Au Sénégal, depuis 1998, les candidats à l’élection présidentielle appartenant à la communauté Pulaar sont systématiquement taxés d’ethnicistes. Les accusateurs ne sont autres que les présidents sortants, candidats à leur propre succession. Des seconds couteaux et même des politologues n’hésitent pas à s’engouffrer dans la brèche ainsi ouverte pour débiter des propos potentiellement source de haine voire de conflits inter ethniques. Entre les 2 tours en 2012, un politologue bien connu avait déclaré sur le plateau d’une chaîne de télévision privée que la Mauritanie n’acceptera jamais qu’un Toucouleur s’installe au palais de la république du Sénégal. Ce politologue avait dit des contrevérités, confondant ses vœux et la réalité géopolitique de l’Afrique de l’Ouest. Lors de la campagne électorale de la présidentielle du 24 février 2019, un haut responsable libéral avait parlé, sans sourciller, du danger de la dictature ethnique du Président Macky Sall. C’était grave et surprenant de la part de cet homme, habituellement mesuré dans ses propos.

Depuis son accession à la magistrature suprême en 2012, le Président du Sénégal, appartenant à la communauté Peulh sans l’avoir demandé, fait l’objet d’attaques injustifiées frisant le racisme. Il est  traité sans discontinuer d’ethniciste et d’ethnocentriste. Ses nominations à des postes civils et militaires sont scrutées à la loupe pour y déceler des indices de faveurs accordées aux Peulhs. Pourtant, les nominations de ses prédécesseurs n’avaient pas intéressées ceux qui épient aujourd’hui les siennes. Quelle honte de faire la comptabilité ethnique de sénégalais méritants promus par le Président de la République. En vérité, rien ne prouve statistiquement que le Président Macky Sall a nommé plus de Pulaar que ces prédécesseurs. Ceux qui parlent de toucouleurisation de l’Etat feignent d’ignorer que les principales institutions et autres agences sont dirigées par des compatriotes non Peulhs : Assemblée Nationale, Primature, CESE, HCCT, Conseil Constitutionnel, Cour des compte, CENA, CNRA, CNDT, HCDS, OFNAC etc.et que beaucoup de ministères stratégiques sont confiés par le Président Macky Sall à des sénégalais présumés compétents non pulaar : Armée ; Eau ; Pêche, Intérieur, Décentralisation, Développement Communautaire, Pétrole et Energie, etc. En réalité, ce n’est pas le nombre de peulhs nommés qui dérangent mais c’est la nomination d’un peulh à un poste de responsabilité par le Président Macky Sall qui irrite les parrains de l’ethnisation. Pour illustrer cette assertion, on peut rappeler que lorsque le Président Macky Sall nomma le Général Mamadou Sow CEMGA, les adeptes de l’ethnicisme avaient parlé et écrit que le Chef de l’Etat était en train de toucouleuriser l’armée sénégalaise. Pourtant, récemment, la nomination des Généraux Seck et Sène respectivement CEMGA et Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale n’a suscité aucun commentaire de la part des pourfendeurs du Président de la République. Personne n’a parlé de l’ethnie de ces hauts gradés responsables de notre Armée Nationale. Si demain le Président de la République nomme un général pulaar CEMGA ou Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, les accusateurs vont reprendre du service.

Les compatriotes accusateurs semblent oublier qu’au Sénégal, les noms de famille ne renvoient plus systématiquement à l’appartenance à une ethnie. Certains Sow, Ba, Ka, Sy, Sall, etc. sont des wolofs ou autres. Au Sénégal, les noms n’appartiennent plus à une seule ethnie (Sant decoul fenn ont bien dit les Wolofs). Il y a des Pulaar Ndiaye, Diop, Faye, Ngom, Sall, Gaye, etc. Se fonder uniquement sur le patronyme n’est pas suffisant pour faire appartenir quelqu’un à une ethnie. Le métissage suite aux mariages mixtes inter ethniques en augmentation exponentielle et l’urbanisation galopante du pays ont atteint des niveaux qui devraient nous épargner ces débats insensés d’un autre âge.

Des compatriotes égarés, sur la base de faux arguments, sont en train de tenter de semer la haine et la division dans les groupes ethniques qui vivent en parfaite harmonie sur le sol sénégalais où le cousinage et le métissage intra et inter ethnique, lubrifiant des relations sociales que nous envient tant de pays, montrent à suffisance que ces sénégalais ne pourront pas rompre l’équilibre sur lequel notre chère nation est bâtie.

Pour illustrer l’osmose entre nos ethnies, il est utile de rappeler à ceux qui ne le savent pas ou feignent de l’ignorer que les populations sénégalaises, localement, ne protestent jamais parce qu’un Sérère, un Peulh, un Wolof, un Diola, etc. n’a pas été promu par le Chef de l’Etat. Les manifestations de joie ou de protestation transcendent les ethnies. Quand un ressortissant d’une localité est nommé à un poste de responsabilité, ce sont toutes les ethnies de la zone qui pavoisent et font la fête.

Le Président Macky Sall est également accusé d’avoir bénéficié du vote ethnique le 24 février 2019 par certains politiciens et politologues. C’est un mensonge grossier. Au Sénégal, il n’y a pas de vote ethnique. Il y a un vote affectif fondé sur l’origine du candidat et cela existe dans toutes les démocraties modernes. Le Président Macky Sall a gagné largement à Fatick et au Fouta le 24 février 2019, car étant originaire de ces 2 régions. Idrissa Seck a gagné haut la main à Thiès malgré tout le travail abattu par BBY, car il est de la localité. Ousmane Sonko a écrasé les autres candidats à Ziguinchor. Il est du terroir. Le Professeur Issa Sall a obtenu un excellent score à Tataguine, sa ville natale. Les sénégalais votent en faveur des candidats qu’ils connaissent sans accorder une importante décisive à l’appartenance ethnique du candidat. Si c’était le cas, le Président Macky Sall n’aurait pas gagné Fatick commune et département, les Peulhs y étant minoritaires. Si le vote ethnique existait, Djibo Ka aurait gagné le Fouta et le Foulada en 1998. Si le vote ethnique et confrérique existait, le sympathique candidat Madické Niang aurait gagné Touba. Expliquer les défaites ou les victoires électorales sous l’angle du vote ethnique est irrecevable. Les 4 candidats qui étaient en lice face à Macky Sall, pour n’avoir pas utilisé, à ma connaissance, l’argument du vote ethnique pour porter un jugement sur le verdict du 24 février 2019, méritent d’être félicités. Ils sont de vrais patriotes démocrates.

Les Peulhs sont dans tous les partis politiques, au côté d’autres militants engagés comme eux. Ne serait-ce que pour cette raison, un responsable politique au Sénégal devrait se gêner de parler d’ethnisation ou de vote ethnique. Pour l’amour du Sénégal, notre cher pays, et par respect à ces militants engagés en dehors de toute appartenance ethnique, enterrons le débat sur le vote ethnique et l’ethnisation de l’Etat. Ceux qui suscitent et entretiennent ce faux et dangereux débat ne sont pas des patriotes. Ce sont des fossoyeurs de la République qui ne semblent pas digérer qu’un Pulaar soit Président du Sénégal. Ce faux débat peut se révéler dangereux si les formations politiques devaient s’y mêler. Le PDS ne devrait plus accepter de prendre part à ce type de débat. Le génocide au Rwanda et les tueries actuelles au Mali sont suffisamment illustratifs des dangers qui pourraient découler de ce futile débat. Les partis politiques qui utiliseront l’ethnisation comme thème de campagne électorale ne conquerront jamais le pouvoir. Les peulhs, assez nombreux, n’ont pas de partis politiques préférés ou privilégiés mais ne voteront certainement pas pour une formation qui les stigmatise et les opposent aux autres ethnies cousines.

Consolidons notre nation. Arrêtons le débat sur le vote ethnique et l’ethnisation. Ceux qui agitent ces idées rétrogrades constituent des dangers publics pour la cohésion de notre nation. Heureusement ils perdent leurs temps et leur énergie. Les Peulhs sont les cousins à plaisanterie de toutes les autres ethnies du Sénégal. Dans les 14 régions du pays, les ethnies vivent en parfaite harmonie. Aucun différent local n’est traité en dehors des villages. L’administration territoriale peut confirmer mes propos. Personne n’a rien à gagner si notre nation se disloque. Que Dieu préserve le Sénégal. N’oublions jamais les conséquences de l’ivoirité, en son temps banale, en termes de pertes de vies humaines et économiques. Ne jouons pas avec le feu. Arrêtons net tout débat sur les ethnies. Nous sommes un peuple uni, nous visons tous l’émergence du Sénégal et nous avons foi en nous. L’ensemble des ethnies forment la nation sénégalaise qui est au-dessus de tout. On peut critiquer le Président Macky Sall sur le plan politique et économique et je ne m’en prive pas. C’est dans les critiques et les débats contradictoires sains que sort le progrès qui est le terreau du développement. Le Président Macky Sall est un sénégalais et par hasard il est peulh et il assume son appartenance à sa communauté comme ses prédécesseurs l’avaient fait avant lui. Il est un sénégalais type. Son épouse, dont la mère est une Diallo, appartient à la communauté Sérère.

Halte à ce débat futile et puéril que veulent entretenir quelques sénégalais dont le seul objectif est de faire mal. Nos compatriotes animateurs de ce faux débat ignorent que le développement du pays est la principale préoccupation des sénégalais actuellement. Dans le contexte socio-économique du Sénégal, initier et parrainer des échanges sur l’ethnisation est ridicule. Les débats qui pourraient intéresser nos compatriotes devraient porter entre autres sur l’agriculture et l’élevage qui ne permettent toujours pas d’atteindre la sécurité  alimentaire, sur notre système éducatif qui est en crise durable et ne répond pas convenable à notre besoin de développement, sur la pêche caractérisée par la rareté du poisson, sur notre système de santé qui demeure inaccessible au plus grand nombre, sur l’eau et l’assainissement pour lesquels l’Etat a beaucoup de progrès à faire, sur l’environnement qui est le parent pauvre des politiques publiques de l’Etat, etc. Que nos compatriotes égarés ne se trompent pas de peuple. Les sénégalais sont émancipés et matures depuis belle lurette. Ils ne se feront pas tromper ni par les politiques ni par les mercenaires de la plume et de la parole. A bon entendeur salut.

Pr Demba Sow

Ecole Supérieure Polytechnique UCAD

8 Commentaires

  1. Un clan peut être considéré comme un sous-groupe d’une tribu, qui elle-même est un sous-groupe d’une ethnie, à son tour (avec, ou non, d’autres ethnies) membre d’un peuple se concevant, ou non, comme une nation, se dotant, ou non, de la structure d’un état. Les sociétés polysegmentaires présentent une telle organisation.

    Dans les sociétés claniques celtiques et romaines, il n’y a pas des familles nobles et des familles non nobles, ce sont les individus et les lignages aînés de chaque clans qui sont considérés comme les plus nobles et qui sont susceptibles d’être élus aux fonctions nobles. WIKI. http://adakar.com/ELECTIONS/presidentielles/2019/resultats.html Clan, Tribu, Ethnie, Nation, État, Confédération, Fédération.

  2. j’aimerais bien vous croire, mais je suis certain qu’au fond de vous même, vous savez que vous ne pouvez convaincre personne, parce que les senegalais vivent tous les jours ce qui se passe dans notre administration, allez faire un tour dans les bureaux et vous serez édifié, que le danger est la et bien la

    • Les pulaars ont toujours étais nombreux dans l’administration comme les serreres dnaileurs. Il sont sénégalais, s’ils sont à des postes c’est qu’ils sont capables. N’ignorez pas que les pulaars sont plus nombreux qu’on le pense. Seulement ils parlent Wolof et certains nom Pulaar sont considérés Wolof.
      Je rappelle que le président Wade avait initié un programme d’alphabetisation en langues nationales. Quand il a vu le nombre important d’agents qui s’inscrivaient en Pulaar, il était surpris et a abandonné le programme. Donc les pulaars étaient toujours nombreux.
      Ils seront de plus en plus visible parce que l’instruction sort de plus en plus des foyers naturels Dakar St. Louis Rufisque et autre localité urbaine de l’ouest. Toutes les régions sont concernées et il y a beaucoup de peuls dans toute les régions du Sénégal. Cela n’a rien à voir avec Macky SALL.
      Les pulaars sont des citoyens de ce pays et ont la compétence comme les autres citoyens.
      Il faut revenir à la raison
      Le Sénégal est un pays multiculturel, ce que certains ont du mal à admettre, ils ne connaissent de leurs pays que la capitale et ses périphéries.
      Dommage!

    • Demandez a un intellectuel de vous traduire le texte de mr sow et revenez dans le debat.c est un conseil.ce debat nauseabond n est posé que par l ethnie wolof.
      Wade president
      Pape diop president du senat
      Mamadou seck president de l assemblee
      Souleymane ndene premier ministre
      Mediature wolof
      Conseil constitutionel
      Etc…
      Qui s en offusquait?????

    • Parce que c’est un groupe très important par son nombre au Sénégal, et qui résiste un tout petit peu à la domination totale du groupe dominateur.
      Cela fait que certains politiciens et autres jouent sur cette ligne.

  3. Monsieur, il ne faut pas enterrer le débat sur la question ethnique comme vous le dites ! Il faut plutôt renvoyer dans leurs frocs puants les haineux démagogues qui l’entretiennent artificiellement ! Je pense aux irresponsables comme Pape Alé Niang, petit commissaire Sadio, Adama Gaye, Baba Aïdara, Maty 3 pommes, Ndiaye Doss et autres ! C’est vrai que les populations ne s’intéressent même pas à ce sujet au quotidien et les brassages entre ethnies ont complètement transféré les patronymes d’une ethnie à l’autre. Et c’est tout à fait normal que Sonko Fusilleur gagne largement en Casamance et Idy à Thiès et Macky au Fouta. C’est une réalité affective et géographique normale ! Même en Europe ça existe ! Mais ce sont nos petits politiciens opposants-démagogues-haineux qui veulent détourner la question. Pourtant les mêmes étaient là et n’ont pipé mot quand Wade nommait sous nos yeux des gouvernements presque 100% wolof et mouride ! Ça n’a pas empêché les populations de le dégager toutes ethnies confondues en 2012 ! Alors…

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