisé à la maison des travailleurs Iba Ndiaye Diadji à la cité Soprim, il a abordé la situation des travailleurs sénégalais, sans oublier les retraités et les élections de représentativité syndicale.

Quel est le regard que vous portez sur la situation syndicale au Sénégal ?

La situation des travailleurs au Sénégal, on peut le segmenter en plusieurs secteurs. Nous avons des travailleurs qui sont dans le secteur public et parapublic. Dans l’Education, la Santé, depuis le règne de Abdoulaye Wade, il y a eu beaucoup d’accords qui ont été signés et qui n’ont pas été sanctionnés de réalisations. Avec le nouveau régime dans ce même secteur, il y a beaucoup de volonté à mettre en œuvre ces accords mais nous constatons que sur le plan pratique, il demeure des problèmes… Je pense que dans ce secteur-là,   l’Etat ou les organisations des travailleurs devraient mettre le focus sur comment trouver des  compromis dynamiques,  surtout dans le cadre du système de rémunération. Tous les bruits qu’il y a eus dans la Fonction publique sont en général dans la rémunération. L’Etat a décidé de prendre un certain nombre de corps et de leur donner des avantages. Voilà en gros les problèmes que nous constatons dans le secteur du public.

Dans l’autre secteur privé, il y a beaucoup plus de difficultés parce que dans les entreprises où il y a des rapports de forces qui sont créés par les syndicats, souvent il y a des négociations faites avec les délégués du personnel. Par contre, quand vous allez dans la majeure partie des entreprises  ou  les patrons ne veulent même pas entendre parler de  syndicats, il y a la violation des droits syndicaux et il n’y a pas de négociation sélective. Les conditions de travail ne sont pas surveillées parce qu’il n’y a pas de délégués. Les chefs d’entreprises font ce qu’ils veulent, parce qu’ils peuvent faire valoir qui ils veulent dans les conditions qu’ils jugent nécessaires. Dans toutes les entreprises où il y  a 10 ou 20 travailleurs, les employés ont le droit d’avoir des syndicats afin que les délégués du personnel puissent défendre leurs intérêts. Dans la grande majorité des entreprises du secteur privé, il n’y a pas de délégués, il n’y a pas d’organisation syndicale.

Il est du ressort des organisations syndicales, des centrales notamment, d’accompagner les travailleurs ; qu’est-ce que vous avez fait dans ce sens ?

Sur ce sujet, je dis par rapport au secteur public. La Csa, dans la dernière résolution du Congrès, a pris comme revendication de faire en sorte d’appeler le gouvernement à travailler, à négocier sur un système de  rémunération qui prend en compte l’ensemble des corps des fonctionnaires. Nous pensons que cela pourrait aider à avoir des accords durables qui permettront aux fonctionnaires de pouvoir travailler au moins des années et qu’il n’y ait pas beaucoup de perturbations. La Csa a lancé un appel sur la question du système de rémunération ; nous allons le porter dans la coalition des syndicats  pour que ce problème puisse être pris en compte dans les revendications des travailleurs.

Vous parlez du système de rémunération ; une étude a été faite il y a environ deux ans. Le document est  sur la table du président de la République, mais il n’y a toujours pas de réaction de sa part.

C’est dommage que jusqu’à présent, non seulement il n’y a toujours pas de réaction, mais la Fonction publique dit qu’elle attend le Président. Ce point fera partie des premières préoccupations que nous allons discuter avec le chef  de l’Etat par rapport à la mise à disposition de cette étude, pour s’asseoir et commencer à travailler.

Et comment est-ce que vous accompagnez le privé ?

Dans le secteur privé, je crois que la première préoccupation qu’il faut relever, c’est de faire en sorte que partout où les travailleurs doivent s’organiser, que les syndicats puissent les accompagner, que les travailleurs aient des délégués de personnel parce que c’est cela la règle. Durant ce mandat, nous avons démarré la mise en place de section syndicale dans certaines entreprises. Nous allons accompagner les travailleurs à s’organiser pour avoir des délégués. Ce matin, des camarades étaient partis installer une section syndicale dans une entreprise  de la place. La conscientisation, c’est d’amener les travailleurs à savoir que c’est un droit pour eux de se syndiquer, de les former pour qu’ils puissent défendre leurs intérêts. Et cette mission constitue des phases dans lesquelles notre syndicat s’investit et continuera à s’investir.

Tous ces problèmes que vous avez relevés donnent l’impression que les syndicats ne sont pas suffisamment impliqués aux côtés des travailleurs ?

Moi, je pense que c’est peut-être une vue de l’esprit, mais moi qui suit un travailleur d’une entreprise privée, qui travaille à défendre les intérêts des travailleurs dans cette entreprise et qui vient travailler aussi à accompagner les gens au niveau de la centrale, je le vis tous les jours. Je suis dans une entreprise et à la tête d’une organisation.  Nous faisons en sorte d’imposer le rapport de forces.

Nous nous sommes inscrits dans la dynamique de tout faire pour que nous puissions, au sortir de la fête du 1er mai, ou au sortir peut-être des élections de représentativité des centrales syndicales, partir avec un minimum de revendications centrales qui dépassent le cadre des entreprises où nous sommes. L’un des points phares de cette revendication, c’est le système de rémunération dans la Fonction publique.

Avec tout ce que vous avez expliqué concernant l’émiettement, est-ce qu’il ne se pose pas un problème de crédibilité des centrales syndicales ?

Effectivement, cette question se pose. Une vingtaine de centrales syndicales qui revendiquent la gestion de 300 000 personnes ou qui projettent de pouvoir gérer les destinées de ces travailleurs. Quand on sait que beaucoup parmi ceux-ci ne sont pas syndiqués, certaines entreprises n’ayant pas de syndicats, il se pose valablement ce problème de crédibilité. Mais je pense qu’il ne faudrait pas que les gens soient pessimistes, parce des organisations comme la nôtre font en sorte de mobiliser le maximum de travailleurs pour aller faire des conquêtes.

La question de la retraite est un peu difficile au Sénégal. Il y a beaucoup de manquements. Qu’est-ce que vous avez fait du côté de l’IPRES pour amener l’institution à s’occuper davantage de la retraite ?

Cette question s’est posée depuis quelques années et n’est pas propre seulement au Sénégal.  Elle se pose dans beaucoup de pays où on considère que la protection sociale est très forte comme en France, aux Etats-Unis… Malheureusement, quand vous prenez l’exemple de l’IPRES, les emplois dans le secteur privé deviennent de plus en plus rares. Et les gens ont tendance à conserver ce qu’il y avait comme travailleurs. Il y a quelques années de cela, 5 travailleurs cotisaient pour un retraité. Aujourd’hui, le ratio n’arrive même pas à 2 cotisants pour un retraité. Ce qui veut dire que les marges pour les systèmes de retraite sont très faibles.

Maintenant, le travail de nos représentants à l’IPRES pour faire évoluer les promotions, c’est d’abord l’accord qu’il y a eu sur la retraite à 60 ans. Ce qui a permis au moins à l’IPRES de souffler un peu, parce que tous les gens devant partir à la retraite dans la période pour avoir une pension ne l’ont pas fait. Des accords ont été signés également pour permettre de renflouer chaque année les pensions, mais c’est très faible. La bataille est maintenant d’aller vers des conquêtes beaucoup plus importantes. Il y a des plafonnements et les gens aspirent à cotiser plus, mais les textes ne le leur permettent pas. Ils sont fermés avec une faible cotisation, ce qui fait qu’à la retraite, ils n’ont pas une bonne pension.

Si je prends l’exemple des grandes entreprises, aujourd’hui, nous nous sommes battus depuis 2006 pour, à côté de la retraite de l’IPRES, bâtir un système interne de retraite complémentaire avec une assurance. Ce qui permettrait aux agents qui partiraient à la retraite d’avoir une autre forme de retraite complémentaire, en dehors de ce qu’ils gagnent à l’IPRES. La réflexion aujourd’hui au niveau centrale est d’aller vers ces systèmes qui permettent à l’IPRES d’ouvrir les formes de cotisation. (…) En tant que centrale, nous voulons impulser une nouvelle dynamique et pousser l’Etat à aller vers le ‘minimum vieillesse’. Cela est une forme d’aide ou d’appui sur le plan social aux travailleurs qui ont plus de 60 ans, les aider à avoir une pension  minima et à partir de là, avancer le système de retraite pour un complément qui puisse permettre à la pension d’être relevée.

Avant de parler du montant, il se pose le problème du versement des cotisations. Beaucoup d’entreprises ne versent ni à l’IPRES ni à la CSS. Des travailleurs n’ont même pas de contrats. Concrètement, que faites-vous pour tous ces travailleurs ?

Nous dénonçons toute forme d’évasion sociale. C’est-à-dire toute entreprise qui ne verse pas les cotisations de travail est en violation des lois. Le premier à devoir relever ça, c’est l‘instructeur du travail. L’IPRES et la CSS aussi ont des inspecteurs pour voir si les entreprises ont cotisé ou pas. Au niveau de l’Etat, c’est l’inspection,  le ministère du Travail. En tant qu’organisation syndicale, à chaque fois qu’on nous signale des manquements de ce genre, on saisit les instances de la Caisse ou de l’IPRES et aussi les autorités de tutelle. Parce que le contrôle de l’effectivité des cotisations, c’est l’Etat (IPRES et CSS). L’entreprise a un système de contrôle interne, mais l’Etat aussi a un deuxième niveau de contrôle. Je pense que les différentes réflexions qui sont menées depuis un certain temps vont dans ce sens. Comment faire pour que l’ensemble des entreprises immatriculées déclarent l’ensemble de leurs travailleurs ?

Vous attendez qu’on vous signale des cas. Dans les institutions, les agents invoquent le manque de moyens. Quand est-ce que les fraudeurs seront dénichés ?

Non, on n’attend pas. Je le dis dans la mesure où nous ne sommes pas censés savoir que l’entreprise ne cotise pas. Il faut qu’on ait l’information. Cette information, soit on l’a par nos représentants dans les institutions, soit par les délégués du personnel qui sont dans les institutions. Il arrive que des gens – soit ils sont licenciés, soit ils ont des problèmes avec le chef d’entreprise – viennent dénoncer des cas d’absence de déclaration ou de non-versement de cotisation. Ça, c’est des cas concrets. Mais l’autre aspect, c’est le rôle des syndicats. C’est d’alerter par rapport aux manquements quand ils sont signalés. Mais quand ils ne le font pas, on ne peut pas faire la divination sur le fonctionnement des institutions ou sur celui des entreprises. Il faut qu’il y ait un signal. Si on est informé, on va mettre des mandataires syndicaux qui ont une mission d’accompagner les travailleurs quand il y a des manquements au niveau de leurs cotisations. Quand il y a des problèmes dans leur calcul de retraite, des accidents de travail quand il faut faire le calcul de la rente etc., leur rôle, c’est d’accompagner les gens par rapport à ça et les conseiller pour que leurs droits soient sauvegardés globalement.

Vous avez signé un pacte de stabilité sociale. Quel bilan tirez-vous des trois années d’application ?

Il y a eu plusieurs séances d’évaluation du Pacte. Le bilan n’est pas très rose, parce qu’il y a beaucoup d’engagements que l’Etat avait pris et qu’il n’a pas respectés. Il y a beaucoup d’engagements de part et d’autre, dans les trois parties. Des innovations majeures qui ont été instruites sur les questions de la sécurité au travail, de formation, de faire en sorte que les revendications qui sont sur la table soient vidées etc.

Allez-vous reconduire le pacte ?

Il faut d’abord que les points qui n’ont pas été mis en œuvre le soient. Je ne sais pas ce que vous entendez par reconduire ou ne pas reconduire. Les gens font de l’amalgame. Ils pensent que la signature du pacte signifie qu’il n’y a pas de grève, il n’y a pas de revendication. Non ! On n’est pas lié à qui que ce soit dans ce pacte pour dire qu’on ne fait pas de grève, qu’on ne dépose pas de préavis. Non ! Tous les jours, vous voyez des syndicats se battre, malgré la signature du pacte. Donc c’est ceux qui ont une vue de l’esprit qui pensent que le pacte renferme les centrales syndicales. Il n’enferme personne. Nous, en tous  cas, on n’est pas dans cette dynamique.

C’est sans doute la non-effectivité de ces points qui explique que les syndicats de base se soient affranchis des centrales pour mener leur lutte ?

Je ne dirais pas qu’ils se sont affranchis. Vous savez, dans le processus de négociation collective, c’est le syndicat qui parle. Si on prend l’exemple des enseignants, ce sont les syndicats qui s’organisent qui ont une plate-forme et qui mènent d’abord leurs luttes. Les centrales sont saisies quand il y a des programmes, des mesures d’accompagnement nécessaires. Quand ils vont en négociation, les centrales les accompagnent. Maintenant, les préoccupations dans le secteur de l’éducation ne sont pas les mêmes dans les autres secteurs. Il faut que le processus de négociation soit enclenché par des syndicats de base et quand les préoccupations ne sont pas satisfaites, c’est à ce moment que les centrales prennent le relais.

L’autre élément est que, en général, les centrales prennent toujours les revendications transversales. Par exemple, quand on parle du coût de la vie, d’augmentation de salaire, du système de rémunération, de questions de retraite etc., c’est des questions transversales qui ne sont pas uniquement pour le public, pour le privé, ou spécifique à une entreprise. Ils les prennent comme étant des revendications générales, les posent à l’Etat ou au patronat pour en discuter et avoir un accord général.

Sauf que ça fait longtemps que les centrales ne portent plus de revendications transversales.

Pourtant, il y a quelques années, il y a eu des négociations sur la baisse des prix. Comme je dis, c’est vrai, depuis 2009, les centrales n’ont pas enclenché des négociations dans ce domaine. Mais dans le cadre des cahiers de doléances, la question de la baisse des prix des produits de consommation courante a été revisitée. Il y a eu un accord, il y a deux ans sur le prix du transport. La prime de transport a été rehaussée. Nous pensons aussi que c’est dans cette même veine que s’inscrit la baisse du prix de l’électricité, celui de l’eau, des denrées, etc. C’est vrai que depuis un certain temps, quand nous posions dans les cahiers de doléances la baisse des prix, l’Etat disait que l’engagement qu’il prenait, c’était de faire en sorte que les prix n’augmentent pas.

Mais depuis quelques mois, nous, notre centrale, nous avons relevé qu’il y a une tendance à l’augmentation. Rien que depuis l’arrivée de Macky Sall, il y  a eu cette baisse du loyer sur certains prix etc. Il y a eu un blocage par rapport aux prix. Mais nous sentons qu’il y a les lignes qui ont commencé à bouger ; nous en avons parlé lors du congrès, lors de notre journée d’études au plan stratégique. Je pense maintenant que nous allons davantage le soulever dans les discussions. Mais dans la plate-forme minimale que nous allons déposer sur la table, la question des prix aura une place importante. Et je pense que si c’est nécessaire de poser d’autres jalons pour que ces préoccupations soient prises en compte, nous le ferons.

Aujourd’hui, certains associent le syndicalisme à la recherche de privilège. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Ceux qui les soulèvent le font pour faire du tapage. Mais nous, à la CSA, nous avons dit qu’il faut que nous soyons proches des préoccupations des travailleurs, de leurs revendications. Maintenant, il arrive qu’il y ait des missions de coopération, les gens sont obligés d’y aller. Il peut y avoir des missions comme la Confédération internationale du BIT, une mission où tous les syndicats du monde, les patronats, tous les Etats vont. Il y a des rencontres de partenariat peut-être qui peuvent exister entre le syndicat du Sénégal, la CSA, et le syndicat de la France ou d’autres pays. A part ça, il n’y a pas…

Il y a des postes de PCA…

Bon ! Les postes de PCA aussi, c’est dans des conquêtes que ça existe. Nous ici, nous ne sommes pas encore à ce niveau. Mais par exemple, les postes de PCA à la Caisse et à l’Ipres, c’est les travailleurs qui se sont battus pour qu’il y ait une autonomie de gestion ; faire en sorte que les travailleurs, au même titre que le patronat, puisse diriger ces instances. Maintenant, je pense qu’il faut évaluer ce que ça a apporté en termes de réalisations. Est-ce que cela a permis de rendre la gestion beaucoup plus saine ? Est-ce que cela a permis de rendre la mission beaucoup plus proche des préoccupations des travailleurs, des retraités ou des ayants-droit dans les institutions sociales ? Ça, c’est un débat. Je pense qu’il faut prouver en termes d’efficacité de gestion et peut-être pas du ôte-toi, je vais m’y mettre.

Êtes-vous convaincus de l’importance de ces élections ?

Ah oui ! Nous sommes convaincus. Ça peut aider à limiter l’émiettement des forces. En plus, il est arrivé que toutes  les 18 ou 20 centrales soient convoquées par le Premier ministre ou le ministre du Travail pour négocier sur les cahiers de doléances ; c’est  la cacophonie. Le système de mesure de la représentativité, qui permet de dire que quand une organisation qui n’a pas 10% ne va pas siéger aux institutions ou participer au dépôt des cahiers de doléances, permet aux plus représentatifs de parler au nom des travailleurs. Maintenant, ce n’est pas figé. Si ceux qui sont devant ne travaillent pas bien, les travailleurs sont libres des les enlever aux prochaines élections.

Les conditions sont-elles  réunies pour des élections transparentes ?

Actuellement, les conditions ne sont pas encore réunies. C’est la question du fichier qui pose problème. Il faut qu’on ait un  fichier consensuel pour ensuite aller vers un découpage et installer les bureaux de vote. Malheureusement, le délai qui a été impartie à cette phase commence à être étriqué. Quand nous avons regardé le premier fichier qui a été envoyé, il y a beaucoup de manquements, beaucoup de confusions, d’erreurs. C’est ça qui est retourné. Nous avons fait des réclamations. Il y a des entreprises qui ont refusé de déposer les listes de leurs travailleurs. Il y en a qui ont déposé, mais leurs listes ne sont pas sorties. La saisie n’était pas complète. Si ces préoccupations sont réglées, que la commission travaille  à mettre en place une bonne carte électorale. La carte électorale est importante. Si M. Seck est à Guédiawaye et qu’on le met à Rufisque ou à Thiès, cela veut dire que les conditions ne sont pas réunies pour que les gens aillent  voter correctement.

Est-il possible de tenir les élections le 11 mai comme prévu ?

Cette date du 11 mai, à l’état actuel, elle va bouger. Si les listes sorties étaient acceptables, c’est à ce moment qu’il fallait mettre un chronogramme. La période d’affichage, de diffusion des listes devait avoir un mois avant les élections. Et jusqu’ici, on n’a pas le fichier. Cela veut dire que la date du 11 mai risque de bouger.

Quels sont les objectifs de la CSA ?

Les objectifs de la CSA, c’est faire en sorte de faire mieux que 2011. On était 3ème, on va se battre pour faire mieux.

Il y a 5 centrales qui ont été retenues pour la représentativité. Pourquoi avoir limité les 300 000 aux 4 centrales, excluant du coup la FGTS ?

Il y a des confusions qui sont faites, de tout temps. Quand on allait aux élections, c’était pour mesurer la représentativité. Et toutes les centrales qui n’étaient pas jugées assez représentatives ne devraient pas siéger aux négociations ni bénéficier de la subvention allouée à la représentativité. N’oublions pas qu’en dehors de la subvention de la représentativité, il y a une subvention que le ministère dégage, chaque année, et répartie au prorata de toutes les centrales qui ont un récépissé. Pour la subvention de la représentativité, la seule mesure prise était que les centrales qui n’ont pas 5% n’en bénéficient pas. Quand ça a été posé par le ministère du Travail, il y a eu plusieurs arbitrages. Les derniers arbitrages que le président de la République a eu à faire avec les 5 centrales, les 5% ont été retenus.

La CNTS, l’UNSAS, la CSA avaient plus de 5%, la CNTF/FC avait 5% et la FGTS moins de 5%. C’est ça qui fait que (pour) tous les arbitrages (faits par) le Président, le Premier ministre Abdoul Mbaye etc., les 5% ont été retenus. Dans les élections à venir, le curseur a été amené à 10%. Et aujourd’hui, toutes les centrales savent que si elles n’arrivent pas à ce taux, elles ne seront pas considérées des travailleurs pour siéger dans les institutions ou dans les instances du BIT. Et à partir de ce moment, il faut que les gens s’assument. Nous à la CSA, on n’en fait pas un débat. Notre objectif est de se battre sur le terrain pour mériter la confiance des travailleurs. Et aussi pour que les moyens dégagés à travers les subventions servent à défendre les intérêts des travailleurs, parce que c’est de l’argent public. C’est pourquoi, la CSA reste ouverte à toute mission de contrôle.

Donc, vous ne vous plaignez pas de la gestion du ministre du Travail ?

Il ne peut y avoir d’unanimisme. Nous constatons qu’il y a beaucoup d’erreurs dans la gestion de ces élections. Mais nous assumons, parce que nous allons poser sur la table les revendications que nous jugeons utiles. Sur  la question de la subvention, en son temps, nous avions des récriminations. Rappelez-vous, dès que les résultats définitifs ont été proclamés, le ministère du Travail avait fait en sorte que dans les répartitions des sièges des institutions, il avait mis 7 centrales, en initiant un quotient à lui. Nous l’avions dénoncé. On s’est battus, il est revenu là-dessus. Donc nous ne sommes pas là pour dire que tout est bon. Non, il y a beaucoup de problèmes. Je vous ai parlé des inspecteurs de travail qui doivent fonctionner et qui n’ont pas de moyens, nous avons posé la question des contrôles dans les entreprises, les comités d’hygiène.

Entretien réalisé par Enqueteplus.com

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