…Marchandise à la portée du plus offrant, la presse sénégalaise est devenue déstabilisatrice. Les genres sont désormais mélangés. Les journalistes qui font les shows, les animateurs qui font les téléfilms, les chanteurs qui possèdent des organes de presse pour pousser leurs propres projets ou encore les hommes d’affaires qui investissent les médias pour se protéger, sans compter les politiciens qui disposent aussi de leurs propres armes de destruction médiatique contre leurs ennemis. La presse est pervertie.

Pas étonnant, dès lors, qu’on la voit tous les jours mettre desormais en avant des questions superficielles, encourager le laisser-aller, servir des intérêts privés au detriment de l’intérêt général, comploter contre les gens, détruire le tissu social. En bref, ce qui était considéré naguère comme un 4ème pouvoir, puissant et véritable contre pouvoir face aux dérives de l’Exécutif et des autres pouvoirs, judiciaires et législatifs, est entrain de se transformer en force du mal…

Tous ceux, journalistes, politiciens, avocats, citoyens ordinaires, qui se servent de sa légèreté et de ses failles pour perpétrer leurs lâches actes diffamatoires ou attentatoires aux libertés doivent payer… Condamner est une chose, guérir en est une autre, préalable: il faut donc commencer par remettre de l’ordre dans cette presse afin qu’elle cesse d’être au service des malfaiteurs et des prédateurs ou de ne s’occuper que trop des épiphénomènes, comme les facheux propos de Wade, en nous faisant oublier la misère que vivent de millions de sénégalais ou les détournements à grande échelle qui s’opèrent en ce moment même (Pétro-Tim, Arcelor, Africa Energy etc…).

Il faut la remettre sur un chemin plus juste. Parce qu’en plus de ne pas se focaliser sur les grandes priorités, les urgences, de la nation et des sénégalais, la presse sénégalaise tarde à faire sienne le leitmotiv du plus grand journal au monde, le New York Times, qui assure, en haut de sa première page, que ce qu’il publie doit etre « FIT TO PRINT », décent pour être publie, en somme.

Plus que notre société, la presse sénégalaise, tous vecteurs confondus, est MALADE.

Il faut donc la sauver pour sauver notre pays qu’elle entraine dans les canniveaux…Au delà des cris d’orfraies suscités par les délires de Wade, au delà des positionnements intéressés par ceux qui tentent de plaire à Macky Sall sans lui faire part de ses lacunes et échecs, c’est bien d’un moment de Ndeup pour la presse sénégalaise qu’il faut organiser. Parce qu’elle ne filtre pas, n’édite pas, ne joue pas son rôle de médiatrice, elle mérite d’être mise en procès.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, disait-on. On peut aussi affirmer que liberté de presse sans savoir ni surtout responsabilité est le prélude à la déchéance d’une société et de ses habitants. C’est ce qui guette le Sénégalais …C’est pourquoi, en tant que journaliste, je souhaite que la presse de mon pays redevienne une force du bien, au service du développement et des bons combats pour la transparence, le mérite et l’intérêt général. Malgré tout, cela est possible.

Bon dimanche à toutes et tous !!!

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here