L’accusation  portée  par le Gouvernement de Alassane Ouattara contre  Guillaume Soro d’un  « projet de coup d’Etat », porte à un niveau alarmant, les contradictions politiques qui se sont fait jour, depuis le constat d’un impossible consensus sur le processus électoral en perspective de la Présidentielle d’Octobre  2020 en Côte d’Ivoire.

Cette grave accusation  fait suite à l’acharnement judiciaire dont Laurent Gbagbo fait l’objet de la part de la Procureure de la « Cours Pénale Internationale » (CPI), qui  est perçu comme une manœuvre visant à l’écarter de la course à la prochaine Présidentielle.

Cette  escalade de la tension politique a produit une situation inédite et inattendue, avec le soutien unanime de SORO de la part  de tous les partis d’opposition, consacrant un isolement politique du Président Ivoirien, porteur de tous les dangers.

C’est ce que les organisations de la Société civile Ivoirienne ont perçu, pour se mobiliser et demander aux protagonistes de privilégier la paix en vue d’une « réconciliation nationale », pour éviter que le pays ne retombe dans la violence post-électorale de 2011 qui a profondément meurtri leur peuple.

A cette voix s’est ajouté l’appel de Charles  Blé Goudé   au Président Ouattara pour un dépassement,  malgré le fait que ce dernier venait de le faire condamner  par contumace à 20 ans de prison.

Ainsi, ils ont tous compris, en tirant l’expérience de l’échec de la tentative de «  réconciliation nationale » qui a produit cette montée dangereuse du pays vers le péril, qu’il est nécessaire, au préalable, de créer les conditions d’une paix politique, pour jeter les bases politiques d’un dialogue national en vue d’une véritable « réconciliation nationale. »

La « réconciliation nationale » ne précède pas la paix entre les protagonistes politiques, mais en est la résultante.

L’Afrique du SUD l’a réussie après la fin de l’Apartheid, qui a jeté les bases de la paix civile dans laquelle la «Commission vérité et pardon » a réussi cette « réconciliation nationale ».

A contrario,  au Mali, le «  contentieux politique »  issu de la Présidentielle de 2018,  les divergences sur  «  l’Accord d’Alger »  de 2015,  et les exigences, de plus en plus pressantes, de la population, du départ des Français de la Direction de la Minusma, et de l’Etat- Major de leur Armée, et du retrait de «l ’Opération Barkhane »,  en l’ accusant  d’être la cause de la crise sécuritaire dans leur pays et de son aggravation quotidienne, constituent un «  contentieux national »  que les Autorités du  Mali n’ont  pas, jusqu’ici, réussi à vider,  malgré la tenue d’un «  Dialogue National Inclusif »,  bloquant ainsi toute « réconciliation nationale ».

C’est ce lourd « contentieux national »  qui mine la vie politique de ce pays, et compromet la sécurité de ses populations.

Cette situation qui entretient des conditions d’une déliquescence de l’Etat Malien,  a favorisé la montée en puissance des groupes armés terroristes, malgré la présence de la MINUSMA et de « l’Opération Barkhane », montrant ainsi leur inutilité, aux yeux des populations,  dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

C’est tout cela,  malgré les pressions de la France et du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui a rendu  le gouvernement Malien incapable de  mettre en œuvre cet «  Accord d’Alger », qu’ une bonne partie de son peuple considère comme porteur de la partition de leur pays en faveur des groupes armés séparatistes du Nord, pourtant soupçonnés, même par l’ONU, de connivence avec les groupes armés djihadistes.

Donc, il est évident,  que sans la solution de ce « contentieux national », il n’y aura ni paix ni  « réconciliation nationale » au Mali  qui risque de continuer à dériver vers une dislocation certaine qui ferait le jeu des séparatistes du Nord soutenus par la France.

Ainsi, les Républicains, démocrates, patriotes et pan africains de Côte d’Ivoire et du Mali, devraient se ressaisir pour créer les conditions nécessaires pour vider leur  « contentieux politique » et leur « contentieux national » respectivement, pour sauver leur pays.

En côte d’Ivoire, cela pourrait passer par une initiative hardie du Président Alassane Ouattara, en réponse  à la demande de sa société civile, pour proposer  en urgence à son Assemblée nationale,  deux projets de Loi portant respectivement «  amnistie pour les crimes et autres violences » perpétués depuis la crise électorale et post –électorale de 2011, et  «  immunité pour  les partisans de Ouattara ».

Ces deux projets de Loi ne signifient ni « concession à l’impunité » ni  « refus de rendre justice aux victimes », comme le reprocheraient des « Organisations internationales de Défense de Droits humains », mais un «  compromis politique » nécessaire pour sauver son pays et jeter les bases d’une « réconciliation nationale », afin de conjurer les démons de la division et de la violence en perspective de la Présidentielle d’Octobre  2020.

 Ces organisations perdraient tout crédit aux yeux de l’opinion africaine, en condamnant ces deux  projets de Loi, deslors quelles se taisent quand le Premier Ministre Israélien  se propose de demander à son Parlement de lui accorder une «  immunité » pour échapper à son inculpation et continuer à briguer le suffrage de son peuple.

Pis encore, elles n’ont pipé un seul mot en soutien au projet de la Procureure de la CPI  visant à inculper l’Etat Israélien  pour «  crimes de guerre et crimes contre l’Humanité en Palestine » !

Il faudrait don, nous africains,  nous  défaire du « complexe de culpabilité »  qu’elles sont parvenu  à développer dans nos classes moyennes petite- bourgeoises !

Leur tyrannie, à travers leurs représentants dans nos pays, a  suffisamment fait tort à nos peuples, pour que l’on doit plus se permette encore de prendre au sérieux leurs critiques, malgré leur capacité de nuisance qui est mondialement reconnue.

Pour le Mali, vider le « contentieux national «  serait possible avec  l’opposition,  autour d’un accord de révision de «  l’Accord d’Alger » et du départ des Conseillers militaires Français et de « Barkhane », pour mettre sur pied un « Gouvernement d’Union Nationale de Transition, durant tout ce qui reste du mandant du Président I. B Keïta, pour créer les conditions d’une paix civile durable, et réussir la «  réconciliation nationale » du peuple Malien.

Cependant, ni la Côte d’Ivoire, ni le Mali ne pourra, avec succès,  aborder ce « compromis historique », sans l’appui et l’intervention des Chefs d’Etat de la CEDEAO, qui devraient prendre toute la mesure de leur responsabilité sur le destin politique de ces deux pays.

En effet, si la Côte d’Ivoire et le Mali sont laissés à eux-mêmes, leur déstabilisation et les menaces de leur dislocation encours, vont compromettre le projet d’intégration de la CEDEAO, notamment au moment du passage du Fr CFA vers l’Eco le 1er juillet  2020.

Dans le cas échéant, ce sont tous les pays de la sous-région qui seront directement exposés aux groupes armés djihadistes, en vue de leur déstabilisation et de leur dislocation, pour tuer notre ambition de faire de nous sous- région, un partenaire en mesure  de faire face à l’Union Européenne et aux Etats Unis, et  d’exploiter les opportunités que lui offrent les pays émergents, pour assurer son indépendance véritable par cet équilibre dans ses relations internationales.

C’est pour tout cela que les républicains, démocrates, patriotes et pan africains de tous les pays de la CEDEAO,  devraient se mobiliser, chacun dans son pays, pour amener  nos Chefs d’Etat de la CEDEAO, à assumer toute leur responsabilité, pour aider leurs homologues de Côte d’Ivoire et du Mali, à assumer, à leur tour, le «  compromis historique » qui s’impose à leurs peuples, et qui détermine le futur des peuples de toute la sous- région.

 Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

 Dakar le 5 Décembre 2020

2 Commentaires

  1. Voilà le Ibrahima SENE qu’on aimerait voir à la place de la posture opportuniste et malhonnête adoptée quand il tente de défendre Beeno Book yakaar. Est- ce le début du retour de Canossa où, il était parti?

  2. C’est la même personne ce que vous ne savez certainement pas c’est que ses analyses cherchent leur pertinence loin de son appartenance à un parti ou groupe de partis il fait mieux pour être objectif

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