Lors de la 9 eme conférence conjointe des ministres de la CUA-CEA (Commission de
l’Union Africaine – Commission Économique des Nations-Unies pour l’Afrique) à Addis-
Abeba en 2016, les protagonistes ont souligné l’importance de la mobilisation de
ressources internes qui devrait être la principale stratégie de financement du
développement durable en Afrique, et surtout garantirait un apport de fonds plus fiable
pour les différents programmes de transformation de notre continent.
Dans son essai critique intitulé ‘‘ Et si le Tiers Monde s’autofinançait? De
l’endettement à l’épargne.’’, Jacques B. Gélinas 1 , Sociologue de renom déclare : ‘‘Le
Tiers Monde se trouve acculé, qu’on le veuille ou non, à l’autodéveloppement et à
l’autofinancement. Et il n’y a aucune raison de croire qu’il en soit incapable.’’. La
construction de la Grande Mosquée Massalik’Al-Jinaan et le Plan d’Action Prioritaire
du PSE (PAP) du Président Macky Sall en sont une parfaite illustration et constituent
de nouveaux paradigmes, points de départ contre l’endettement de nos états en Afrique.
Massalik’Al-Jinaan
Massalik est un chef-d’œuvre ; une somptueuse mosquée avec des colonnes dorées du
marbre de Carrare, des lustres géants… et ses 5 minarets, construite par quelque 800
ouvriers et qui devient la plus grande mosquée de la capitale Dakar. Cette mosquée de
plus de 20Milliards de CFA a été financée majoritairement grâce a la mobilisation de
ressources internes à travers un financement participatif provenant des fidèles mourides
et personnalités diverses. Il s’agit d’un exemple parfait d’auto-financement et de
mobilisation de l’épargne intérieure, que Gélinas considère d’ailleurs comme abondante
et inexploitée dans les pays du Tiers Monde. Massalik devient ainsi un symbole, et
surtout une démonstration de la capacité d’autodéveloppement de nos états, et constitue
pour le Sénégal et toute l’Afrique, un nouveau paradigme dans la vision de la notion de
développement.
Plan d’Action Prioritaire du PSE (PAP)
Dans le Programme Sénégal Émergent (PSE) du Président Macky Sall, le Plan d’Action
Prioritaire (PAP) consacrait 2714 milliards de CFA en ressources internes de l’état
sur un coût global de 3800 milliards de CFA, soit 56% (pour 2016-2018) – Et dans le
cadre du PAP 2019-2023 il est prévu en moyenne 25% en dépenses d’investissements
sur ressources internes (Agrégats macroéconomiques 2019-2023). Des efforts
considérables sont ainsi accomplis et démontrent une ferme volonté du Sénégal de
compter sur ses propres ressources internes pour financer son développement. Il apparaît
ainsi, l’émergence d’un nouveau paradigme qui vient bouleverser le cercle vicieux de la
pensée du ‘‘développement aidé’’. Compter sur ses ressources internes, sur l’épargne
intérieure et minimiser l’endettement extérieur, sont les seuls gages de croissance
harmonieuse et d’émergence. ‘‘ Le financement du développement intègre deux aspects
primordiaux : la mobilisation en priorité des ressources internes et le recours ultime aux
ressources extérieures, en veillant à la viabilité et la soutenabilité de la dette.’’, disait,
son Excellence le Président Macky Sall, dans son adresse à la nation du 3 Avril 2017.

1 Et si le Tiers-Monde s’Autofinançait : De l’endettement à l’épargne? / Jacques B. Gélinas?
ISBN 2-921561-16-6? / 240 pages (https://www.jacquesbgelinas.com/copy-of-le-virage–droite-des-lites-
politiques-qubcoises-

Changements de Paradigme –Nouveau Départ
Dans ce monde globalisé et où certains secteurs de pointe (Ferroviaire, Industrie
pétrolière, par exemple) sont détenus par certaines grandes puissances, une ouverture et
collaboration est toujours indispensable. C’est ce qu’ont compris certains chefs d’états,
comme le Président Macky Sall qui s’allie à la France pour le TER; mais aussi le
Président Kagamé, qui, dans le cadre de son programme Rwanda-Sat s’est allié avec le
Japon. Le recours ultime aux ressources extérieures et à long terme, ne compter que sur
nos propres ressources; voilà l’objectif à atteindre pour tous les pays africains ; et les
jalons de cet auto-développement sont déjà posés au Sénégal par l’équipe actuelle.
Comme le suggère Gélinas dans son livre cité plus haut, nous pensons qu’il faut aller
plus loin en mobilisant encore d’avantage l’épargne intérieure comme dans la cadre de la
construction de Massalik’Al-Jinaan; mais également dans le cas du volet Chaine de
valeurs du PUDC dans lequel, le processus d’animation et de sensibilisation a permis la
mobilisation de l’épargne locale pour la mise en place de sociétés agricoles rurales dans
une quinzaine de sites dans la zone de Thiès, Fatick, Kaolack et Diourbel. Cette
dynamique, couplée avec le système coopératif, est un rempart efficace contre la fuite de
capitaux.
D’ailleurs, c’est ce que Gélinas suggère dans son livre en invitant à investir l’épargne
intérieure sur place, dans des activités productives (comme l’agriculture vivrière), pour
amorcer l’auto-développement. Il encourage également l’initiative privée, moteur d’un
nouveau dynamisme et qui marque le retour aux valeurs fondatrices de l’Économie
libérale. Ce qui est largement soutenu dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) du Président
Macky Sall, qui, à travers le PAP consacre une bonne partie à la mobilisation de
ressources internes et donne une place de choix à l’initiative privée.
Les récentes découvertes de pétrole, de gaz et d’autres minerais, aussi bien au Sénégal
que dans les autres pays d’Afrique, offrent de nouvelles sources de financement viables
permettant le développement de nos pays par leurs ressources endogènes. La bonne
gestion de ces ressources et dans un cadre commun de concertation et d’échanges
permettra de bâtir notre continent de manière durable. C’est également ce que le Chef de
l’état a compris en initiant le dialogue national, mais aussi en mettant les ressources
nécessaires pour développer le contenu local. Comme dans tout changement de
paradigme, on trouve au départ une initiative novatrice. Massalik en est une, mais aussi
les nombreux jalons posés par le Président Macky Sall, à travers notamment le PUDC
dont la réussite est reconnue de tous et qui est devenu un Label reproduit un peu partout
en Afrique. On peut espérer de lendemains meilleurs non seulement pour le Sénégal,
mais pour l’Afrique entière, grâce à ce nouveau paradigme de développement.

Cheikh Oumar Dieng
Membre de la CCR APR-Section Sherbrooke, (DSE Canada)
Contact : [email protected]

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