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Depuis que le combat BG2 / Yékini a été ficelé le vendredi 12 août et régularisé pour le 22 avril 2012, le staff de Ndakaru n’a pas fait la moindre sortie. le coach du Roi, Katy Diop, a accepté d’évoquer le sujet. Même s’il reste quelque peu prudent,Il dit ne pas être perturbé par les multiples sorties de l’autre camp. Selon lui, qu’on s’appelle BG2 ou un autre, aucun lutteur ne peut inquiéter l’actuel Roi des arènes.

À la veille de la nouvelle saison 2011-2012, quelle appréciation faites-vous de la saison dernière en général et de votre école de lutte en particulier?

Ce ne sera peut-être pas très facile car je ne suis plus tellement au diapason de ce qui se fait dans la lutte. Je ne suis plus comme auparavant. En effet, j’ai pris du recul, car j’ai passé toute ma vie dans la lutte depuis le bas âge. Et je pense que l’heure est arrivée de se retirer. C’est ici dans le penc que se retrouvait tout Ndakaru pour lutter du temps des Fodé Doussouba, Doudou Baka Sarr vers 1965. Donc, je suis la lutte depuis ma naissance. Depuis lors, je ne suis que la lutte où j’ai des diplômes d’entraîneur et tout. Je n’ai pas de diplôme du coran ou en français. J’ai été champion de façon un peu courte et j’ai formé des champions. Pratiquement, c’est plus à travers les colonnes de Sunu Lamb que je suis l’actualité de la lutte.

Mais il y a peut-être quelque chose qui a retenu votre attention, en mal comme en bien ?

Effectivement, ce fut une très bonne saison avec de très beaux combats. La lutte est incontestablement en train d’évoluer. Le petit couac, c’est peut-être le nombre restreint de lutteurs qui parviennent à avoir des combats parmi les centaines qu’il y a dans l’arène. Si d’autres structures imitent la RDV avec l’Arena Tour, il y aurait beaucoup plus de lutteurs qui auraient des combats.

Au niveau de votre propre écurie Ndakaru, quelle lecture faites-vous de votre saison avec l’une des révélations de l’année, Malick Niang ?

Peut-être que c’est Malick Niang qui est plus visible, mais il y en a d’autres visiblement moins connus. C’est un problème de chance. A Ndakaru, nous n’avons pas de pause, même pendant l’intersaison. Il y a aussi Yékini jr qui, malheureusement, n’a pas livré le seul combat qu’il devait disputer la saison dernière. Il a certes des problèmes mais je suis convaincu qu’il n’y a pas meilleur lutteur que lui. Il y a Mbagnick Ndiaye qui va intégrer le championnat de Luc Nicolaï de la prochaine saison. Quant à Youssou Ndour, il manque quelque peu de chance et n’a pas souvent des combats. Mais, c’est la même chose qui est arrivée au Roi Yékini à un moment de sa carrière. L’essentiel c’est d’être prêt tout le temps. En effet, comme le dit souvent Youssou Diène, quand une marchandise est déjà prisée, elle ne perd rien à attendre. C’est vrai que nous n’avons pas une cinquantaine de combats comme c’est le cas pour certaines écuries, mais plutôt entre 15 et 18, je pense (Ndakaru a eu 20 combats dont 14 victoires et 6 défaites). Seulement, nous rendons grâce à Dieu.

Aussi, vous avez commencé une expérience avec le champion, du monde en kick-boxing, Fabrice Allouche. Comment jugez-vous cette première expérience ?

Cela a été très bénéfique car Allouche est un gars très sympathique. C’est mon oncle Billy Paye qui me l’a recommandé et il a fait un travail remarquable. Il travaille gratuitement avec ses propres matériels, arrive à la maison toujours vers 16h00, 17h00. Parfois, comme je vous l’ai dit tantôt, je ne vais même pas au stade avec les gosses mais il y va toujours. Même s’il a travaillé avec les autres, il a beaucoup plus mis l’accent sur Malick Niang et nous avons vu les résultats. A son retour, il va davantage travailler avec les gosses.

Et comment avez-vous pris l’information de Sunu Lamb comme quoi il travaille avec Eumeu Sène en France. Cela ne peut-il pas être source d’incompréhension si on sait qu’Eumeu Sène a de potentiels adversaires à Ndakaru. ? 

Personnellement, je n’y vois aucun inconvénient. Nous, nous ne lui avons jamais donné un seul sou et il a toujours travaillé gratuitement avec nous Si, par contre, il peut avoir des sources de revenus en travaillant avec un autre, je pense qu’il n’y a aucun problème. Il paie lui-même ses billets d’avion et se prend entièrement en charge. Si quelqu’un d’autre voit qu’il peut le rémunérer pour ce qu’il fait, je n’y vois aucun inconvénient.

En d’autres termes, vous ne trouvez pas de problème qu’il travaille avec vos poulains en même temps qu’avec d’autres ?

Du moment que nous ne le payons pas, il doit pouvoir aller chercher quelque chose ailleurs. Par conséquent, jamais au plus grand jamais, nous ne lui interdirons de monnayer ses talents ailleurs.

Il parait qu’il y a eu un projet de réorganisation au sein de Ndakaru. Qu’en est-il exactement ?

Effectivement, nous sommes en réorganisation mais comme rien n’est encore définitif, je ne pourrai pas en parler. On se réorganise petit à petit et le moment venu, la personne indiquée vous en parlera.

Le 2 octobre prochain débute la saison 2011-2012. Quelles en sont vos attentes ?

Comme je l’ai dit tantôt, la lutte est sur une bonne voie. Mon souhait est que cela continue et que, comme je l’ai dit, d’autres prennent des initiatives à l’image de la RDV avec Arena Tour, afin de permettre à un plus grand nombre de lutteurs de descendre dans l’arène. Pour le cas spécifique de mon écurie, j’ai quatre (4) à cinq (5) lutteurs qui ont déjà des combats et je prie pour que tous gagnent leurs duels.

Parmi ceux-ci, figure en bonne place Yékini qui croise Balla Gaye 2. D’abord, comment voyez-vous la date du 22 avril? Est-elle éloignée, proche ou acceptable ?

On a toujours lutté à des dates très éloignées. Yékini en a maintenant l’expérience. Je pense que de tous les lutteurs actuels, il est le seul à avoir chaque fois de très longues préparations. Il est assez expérimenté pour cela.

Beaucoup de techniciens estiment aujourd’hui que seul Balla Gaye 2 peut battre Yékini présentement Etes-vous du même avis ?

Yékini est un lutteur comme tous les autres. Il ne fait que de la compétition. Ce n’est pas la première fois que de tels propos sont sortis lors des combats de Yékini et je les attends au tournant. Le jour-J, Inch Allah, ils verront encore tout le contraire de leurs prédictions.

A vous écouter, c’est comme si vous voulez dire que Yékini va encore battre Balla Gaye 2 ? 

Quand je dis qu’ils vont voir le contraire de leurs prédictions, je pense que je suis suffisamment clair (rires).

Comment appréciez-vous les différentes sorties de Balla Gaye 2 quand il dit que ce sera le combat le plus facile de sa carrière qui va durer moins de 10 secondes. Il continue en disant que dès qu’il tient un seul des doigts de Yékini, le combat est terminé.

Après son combat contre Tyson, n’est-ce pas Balla Gaye 2 qui disait qu’il ne fait que du show pour animer ? C’est dans cette logique que je prends ses sorties. Pour moi, ce n’est pas du sérieux pour lui.

Il a même dit qu’il va exploiter les failles de Yékini qui ne sait pas se bagarrer. Pensez-vous que Balla va se bagarrer avec Yékini ?

Je reviens sur ce que j’ai dit tantôt. Il ne fait que du show, a-t-il dit.

Il a continué en disant que Yékini n’est pas fort des pieds et qu’il ne sait pas reculer…

Tu ne m’as toujours pas saisi. Tout ce qu’il dit, c’est du show.

Selon vous, Yékini doit-il voyager ou rester au Sénégal pour se préparer ?

Il est assez mûr pour savoir s’il a besoin de voyager ou non. Mais, s’il va à l’étranger, c’est surtout pour la quiétude et la récupération. Les sollicitations viennent de toutes parts. Vu tout ce qu’il a fait au niveau national et international, Yékini est libre de partir où il veut, fut-il à Fongolémi. S’il veut aussi, il peut s’entraîner à Joal jusqu’au jour du combat et venir lutter.

C’est dire que Balla Gaye 2 ne vous inquiète pas ?

Comme aucun lutteur ne nous a jamais inquiétés, je ne vois pas comment Balla Gaye 2 pourrait nous inquiéter. Je ne vois pas de lutteur qui puisse inquiéter Yékini qui connait la lutte comme il boit de l’eau. Que ce soit Balla ou un autre.

Yékini va-t-il maintenir son poids contre Balla Gaye 2 ou le diminuer ?

On n’est pas encore à ce niveau. J’ai toujours dit que, pour moi, le poids n’est pas si important en lutte avec frappe, peut-être plus en lutte olympique.

Vous pouvez être plus explicite ? 

Je n’y crois pas tellement. Les gens confondent souvent le poids et la force. On peut battre un lutteur de plus de 100 kg avec seulement 74 kg. Quand Mbaye Guèye affrontait Moussa Diamé, ce dernier faisait plus de 100 kg alors que Mbaye Guèye n’en était qu’à 96 kg. De 1974 à 1984, j’étais le responsable de cette salle de pesée et je connais tous les lutteurs qui y sont passés. Moussa Diamé était le seul qui ne pouvait contenir sur la bascule qu’il cassait à chaque fois, il pesait environ 120 kg. Un lutteur comme Mbita Ndiaye ne faisait que 74 kg. Pourtant, il a tenu tête à des lutteurs comme Manga 2, Daouda Fall, Remorque qui faisaient plus de 100 kg. Voilà pourquoi je préfère de loin la force au poids.

Pourquoi préférez-vous communiquer par le silence pendant que l’autre camp multiplie les sorties ?

D’abord, ce n’est pas aujourd’hui que nous découvrons la lutte. En 1975 déjà, j’avais mon diplôme d’entraîneur. Avant cela, en 1990, je formais des champions. Toujours en 1975, des lutteurs me trouvaient à la salle et je les préparais à de supers grands combats. Parmi les entraineurs d’aujourd’hui, d’aucuns me demandaient de faire des mouvements «qui brûlent le coeur» pour parler d’entraînements intensifs. D’autres venaient me demander comment faire pour battre Mbita Ndiaye. Ceux qui veulent s’afficher et être au-devant de la scène ne font que parler de choses dont ils n’ont aucune connaissance parfois. Nous n’en sommes plus à ce niveau. L’important pour nous c’est que l’arbitre siffle, que nous gagnions pour passer à autre chose. Tout le reste n’est que bavardage inutile.

Beaucoup de fans de Yékini disent qu’ils ont peur du discours de Balla Gaye 2. Que leur diriez-vous ?

Un supporter est toujours comme cela et il est presque impossible de le calmer avant un combat. Ils sont toujours comme cela et le jour-J, ils sont soulagés. Ils n’ont qu’à se référer au passé. Seule la finalité est importante.

 

Source : Sunu Lamb

reproduit dans wiwsport.com

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