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Au milieu des années 1990, à la faveur de l’entrée du PIT dans le gouvernement du Président Abdou Diouf, Hamath Dansokho avait hérité du Ministère de l’urbanisme et de l’habitat. Bien que très engagé sur le terrain politique, il se consacra avec un sérieux remarquable à la vie de ce département longtemps anémié par un excès de conformisme administratif. Bien que journaliste de formation, il y insufla un nouvel état d’esprit par son dynamisme communicatif et son charisme. Il n’hésitait pas à aller à la rencontre des populations qui en voulaient à l’État pour sa politique passée du bulldozer, à animer les services déconcentrés et surtout à faire jouer au Sénégal un rôle actif sur la scène internationale par une participation de qualité, notamment à la seconde conférence des Nations unies sur les établissements humains (Habitat II) en 1996 à Istanbul et à l’exposition universelle de Hanovre en 2000.

Dans le processus préparatoire de Habitat II, M. Dansokho fit montre d’un véritable leadership au sein du groupe africain, aidé en cela par l’expertise du comité national sénégalais. Il réussit à convaincre le gambien Wally Ndaw chargé par le Secrétaire général Boutros Ghali de l’organisation de la conférence que la ville de Touba devait être présentée au monde entier pour l’originalité de son expérience urbaine. Une grande ville auto-produite, auto-gérée par une confrérie religieuse et relativement préservée des dérives propres aux grandes cités. Ce cas que j’ai eu l’honneur de documenter avec l’aide de mon ami Abdoulaye Ndiaye alors journaliste à l’ORTS fut magistralement exposé à Istanbul par Serigne Moustapha Saliou Mbacké.

Ce que je retiens surtout de M le Ministre Dansokho est, sur le plan privé, sa fidélité en amitié. Je me souviens de ce soir, au début des années 2000, je me promenais comme à l’accoutumée sur la corniche près de l’Université. De sa voiture, il m’aperçut et demanda à son chauffeur de faire marche arrière jusqu’à ma hauteur. Il descendit, me donna l’accolade et nous nous rappelâmes dans une ambiance bon enfant de quelques missions faites ensemble dans le cadre de Habitat II.

Quelle simplicité ! Quelle reconnaissance des services rendus par ses collaborateurs officiels ou occasionnels ! Les hommes de pouvoir sont réputés ingrats. Hamath ne l’était pas. En cela il constituait pour moi une exception.

Reposez en paix M le Ministre. Que là haut le Seigneur vous donne acte de vos indéniables mérites en vous faisant accéder à une félicité éternelle.

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