La lutte contre le harcèlement en ligne et les discours de haine sera l’un des principaux sujets mis sur la table du sommet du G7 qui aura lieu en août à Biarritz, a indiqué à «20 Minutes» la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa
« C’est un sujet très important pour le gouvernement, c’est aujourd’hui l’une de nos priorités, et c’est pour cela que nous venons de décider que ce serait l’un des axes majeurs de la prochaine réunion du G7 [sommet des sept plus grandes puissances économiques du monde] qui se tiendra à Biarritz cet été », a expliqué  la secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes et de la Lutte contre les discriminations. « Le harcèlement en ligne, et d’une manière générale, la modération sur les réseaux sociaux sont des thèmes qui préoccupent tous les pays, nous devons y apporter des réponses communes ».
« Nous ne pouvons pas tout faire tout seul »
« La France va « se battre » pour un projet législatif au niveau européen contraignant les opérateurs du Net, et notamment les réseaux sociaux, à retirer très rapidement le « torrent de boue » des contenus « haineux, racistes ou antisémites » », avait déjà déclaré en mars le Premier ministre Edouard Philippe. « Nous ne pouvons pas tout faire tout seul. Il y a un vrai travail collectif de régulation à faire », reconnaît aujourd’hui Marlène Schiappa, qui tient toutefois à rappeler que le gouvernement a déjà entrepris de nombreuses actions pour lutter notamment contre le cyber-harcèlement. « Une loi très importante a été votée en août dernier contre le harcèlement « de meute », ce que l’on appelle plus communément les raids numériques. Depuis l’année dernière, la notion de répétition dans le harcèlement a évolué : si 100 personnes vous envoient chacune un message de haine, chacune de ces 100 personnes peut être condamnée pour cyber-harcèlement », explique la secrétaire d’Etat.
« A travers cette loi, c’est un message que nous avons voulu envoyer à tous ceux qui participent aux lynchages collectifs, à tous ceux qui diffusent des messages de haine. C’est une loi très importante, mais pour qu’elle vive, il faut que chacun s’en saisisse, que des signalements soient faits, que des plaintes soient déposées… Il y en a encore trop peu. Et il faut que les services de police et de justice soient le plus réactifs possibles. On y travaille. Tout n’est pas encore parfait, je le concède, mais un gros travail de formation et de communication a déjà été entrepris, et cela continue aujourd’hui », précise la secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes.
« Moi aussi, je suis victime de cyber-harcèlement »
Marlène Schiappa a elle-même annoncé avoir porté plainte pour cyber-harcèlement le 10 janvier dernier après avoir reçu sur les réseaux sociaux de nombreux messages insultants, à la suite de critiques formulées contre la cagnotte lancée en soutien à l’ex-boxeur Christophe Dettinger. « Nous sommes trop nombreux et nombreuses à expérimenter ce qui se fait de pire sur les réseaux, hélas ! Mais moi, quand je suis cyber-harcelée, en tant que membre du gouvernement, j’ai les moyens de me défendre, j’ai accès aux médias, à de très bons avocats spécialisés. Je peux m’exprimer, je peux me défendre, je peux même envoyer un SMS  au secrétaire d’Etat chargé du numérique [Mounir Mahjoubi] pour lui demander des conseils. Ça reste quand même un moment très douloureux, très difficile à vivre. Si ça l’est pour moi, j’essaye de m’imaginer  à quel point c’est compliqué pour une jeune fille de 15 ans qui habite dans un village ou une banlieue, et qui n’a pas les moyens financiers de se défendre », explique la secrétaire d’Etat.
Le gouvernement souhaiterait donc faciliter le processus de signalement entre les grandes plateformes et les pouvoirs publics pour permettre une meilleure prise en charge des « victimes ». « Les réseaux sociaux doivent se responsabiliser, permettre aux utilisateurs de signaler plus facilement les messages violents, bloquer les comptes de « harceleurs » et surtout supprimer le plus rapidement possible les contenus illicites », détaille Marlène Schiappa, pointant notamment du doigt la plateforme Twitter, l’un des pires élèves en matière de signalement et de modération. « Certains ne jouent pas le jeu, font très peu d’efforts pour supprimer les contenus haineux, c’est pour cela que nous travaillons actuellement à un projet de loi sur le sujet. Il devrait être présenté dans les prochains mois ».

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