Les observateurs remarqueront que chaque fois que la communication du président Macky bat de l’aile, un monsieur se fait inviter par une chaine de télévision amie du couple présidentiel pour faire comme une séance de rattrapage. Comment brouiller les pistes et détourner l’attention des citoyens des graves dysfonctionnements dans la gestion catastrophique du pays ? C’est apparemment la mission secrète confiée à ce monsieur dans l’attelage du pouvoir connu pour sa générosité envers ses amis journalistes. Le dialogue politique n’a pas l’onction du peuple ; le discours et la communication de fin d’année ont suscité plus de questions et de suspicions qu’ils n’en ont résolues ; la campagne agricole est partie pour être un grand désastre, le régime est embourbé dans des scandales inégalés dans l’histoire politique du pays… Ce régime est tout simplement l’incarnation du scandale, c’est une mafia, et il a besoin de bons « avocats ».

Le monsieur dont le niveau de vie est très enviable est accusé par ses propres confrères d’avoir reçu des « honoraires » sous forme de billets d’avions, d’enveloppes et de voyages de la part de plusieurs hommes politiques sénégalais et étrangers. Il a renoncé à sa posture de donneur de leçons pour embrasser la carrière d’éboueur politique. C’est lui qui descend dans les caniveaux de la communication pour transformer la boue en or. Sa stratégie est sournoise, mais opérationnelle : il efface la frontière entre information et communication. Sous le prétexte de fausses révélations, il sème le doute dans les rangs de l’opposition, brouille les repères des citoyens qui lui font encore confiance et protège ses amis de la vindicte populaire que devrait susciter leur arrogante impuissance. Le monsieur en veut toujours à ceux qui ont commis le péché de couper le robinet après l’avoir bien arrosé de billets de banque.

Ses scoops ne sont en réalité que de fausses pistes pour dérouter les citoyens et le couple présidentiel des véritables enjeux du moment. Les vraies questions relatives à l’électricité, aux libertés, à la gestion scandaleuse des ressources naturelles et principalement le scandale sans précédent du pétrole, sont ainsi éludées. Que Macky Sall parle à des leaders politique de l’opposition, ça n’a rien d’un scoop : c’est une pratique normale. Diouf parlait très souvent à Wade ;  au plus fort de la crise de 2011 Wade continuait à parler à certains opposants et d’éminents membres de la société civile ; en France lorsque des problèmes graves se posent, le chef de l’État ne se contente pas d’appeler les membres de l’opposition, il les reçoit. 

La posture conspirationniste est l’ultime subterfuge utilisé par les hommes qui veulent à tout prix être des peoples. Quand un journaliste est passionné de célébrité et de gains faciles, il lui arrive de tomber dans le piège des théories complotistes. Les méandres du mercenariat politique sont à chercher dans cette célèbre réflexion d’Hannah Arendt « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple vous pouvez faire ce qu’il vous plaît. »

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du mouvement citoyen LABEL-Sénégal

3 Commentaires

  1. Oui Monsieur Kitane,ce que vous dites est vrai.Mais votre style allusif ponctue de faits qui peuvent etre des reperes ou des indices ne suffisent pas.Si vous eyiez dans un style de communication_fiction on en trouverait pas a redire.Mais vous brouillez les pistes en ne nommant pas le journaliste concerne.Ce sont les choses de la republique, dites les clairement.

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