Le président de la République a fait adopter par le parlement la loi sur le parrainage. Une motivation majeure l’a conduit à demander que ce système soit institué.
Selon le Président de la République, les 47 candidatures (listes pour la députation) qu’il y a eu aux élections législatives de 2017 ont couté, au Sénégal, 383 millions pour chaque liste, soit un total de 18 milliards 1 million de francs cfa au contribuable sénégalais. Et, toujours selon Macky SALL, il convient de trouver un moyen pour limiter la multiplication incontrôlable des candidatures.
Deux raisons majeures doivent pousser tous les sénégalais épris de justice à lutter pour la non application de cette loi sur le parrainage.
La première raison est que Serigne Mbacké NDIAYE, qui dirigeait une des 47 listes aux législatives de 2018, a reconnu publiquement au cours d’une émission sur la Sen tv, qu’il a été financé par Macky SALL lui-même pour être candidat à la députation. Et, nous sommes en mesure de dire qu’en dehors de Serigne Mbacké NDIAYE qui l’a publiquement reconnu, il en de même de 11 autres têtes de listes.
Il n’est donc pas sérieux de financer des listes parallèles et de prétendre vouloir lutter contre la prolifération des listes, des candidatures.
La deuxième raison montre, tout autant que la première, le manque de sérieux du Président de la République. Comment peut-on modifier les règles de participation à une élection présidentielle de manière unilatérale à, juste, 10 mois de ces élections ?
Nous sommes aujourd’hui à 10 mois après les législatives et 10 mois avant la présidentielle et, il est inconcevable que, de manière unilatérale, il puisse modifier les règles de participation à une élection aussi sérieuse qu’une présidentielle. Et cela, juste parce que des sondages lui prédisent une victoire au premier tour au cas où il y aurait moins de 10 candidats. C’est d’ailleurs cela la raison majeure qui pousse le pouvoir à forcer aux sénégalais ce système de parrainage.
Un forcing fait dans la précipitation puisque la constitution du Sénégal dispose, sans ambiguïtés, que tout sénégalais ayant plus de 35 ans et jouissant de ses droits civils et politiques peut être candidat à une présidentielle. Ce qui est impossible avec ce système de parrainage qui limite forcément le nombre de candidats, en fonction du nombre d’inscrits sur les listes électorales et du nombre de signatures demandées aux candidats.
Il aurait fallu, pour que la loi sur le parrainage n’entre pas en contradiction avec d’autres dispositions constitutionnelles, modifier celles-ci. Et, cette précipitation, cette cacophonie et ce forcing ne l’ont pas permis.
Nous sommes sénégalais, nous portons les héritages des femmes de Nder, de Thierno Souleyamane BAAL, de Tafsir Maba Diakhou BA, de Lat Dior Ngoné Latyr DIOP, de Cheikh Ahmadou Bamba MBACKE, d’Aline Sitoé DIATTA, de Valdiodio NDIAYE, de Cheikh Ahmed Tidiane SY et de tant d’autres courageux combattants de la justice et de la démocratie.
Le 07 mars 1820, les femmes de Nder ont consenti au sacrifice ultime pour leur patrie au nom de l’honneur, de la liberté et de la dignité.
Thierno Souleymane BAAL et ses collaborateurs ont mené la révolution Torodo en 1776 pour libérer le Fouta de la dictature qui y régnait, abolir l’esclavage et instaurer un système démocratique d’élection de l’Almami. 72 ans avant l’abolition de l’esclavage et 113 ans avant l’instauration de la République en France.
Tafsir Maba Diakhou BA a été fait almami du Rip par les hauts dignitaires du Saloum et de la Sénégambie pour lutter contre les meurtres (injustice) perpétrées par les colons francais et leurs alliés du Sine à l’époque dans la région. Tout bon sénégalais est fier de sa victoire, avec Lat Dior Ngoné Latyr comme allié, sur les forces coloniales au champ de bataille de Pathé BADIANE.
C’est pour avoir combattu vigoureusement l’oppression et la spoliation de notre peuple et de nos ressources que Cheikh Ahmadou Bamba s’est vu exilé puis mis en résidence surveillée par les colons.
La dame du Kabrouss, Aline Sitoé DIATTA, notre Mahatma GANDHI nationale, par l’incitation à la désobéissance civile, a énormément contribué à la libération du Sénégal et à l’indépendance, survenue 16 ans après sa mort.
La présence et le discours courageux de Valdiodio NDIAYE face au général DE GAULLE en 1958 rend si fier qu’il est souvent diffusé par les télévisions nationales sénégalaises.
Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY est le symbole de la lutte contre le parti unique. Il fut le leader du Parti de la Solidarité Sénégalaise, qui fit face à SENGHOR en 1959, et de la coalition Démocratie et Unité Sénégalaise qui lui fit face en 1963. Son texte intitulé Nécessité d’alternance et publié le 18 Mars 1994 est inscrit au patrimoine de l’histoire politique de notre pays.
Ce legs de nos vaillants ancêtres, nous devons l’assumer et veiller à le transmettre renforcé, sinon intact, aux générations futures. Les sénégalais doivent combattre l’application de loi sur le parrainage qui est injuste et déconsolide nos acquis démocratiques.
Mouhamed DIA.
Téléphone : 77 259 69 68

4 Commentaires

  1. Bien dit. Merci. Seuls les porteurs de gènes nobles comme vous peuvent avoir un tel discours ou comprendre un tel discours. Celui qui est né dans l’indignité, porteur de gènes de diaam de longue date, n’aura pas les moyens de comprendre un tel discours.

  2. Foutaises M. Dia ! Oui il faut une concertation pour valider une mesure aussi importante que le parrainage, mais concertation avec qui ?? Tu sais bien que l’opposition radicale a refusé le dialogue politique depuis 2016. Il faut donc avancer sans elle ! Mais ce que tu essaies de cacher ici c’est le terrible camouflet que le peuple a envoyé à cette opposition irresponsable qui n’a d’existence que dans les médias ! Les Sénégalais ont refusé volontairement de sortir parce qu’ils ont compris que les opposants étaient de mauvaise foi et mentaient et manipulaient les gens. Rien ne justifie qu’ils refusent de participer au dialogue politique et d’apporter leurs amendements au projet de parrainage. Rien ! Conséquence : ils ont perdu sur toute la ligne, aussi bien la bataille de l’opinion publique que la bataille de rue. Ils ont été chassés comme des vandales, gazés, arrêtés, humiliés, et tout le monde rigolait de leur sort dans Dakar et dans les régions. Écoutez les émissions wakh sa khalaat et vous verrez que l’écrasante majorité des gens accuse l’attitude irresponsable des Idrissa Seck et consorts.
    L’opposition doit vraiment se remettre en cause avant les élections de 2019 et changer de méthode en proposant un programme alternatif collectif crédible et réaliste aux Sénégalais. Mais aussi en cessant les insultes gratuites, les menaces de brûler le pays, les défis à l’autorité administrative, les manipulations infantiles etc. L’opposition doit surtout respecter le choix volontaire et massif des Sénégalais d’ici et de l’étranger d’avoir refusé de participer à une manifestation qui n’a pas de sens. Le parrainage va enfin stabiliser et assainir le jeu politique, à l’instar de toutes les grandes démocraties du monde ! Kilifa risque de regretter ses insultes car il y a de fortes chances que ce même peuple qui a refusé de manifester et qui a soutenu majoritairement le parrainage sanctionne lourdement cette opposition en 2019…

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