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Publie le: ven, 31st août, 2012

Exécutions sommaires en Gambie : Me Boucounta Diallo veut envoyer Yaya Jammeh à la Cpi

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Lors d’un sit-in devant le Haut commissariat de la Gambie au Sénégal, l’ancien président de l’Organisation nationale des droits de l’Homme du Sénégal (Ondh) s’est dit prêt hier, à saisir la Cour pénale internationale (Cpi) sur les «exécutions sommaires» en Gambie. Me Boucounta Diallo exige aussi le retrait de la Gambie du siège de la Cour africaine des droits de l’homme.
L’ancien président de l’Or­ga­nisation nationale des droits de l’Homme du Sénégal (Ondh) en a toujours après le président gambien. Et le rassemblement des or­ganisations de droits humains comme la Rencontre africaine de défense des droits de l’Homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh) et la section sénégalaise d’Amnesty international (Ai) était une tribune pour le célèbre avocat de décliner sa position, suite à l’exécution de deux de ses compatriotes par Yahya Jam­meh. Hier, Me Boucounta Diallo a déclaré, devant la représentation diplomatique gambienne au Sé­négal, être prêt à saisir la Cour pénale internationale (Cpi) dont le siège est à La Haye (Pays-Bas). Cet­­te saisine va porter sur les exécutions sommaires de 9 Africains dont deux Sénégalais. Me Diallo ne s’est pas arrêté à ce niveau. Il a aussi invité, devant la foule qui s’est mobilisée hier, la communauté internationale à boycotter la Gambie.
Me Boucounta Diallo a tenu à informer la communauté internationale que «la Commission africaine des droits de l’homme qui siège en Gambie devra disparaître de ce pays ou disparaître pour toujours. C’est est un enjeu de taille pour l’Union africaine. Il est intolérable, pour nous défenseurs des droits humains, que notre siège se trouve dans ce pays qui, par son président de la Répu­bli­que, n’honore pas l’Afrique». «Lorsqu’on s’amuse à exécuter sous le prétexte que la législation gambienne l’autorise, souligne Me Diallo, nous sommes d’accord. Mais pour la première fois au monde plus particulièrement en Afrique, on voit des cascades d’exécutions. Il s’agit de près d’une cinquantaine de personnes»
«Nous demandons à la communauté internationale d’agir très vite pour sauver la vie de ces 38 autres personnes en sursis. A partir du mois de septembre, tout est possible, car il y a 9 personnes qui ont déjà été froidement exécutées», a déclaré Alioune Tine, président de la Raddho. Pour M. Tine, la situation est plus que grave, d’où l’urgence d’une intervention rapide en Gambie. «Il faut respecter le droit à l’intégrité physique et la dignité humaine en toutes circonstances. Nous voulons que le monde entier réagisse et qu’on en finisse avec la complaisance et que l’Union africaine délocalise le siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples», a-t-il préconisé.
«Il y a trop de crimes politiques en Afrique et ce qui se passe en Gambie en est la parfaite illustration. Nous prenons ce dossier en charge et nous n’allons pas le (Ndlr : Yahya Jammeh) laisser continuer dans sa folie meurtrière», a encore déclaré le célèbre avo­cat Me Boucounta Diallo. D’après Me Diallo, le Président gambien utilise la question casamançaise pour exercer un certain chantage sur le Sénégal.
Le président de la Raddho, lui, estime que Yaya Jammeh est un «assassin», car les personnes exécutées n’ont pas bénéficié d’un procès équitable. «Ils étaient avec des juges complaisants qui fonctionnaient comme des mercenaires. Ce n’est pas normal qu’on ait un paranoïaque à la tête d’un Etat et qui se joue de la vie humaine comme du n’importe quoi. C’est inadmissible et nous allons maintenir la pression au niveau de l’Afrique et au plan international. Nous irons même, s’il le faut jusqu’en Gambie pour poursuivre le combat», a estimé Alioune Tine.
Le président de la Lsdh Me Assane Dioma Ndiaye et le vice-président d’Amnesty international-Sénégal, Diène Ndiaye, ont aussi pris part au sit-in, d’hier.
lequotidien.sn

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