La diplomatie de l’indignation n’effacera pas la politique de l’humiliation

Ibrahima Silla UGB Saint-Louis

***

J’entends les gens s’indigner des propos de Donald Trump. Ce dernier vient en effet de récidiver dans sa déconsidération de l’Afrique et des Africains en les traitant de “pays de merde”, après que la firme H&M ait infligé un irrespectueux bras d’honneur à notre humanité.

 

C’est aujourd’hui le thème principal de l’actualité dans les médias américains qui analysent l’impact d’un tel délire présidentiel. Pestilentiel devrais-je dire. Hilary Clinton y voit la manifestation d’une ignorance et d’un racisme dangereux, à condamner avec force. L’impact ne dépassera pas le seuil de l’indignation de façade, en attendant la prochaine insulte.

 

Certains dirigeants africains osent aujourd’hui manifester leur indignation comme s’ils ignoraient le mépris de celui-ci à leur égard. N’est-ce pas le même Donald Trump qui disait en décembre 2016 qu’ : “Il n’y a pas de raccourci vers la maturité. L’Afrique doit être recolonisée”. Ce mépris n’a pas empêché nos dirigeants de chercher à s’afficher avec lui lors du dernier sommet de l’ONU. Certaines délégations ont été humiliées avec une telle violence qui défie la raison d’Etat et la diplomatie.


La moralité et l’utilité de tels propos se trouvent toutefois dans la lucidité et la maturité ainsi interpellées. Elles ne sont donc pas dans les convocations inutiles des ambassadeurs accrédités dans les pays africains.  Elles ne serviront à rien. Et ils le savent bien. Elles ne sont que l’expression d’une imitation inutile d’un pays africain à l’autre, pour faire semblant de s’indigner. Tous les jours, des actes, pires que ces insultes, sont pris par les mêmes dirigeants qui bradent les intérêts fondamentaux et supérieurs de leurs pays. Et d’ailleurs Donald Trump rend quelques services à nos pays en confisquant les biens volés aux Africains et investi en Amérique notamment sous forme de biens immobiliers. N’est-ce pas ce même Donald qui a décidé de mettre la main de la justice sur les biens de certains de nos dirigeants en Amérique ?  La justice américaine ne vient-elle pas de mettre la main sur la résidence de Yaya Jammeh aux USA ? Qu’elle soit félicitée, en espérant que la revente de cette résidence, ainsi que celles qui ne manqueront pas de l’être dans les années à venir soient rapatriés. Ils serviront à freiner la pauvreté, l’immigration clandestine, les maladies et les conflits en Afrique.

 

Nous ne devons pas nous en prendre qu’à Donald Trump, mais bien à nos dirigeants successifs qui n’ont cessé de trahir leurs pays. Ils ne sont que les seuls et exclusifs responsables de la déconsidération politique, diplomatique, géopolitique et humaine dont nous sommes l’objet.

 

Il est grand temps que la jeunesse africaine se réveille pour rebâtir le continent, les humanités, les civilités, les communautés et individualités sur de nouvelles bases éthiques. Quelqu’un m’a parlé de « rupture civilisationnelle ». J’y réfléchis sérieusement…

 

PARTAGER

15 Commentaires

  1. Encore ces donneurs de leçon qui ne foutent rien pour l’Afrique. Vous M. Sylla, qu’avez-vous fait pour votre peuple? Qu’avez-vous pour l’université sénégalaise? Combien de publications avez-vous faites dans votre carrière d’enseignant ? D. Trump est irrespectueux, mais il a parfaitement raison. Nous sommes des pays de merde, des hypocrites qui n’avons pas la culture du travail.

    • C’est avoir une méconnaissance de la personne, Ibrahima Silla que de s demander ce qu’il fait. C’est un enseignant. Il est dans les amphithéâtres. C’est un chercheur. Il écrit. C’est un humain, africain. Il défend sa race. Monsieur, cultivez vous avant de sortir des insanités sur un homme généreux intellectuellement

      • Eh bien, c’est vous-même qui vous vous méprenez. Je connais très bien M. Sylla pour l’avoir eu quand je faisais part première année de droit à l:UGB. Je sais qu’il est ancien et par conséquent il est dans les amphis. Mais il est aussi chercheur et est payé pour cela. Alors cite moi ses publications stp. Je ne remets pas en cause son statut d’enseignant, je veux juste souligner que si l’Afrique est insultée aujourd’hui, nous sommes tous responsables. Depuis des siècles nous ne faisons que nous défendre et nous ne travaillons pas assez. Et puisque M. Sylla intervient dans le débat, je lui demande bien ce qu’il a fait en tant qu’enseignant-chercheur pour que le Sénégal ne soit pas un pays de merde au moins dans son domaine, l’enseignement supérieur. Un continent de merde rempli d’hypocrites, de menteurs, chez les dirigeants, mais dans les peuples qui les désignent. Naniou dem rek. Nos grands parents se sont plaints, nos parents aussi. Nous voici dans la même situation et nos enfants nous y succéderont si nous ne faisons rien.

        • Bibliographie

          En plus d’être dans les amphithéâtres avec toutes les habilitations requises pour former de jeunes étudiants, M. Silla peut se prévaloir d’une bibliographie diversifiée et de qualité que l’on peut découvrir sur le Net, par des recherches élémentaires. Pour combler votre “paresse intellectuelle” et ne pas vous laisser faire douter de sa qualité d’universitaire, je vous cite quelques unes de ses publications :
          * Il était une fois la gauche communiste sénégalaise. De la posture idéologique à l’imposture politique, L’Harmattan, 2016
          * De la lutte des classes à la bataille des places. Le tragique destin de la …, 2016
          * Mauvaises ambiances démocratiques, Editions Réussir, 2013
          * Les Assises Nationales du Sénégal. L’autre visage de la politique, Revue URED, 2011
          * Communiquer en politique. L’art de coudre et d’en découdre, Editions des Trois fleuves, 2011
          * La sécurité humaine en eaux troubles. La menace de l’Hydroterrorisme, Revue URED, 35-62, 2009
          * Les militaires et la vie politique au Sénégal. De l’isolement à l’isoloir, Revue URED, 85-128, 2009
          * L’intelligibilité du politique. Réflexions épistémologiques sur la science politique, 2009
          * Le fatalisme en politique: réflexions sur l’imaginaire des présomptions fatalistes dans la culture politique sénégalaise contemporaine, Lille 2, 2003
          A travers votre critique facile et violente, transparaissent des ressentiments difficilement refoulés que les titres ci-dessus (qu’autorise sa posture d’universitaire) pourraient susciter. Peu importent d’ailleurs vos raisons. L’heure n’est pas d’en « découdre » avec vous. Les urgences sont ailleurs.

        • Bilay nekhoul beu nekhoul wakh ngueu degg. Le mal est généralisé. Mais, mon approche, et c’est mon point de vue, les dirigeants sont au premier plan et sont responsables à 98 pour 100. Parce qu’ils ont corrompu la société. Ils l’ont badoleise. Ils ont choisi donc la facilité par incapacité et absence de vision. Comment voulez vous que les enseignants soient motivés lorsqu’ils sont dévalorisés par d’ignorants incapables incompétents dirigeants qui ne servent à rien sinon qu’à nommer les plus minables de la sociétés aux postes ministériels et autres avec des salaires de 10, 5 ou 3 millions sans parler des milliards qu’ils volent et les laisser ceux qui peuvent tirer le pays avec des salaires de misérables et espérer leur motivation? Pensez-vous que le professeur Sylla et tant d’autres Sénégalais seront motivés lorsqu’ils voient Wade nommer sans coup ferir les plus minables comme Macky, Farba Senghor, Massaly et tant d’autres au sommet pour débiter des bêtises à longueur de journée? Macky récite les leçons qu’il avait appris. Et elles ne sont pas belles. Diouf aussi était bidon. Quand la tête est malade, le corps ne peut être sain. Attaquez donc la tête si vous voulez guérir le corps. Nous devons inverser les choses pour éviter de nous plaindre comme nos parents et grands-parents.

  2. N’est-ce pas c’est la langue Wolof qui dit: Oude noumouleu guisse laleuy oweule?
    Trump oweulneu présidents africains yi leur gris gris.
    Je ne suis pas certain que son propos soit du racisme exclusivement. Du mépris? Certain. Mais pourquoi lui empêcher ce mépris quand les africains eux-mêmes comme moi méprisent leur sauvages, voleurs et traîtres présidents? Soyons raisonnables et remercions Trump pour sa sincérité.

    • Tout à fait pertinent..
      Trompe voulait parler de dirigeants de m…

      Et comme chaque peuple n’ a que le dirigeant qu’il mérite et que chaque dirigeant est représentatif de sa population.

  3. Exactement correct tout ce qui a été déjà dit. Donald Trump parle en connaissance de cause de nos singes de présidents. Il ont tous été humilié par lui auparavant, n’empêche qu’ils se sont tous réunis sur une table lors du sommet de l’onu pour lui serrer la main. Il a reçu les autres pays avec des dirigeants digne en tête à tête, mais nos singes ont été regroupés ensemble pour qu’il les recoive tous ensemble. Oû est la dignitè? Et vous voulez qu’il respecte des singes comme des êtres humains? Come on now?

  4. Alors comme ça les africains sont choqués ?
    Pourquoi ce Trump n’a insulté que des pays où la démocratie n’existe pas ?
    Pourquoi il n’a pas insulté tous les pays ?
    Si vous regardez bien il a choisi des pays où un homme locataire de son appartement devient milliardaire en quelques jours, comme le Sénégal
    Un pays où la femme du président offre des maisons et des terrains comme si la famille était milliardaire.
    Allons, cet irrespect ne date pas d’aujourd’hui.
    La seule réponse aurait été, pour ce qui concerne le Sénégal de faire en sorte que le frère du président soit jugé, ne pas virer la directrice de l’ofnac, arrêter de voler, arrêter de distribuer les terres qui n’appartiennent pas à macky sall
    Travailler pour développer le pays
    Tant que des bandits et des voleurs dirigent ce pays les gens penseront la mêle chose, maintenant le problème n’est pas le penser
    Je pense d’ailleurs que ce qui choque c’est cela soit dit publiquement car ce qui est dit tout le monde le savait.

  5. Nous n’avons prise que sur nous mêmes. Travaillons avec sérieux et application à améliorer notre image de marque et à nous en sortir. Tout le reste est vaines gesticulations et orgueil .Pire de nous pointer du doigt les uns les autres

  6. On insulte le pays avec tout ce que ce la comporte comme homme de dieu certains bornes pensent que Trump s’adresse aux présidents en essayant de lui donner raison surtout quand c’est des profs d’université qui débitent des bêtises Ou va l’Afrique

    • Tout à fait en phase avec vous. C’est là que l’on voit que l’africain est débile et n’est pas encore rentré dans l’histoire sincèrement. En le disant, je suis peut-être trop dur, mais je le pense vraiment. Trump ne parle des dirigeants, il s’est adressé aux peuples plutôt. Nous avons la sale habitude de croire que tout notre mal vient de nos dirigeants. D’abord, qui est-ce qui les désigne? N’est-ce pas le peuple? Nos dirigeants ne sont que le reflet de leurs électeurs. Le problème est culturel. Quand dans une République, on arrêt tout pendant presque une semaine pour organiser les funérailles d’un chef religieux, il y a problème: dialogue politique suspendu, pas de conseil des ministres, les administrateurs mourides quittent leur poste pour se rendre à Touba. En plus de cela, on a tué un enfant dans la bousculade, sans évoquer l’accident qui a fait 10 morts et qui n’est pas sans lien avec cet événement. Je respecte la mémoire du chef religieux et je prie qu’il repose en paix. Je suis aussi attaché à la tradition et aux valeurs africaines. Mais estimons le coût de tout cela sur notre économie. Notre culture n’est pas adaptée au développement. Nous ne pouvons pas nous développer dans ces conditions et nous le savons et en sommes conscients. Alors périront dans la misère chers sénégalais et habitants des “pays de merde”.

  7. Je pense que pour ces genres de question il ne faut répondre aux incultes. Trump, tout comme Tommy, Céline Dion sans oublier Hegel ne considèrent pas l’Afrique et les africains svp même si nos dirigeants sont ce qu’ils sont, le problème ne se trouve pas à ce niveau. Il est ancien et s’est ressurgi aujourd’hui.

  8. Le Président Trump va faire amende honorable et tous nos chefs vont prendre acte et tout sera oublié ! Si Sankara , Ahmet Sékou Touré Mandela et julius Niéréré étaient parmi nous qu’auraient-ils dit? Qu’auraient-ils fait des relations de leur pays avec le gouvernement de Trump ?

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here