Excellence, Monsieur le Président, restez là où vous étiez car un repère ne bouge pas.  

  A la croisée des chemins, quelle route va indiquer le référendum ? Il y’a de cela 4 ans, soif de valeurs et de vertus, notre peuple devenu trop exigeant a cru trouver en vous le leader rare qui allait rétablir notre « exceptionnelle exceptionnalité » durement éprouvée depuis la démission historique de Senghor ». Depuis lors, le peuple attend et se posait des questions. Qui allait tenir compagnie à Sédar au sommet de la gloire ? Vos comportements et vos paroles n’ont cessé de nous rassurer jusqu’au jour où nous fumes appelés aux urnes pour choisir parmi des personnes de haute stature dans notre société.

Malgré son bilan fort louable et l’argent qui a abondamment coulé partout dans le pays, vos compatriotes vous ont positionné, bousculant rageusement le baobab Wade avant de vous confier les rênes du pays. C’est qu’entre les deux tours, deux faits ont pesé très lourd sur la balance de votre élection : votre promesse inédite de diminuer votre mandat et ce geste de salutation adressé à Wade sur le chemin de la campagne électorale. Ainsi, votre victoire  fut incontestablement celle de l’espoir des valeurs restaurées (El Hadj Mansour Mbaye vous appelle le Président de l’espoir)

Aux yeux de nos concitoyens, vous étiez donc au dessus de la mêlée. Il était difficile pour vos adversaires de trouver une faille sérieuse où ils pouvaient s’engouffrer.  En annonçant sans aucune pression que vous allez diminuer votre mandat, vous aviez tout seul ouvert la grande porte du cercle très restreint de l’histoire. Mais cette promesse nous avait permis, nous sénégalais, comme lors de la glorieuse épopée de 2002 de relever la tête, partout à travers le monde.

Mais voilà qu’à peine commencions-nous à bomber le torse que vous nous rappelez que nous sommes comme tout le monde pour ne pas dire comme le reste de l’Afrique, parenthèse de l’époque  de Mandéla mis à part. Admettez que cela fait mal. Pas parce que vous avez violé la constitution mais pare ce que vous avez décidé de marcher sur cette exceptionnalité dont nous envie le monde entier et auquel votre jeunesse est tant attachée. Pour beaucoup de vos compatriotes, la constitution que vous venez de célébrer est en dessous de cette exceptionnalité.

Monsieur le Président, j’ai entendu dire, par certains responsables, que le peuple n’écoute que le bilan. Mais celui ci, aussi reluisant soit il, ne suffit pas pour entrer dans le restreint cercle que l’histoire a jalousement tracé pour ses élus. Ce n’est pas parce que son Excellence Wade n’avait pas de bilan qu’il a été battu. Ce n’est pas non plus parce que vous vous étiez présentés comme le plus compétent de la bande que vous avez été élu.

En vous, les sénégalais comme moi ont célébré les valeurs de persévérance, de constance, de courtoisie, de confiance en soi et de modestie mais aussi du respect de la parole donnée (vous n’avez jamais regardé sur le rétroviseur malgré les intenables pressions. Ce n’est surtout pas le moment de le faire)

Ce que vous réservent l’histoire et votre peuple est plus prestigieux que trois mandats à la tête du pays. Aussi la constitution appartient au peuple. Le référendum lui donnera l’occasion de dire s’il la préfère au respect de nos valeurs ou pas. L’un ou l’autre, donc le oui ou le non fera dégager des enseignements qui traceront une nouvelle pour les générations actuelles et futures.

Je suis de ceux qui pensent qu’on ne devait pas pousser le Président à violer la constitution. Mais je pense aussi qu’il a les ressources et le temps de trouver les moyens de faire triompher nos valeurs à travers le monde en se représentant devant les sénégalais à la fin des 5 ans en passant par la grande porte de l’histoire. L’élection ne sera qu’une formalité.

Excellence, Cette arme que vous mettez à la disposition de vos adversaires est politiquement mortelle et ce que votre peuple et l’histoire vous réservent valent bien plus qu’un mandat.

Falilou Cissé

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