LES PARADOXES D’UNE NOTE , LA MAUVAISE FOI D’UNE PRESSE
Surpris ce matin d’écouter à la RFM que l’économie sénégalaise se porte bien comme en atteste l’agence de notation Moody’s.
L’argument servi consista à dire que l’agence en question se félicite des efforts consentis dans les secteurs primaire ( agriculture ) et secondaire ( les infrastructures ) alors que cette agence ne s’intéresse guère à ces secteurs. Ce qui l’intéresse c’est la capacité de l’Etat à honorer sa dette et la qualité de ses relations avec le Marché: (ration dette/ deficit public ).
Pour Rappel, les agences de notation sont cette autre facette de la financiarisation de l’économie mondiale. Elles ont gagné en notoriété dans le paysage économique suite à la bureaucratisation du FMI, de la BM et de l’OMC.
Si les places boursières se chargent de noter l’économie privée ( la vitalité et la viabilité des entreprises privées ) au profit des investisseurs (spéculateurs ), les agences de notation ciblent les collectivités publiques pour voir en celles-ci quelles sont les risques à l’investissement privé, les capacités de recouvrement fiscale des Etats pour satisfaire le service de la dette due aux entreprises privée mais surtout la part du déficit dans le Budget des Etats.
Si on s’intéresse à la dette du Sénégal, on a vu récemment que la presque totalité des économistes dits non partisans s’accordent sur la mauvaise rationalité de celle-ci, sur sa part importante dans le budget de l’Etat en comparaison au taux de croissance donc le Sénégal demeure un Etat endetté et incapable de satisfaire ses obligations vis à vis de ses créanciers.
Pour le déficit public, sa part est toujours importante dans le Budget à cause de l’importance du volume de financement destiné aux infrastructures , véritables moyens de détournements de deniers publics et de corruption.
Si l’on croise les deux constats ci dessus, on se rend compte que notre Etat comporte d’énormes risques pour l’investissement privée. Ce qui corrobore d’ailleurs la conclusion de Moody’s dans laquelle l’agence estime que la part de l’investissement direct étranger dans l’économie sénégalaise demeure très faible.
Ce qui nous conduit à trois observations suivantes :
PREMIÈREMENT Le PSE n’a pas réussi son pari parce que toute sa philosophie était basée sur l’établissement d’un environnement attractive aux investissements étrangers.
DEUXIÈMEMENT Le PSE n’est pas un bon plan parce que se objectifs de croissance selon l’agence ne seront pas atteints dans l’échéancier défini dans ce plan. Ce qui pose le probleme de la justesse du diagnostique (politique, économique et social ) qui sert de base à ce document.
TROISIÈMEMENT : on ne peut en aucun cas parler de bonne santé économique et le dire relève de la manipulation doublée d’une mauvaise foi.
Dans tous les cas , le gouvernent est doublement perdant :
Perdant parce que accordant trop d’intérêt aux conclusions d’institutions néolibérales dont l’ambition déclarée consiste à mettre notre pays sous-tutelle.
Perdant aussi parce que les projection contenues dans le PSE tardent à se concrétiser malgré l’augmentation de la part de l’investissement publique dans le taux de croissance.
Aldiouma Sow

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1 Commentaire

  1. Pffff
    Quand les agences de notation et les institutions internationales donnent de mauvais points au Senegal, vous êtes heureux et les publiez en UNE avec des critiques à l’appui

    Quand ces mêmes institutions et agences donnent de bons points au Senegal, vous devenez nerveux, sortez des pseudo économistes, des experts du dimanche, pour démonter ces institutions ou leurs méthodologies.

    C’est triste pour le Senegal de porter en son seing de tels ennemis du développement , de tel anti-patriotes, submergés par la haine de l’autre

    Quand le taux de croissance etait a 1 ou 2 % sous Wade, tout le monde s’en servait pour tirer sur lui. Depuis des années que le taux de croissance valse Autour de 6 %, soudainement ce n’est plus un critère de mesure de performance, on n’a droit qu’à des “La croissance ne se mange pas”

    Dans un ou deux ans, si elle descendait à nouveau à 1 %, les mêmes bouffons rappliqueraient avec des “l’économie du Senegal est à terre, pour preuve le taux de croissance”

    Les vrais ennemis du Senegal sont les aigris

    OBSERVATEUR

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