XALIMANEWS : En 2016, le gouvernement du Sénégal a entrepris la confection de nouvelles cartes d’identité biométrique communément appelé « cartes d’identité Cedeao ». En effet, il fallait renouveler les cartes d’identité nationale et les cartes électeurs qui arrivaient à l’expiration car ayant atteint dix ans d’existence. Pour rappel, la première confection des cartes numériques a été lancée en 2006 du temps d’Abdoulaye Wade. Ainsi, dix ans après, coïncidant l’avènement du président Macky Sall, il fallait une nouvelle fois reproduire des nouvelles cartes. Mais, tout d’abord le coût de la confection des cartes jusqu’à sa distribution ne cesse de créer des polémiques au niveau de la classe politique. En outre, ce qui nous intéresse aujourd’hui est la distribution des cartes électeurs ou CNI car elle a été fusionnée tout en un. Cette distribution des cartes est un sujet polémique dans la classe politique.

Pour rappel, lors des dernières élections législatives en 2017 près de 2 millions de cartes n’ont pu être produites et cela a constitué un facteur bloquant lors de ces joutes électorales. Il fallait passer par les sous-préfectures avec son récépissé pour voir disposer d’un sésame pour voter. Ce procédé a été décrié par l’opposition qui soupçonnait des tentatives de fraude de la part du pouvoir. Depuis lors, des nouvelles cartes ont été produites lors de leur dernière sortie, la direction des élections se félicite du taux de production des cartes. Mais, il y a toujours une nébuleuse quant aux chiffres sur la production. Au niveau de la DAF et de la direction des élections les services se rejettent la patate chaude. C’est le silence-radio total entre la direction des opérations chargée de la carte électorale et le bureau de la communication. On dirait qu’ils ont reçu des instructions pour ne pas éclairer la lanterne des sénégalais sur le processus des cartes biométriques de la Cedeao. Un agent dont je tairai le nom m’a affirmé « je ne peux vous donner des informations sans l’aval de mes supérieurs » en me citant comme exemple que je ne pourrai divulguer des informations sur Xalima sans l’aval de mes supérieurs. Ainsi, selon les chiffres officiels le fichier tourne sur plus de 6 millions d’électeurs. Comme rappelé plus haut, il y avait 2 millions de cartes qui devraient être produites après les élections législatives, les responsables des élections avaient confirmé ces productions de cartes en saluant le taux de retrait. Selon les estimations, il restait près de 300 mille cartes à retirer au niveau des lieux de retrait comme les sous-préfectures.

Pour l’exemple de Dakar, les cartes sont ventilées au niveau de la Préfecture qui l’achemine vers les sous-préfectures. Sur ce, on s’est rendu vers la sous-préfecture de Dakar Plateau dirigé par le sous-préfet Djiby Diallo alias « Jack Bauer ». En effet, la sous-préfecture du Plateau coiffe les communes du Plateau, Gorée, Fann, Colobane, Médina. Interpellé sur le retrait des cartes, le sous-préfet affirme : « Chaque commune dispose d’un lot de cartes de ses populations. Depuis le 04 octobre 2016, la commission de distribution fonctionne pour permettre les sénégalais de disposer des cartes de la Cedeao » note d’emblée monsieur Diallo. Ensuite, il remarque qu’il y a une amélioration du retrait des cartes à cause du parrainage. « A ce jour, nous avons une petite amélioration sur le retrait des pièces depuis que le parrainage a commencé » martèle le sous-préfet. Dans la foulée, il revient sur le nombre de pièces restantes et en donne les raisons : « Aujourd’hui, on est à 10800 cartes restantes pour toutes les communes confondues. Ce qu’il faut noter, les sénégalais ne sont pas pressés de prendre les pièces parce qu’ils sont adeptes de la dernière minute. » Sur ce, il lance « des pierres » aux politiciens : « les responsables politiques s’entretuent dans les médias mais ne sensibilisent pas leurs militants à récupérer leurs cartes. Pourtant, c’est un aspect important. »Enfin, il se désole de la situation malgré les campagnes de communication. « Nous avons fait plusieurs communications, nous avons décentralisé mais la situation est toujours la même » se désole le sous-préfet du plateau. Il lance un dernier appel : « les populations arrivent au compte-goutte, ainsi nous lançons un appel pour que les gens passent récupérer les cartes, c’est pour eux « argue-t-il.

Après le plateau, nous avons fait un tour vers une autre sous-préfecture, la plus peuplée du département Dakar, c’est la sous-préfecture des Parcelles Assainies. En effet, la sous-préfecture des Parcelles Assainies regroupe les communes des Parcelles Assainies, de Grand Yoff, de Cambérène et de la Patte d’Oie. Au niveau de la sous-préfecture des Parcelles Assainies, le sous-préfet, Ibrahima Mar nous a mis en rapport avec son adjoint, Amadou Sarr qui a été très disponible. Idem aussi, pour le chef de la commission administrative, notre confrère Abdou Aziz Diagne qui fut au temps Officier d’état civil à la commune des Parcelles Assainies. Tout d’abord, l’adjoint du sous-préfet nous montre le poids électoral des Parcelles Assainies. « Parcelles a le deuxième bureau de vote au Sénégal derrière Ndane à Touba » martèle M. Sarr. Comme pour corroborer l’assertion qui dit que « Qui gagne Parcelles, gagne Dakar » vu le poids démographique et électoral des Parcelles Assainies. Ce n’est pas pour rien que Parcelles demeure un enjeu de taille pour le pouvoir et l’opposition. Pour revenir sur le flux des retraits, l’adjoint note qu’il n y a pas le grand rush. « Les gens viennent récupérer leurs cartes mais il n y a pas encore le rush » explique-t-il, avant d’ajouter : « Par ailleurs, il faut noter une légère amélioration avec le parrainage »fait-il remarquer. Sur ce, il embouche la même trompette que le sous-préfet de Plateau : « Vous savez, les gens attendent la dernière minute pour agir » se désole-t-il. Comme pour certifier les propos de l’adjoint du Sous-préfet, M. Diagne souligne l’effet du parrainage sur le retrait. « Au temps on pouvait avoir jusqu’à 40 retraits par jour, mais avec le parrainage, on peut atteindre jusqu’à 100 retraits » note-t-il. En plus, les commissions attendent toujours le restant des cartes issues de la dernière révision de Mars/Avril dernier. « On attend toujours les cartes de la dernière révision » annonce le président de la commission. Interpellé sur la date de distribution de ces cartes, il avoue que l’état n’a pas encore donné une date officielle. « Ils n’ont pas donné une date officielle » révèle le président de la commission. En dernier ressort, il révèle la quantité de cartes qui « dort » au niveau de la sous-préfecture. « Il y a 20555 cartes au moment où je vous parle », avant d’enchaîner : « les acteurs politiques doivent sensibiliser leurs militants à venir récupérer les cartes » avance-t-il. Finalement, le président donne les chiffres globaux concernant la sous-préfecture des Parcelles Assainies. « Le total de cartes arrivées au mois de mars 2018 est de 168.726 cartes, soit 148.171 cartes distribuées. La situation hebdomadaire est de 500 cartes distribuées pour les jours ouvrables. »

Après ce tour d’horizon dans l’administration territoriale, on a fait un crochet chez les membres de la société civile avec la SYNOSC (Synergie des Organisations de la Société Civile Sénégalaise) lors de leur conférence du 4 octobre 2018 au niveau du centre Bopp à Dakar. Selon, la SYNOSC dans leur déclaration liminaire qui dit « Aujourd’hui, plus qu’hier, avec la campagne pour la collecte des parrainages pour les candidats déclarés, la situation reste encore toujours tendue avec des accusations de corruption et d’achat de conscience et de rétention des cartes. » Ainsi, Mazide Ndiaye et Cie appellent à la distribution complète des cartes. Même son de cloche du côté de l’opposition surtout de la diaspora qui assiège les consulats pour récupérer leurs cartes électeurs.

Dernièrement, les opposants basés à Milan menacent de passer à une vitesse supérieure si leurs cartes ne sont pas produites. Ainsi, le retrait des cartes revêt deux points primordiaux à savoir la production, distribution ou le retrait. Sur ces deux points, il y a toujours divergence entre pouvoir et opposition. Par conséquent, le nœud gordien demeure le fichier électoral dont seul le pouvoir détient, d’ailleurs, selon toujours les membres de la société civile, le fichier doit être accessible à tous. « Que le fichier électoral soit connu, vérifié et validé par tous les candidats ; seul un candidat a actuellement accès au fichier. » révèle toujours la déclaration liminaire de la société civile. Sur la même lancée, le mouvement « Y en a marre » a lancé récemment le concept « Parel » (soit prêt (e) pour inciter les gens à récupérer leurs cartes mais ils sont confrontés dernièrement à des restrictions surtout au niveau de Guédiawaye où le préfet a interdit la caravane. Ainsi, à quelques jets de la Présidentielle, le retrait des cartes est loin de connaitre son épilogue et pourrait connaitre des soubresauts à l’approche des élections si toutes les équivoques ne sont pas levées.

Abdou Fall, Xalima.

2 Commentaires

  1. Les sondages s’enchainent et se prècisent c’est la panique au palais les jeunes vont voter Sonko parcequ’ils veulent en finir avec cette pourriture qui gouverne ce pays depuis 1962

    C’est la peur il va falloir retenir le maximun de cartes d’electeurs des jeunes entre 18 et 40 ans et organiser un bourrage d’urnes au Fouta et a Fatick le restee on verra

    IL faut entre 51 et 53 % des suffrages pour que le candidat prèsident passe au premier tour lors des dernières législatives malgré la massive rétention des cartes d’électeurs le sabotage le bourrage des urnes l’achat des consciences à coups de milliards le camp du prèsident n’a pas atteint la barre fatidique des 50%

    Hélas Sonko est en tete avec ses 38 % d’intentions de vote le candidat prèsident dépasse à peine 30 % des intentions de vote alors comment faire pour trouver les autres 20 à 23 % meme une fraude massive au Fouta région à faible taux d’lecteurs et le sous-peuplè Fatick ne peuvent pas combler ce gap

    IL LEUR FAUT DAKAR ET THIES faire tout pour que Touba ne vote pas Sonko en le taxant de salafiste de Daesh ect ….

    Peine perdue ils vont perdre lamatablement les insultes les menaces la diffamation n’y peuvent rien le sort est jeté c’est fini messieurs l’heure des comptes est arrivée nous allons mettre à nu vos sales combines politiques de ces 60 dernières années vous allez tous payer !!!

  2. Le travail pour contrer ce régime de corrompu, se situe a tout les niveau mais mettons un accent particulier la présence des représentants de l’opposition dans tout les bureaux de votes et maintenir une bonne coordination pour parer a toute éventualité de fraude quitte a bloquer le système. Car seul une élection transparente et démocratique peut nous conduire a une paix souhaitable, toutefois
    nous vers un non élection, le pays veut la rupture qu’il réclame.

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