Je m’adresse à toi père impréparé. Tes contes et tes appels à l’humilité me font encore passer pour un coincé, sans poigne parmi mes compétiteurs. Père embrouillé, tes inquiétudes et tes désillusions justifient certainement tes exigences saugrenues et imprécises de fidélité et de représentation. J’ai subi à foison les secousses de tes regrets d’ascendant fatigué de quêtes et de remords. Acceptons, à présent, nos différences pour nous innocenter mutuellement, pour toujours nous comprendre et nous chérir enfin. La personnalité que tu veux m’insuffler ne s’hérite pas. Elle doit dériver d’un legs partagé par une majorité et ratifié par d’authentiques liaisons sociales.
De grâce, ne me tiens pas responsable du choix déchirant de ta désertion. Tu as toujours dit avoir quitté ton pays pour soulager tes parents. À présent, tu dis être resté ici, ailleurs, pour ta progéniture. Si ces allégations peuvent noyer ta souffrance, c’est tant mieux pour toi, papa. Tu exiges de moi une posture d’enraciné que toi même perds, morceau après morceau, au contact des libertins et de leur ordre distinct. Peut-être qu’il aurait fallu m’initier à la force des foules férues de feux sacrés ou de la foi des soufis flegmes à toute futilité.
Père insécure, père imposant, gaillard sensible, tu m’as, à chaque fois, transféré tes peurs quand venait le temps de m’apprendre à bondir et rebondir pour devenir garçon digne et distingué. Est-ce parce que tu te surprends aliéné et arraché que tu attends de moi plus d’africanité, en compensation ? Précise d’abord les contours de tes identités trafiquées et fragmentaires. T’es pas persécuteur, t’es pas tendre pour autant. T’es pire que tout ça. Tu divagues, tu flottes en permanence, sans la posture admirable de tes modèles intransigeants ni même la carrure enthousiaste de tes contemporains.
Arraché à ta patrie depuis si longtemps, tu te promets encore fidélité et authenticité dans un décor hostile, distancé des repères du royaume disparu de ton enfance. Pourtant, tes règles et tes commandements approximatifs sont révolus jusque dans ton fief d’origine. Je ne peux pas répondre solidaire de ce fardeau insensé parce qu’inopérant, parce que déroutant même pour tes semblables. Tes déconvenues d’apprenant et de résistant culturel me poursuivent, m’acculent et me privent d’équilibre, du confort d’un sentiment d’appartenance.
Je suis né et élevé dans le bourdonnement tympanisant de ta tristesse d’exilé, de tes quêtes sans fin et de tes renoncements perçants. Ta volonté de survie et de réussite en terre d’accueil ont dévalisé et mutilé peu à peu ta fierté qui faisait croire à ton génie. Dégâts collatéraux, tes désillusions de migrant m’ont mouillé, pénétré et possédé entièrement. Elles m’en ont imposé tout autant qu’elles t’ont épuisé et isolé dans une lente et laborieuse agonie.
Que d’attentes inassouvies, que de frustrations ont rythmé nos rapports et nos fuites et nos petits pactes ! Je n’en peux plus de vivre au gré de tes déboires anciens et de tes ressentiments d’immigrant déçu. Ma vie d’enfant et d’adolescent n’a jamais été condition d’insouciance et simples critères d’apparence comme c’est le cas pour mes prochains, mes amis et mes stars. C’était beaucoup de triches et d’adaptations dans la sphère familiale, comme pour vous témoigner de ma loyauté. Le droit d’être simple et serein, sans motif ni accusation de trahison, ne m’était reconnu qu’au lointain.
Birame Waltako Ndiaye
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12 Commentaires

  1. « Père embrouillé », dis-tu au début de ton texte. Bon Dieu, mais c’est celui-ci qui est embrouillé!
    « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » chacun connaît ce principe élémentaire.
    Inutile de faire des arabesques de langage pour se faire comprendre. A vouloir trop en faire, on finit par s’embourber. C’est hélas le défaut de l’auteur de cette contribution.

  2. M. Ndiaye, est-ce la ton histoire que tu nous racontes? Ou est-ce une histoire, generique, qui toucherait la plupart les modou-modou dans leur grand nombre?

  3. Beau texte. Les journaleux doivent apprendre et s’inspirer des textes comme celui-ci. Ça relève le niveau d’écriture. Kou mèr maatal sa noop. Mbeulééééééé

  4. Je ne sais pas pourquoi tout est publié sans correction, ni relecture?!
    La pire des choses c’est de prendre ses idioties pour un exemple repandu… malheur à toi qui parles ainsi á ton pére et de ton pére

  5. Beau texte !
    La confiture de M. Ndiaye n’est pas destinée aux cochons… Ceux-là peuvent aller fouiner dans les caniveaux quelques immondices à leur goût et à leur portée !

  6. Passant les caniveaux tu sembles t’y connaitre … tant qu’on ne braille pas avec vous les insultes fusent.. nous avons notre culture sa baay soy mandé sakh sa baayla sa warougar si moon doula watieu ..

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