Visiblement, l’électeur sénégalais ne tient pas à modifier son raisonnement classique, ayant révélé son efficacité en 2000 et 2012 : rien ne sert de courir avant la date du scrutin, il faut agir à point, le 24 février, en utilisant à bon escient son bulletin de vote. Ce raisonnement populaire est certes contredit par les préparatifs frauduleux en cours, visant notamment à empêcher le vote de milliers d’électeurs en changeant subrepticement leurs lieux de vote. Mais seule l’expérience vécue le 24 février pourra édifier les électeurs et les amener à changer d’attitude.
Les démocrates ne peuvent donc que gagner à faire, avec les populations, l’expérience de la bataille des urnes, car le braquage électoral de Mackyavel entraînera des forces encore plus décisives dans la rue. Autrement dit, en même temps que les journées de résistance nationale, poursuivre le corps-à-corps dans les isoloirs et dans les urnes. Cette démarche complexe mais rationnelle présente l’avantage de consolider l’unité des forces de résistance et de garantir le succès des puissantes actions collectives à mener avant, pendant et après le 24 février.
A juste titre, la participation au vote est réputée l’arme imparable contre la fraude électorale. Un taux de participation important réduirait les 35% de Mackyavel à leur plus simple expression, et ôterait toute apparence de crédibilité au coup d’Etat électoral en préparation. Une forte abstention aurait l’effet contraire. C’est bien pourquoi Mackyavel s’échine à dégoûter et décourager les électeurs en mettant en scène ses sordides opérations de débauchage de transhumants. Pour faire croire que les jeux sont faits et qu’il réussira de toute façon à voler la victoire.

La preuve de la peur
L’agitation nocturne du candidat sortant est le meilleur sondage du rapport des forces politiques.
Malgré les complots judiciaires, l’élimination des candidats de l’opposition les plus en vue, la neutralisation des organes de régulation, les milliards dépensés dans la corruption électorale, la violence des tontons mackoutes, cette frénésie est la preuve de la peur qui habite le clan marron. Peur surtout de rendre les comptes d’une gouvernance brutale et corrompue.
Mais cette peur est alimentée aussi par le constat évident que les subterfuges et autres stratagèmes mis en œuvre jusqu’ici illustrent parfaitement la théorie des « actions non-logiques » chère à Pareto. Des actions fondées sur des croyances et intentions irrationnelles et qui entraînent des résultats différents et parfois inverses de ceux attendus. En voulant affaiblir l’opposition, Mackyavel l’épure de ses taupes et la fortifie. En croyant l’écraser par la répression, il forme une nouvelle génération de combattants. En éliminant arbitrairement des candidats, il facilite la constitution de deux grands pôles de candidature de l’opposition, un vieux souhait qui serait probablement resté un vœu pieux sans ses manigances. Faudra-t-il demain le remercier pour ces bienfaits involontaires ?
Il reste seulement, pour ceux des opposants que la chance ou le Destin a favorisés, à s’armer de l’humilité indispensable pour rassembler et donner confiance à tous.

Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Secrétaire général du Mps/Selal

5 Commentaires

  1. Merci beaucoup pour cette analyse dont la portée salutaire dans ce contexte de confusion préélectoraledout être vulgarisée.Vous avez tout dit monsieur Ndiaye.La situation n’a jamais été aussi favorable pour l’opposition qui doit se garder de faire des erreurs dans la constitution des deux pôles.Que les intérêts patriotiques les animent.Macky sait qu’il a fait des erreurs.Maintenant il faut que les Sénégalais sortent en masse pour voter.Il ne passera pas le premier tour.Parions.

  2. meusieur n diaye macky va partir inchalah vole des election ici au senegal c est fini vote ba pare securise sa vote mou xew lisi kanam raouli beut wasalam

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