Je me suis permis d’interpeller la semaine dernière un confrère, en lui demandant combien de fois il a eu à annoncer le retour imminent de Karim Wade au Sénégal. Mon interlocuteur a admis ne plus pouvoir compter le nombre de fois. En effet, à la veille de chaque fête de Korité ou Tabaski, Magal de Touba, Gamou ou autre événement religieux ou social, ou de chaque échéance électorale, Karim se fait annoncer à Dakar. Il se fend à chaque fois d’une missive ou fait dire par des responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds) ou par son père Abdoulaye Wade même qu’il va enfin revenir au Sénégal. Son retour devient une arlésienne. Et il lui arrive maintenant de se faire annoncer dans tel pays limitrophe du Sénégal. Jamais on n’a entendu une autorité du gouvernement du Sénégal faire la moindre objection quant à ce retour annoncé. Mais Karim Wade pose systématiquement un lapin aux médias et à ses partisans. La question est alors de se demander si finalement Karim Wade ne manque pas de respect à ses interlocuteurs ou si les médias tiennent-ils à leur crédibilité ou nourrissent-ils un brin de respect pour leur public, en continuant à lui faire des annonces qui ne se réalisent jamais.
Chercher à gouverner le Sénégal par WhatsApp ne fait plus rire
Agacé par ce jeu d’enfant, Farba Senghor, militant on ne peut plus engagé aux côtés de l’ancien Président Wade et de sa famille, avait fini par relever que Karim Wade ne saurait continuer de diriger le Pds et prétendre diriger le Sénégal par WhatsApp. En effet, Karim Wade reste dans un certain confort douillet à Doha, si on en juge par des images toujours envoyées via les réseaux sociaux, et continue à chercher à faire l’actualité au Sénégal. La semaine dernière, il a encore dit qu’il est «en route pour le Sénégal pour faire face à ses devoirs». Même à dos d’âne, Karim Wade devrait pouvoir franchir la frontière sénégalaise avant l’ouverture de la prochaine campagne électorale. On ne devrait plus le prendre au sérieux si par exemple, dans six mois encore, sa présence n’est pas signalée à une escale quelconque sur son chemin vers le Sénégal. En attendant, une belle opportunité s’offre à lui d’aller supporter les «Lions de la Teranga» à la Coupe du monde de football en Russie. Peut-être qu’il ne s’interdirait pas d’aller en Russie comme il semble se l’être fait pour le Sénégal et son premier pays, la France. Karim Wade a déclaré sa flamme aux joueurs de l’Equipe nationale de football du Sénégal. Le sport a quelque chose de magique, que le cœur d’un homme peut vibrer pour des joueurs, pour une équipe, pour une star, ou même pour un drapeau d’un pays dont il ne connaîtrait ni les couleurs ni les paroles de l’hymne national. Assurément, on peut bien mépriser les Sénégalais et ne nourrir aucun respect ou amour pour ce pays ou pour son Peuple et, sans doute, célébrer les exploits sportifs de ses footballeurs. Aussi, la recherche du succès pousse à enrôler dans les équipes nationales des sportifs qui ignoreraient tout du pays dont ils portent le maillot. Pourquoi alors refuser cela à un supporter ? Si le Sénégal remporte son match contre l’Equipe de Pologne, on verrait un El Hadji Malick Gakou jubiler aux côtés d’un Macky Sall. Dans ces instants de communion avec l’Equipe nationale de football du Sénégal, il est évident que Karim Wade et un Idrissa Seck qui, lui aussi, s’est fendu d’un message d’amour à l’endroit de l’Equipe nationale de football trouveront toute leur place comme supporters. On va espérer des succès en Russie qui pousseront tout le monde à communier avec le Président Macky Sall. On peut être persuadé que, comme en 2002, des succès de nos footballeurs vont provoquer des déferlements de foules joyeuses, festives, arborant les couleurs nationales du Sénégal. Sans doute que ce pays en a bien besoin. Le débat public est caractérisé ces dernières années par un phénomène de dénigrement du gouvernement, perçu comme un «Sénégal bashing». On ne voudrait voir que les prétendus échecs, insuffisances ou carences. Pourtant, ce pays a fait du chemin dans divers mondes. Dans une chronique en date du 12 mars 2018, nous pointions du doigt «les beaux succès de Macky Sall que son opposition refuse de voir». Il n’en demeure pas moins qu’il est indéniable que la gouvernance publique et les performances économiques du Sénégal sont citées en exemple de par le monde. L’opposition voudrait détourner le regard de cela. Plus grave, toutes ces réalisations sont niées ou chahutées. Tout passerait pour le pire dans le pire des Sénégal.
Au moins, les «Lions du football» nous rassemblent
Nous refusons de croire que cette manie de tout nier de ce que Macky Sall et son gouvernement réalisent de bon ne poussera pas à ce que certains puissent, un seul instant, caresser le vœu secret d’une bérézina des Lions en terre russe. Le président de la Fédération sénégalaise de football, Me Augustin Senghor, une voix on ne peut plus autorisée, a coupé l’herbe sous le pied à d’éventuels esprits vindicatifs, en disant publiquement le jeudi 24 mai 2018, lors de la cérémonie de remise du drapeau national aux Lions, que : «Le gouvernement a fini de fournir tous les moyens nécessaires pour une bonne préparation et une excellente participation de l’Equipe nationale de football au Mondial 2018.» En conséquence, si jamais le Sénégal gagne, le Président Macky Sall serait en droit de réclamer du mérite. En cas de défaite ou même de débâcle, on ne pourra pas l’accabler de n’avoir pas fait ce qu’il avait à faire. Il aura apporté un soutien aux Lions jusqu’à faire le déplacement pour assister à leur premier match de la compétition contre la Pologne. A moins qu’on ne nous sorte, après coup, des inepties du genre : «Il leur a porté la poisse.» Il serait bien légitime pour le Président Sall de dire, à l’instar de son prédécesseur Abdoulaye Wade en 2002, qu’il a investi sur les Lions et qu’il serait en droit d’engranger un retour sur investissement. Il convient déjà de mesurer à sa juste valeur l’exploit du Sénégal de figurer parmi les 32 Nations du monde à avoir réussi à décrocher une qualification pour le Mondial russe. Le Sénégal reste avec le plus faible Pib de toutes les Nations qualifiées.
Seulement, on en arrive à se demander si, en souhaitant tant l’échec du Président Macky Sall, certains ne révèlent pas une certaine phobie à l’endroit de leur propre pays. Un débat stérile, puéril, à la limite même de la mesquinerie, a été longtemps entretenu sur un supposé bradage des ressources découvertes en pétrole et gaz. Quand il s’est agi de venir, à la face du monde, dire ce que certains sauraient du prétendu «pillage ou bradage» des ressources en hydrocarbure, l’opposition a préféré faire la politique de la chaise vide. Le débat qui a été organisé lors de la journée nationale de concertation sur les hydrocarbures, le 12 juin 2018, a permis à toute personne qui pouvait dire ou relever des travers dans la gestion de ces ressources de le faire savoir face à ses contradicteurs. Par contre, il est des attitudes commodes de prendre les radios et télés pour faire des monologues en accusant tout le monde de tout, sans risquer la contradiction. Peut-être que le Sénégal va vivre une trêve du Mondial, le temps de soutenir les Lions de la Téranga.

Par Madiambal Diagne
lequotidien.sn

1 Commentaire

  1. THIS INDIVIDUAL MAKES ME WANNA VOMIT WHENEVER I SEE HIM. A REAL AFRICAN PARASITE LIVING FROM HIS PEOPLE. THIS CONTINENT NEEDS MAN OF SUBSTANCE AND SHOULD GET RID OF THESE LEECHES BILAHI….

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