Si l’on observe notre paysage politique, on constate que la défense du Président Macky Sall n’est pas correctement assurée. On peut aisément démontrer le propos. Depuis quelques temps, nous assistons à cet indescriptible feuilleton où ce dernier est jeté en pâture, insulté de tout bord, à travers les réseaux sociaux. Par-delà l’institution qu’il incarne, c’est sa dignité en tant qu’être humain qui est torpillée. Pourtant, je n’ai nulle part, ni entendu, ni lu des propos visant à le défendre. La cellule de communication du palais aurait dû, à tout le moins, organiser un point de presse en l’invitant à s’exprimer sur ce nouveau phénomène. Un tel acte aurait indiscutablement permis de calmer les esprits et de rassurer les populations. En tout cas, certains observateurs, comme le journaliste Bécaye Mbaye, n’ont pas manqué de mettre en évidence cette anomalie.
Plus encore, même dans les cas où elle est menée, la défense du président l’est parfois de façon maladroite. Deux illustrations suffisent pour étayer l’affirmation. Certains pensent défendre le président en versant dans l’invective. À ce titre, la presse a plusieurs fois fait état d’hypothèses dans lesquelles des militants et responsables de notre parti ont eu un comportement de va-t-en-guerre consistant à insulter nos détracteurs. L’affaire Penda Ba en est le dernier exemple en date. De tels agissements ne sauraient constituer un moyen de défense efficace. Pire, ils desservent le chef de l’État dans la mesure où ils suscitent un sentiment de dégout et de rejet chez les populations. D’autres croient défendre le président en tenant des argumentaires peu travaillés. Ce faisant, plutôt que d’emporter la conviction de nos compatriotes, ils ne font que les irriter. En vérité, une bonne défense consiste, d’une part, à expliquer avec pédagogie les réalisations et les projets du président, et d’autre part, à apporter une réplique bien argumentée à ses contempteurs dans le respect, la courtoisie et l’humilité. C’est la seule manière d’élever le débat public et de faire face à cette opposition qui cherche vaille que vaille à ensevelir ses actions. Il est vrai que certains responsables se prêtent volontiers à l’exercice. C’est le lieu de les féliciter et de les encourager.
Mais globalement, force est d’admettre que nous ne sommes pas toujours au rendez-vous sur ce terrain. Les raisons sont simples. D’abord, notre parti ne valorise pas assez ceux dont la vocation est de défendre le président, en l’occurrence les cadres. Par exemple, la CCR-France est l’une des entités les plus dynamiques du parti. Elle regorge, de surcroit, des personnes dévouées et dotées de grandes qualités intellectuelles. Il suffit de parcourir leurs différentes contributions dans la presse pour s’en apercevoir. Pourtant, il se ronchonne partout que les hauts responsables de notre formation ne leur accordent aucun crédit. Dans ces conditions, je ne suis pas sûr qu’ils soient prompts à prendre leur plume ou à se rendre sur les plateaux de télé ou radio. Bien entendu, il ne s’agit pas de leur réserver un traitement préférentiel par rapport aux autres catégories de militants, mais au moins de reconnaître leurs efforts et sacrifices à leur juste valeur. Ensuite, l’APR étant un parti jeune, l’essentiel de nos militants, y compris parfois les responsables, ne sont pas formés et ne peuvent se prévaloir d’aucune expérience politique avérée. Étant ainsi novices, ils sont, comme l’a fait remarquer l’envoyée spéciale Mme Aminata Touré, souvent laminés dans les débats politiques. Enfin, nombreux sont les militants mal informés, voire, pas du tout informés, de sorte qu’il leur est difficile d’avoir la maitrise des dossiers nécessaire à la construction de raisonnements plausibles. Il ressort de ce qui précède que notre parti gagnerait à organiser des séances de formation des militants, instituer un système de partage d’informations entre gouvernants et militants et mieux reconsidérer ses cadres.
En tout état de cause, ces failles que présente notre défense sont fâcheuses d’autant que nous avons des arguments à faire valoir. Chacun sait que des résultats appréciables ont été enregistrés dans tous les secteurs vitaux du pays. Certes, l’on ne peut nier l’existence d’un certain nombre de manquements. Mais la vérité est que nous n’avons pas à raser les murs. Il convient juste d’exécuter les programmes avec plus de célérité, corriger les erreurs et éviter d’en commettre d’autres. Pour le reste, notre parti doit penser à mettre en place rapidement une stratégie de remobilisation de toutes ses énergies pour mieux accompagner l’action du président et de son gouvernement.

Dr Momath Ndiaye
Enseignant-chercheur en droit privé
Coordonnateur de la Section APR d’Aix-en-Provence (France)
Membre de la cellule de communication de la DSE-France
Membre de la CCR-France
E-mail : [email protected]
Tél : 0033 (0) 7 84 39 70 10

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4 Commentaires

  1. Esaies si tu en est capable. Je pense qu’il y a quelques chose qui t’échappe: IL EST IMPOSSIBLE DE DEFENDRE MACKY!!
    Il a mal commencé tout d’abord en voulant ridiculiser Wade et sa famille, en le rayant de la carte du monde et en prenant Diouf comme si c’était lui son bienfaiteur.
    En posant de tels actes, il n’a récolté que de la haine du mépris et autres car le Sénégal ne doit sa survie que grace aux valeurs que nous ont légué nos ancetres parmi lesquelles figure LA RECONNAISSANCE- L’UNION DES COEUR-LA SOLIDARITE-LA COHESION SOCIALE-LE PARDON.
    Est-ce tu reconnais ton chef dans ces valeurs???

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