Le film, « les étudiants et nous » se poursuit. Chaque jour avec des éléments les uns lus croustillants que les autres. Depuis qu’ils sont en lutte et qu’ils organisent des AG et sont contraints de s’exprimer dans la presse ils sont victimes d’un lynchage systématique : « fermez-moi ces bouches que je ne saurai entendre. Par de pareilles expressions les oreilles sont blessées et cela fait venir de fausses accusations. ».

Ceux qui sont étudiants aujourd’hui sont entrés à l’école dans les années 90. Qui se souvient du Plan Décennal de l’éducation et de la formation (PDEF), un des plans d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale ? Naissances des corps de volontaires et de vacataires. Au lieu de formation de 3 ans, formation de 9 mois. Certains, les fameux quotas sécuritaires, n’ont même pas bénéficié de formation. Au lieu de salaire de plus de 100.000FCFA dès le départ, ils étaient payés à 50.000FCFA. Formation au rabais, salaire ont donné des enseignants au rabais et une qualité de l’éducation en berne. Ces étudiants sont le résultat de ces options politiques des « prêts à répéter » de l’époque qui disaient : « le FMI et la Banque sont incontournables ». Quels sont les femmes, hommes et tendances politiques qui n’ont pas bénéficié de leur quota de « quota sécuritaire » clientéliste ?

Marc Aurèle aurait dit : « Tes fautes de fils sont mes défaillances de pères ».

Citoyens, les fautes des étudiants sénégalais sont les résultats des options néolibérales, des diktats de Bretton Woods. Qui disait : « Moins d’Etat, mieux d’Etat » ? Moins d’Etat = moins de budget pour les secteurs dits sociaux dont l’éducation.

Accabler les étudiants tend à trouver une fausse solution à un vrai problème. Ce ne sont pas les étudiants qui sont en cause. Mais le système. Et malheureusement, on continue aujourd’hui encore à répéter « Doing business » de la Banque mondiale : pouvoir comme opposition.

Les étudiants sont des boucs émissaires commodes. Certains comme moi se permettant même de se donner en exemple en termes de qualité d’expression orale et écrite pour mieux tirer sur les étudiants.

Samedi dernier, le Pr Lamine Sagna nous disait qu’il a étudié au Lycée Lamine Guèye. Qu’à l’époque, il y a avait l’internat, qu’on leur servait du poulet dans cet internat. Moi qui suis passé par le lycée Lamine Guèye, je n’ai trouvé ni internat, ni poulet. C’est cela le système, et le moins d’Etat mieux d’Etat et les recettes du FMI et de la Banque mondiale.

Que faisons-nous pour changer le système au lieu de nous attaquer aux victimes? Oui, car ces étudiants dont certains se gaussent sont des victimes.

Concitoyens étudiants, cela ne signifie pas que vous n’avez pas de responsabilité dans cette affaire. Elle est double. D’abord vous devez faire face au système au moins par vos efforts individuels : l’autoformation. Ensuite, quand vous avez compris que vous êtes le résultat d’un système, il ne vous reste qu’une seule chose à faire : changer le système et non faire des selfies avec celui qui le représente.

Changeons le système et arrêtons ce système de changement qui ne fait qu’assurer des alternances sans alternatives.

Dakar, le 29 mai 2018

Guy Marius SAGNA email: [email protected] Tèl: 77 524 94 41

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