Le Sénégal vit une effervescence magique, magnifique et démocratique. Les mobilisations se démultiplient. Chaque candidat se laisse ébahir par la foule qui clame un discours encenseur. La maturité du peuple sénégalais est de nouveau, pour l’heure, portée au pinacle de la constellation des nations démocratiques. Une vitalité indéniable où cohabite contradiction et « contre-diction ». Le Sénégal, une merveille démocratique, un sanctuaire de stabilité. Tes urnes ont écrit les lettres de noblesse de notre hymne d’alternance. Elles ont peint un récital de récidive pour les candidats à leurs propres successions. Ce 24 février, elles se feront à nouveau attendre. Au Sénégal, au sein d’une famille, règne un chœur électoral à deux voix. Le Père peut être de la mouvance présidentielle, ses enfants ou neveux peuvent appartenir à l’opposition, sans qu’un glaive ou une épée ne rappelle Damoclès. Cette coexistence peut être saluée, car la liberté d’expression reste un paradigme essentiel pour la sauvegarde d’une démocratie.
À l’orée de la campagne présidentielle, les pyromanes crient au feu, les crisivores se dressent en lanceur d’alerte, les activistes du wadayons s’enlisent dans le feu de l’action. Du reste pour venir jouer aux pompiers. Une élection de surcroît présidentielle est un processus dont l’aboutissement est le vote. Un esprit lucide dirait qu’on ne peut attendre la fin de ce dernier, que les masques commencent à tomber, pour se positionner en sentinelle. Trop tard, quoi que je risque d’éborgner les partisans de la thèse du « il n’est jamais trop tard pour bien faire ».
À ce stade, les dés sont déjà jetés. La violence doit être bannie de tous bords. On ne doit prôner des débats constructifs. De la discussion jaillit la lumière me diront les philosophes. Osons la discussion, seuls les esprits faibles feront usages du bâton, en lieu et place du verbe. Bref, à défaut d’arguments, c’est normal qu’on soit agressif.
À trois semaines de l’élection, il semble opportun de rappeler un certain nombre de préceptes qui sous-tendent le bon déroulement de celle-ci. On n’élit pas un candidat parce qu’il est de la même ethnie, de la race (allez interroger les afro-américains qui pensaient ainsi en élisant Barack Obama), encore moins parce qu’on partage la même obédience religieuse (Mouhamed Morsi ne me laissera mentir du fond de son cachot, walo bogue les frères musulmans). On ne choisit pas un président parce qu’on est de la même localité, il ne sera pas le président de ta contrée mais de tout le Sénégal (l’appel à l’ivoirité est passé par les portes de l’écluse maléfique).
On élit un Président pour sa vision, son programme, sa probité, son érudition, sa maturité… car c’est lui qui non seulement représentera le Sénégal aux frontons des rencontres universelles, mais c’est à lui aussi que sera confier le gouvernail du pays. Ce capitaine de vaisseau doit pouvoir répondre à vos questions sur tous les aspects. En partant par l’éducation, en passant par l’économie, de la sécurité, à la défense, de l’emploi, en débouchant sur la politique sectorielle… pour ne citer que cela. Pardon à la diaspora, je ne vous oublie point.
Oh citoyens prenons le chemin du choix rassurant et ne laissons point place à l’abstentionnisme. Peuple de la diversité n’ayons, de grâce, pas la berlue, optons pour un choix au lendemain meilleur pour les destinées de notre cher Sénégal. N’élisons pas un candidat marchand d’illusion, un candidat humecté par les gouttes du népotisme, sentant l’odeur grabataire, un candidat au visage de Janus qui nous montre la gentillesse de Candide pendant la campagne et nous étalera sur un lit de Procuste pour nous faire subir la cruauté de Néron.
Elisons un homme de confiance, afin qu’il représente une eau bénite. L’eau bénéfique à tout le Sénégal, ne sera rivale d’aucun sénégalais.
Vive le Sénégal
Vive la démocratie
Votre serviteur Souleymane Ndour.

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