Un pays divisé en deux par un référendum qui n’avait même pas de raison d’être. Voila le spectacle méprisant auquel on assiste au Sénégal. Oui ou NON, deux adverbes brandis partout au Sénégal.
Quel pays ! Quels hommes politiques, ou plutôt quels politiciens !
Injures et violences sont à l’honneur. Ce dernier s’achète au vil prix d’un sac de riz ou de quelques billets de banque. Quelque soit le statut, ce référendum est là pour nous rappeler que le mot « rupture » est à la limite vulgaire. Quand deux camps s’affrontent à coups de pierres, c’est l’image même de nos hommes politiques qui est mise en avant. Des personnes sans scrupules, capables de plonger le pays dans la violence se donnent en spectacle en se vantant d’être les meilleurs pour diriger le pays. Les vielles habitudes sont toujours ancrées dans cette société tant chantée autrefois par son sens de l’honneur, de la discipline.
La rupture est loin d’être consommée. Des sacs de riz qui pleuvent de tous bords. Des lutteurs se transforment en chef de file politique. En un temps record, ils monnayent non pas leurs muscles mais leurs choix politiques à coups de millions sous l’œil incrédule de politiciens qui osent espérer réussir un bon « coup ».
L’habitude, n’est-elle pas une seconde nature ?
Ce référendum est finalement le miroir d’un pays qui est encore loin d’être une grande démocratie. Celle-ci est en gestation, en perpétuelle recherche de ses bases qui pourraient faire d’elle cette vitrine qu’on lui colle dés à présent. La constitution est devenue pour les différents présidents un moyen de consolider le pouvoir sur lequel ils sont assis. Par le truchement d’un marchandage politique, des propositions ont été faites par un président qui a échoué dans son projet de réduire son propre mandat de sept à cinq ans. Deux ans, serait-il insuffisants pour proposer les différents points de ce référendum à l’assemblée nationale où son camp est majoritaire ? Après avoir traîné pendant quatre ans, il a subitement trouvé urgent d’en finir dans la précipitation.
Le pays se plonge dès lors dans une campagne électorale de bas niveau où les seuls héros se nomment violence, achat de conscience, indiscipline, vulgarité…… bref la liste est loin d’être exhaustive.
La presse montre son incapacité à faire preuve de grandeur. Les organes leaders qui donnent quotidiennement des leçons de vie deviennent visiblement les pires sous le régime de Macky Sall.
Sous l’ère Racine Talla, la R.T.S (Radio Télévision Sénégalaise) est devenue le pire des organes de presse nationale que le Sénégal ait connus. Cette presse qui a été longtemps considérée comme une grande actrice de l’alternance et de la bonne marche démocratique devient une poubelle. Elle se rivalise dans la médiocrité. Celle qui aurait dû être un lieu de liberté d’expression et de miroir de la démocratie s’est mue en endroit de propagande des idées du patron.
Qu’en est-il de l’opposition ?
Déçue de ne pas aller en campagne pour des présidentielles en 2017, elle propose de voter NON. Le contenu est loin d’être décrié d’une manière générale. Mais elle préfère sanctionner un président, donneur de leçon qui a été incapable de respecter sa parole plutôt que d’inviter la population à prendre connaissance du contenu. Tout est prétexte pour inviter la population à voter NON : homosexualité, laïcité… j’en passe.
Finalement, qui travaille pour notre cher pays ?
Ce n’est certes pas ces hommes politiques ou plutôt ces politiciens qui, tous bords confondus donnent l’impression d’une meute de loups affamés qui aperçoit au loin ce zébu bien engraissé. Des politiciens profitent justement de cette situation pour se donner une meilleure image et « se faire voir » par le président. Quitte à faire des déclarations catastrophiques, le moment choisi est une aubaine.
Plongé dans ce référendum, le président devient omniprésent dans une campagne qui n’aurait même pas dû avoir lieu. Les invectives ainsi que le soi disant bilan du pouvoir nous font penser plus à une élection présidentielle qu’à un référendum qui est juste une consultation. La personnalisation du débat rend ce dernier puéril et vide de sens. A la place des quinze points d’un miroir qui a pour nom référendum, le président se sent obligé de faire part de son bilan pour convaincre une population qui a déjà du mal à comprendre le contenu. En tout cas, en se penchant sur le référendum il a pensé à tout dans ces propositions sauf celle de la question du rapport entre président de la république et chef de parti politique.
Finalement, l’essentiel est ailleurs.
Au moment où tous les pays qui aspirent au développement invitent au travail, le Sénégal et son président restent à la traîne en invitant la population à un référendum. Ce dernier a été l’occasion de se détourner de l’essentiel : économie, éducation, social, civisme, sécurité etc.…
Au moment où nos voisins ivoiriens vivent un deuil suite au terrorisme, n’est-il pas temps de nous pencher davantage sur notre sécurité ?
Ne devons-nous pas donner un coup de pied dans cette fourmilière qu’est l’éducation nationale ?
Les questions sont tellement nombreuses dans notre cher pays où tout est priorité. Le référendum nous détourne de l’essentiel : le travail.
Arrêtons de parler et mettons nous en besogne. N’est-ce pas Jules Renard qui disait : « le travail pense, la paresse songe » ?
Mayacine Diop

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