Le Président de la République face à la pandémie du Covid-19 s’est adressé à la nation, d’une part comme chef suprême de guerre nécessitant une unité de commandement, mais également en acteur politique qui doit faire dans le compromis.  

Sur le plan sanitaire et face à la crise, le compromis n’est pas possible et l’autorité, la détermination, et la capacité de décision sont les qualités essentielles requises. De ce dernier point de vue, la déclaration de l’état d’urgence est une mesure salutaire qui permettra aux autorités administratives et policières, dans leurs localités respectives, d’exercer l’autorité de l’état dans toute sa plénitude avec la plus grande fermeté. La classe politique doit donc soutenir le Président de la République sans réserve dans cette posture de chef de guerre.

Sur le plan de la riposte macroéconomique, nous disions que la réaction du Sénégal, et des pays de l’UEMOA, ne pouvait être que budgétaire, et les mesures symboliques et appropriées prises par la BCEAO le confirment puisqu’étant à la marge de zéro par rapport au PIB de l’UEMOA. Les mesures prises par la BCEAO permettent également au secteur privé avec les banques, dans la diversité, de trouver les solutions de compromis appropriées à leurs situations particulières dans les limites des enveloppes possibles de refinancement de l’année en cours. Il est donc salutaire que le Président de la République ait annoncé un fonds de 1000 milliards alimenté essentiellement par le budget de l’état. Ce fonds sera consolidé par les ressources qui nous viendront de partenaires extérieurs comme le Fonds Monétaire International dont c’est le rôle. Il sera accompagné par les institutions de développement et les bilatéraux surtout pour faire face aux dépenses sanitaires qui au-delà de ce qu’elles peuvent faire pour nous, auront des externalités positives sur le reste du monde pendant et après la crise.  

Sur les plans budgétaire, économique, et social en revanche, il nous semble que le Président de la république, dans le sillage de ses consultations avec le leadership des autres institutions de la république avec lequel il n’a pas de compromis à rechercher, doit faire dans le compromis avec son opposition. En effet, nous ne voyons pas la nécessité de prendre des décisions sur les plans budgétaire et économique pendant trois mois sans compromis spécifiques et dynamiques avec l’opposition, d’autant plus que le pouvoir a une majorité écrasante à l’assemblée nationale. Cette majorité a plus d’une fois fait passer des décisions importantes en procédure d’urgence, mais au moins avec un minimum de débat. Le Sénégal ne peut réagir qu’avec son budget, dans les limites de ses équilibres, tout en n’arrêtant pas son économie au vu de sa structure comme les pays avancés le font bien qu’insoutenable au-delà d’un mois. Ces derniers vont devoir arrêter cette stratégie du confinement sous peu. Il serait donc préférable pour le Président de la République de faire dans le compromis dans ces domaines plutôt que dans le commandement. Cela ne nous semble pas nécessaire d’autant plus que les options économiques du Sénégal ne vont pas nécessairement dans le sens d’une souveraineté économique et monétaire pouvant nous permettre de bâtir une économie résiliente tenue par les PMEs du secteur informel et les collectivités locales. Trois mois de décisions économiques et budgétaires majeures à coup de milliards sans débats et compromis en contexte de crise ne serait pas démocratique et ne nous semble pas nécessaire.  

Librement

Dr. Abdourahmane Sarr

Président CEFDEL/MRLD

Moom Sa Bopp Mënël Sa Bopp

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