Tout le monde peut s’accorder sur le fait que du point de vue de la taille, du dynamisme ou du potentiel, l’économie de la Côte d’Ivoire est supérieure à celle du Sénégal. Si donc le Sénégal arrive à bénéficier d’une meilleure confiance des investisseurs que la Côte d’Ivoire, c’est bien parce qu’il présente des atouts comme la qualité de sa gouvernance politique et économique. La Côte d’Ivoire s’était jetée sur les marchés financiers du 9 au 15 mars 2018, pour une opération de lancement d’Eurobonds. C’était juste dans la foulée de l’opération lancée avec un franc succès par le Sénégal (voir Le Quotidien du 7 mars 2018). Le gouvernement ivoirien se faisait un point d’honneur de damer le pion au Sénégal qui a été positivement sanctionné par les marchés internationaux. Ainsi, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly avait conduit la délégation de son pays pour draguer les investisseurs internationaux. Mieux, le Président Alassane Dramane Ouattara avait lui-même décidé de s’impliquer directement dans l’opération par une intervention adressée aux marchés. L’audace du Sénégal d’entrer dans le club fermé de seuls 4 pays africains à oser lancer des emprunts sur une durée de 30 ans n’avait pas manqué de fouetter l’ardeur des autorités ivoiriennes. Résultat des courses ? La Côte d’Ivoire réussira son pari d’emprunter sur 30 ans en dollars américains, mais a pu constater que la signature du Sénégal devient meilleure que la sienne. En effet, là où le Sénégal a emprunté à un taux d’intérêt de 6,25% pour un montant de 1 milliard de dollars, la Côte d’ivoire a levé 850 millions de dollars à un taux de 6,625%. Sur une autre tranche d’emprunt en euros, le Sénégal avait levé 1 milliard d’euros à un taux de 4,75% sur dix ans, alors que la Côte d’Ivoire n’avait pu lever 850 millions d’euros sur une durée de 12 ans, qu’au taux de 5,25%. Le Sénégal a bénéficié d’un livre d’ordres plus important, d’un montant de 10,5 milliards de dollars (équivalent à plus de 8,7 milliards d’euros), soit plus du double de celui de la Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, qui peut douter que la gouvernance du Sénégal ne fait pas partie des meilleures du continent ?

Réponse à Mamadou Lamine Diallo
Nous soulignions dans ces colonnes (voir notre chronique du lundi 12 mars 2018) «Les beaux succès de Macky Sall que son opposition refuse de voir». Cela a semblé titiller le député Mamadou Lamine Diallo. Ainsi, s’est-il senti devoir apporter la réplique dans une contribution publiée dans les médias le 21 mars 2018. On peut bien dire que le lecteur est resté sur sa faim. Mamadou Lamine Diallo est un économiste respectable qui a eu à occuper de hautes fonctions. On peut retenir de son parcours éloquent, notamment qu’il a été à «la Banque mondiale à Washington en 1990 avant de rentrer au Sénégal en 1993 pour travailler à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bceao). Détaché au Cabinet du Premier ministre du Sénégal de 1994 à 2001 comme conseiller technique, il servit l’Etat jusqu’en 2001, avant de retrouver la direction de la Recherche et de la statistique de la Bceao. De 2003 à 2006, il est à nouveau détaché auprès de la Commission de l’Union africaine en tant que directeur de Cabinet adjoint, puis directeur de Cabinet de Monsieur Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine. Il quitte la Bceao au début de l’année 2010, alors qu’il assumait les fonctions de Contrôleur général par intérim de cette institution pour se consacrer à l’action politique». C’est dire que si un esprit de son étoffe se met à critiquer une action économique, on s’attendrait à tout le moins qu’il le fasse à force d’arguments tirés de faits et chiffres et d’éléments statistiques. Malheureusement, le député Mamadou Lamine Diallo ne s’est permis que de verser dans une caractérisation subjective. Il écrit en effet : «Madiambal Diagne, devenu l’idéologue en chef de l’Apr, soutient que l’opposition fuit le débat économique et ne reconnaît pas les réalisations de l’entreprise Macky and Co. il est vrai que pour l’élite économique de l’Apr, la politique économique se résume à emprunter de l’argent pour faire des réalisations.» Le député Diallo reconnaît tout de même, par ses propres dires, que l’argent emprunté par le régime de Macky Sall est utilisé pour faire des réalisations. Il n’est peut-être pas besoin de rappeler que d’autres empruntent au nom de leur pays pour faire la fête ou pour se consacrer à des dépenses inopportunes et parfois même prédatrices. Seulement, personne n’a dit que la politique de Macky Sall se résume à ce seul moyen, bien que légitime encore une fois, «d’emprunter pour faire des réalisations». Mamadou Lamine Diallo doit admettre qu’il a accès aux informations pertinentes des institutions nationales et internationales qui attestent de la bonne gouvernance publique du Président Macky Sall. Les efforts de bonne gouvernance ont permis par exemple de réaliser des taux de croissance inconnus dans l’histoire politique de ce pays (7,2% en 2017, 6,8% en 2016, 6,5% en 2015). Mieux, le Sénégal est arrivé à un déficit budgétaire de 3,7% en 2017, là où la Côte d‘Ivoire était à 4,5% et que le Sénégal projette d’arriver en 2018 à un déficit budgétaire de moins de 3%. En 2011, le déficit budgétaire était à 6,7%. Ces résultats ont été obtenus grâce à une politique de rationalisation des dépenses budgétaires. En effet, la part des dépenses courantes dans le Pib est passée de 11,4% en 2011 à 9,4% en 2013 pour se contenir à 8% en 2017. A cela, il faudrait ajouter la restructuration des dépenses d’investissement. Celle-ci ayant permis d’enregistrer un accroissement continu des dépenses réelles d’investissement dans le sens de la formation brute de capital fixe qui sont passées de 36,9% en 2011 à 50,7% à 2016 du total des dépenses de fonctionnement et d’investissement. Ce taux était à 79,3% en 2017. C’est sans doute un pari risqué, car il s’agit d’une dépense dont on ne voit pas tout de suite les fruits, mais c’est un legs aux générations futures, un acte de confiance dans le futur du Sénégal. C’est pourquoi la part des dépenses réelles d’investissement qui n’ont été que de 31,6% dans les dépenses publiques en 2011 a atteint 37% en 2016. Le budget d’investissement en 2017 était de 1 225 milliards de F Cfa, plus de 36,4% du montant total du budget. En 2018, ce sont 1 339 milliards d’investissement qui sont prévus, soit 36% du budget total.
C’est sur ce terrain que le député Mamadou Lamine Diallo est attendu pour un débat, mais pas sur celui d’être devant le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, à l’Assemblée nationale pour chercher à détourner l’attention sur les véritables questions économiques. Il demandait à Amadou Ba de déclarer sur l’honneur qu’il n’avait pas une nationalité autre que sénégalaise. La question peut être pertinente si d’aventure (probabilité sans doute faible et certainement pas avant 2024) Amadou Ba demandait à être président de la République du Sénégal. En attendant, parlons économie avec lui, à l’aune des statistiques et des paramètres et indicateurs par lesquels tous les pays et toutes les économies du monde sont jugés.

Un débat politique crypto-personnel
Si une chose s’est perdue au Sénégal, c’est un débat politique argumenté, sincère, sur des questions de fonds et avec une primauté des intérêts de la collectivité. L’offre politique perd en substance théorique et est dépourvue de projets de gouvernance. Elle prête peu d’intérêt à la gestion des différents secteurs de la vie en société. Tout est cacophonie, tout est désordre. C’est comme une assemblée de crieurs avec la voix qui porte bien ou la ruse qui bernera et fera rire un temps. Un Idrissa Seck par exemple, même sur les hauts talons de ses chaussures «Saint James», n’arrive pas à prendre de la hauteur ou de l’étoffe. Il ne dit jamais comment il compte gouverner le Sénégal et ne décline jamais ses projets et programmes. Il reste dans l’injure, l’irrévérence et l’invective ; en quelque sorte, dans la petite querelle politique. Le débat contradictoire est inexistant, le raccourci est vite emprunté pour se braquer dans des postures simplistes. L’entêtement et l’aveuglement sont à un point tel que toute déclaration d’acteur politique, tout billet ou article d’opinion produit, toute intervention est scrutée selon une matrice de militant indéfectible. On observe donc l’apparition de rivalités politiques ne reposant que sur une base crypto-personnelle. L’argumentaire est simple. Les acteurs politiques se taxent de nullards et d’incapables par-ci, de voleurs et d’escrocs par-là. Ils font feu de fagots tirés d’un compagnonnage militant ou d’un cheminement commun pour se brûler entre adversaires sur la place publique. Cela donne l’air d’être dans une phase permanente de promotion d’un combat de lutte. Sur les questions de la vie du pays, les engagements et positions sont faussés dès le départ, car motivés uniquement par la défense d’un intérêt premier qui ne devra se traduire que par du gain politique. Il ne manque pas de situations au Sénégal où des positions irresponsables et contraires à tout respect de l’ordre républicain ont été prises sur la simple base d’un désaccord politique, cachant en réalité un désaccord des personnes. Le contexte que toute une génération de loups arrive en même temps à une station où chacun voit le costume de chef d’Etat taillé pour lui expliquerait peut-être la tournure personnifiée du débat politique sénégalais, laissant place à une opposition d’hommes au lieu d’une confrontation d’idées et de façons de faire.
Le public ne cesse de constater la perte de l’exigence d’éclairer les concitoyens et les électeurs. Les partis politiques perdent de leur vocation de forces de propositions et de vecteurs d’idées. Les programmes politiques qui sont les instruments à partir desquels les visions, ambitions et actions sont présentées et détaillées se font de plus en plus rares. Des candidats mènent des campagnes électorales sans réel programme. Faisant du pouvoir une masse qui tombe sur une main ou qu’on arrache pour ensuite réfléchir voire s’empresser sur les façons de l’utiliser. L’intelligentsia et la production d’idées qui faisaient le charme des formations politiques sénégalaises sont d’un temps révolus. Les écoles de parti ainsi que les cercles de réflexion des différentes formations politiques qui ne cessaient de rivaliser en idées et méthodes de gouvernement semblent être des souvenirs lointains.
La limitation du débat public à des querelles personnifiées montre que dans la volonté d’accéder au pouvoir, la voie empruntée au Sénégal est celle de la simplicité. La réalité des programmes, actions et résultats n’est pas débattue. Les idées sur la société et son évolution sont occultées. Les secteurs prioritaires et les actions à y mener sont abordés de façon superficielle. Dans une chronique en date du 30 janvier 2017, nous disions «rien ne vaut le débat public». Hélas !

Mandiambal Diagne
lequotidien.sn

8 Commentaires

  1. Tu dois revoir ta copie ma jambal jambb nga ba tayi kenn naanul. Boroom doole bu Ken ragalul, boroom xamxam bu kenn laajul, boroom alall bu kenn naanul, ak bindkat bu kennjangul mbidamm. Amul luka gena metti !!!!! Je ne te lit plus damay taxawaay di la yedd dongg. Souleymane jules Diop, latif coulibaly ak yaw seeni xalima dammna booba.

  2. Je déplore vraiment que Xalima continue de servir de plateforme à cet énergumène opportuniste qui défend des intérêts personnels. Vous devez un minimum de respect à vos lecteurs en veillant à ce que des articles aussi biaisés ne figurent pas sur votre site.

  3. Gorgorloul de ,defal lo mann parce que bou macky daano moy sa deee.
    niakk diom.
    Bo khole senegalais ni gnou sonnee ndakh president bou mounoul,sokhor te irresponsable ngua ne dang kay diapalee si ay doul rekk.

  4. Sa xalima dammna ma jambal daqaar bi sallina jambal Jambal ma jambal kenn naanul. Honte à cette belle plume devenue hypocrite pour des intérêts personnels. Ta mayonnaise refuse de prendre tournez dans un autre sens votre cuillère ou arrêtez ça réduirait votre d’échéance. Souleymane jules Diop, latif coulibaly ak yaw seeni xalima dammna booba. Fenn boo si tubey turkee la cay teu. Par le mensonge, tu peux gagner un pantalon mais la chemise ne sera pas au rendez-vous.

  5. Pourquoi parler de programme ou de proposition de parti alternatifs aux programmes de ton champion quand ce dernier arrive au pouvoir pour aller se l acheter chez ces maitres a coups de millards(Yokute a PSE).
    Madiam parle d autres choses.

  6. Une pertinente suggestion pour l’approfondissement du débat autour d’un projet viable de société
    plutôt que s’enliser dans la querelle sans issue de politique politicienne creuse.merci pour cette belle idée féconde

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