Il était presque 19 heures quand le président de la Convergence démocratique Bokk Gi-Gis nous a eu reçu dans sa magnifique demeure. De la véranda, il nous accompagne jusqu’au salon tout de blanc vêtu. Sans doute qu’il voulait à travers ce blanc immaculé, manifester qu’il est sans tache. Car l’actualité marquée par le débat sur les biens mal acquis, ne l’épargne pas. Lui qui a été convoqué par la gendarmerie pour audition à cet effet. Nouvellement porté à la tête de la Convergence démocratique Bokk Gis-Gis, le ci-devant ex-président du Sénat se devait de décliner sa vision politique et ses ambitions économiques pour le Sénégal, qu’il espère diriger dans les années à venir. N’empêche, l’actualité pas encore lointaine qui avait soulevé des passions, comme son différend avec son ex mentor Me Wade, ainsi que ses rapports avec ses anciens frères du Pds ont été convoqués. Un large entretien que Pape Diop a aussi saisi pour rappeler qu’il ne renonce pas à la ville de Dakar qu’il a dirigée en tant que maire pendant 7 ans et qu’il avait perdue aux locales de 2009.

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Je ne dirais jamais du mal de Me Wade

Mes biens, je les ai acquis avant l’alternance

Ce qui me lie à Me Alioune Badara Cissé est plus fort que la politique

La ville de Dakar m’intéresse

Le programme économique que je propose aux Sénégalais

« En un mois et demi, nous avons pu récolter toutes ces voix alors que le Pds qui a 40 ans d’existence et douze ans de pouvoir n’a pas pu faire deux fois plus que nous aux dernières élections »

« Je n’aurais jamais pensé qu’un jour j’allais me séparer de Me Wade »

« Si on estime que je me suis enrichi illicitement, le moment venu je mettrais sur la table les preuves que je détiens. Je suis serein et j’attends. »

« Le Sénégal dépense 500 milliards en produits alimentaires. Notre programme prend en charge la production de ces produits. C’est notre premier axe de développement agricole. »

« Je pensais d’ailleurs que Me Alioune Badara Cissé blaguait quand il me disait qu’il viendrait à notre assemblée générale »

« Il n’y a plus de transaction. Au niveau des Impôts et Domaines, des cabinets des notaires, les transactions ont diminué. Au niveau des banques, les dépôts ont diminué. »

Qu’est ce qui vous a motivé à fonder un parti politique ?

Lorsque nous avons eu un différend avec le Pds lors des dernières élections législatives, nous sommes allés dans la précipitation vers ces joutes. Néanmoins, nous avons eu des représentations un peu partout dans le territoire national. Et nous sommes allés à ces élections dans des conditions assez difficiles. A l’époque, beaucoup de nos éléments n’ont pas battu campagne, comme Ousmane Masseck Ndiaye qui était malade, Thierno Lô, à quelques jours du démarrage, a eu un accident. Il y a eu d’autres également qui étaient empêchés. J’étais presque seul sur le terrain à battre campagne à travers le pays. Néanmoins nous avons eu à récolter un peu moins de 150 mille voix. Malheureusement, les gens se sont empressés à dire que nous avons échoué, alors que non. Car en un mois et demi, nous avons pu récolter toutes ces voix, alors que le Pds qui a 40 ans d’existence et douze ans de pouvoir n’a pas pu faire deux fois plus que nous. Nous avons considéré que nous n’avons pas échoué. À la suite de ces élections les Sénégalais ont adhéré à cette dynamique qui a été créée durant la campagne. Un peu partout, les gens nous ont demandé d’aller vers la création d’un parti. Eu égards aux vérités sur le terrain, car j’ai voyagé deux mois à travers le Sénégal des profondeurs. J’ai visité quelques communautés rurales et beaucoup de villages et bien évidemment j’ai discuté avec pas mal de gens. Tous mes interlocuteurs m’ont demandé d’aller vers la création de ce parti. C’est aujourd’hui chose faite. Nous avons tenu notre assemblée générale constitutive. Mais cela ne devait être que la réunion d’un collège des membres fondateurs qui devaient tout simplement élire un président jusqu’au prochain congrès, pour nous permettre de déposer les statuts. Et inchalla demain (ndlr : hier lundi, car l’entretien a eu lieu dimanche) nous allons déposer nos statuts et commencer le travail sur le terrain.

A quand le prochain congrès ?

Nous nous sommes dit que nous allons vers la création d’un parti qui sera un parti de démocratie interne. La démocratie interne sera effective dans notre formation. C’est pourquoi nous avons voulu expressément élire un président jusqu’au prochain congrès. Tous les postes actuels sont provisoires. Nous allons d’ailleurs nous réunir bientôt pour pourvoir ces postes jusqu’au congrès. En attendant de procéder à la vente des cartes, d’installer les structures. A la suite de cela nous irons au congrès pour élire les responsables qui vont gouverner ce parti.

On connaissait vos rapports avec Me Wade jusqu’au clash survenu lors des dernières élections législatives. Qu’en est-il de vos relations aujourd’hui ?

Jusqu’à maintenant, nous n’avons plus de rapport ni directement ni indirectement. Depuis lors, chacun est dans son coin. Mais c’est ça la vie. Je n’aurais jamais pensé qu’un jour j’allais me séparer de Me Wade. Cela ne m’a jamais effleuré l’esprit. Je pensais que seule la mort nous séparerait. Malheureusement, c’est ça la vie, elle est faite de haut et de bas. Certainement il ne l’avait pas voulu, moi non plus. Mais c’est le destin. Dieu a voulu qu’à un moment de notre parcours nous nous séparions, pour une raison ou une autre. Pour ce qui me concerne, je suis serein. Il faut savoir que l’on ne peut pas cheminer pendant un long moment et se renier plus tard. Le président Wade restera pour moi toujours un grand leader, un grand responsable. Ni en privé ni public, je ne dirais jamais de mal de lui, parce qu’il a été pendant plusieurs années pour nous tous, un grand leader, notre mentor. Et nous avons cheminé ensemble pendant les moments difficiles et les moments de bonheur aussi. Considérons que c’est ça la vie et personne ne peut échapper à son destin.

Y a-t-il une possibilité de retrouvaille entre vous deux ?

En politique, rien n’est impossible. Je ne présage jamais de ce que sera fait demain. Tout peut arrivait demain, aussi il faut que chacun respecte l’autre et que chacun joue sa partition pour que des retrouvailles puissent intervenir un jour. C’est ça la vie et on va attendre pour savoir ce que sera fait demain. Mais pour ce qui nous concerne, l’urgence est l’implantation de notre parti à travers tout le pays. Nous sommes dans toutes les communautés rurales du Sénégal. Ce qui reste c’est d’être présent dans les villages du Sénégal. C’est cela notre objectif d’ici à six mois. Et nous y travaillons

L’actualité c’est aussi les auditions d’anciens responsables libéraux sur l’enrichissement illicite. Avez-vous des appréhensions après votre audition à la brigade de recherches ?

Les autorités judiciaires décideront. Tout ce que je peux dire c’est que j’ai la conscience tranquille. Parce que les biens que j’ai acquis, sont le fruit de mon travail depuis longtemps. Beaucoup de Sénégalais qui ont vécu avec moi dans le Pds ou ailleurs, savent que j’ai toujours été un travailleur. Et que j’ai gagné de l’argent avant d’occuper des fonctions étatiques. Si maintenant on estime que je me suis enrichi illicitement, le moment venu je mettrais sur la table les preuves que je détiens. Je suis serein et j’attends. Je ne serais pas outre mesure inquiété. Parce que là où nous nous trouvons (l’entretien s’est déroulé dans sa maison sise aux Almadies) fait partie des maisons qu’on me reproche d’avoir obtenu durant la gouvernance du Pds, alors que c’est une maison qui date de 1994. J’ai aussi d’autres biens qui datent d’avant alternance. Je pense si les vérifications sont faites sur les titres de propriété et les permis de construire, ils verront bien que j’ai eu ces biens avant d’occuper ces fonctions. J’attends avec sérénité.

Vos frères libéraux contestent la légalité de la Crei. Partagez-vous avec eux cette vision ?

Certainement qu’il y a des juristes parmi eux qui estiment que cette Cour n’est pas légale. Si tel est le cas, ils peuvent ester en justice. Je suis tout à fait d’accord avec eux. En ce qui me concerne, je n’ai pas encore interrogé les juristes sur la légalité ou non de cette Cour. Ce que je constate par conséquent, c’est que cette cour n’est pas tellement répandue dans le monde. D’ailleurs, on ne cite que le Sénégal. Et, je me demande comment le Sénégal puisse être le seul pays qui dispose de cette Cour, alors que les autres pays ne l’ont pas. C’est un peu dérangeant. J’estime que nous ne devons pas faire l’exception.

On ne vous a pas vu lors des auditions de Karim Wade à la Brigade de recherches. Est-ce un manque de soutien ?

Non, ce n’est pas un manque de soutien. Peut-être que je ne l’ai pas soutenu physiquement, mais moralement je l’ai fait. Et, je déplore qu’il soit convoqué et gardé de 10 heures du matin jusqu’à 17 heures sans être interrogé. C’est humiliant, inhumain même. Et j’estime que nos services judiciaires devraient savoir que c’est contraire aux droits de l’homme. Je condamne cette façon de faire. D’ailleurs, j’aurais voulu l’appeler au téléphone pour lui manifester mon soutien moral parce que nous avons eu à partager de bons moments. Ensuite rien ne nous oppose sauf la séparation qu’il y a eue. Et personne n’a entendu Karim Wade dire du mal de Pape Diop et vice-versa. Karim restera pour moi un frère. Je l’encourage à tenir bon et donner toutes les preuves utiles pour la manifestation de la vérité

Pour en revenir à votre formation politique, considérez-vous que les bases sont déjà solides pour enfanter ce parti ?

Tout à fait. Je pense que ce que nous avons eu, beaucoup de parti ne l’avaient pas à leur début. Parce qu’aujourd’hui, sur plus de 500 collectivités locales, nous sommes présents. Notre objectif c’est d’être présent dans tous les hameaux et villages du Sénégal. D’ici à six mois, notre objectif est d’être partout au Sénégal. Nous sommes déjà largement représentés car en un mois et demi nous nous sommes bien implantés. Nous avons pu établir des listes dans tous les départements du Sénégal et nous voulons avoir des bases solides partout, avant les prochaines élections locales. Les mois à venir les Sénégalais seront édifiés sur ce que nous représentons. Notre ligne de mire c’est les élections locales de 2014 et nous y travaillons.

Y a t-il une possibilité d’alliance avec le Pds, l’Apr et l’Unc de Abdoulaye Baldé ?

Je pense qu’avec l’Unc, il est très probable qu’on aille vers une alliance aux prochaines élections locales. Parce que entre l’Unc et Cd Bokk Gis-Gis, il n’y a qu’un pas. C’est presque le même parti, disons le clairement. Car, les militants de Abdoulaye Baldé je les vois régulièrement et certainement lui aussi voit régulièrement les militants de Cd Bokk Gis-Gis. Pour ce qui concerne le Pds et l’Apr, nous verrons le moment venu. Car en politique, il faut toujours apprécier les situations présentes et prendre une décision en fonction de ce que cela demande. Nous attendons. Le moment venu, nous apprécierons. Pour l’instant, aucun de ces deux partis ne nous a contactés pour une quelconque alliance. Le moment venu, si nous sommes sollicités, nous étudierons la question et verrons ce que nous pouvons faire ensemble. Avec les élections locales à venir, nous pouvons avoir des alliances avec un parti dans une localité et un autre dans une autre zone. Ensuite voir avec les forces et faiblesses du parti, ce que l’on doit faire. C’est cela qui guidera notre réflexion. Certes nous sommes partout représentés, mais certainement, nous n’avons pas les mêmes forces partout. Il faut être réaliste.

Présentement, si le parti au pouvoir vous appelait pour gouverner ensemble, l’accepteriez-vous ?

Je ne vais pas y répondre, parce que je ne suis pas seul dans notre parti. Si nous sommes sollicités nous allons nous constituer en bureau politique et discuter. La décision finale sera celle prise par la majorité, parce que nous sommes en démocratie. Mais à ce stade, je ne peux pas répondre à cette question

La ville de Dakar vous intéresse-t-elle toujours ?

Oui.

Est-ce à dire que vous vous présenterez en 2014 pour briguer la mairie de la capitale ?

Si le parti me désigne, je serais candidat et nos militants travaillent dans ce sens. Parce que nous avions des projets à terminer pour Dakar. Nous avions commencé beaucoup de chantiers, certains étaient finis, d’autres étaient en cours. C’est pourquoi nos amis feront la proposition de notre candidature, le moment venu.

Quel sera votre degré de participation aux prochaines élections locales ?

Nous serons présents dans toutes les collectivités locales du Sénégal. Nous serons également présents dans les conseils régionaux.

Avez-vous un modèle de gestion de votre parti différent des autres formations politiques du Sénégal ?

Oui. Parce que déjà pour l’installation de notre structure, nous allons dès à présent commencer la vente des cartes. Pour cela, nous disposons d’un logiciel que nous allons mettre en œuvre qui nous permettra d’identifier sur place tous les placements de cartes au niveau des différentes localités. Le moment venu, après le placement des cartes, nous allons établir un fichier électoral comme au niveau national mais ce sera pour chaque localité. Et au moment de désigner les responsables, nous privilégierons le consensus. Si tel n’est pas le cas, ce sera le vote. Parce que nous avions déjà établi le fichier. En ce moment, personne ne pourra s’inscrire en dehors du fichier pour participer au vote. Cela nous permettra d’éviter les fraudes. C’est ce que nous avions l’habitude de voir dans les formations politiques où le jour du vote, certains responsables empruntaient les services d’une personne extérieure au parti à qui l’on établit une carte de membre. Aussitôt après le vote, cette personne disparaît. Avec le fichier que nous avons établi, cela évitera ces fraudes. Ensuite, il se passera un moment entre le placement des cartes et le vote. Ce qui nous permettra de boucler le fichier électoral de chaque localité avant le scrutin. En cas de vote dans une zone où existe deux sensibilités, les postes seront distribués suivant la proportionnelle que nous avons introduite dans notre règlement intérieur et qui définira le prorata de chaque tendance. C’est une innovation parce que nous voulons arrêter les guerres de tendances.

Dans votre programme de parti, quelles sont les innovations que comptez-vous apporter, d’autant que vous dites que vous voulez proposer un autre type de gestion ?

D’abord, dans le programme que nous allons proposer aux Sénégalais, c’est d’essayer avant tout de régler les besoins alimentaires de nos compatriotes. Pour ce faire, nous allons, dans le domaine agricole, développer le volet des produits alimentaires de base. Parce que nous avons constaté que le Sénégal importe la plupart des produits alimentaires de base, ce que n’est pas normal. Même en matière de fruits et légumes nous constatons que le Sénégal continue à importer. Alors que traditionnellement le Sénégal importait le riz, le blé, le maïs etc., mais le Sénégal y a ajouté d’autres produits. En matière de viande et de produits laitiers, notre pays dépense plus de 70 milliards pour importer ces produits. Globalement, le Sénégal dépense 500 milliards en produits alimentaires. Notre programme prend en charge la production de ces produits. C’est notre premier axe de développement agricole. Pour ce volet, nous allons aussi nous tourner vers les produits agricoles d’exportation. Et tout en développant ce secteur, tous les produits qui peuvent être transformés sur place le seront pour augmenter la valeur ajoutée de ces produits. Cela nous permettra de créer des emplois. Ce sont deux aspects fondamentaux que nous voulons développer. Il y a aussi un autre aspect non moins important. En effet, nous ne pouvons pas développer le secteur agricole sans pour autant dépasser le cycle saisonnier de notre agriculture. Elle ne doit plus dépendre de la seule saison de l’hivernage. Nous devons la moderniser tout en allant chercher l’eau là où elle se trouve pour la mettre à la disposition des paysans sénégalais qui vont devoir être transformés en agriculteurs. Nous avons toute la vallée du fleuve Sénégal où il y a de l’eau et 240.000 hectares cultivables et où seules 35.000 hectares sont mis en valeur. Nous allons, si nous avons le pouvoir, dans un délai de 5 ans mettre en valeur 100.000 hectares pour régler ces problèmes et créer des projets. Même des agropoles seront installés tout au long de la vallée pour fixer beaucoup de jeunes qui se transformeront en agriculteurs modernes qui vont produire et exporter leurs produits. Le Sénégal doit arriver à exporter du riz. Nous avons connu l’Arabie Saoudite qui est un désert et qui a réussi à produire suffisamment de blé jusqu’à en exporter. Le Sénégal peut en faire autant. Vous me diriez sans doute que nous n’avons pas les moyens, mais les moyens il faut aller les chercher. Il faut d’abord avoir la volonté politique et les bailleurs aidant, nous y arriverons. Seulement, on ne peut pas en dire autant pour la Casamance, compte tenu de la rébellion qui a des contre coups. Pour moi, la rébellion et un problème économique qu’il faut régler économiquement. Sans doute que l’occasion se présentera où nous développerons ce volet. Bien que toute cette région ait des potentialités que nous pouvons exploiter. Il y a aussi la vallée de l’Anambé, ainsi que la vallée du fleuve Gambie. Mais pour le centre du pays, il faut arriver à trouver l’eau pour les paysans et la mettre à leur disposition, les former et même essayer d’aller vers le goutte-à-goutte. Nous avons l’exemple du Maroc où si vous creusez un forage dans votre exploitation agricole, l’Etat vous rembourse votre investissement. Peut être on ne peut pas en dire autant pour le Sénégal, mais l’Etat doit faire énormément de projets dans ce domaine, en essayant de trouver de l’eau pour les paysans de Kaffrine, de Koungheul etc, pour que les Sénégalais arrivent à travailler 9 mois sur 12. C’est ce qui développe un pays. Un pays qui n’a pas une maîtrise des produits de consommation ne peut jamais se développer. Le deuxième axe c’est l’artisanat. Malheureusement au Sénégal l’artisanat est résumé à l’artisanat d’art, alors qu’il englobe plus de 130 métiers. Dans un pays comme la France, l’artisanat constitue le premier poste budgétaire. C’est un secteur important qu’il faut développer. En parlant de l’artisan, je pense à notre système éducatif qui est actuellement dépassé. Avant, il était destiné à former des cadres, aujourd’hui, il faut le repenser à former toute cette jeunesse qui est en déperdition scolaire et qui se présente sur le marché du travail sans métier. Il faut que cette jeunesse soit recueillie et formée pour aux métiers de l’artisanat. Par exemple de la cordonnerie aurait pu être valorisée et les chaussures fabriqués, exportés. Pour ce faire, dans le cadre de la formation, il faudra intégrer ce métier à travers un centre technique. Ce n’est pas normal de le circonscrire dans une catégorie sociale. La bijouterie qui est aussi un métier noble, devrait être plus valorisée. J’estime que l’on ne devrait plus vendre l’or à l’extérieur. Nous devrions créer un grand comptoir au Sénégal et l’or brut vendu à nos bijoutiers, soutenus par l’Etat pour s’équiper et fabriquer des bijoux comme on en voit à Dubaï. Ensuite faire converger tout le monde au Sénégal pour acheter des bijoux comme cela se fait à Dubaï qui ne produit pas d’or, alors que nous en produisons. Il ne reste qu’à le transformer Il y a bien évidement le tourisme qui est très important et où le Sénégal a des potentialités très importantes. En l’absence de politique touristique, rien ne peut se faire. Un ministre à lui tout seul ne peut pas développer un secteur. C’est une définition cohérente d’une politique comme certains pays l’ont fait, à l’image du Maroc et de la Tunisie. Dans les trois domaines que je viens d’énumérer que sont l’agriculture, l’artisanat le tourisme, ces pays sont en avance sur nous. Alors que dans le domaine du tourisme nous avons plus d’atouts que ces pays, parce qu’à une certains saison, il fait aussi froid au Maroc que dans certains pays d’Europe. Nous avons une carte à jouer. Nous avons la Petite-Côte, le delta du Saloum, le tourisme de chasse, entre autres atouts qu’il faut développer. Ces trois secteurs poussent beaucoup d’autres. A cela s’ajoute le secteur industriel, qui est un peu tributaire du secteur agricole, parce que celui-ci sera orienté vers la transformation des produits. Présentement, nous n’avons pas les moyens pour être au même niveau que les pays d’Asie pour la grande industrie, donc il nous faut nous orienter vers l’industrie de transformation de nos produits. Le secteur des services dépend du développement de ces trois secteurs que je viens de nommer. D’autres secteurs y dépendent aussi, si des politiques cohérentes et adéquates sont définies et appliquées. Ce qui permettra de régler pas mal de problèmes liés au chômage des jeunes. Nous poursuivons la réflexion avec un comité scientifique composé de hauts cadres de ce pays, pour trouver une solution au chômage des jeunes, parce que nous voulons que ce programme soit fait par des Sénégalais à partir des réalités sénégalaises constatées sur le terrain. Le moment venu ce programme sera présenté aux Sénégalais

L’on a beaucoup spéculé sur le discours de Me Alioune Badara Cissé durant vos assises. Comment l’appréciez-vous et quelles relations entretenez-vous ?

Je considère Alioune Badara Cissé comme un frère, quel que soit le parti dans lequel il se trouve et quelle que soit la formation où je me trouve. Il était à l’Apr et je respectais ses positions. Mais les relations qu’il y a entre nous sont très solides. Nous partageons beaucoup de valeurs ensemble. Il est un homme de conviction et de dignité. Il est venu spontanément à notre réunion. C’est la veille de la rencontre qu’il m’a appelé pour dire qu’il n’a pas encore reçu son carton d’invitation. Je lui ai rétorqué que nous n’avons pas établi de carton. Il me dit quand même qu’il sera présent. Je pensais d’ailleurs qu’il blaguait. Et lorsque j’étais en train de discuter avec mes amis lors de la réunion, avant d’entrer en salle pour discuter de l’ordre du jour, qu’on m’a appelé pour me signaler la présence de Me Alioune Badara Cissé. Tout ce que je peux vous dire c’est que ce n’est pas la politique qui me lie à Alioune Badara Cissé. Il faut que les gens le comprennent ainsi. S’agissant de son discours, sachez que Alioune Badara ne dit que ce qu’il ressent. Il est très véridique, il ne triche pas.

Selon vous, quelle devrait être la solution face à cette situation économique difficile du Sénégal ? Pensez vous aussi que l’actuelle équipe est en mesure de venir à bout des problèmes des Sénégalais ?

Attendons un peu. Ce qu’il faut constater, c’est que la situation économique est difficile et tous les Sénégalais le constatent. Ce que l’on constate aussi c’est qu’il n’y a plus de transaction. Au niveau des Impôts et Domaines des cabinets de notaires, les transactions ont diminué. Au niveau des banques, les dépôts ont diminué. Je ne sais pas pourquoi. Je pense que le gouvernement devrait travailler pour apurer la dette intérieure. Néanmoins, je ne crois pas que cela soit le seul motif qui explique les difficultés économiques du moment. Mais comme nous ne sommes pas aux affaires, certainement qu’ils ont des informations que nous n’avons pas. Nous avons même assisté à un aveu du Président de la République lors de la fête de la tabaski qui déclarait que l’argent ne circule plus parce qu’il n’y a plus d’argent sale. Ce que je ne crois pas. Je pense qu’il faut créer les conditions à redonner confiance à tout le monde pour que l’argent circule correctement. Et c’est au Président de la République de donner un signal fort pour que la confiance revienne au Sénégal.

En tant qu’homme politique, quels rapports devrait entretenir les familles religieuses avec les hommes politiques et quelle lecture en faites vous ?

J’entretiens des rapports avec toutes les familles, en particulier avec la famille de Serigne Touba. Néanmoins, j’entretiens d’excellents rapports avec les autres familles religieuses amis, aussi avec le clergé. Je pense que les familles religieuses jouent un rôle extrêmement important, elles jouent un rôle de régulateur social. Parce que le Sénégal a une particularité, il est fondé sur ces familles. De sorte que l’Etat et les hommes politiques doivent entretenir de bonnes relations avec toutes les familles. Cet acquis le Sénégal doit le préserver.

loffice.sn

6 Commentaires

  1. Le plus grand malheur de notre pays vient du fait que dès nous élisons un Président, il passe ses trois années à chercher à massifier son parti ! Le Président Macky Sall qui voulait tromper son monde en déclarant : « je me fiche d’être réélu ou pas en 2017, l’essentiel est de réussir ce pourquoi les Sénégalais m’ont porté au pouvoir » ! Très belle prose qui m’avait fait applaudir des deux mains, mais force est de constater que le Président Macky est en train de déployer de grands efforts et une stratégie redoutable pour ne pas faire exception à cette règle néfaste ! Je suis déçu, parce que je suis convaincu que le Président qui se moquerait des pressions, des lobbys, des foucades de quelques marchands de chantages, et qui ne penserait qu’à l’intérêt général, non seulement aurait l’adhésion de plus de 70% de nos compatriotes, mais il serait réélu autant de fois que l’aurait permis notre Constitution ! Malheureusement, je pense être le seul à pouvoir agir ainsi, mais comment le faire si j’ai fui à mon corps défendant ! Je demande à tous mes compatriotes de prier pour l’avènement triomphal de ce Sénégalais qui aurait en ce moment 8 ans, selon un très grand érudit et médium de tous les temps en Afrique !

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  3. Ce n’est pas parce qu’on a gagné beaucoup d’argent dans sa vie qu’il faille nécessairement vouloir diriger le Sénégal, nous ne sommes pas au U.S.A ! Notre pays a plus que jamais besoin d’un visionnaire, de quelqu’un qui aime profondément le peuple, et non par pitié, mais ayant le sens de la justice Si nous n’y prenions garde, le Footballeur El hadj Diouf va nous surprendre en se présentant à la prochaine Présidentielle, avec de fortes, très fortes chances d’avoir au moins 20%! Monsieur Pape Diop qui disait ne pas être à sa place en politique, se moque de nous car quand on a pas rêvé d’une ambition pour son peuple pendant plusieurs années, on ne pourrait jamais lui être utile de manière trait rêvé pendant au moins quarante ans aux voies et moyens qu’ils fallait trouver pour réaliser quelque chose d’immense en moins de dix ans est là pour nous convaincre de ces conditions sine qua non ! Monsieur Pape Diop est très gentil, on nous dit qu’il donnerait des sacs de riz et du sucre à des nécessiteux, qu’il continue à faire ce genre d’actions Sociales, mais de grâce qu’il ne nous divertisse point ! Je suis rassuré et heureux de remarquer les absences de Seydou Diouf, d’Abdou Fall et de Mamadou Seck dans ce capharnaüm sans nom qui ressemble plus à un baroud d’honneur ou une session de rattrapage pour avoir laissé une représentation à la chambre des Député à quelqu’un d’autre sans réellement le vouloir sincèrement !

  4. C’EST CELA QUI FAIT LE CHARME DES ntic ! Vous souffrez de ne rien savoir de la vie de ceux que vous lisez ! Si cela vous chante, envoyez-moi le justificatif de vos revenus, je vous enverrai le mien, et je pari, avec 90% de chance de gagner que je pourrais vous payer au moins quatre fois ! Quand j’ai crapahuté pendant des années, c’était dans le seul but d’avoir cette liberté et cette indépendance dans la vie ! COMME DIRAIT L’AUTRE CONNAÎS-TOI TOI MËME ET LAISSE LES AUTRES se connaître ! Quand je pense qu’un de mes commentaires peut faire réfléchir ou donner des arguments de ripostes à « mes » milliers de jeunes qui commentent pour contrer les contre-vérités de nos adversaire, je prends la liberté de le postyer partout ! C’est du militantisme patriotique, si cela vous démange, tant pis monsieur!

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