Les électeurs sénégalais se sont exprimés. Les élections législatives sénégalaises mettaient en compétition quatre groupes éclatés en 47 listes : (i) le pouvoir et tous ceux qui soutiennent le pouvoir (ii) les frustrés du pouvoir qui ont élu le pouvoir, étaient avec le pouvoir, ont un pied dans le pouvoir et un autre en dehors du pouvoir pour préparer l’avenir (iii) l’opposition qui était hier au pouvoir et qui tenait son congrès lors de cette élection pour légitimer celui qui devra hériter du PDS et organiser l’opposition (iv) enfin les alternatives et tous ceux qui ont à cœur de défendre des causes particulières au nom du peuple sénégalais. Nous avions donc le pouvoir, les frustrés du pouvoir, l’opposition, et les alternatives.

Malgré les imperfections du scrutin, le peuple a clairement tranché. Il a réglé le différend entre le pouvoir et les frustrés du pouvoir qui devront se consolider en un seul bloc, la coalition au pouvoir autour du Président Macky SALL. Le peuple a également légitimé le Président Abdoulaye Wade comme leader du PDS et chef de l’opposition. Le peuple n’a pas entendu les alternatives et/ou les a rejetées. Le peuple s’est donc prononcé, la coalition au pouvoir a mandat de poursuivre son programme.

Nous disions qu’il y avait deux voies pour mener le Sénégal vers l’émergence : (i) être condamné à choisir une voie avec un Plan Sénégal Emergent fédérateur mené par l’état ou (ii) réorganiser la gouvernance du pays pour faire en sorte que chaque sénégalais ou groupe de sénégalais dans leurs localités puissent réaliser leurs propres plans dont la somme ferait un Sénégal émergent.

La deuxième option qui est bien possible nécessite une politique monétaire autonome, l’inclusion financière de toute la population pour lui permettre de financer ses plans et sa responsabilisation dans l’économie et dans les services publics de santé et d’éducation et au niveau local. Il se trouve que le peuple n’est pas prêt pour une réforme monétaire et ne peut pas comprendre les réformes nécessaires à la prise en main de son propre destin par son inclusion financière et sa responsabilisation. Il n’en a pas la patience et n’y est pas disposé au vu de la précarité dans laquelle il se trouve. Ses dirigeants qui comprennent ont quant à eux choisi le statu quo du leadership d’un état protecteur sans autonomie monétaire. Quelle en est la cause ? Difficile à dire.

On nous apprend en leadership que le pouvoir s’exerce sur un peuple opprimé de 3 façons. La première plus simple est que l’oppresseur impose sa loi à l’opprimé. La deuxième est que l’opprimé par peur des représailles de l’oppresseur s’autocensure et n’exprime pas sa volonté d’émancipation. La troisième est que l’opprimé rationalise le statu quo et le présente comme la meilleure option par rapport aux alternatives. Dans quel cas de figure sommes-nous en ce qui concerne notre nécessaire réforme monétaire et le mariage malheureux entre le peuple et sa classe politique ? Nous pensons que nous sommes dans le troisième cas de figure. Le peuple et ses dirigeants préfèrent le statu quo car plus stable et ont décidé de s’unir autour d’un plan fédérateur vers l’émergence sous l’aile protectrice de l’état.

On nous apprend également que certains remèdes de guérison ne peuvent être administrés sans la collaboration du patient. De ce point de vue aussi, le patient sénégalais a démontré qu’il veut progressivement faire le chemin de son développement sous le leadership de l’état et de sa classe politique.

En ce qui nous concerne, nous sommes allés seuls aux élections législatives comme entité indépendante sponsorisée par plus de 32 000 sénégalais pour présenter au peuple l’alternative à un plan de l’état. Notre message n’a pas été entendu. Nous continuerons à lui donner de la voix dans un autre cadre pour que le peuple et sa classe politique lui prête une oreille attentive car elle est l’alternative à ce que nous faisons depuis 57 ans.

Vive la Démocratie
Vive le Sénégal

Dr. Abdourahmane SARR
Président du CEFDEL/MRLD
Moom Sa Bopp Mënël Sa Bopp

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