Notre « Gorgui » à nous, le patriarche national, Abdoulaye Wade, du haut de ses 93 hivernages, nous a promis un retour au Sénégal ce 07 février 2019, après plusieurs mois où il a séjourné à Doha, aux côtés de son chouchou, Karim Wade.
Que va-t-il nous amener comme « seurithieu » (« cadeau d’arrivée », en wolof) ? De son propre aveu, dans une déclaration prononcée le 05 février, sous les lustres de sa luxueuse résidence de Versailles, dans la banlieue chic de Paris, il nous apporte une contestation du processus électoral en cours et une belligérance contre le pouvoir. Wade a annoncé sa volonté d’user de sa capacité de nuisance pour empêcher l’élection présidentielle prévue le 24 février prochain de se tenir.
Pourquoi ? Parce que son fils, Karim Wade, candidat déclaré de son parti, le Parti démocratique sénégalais (Pds), a été éliminé du scrutin pour cause de condamnation pénale. Ce crime de lèse-majesté (de lèse-prince, plus précisément) insupporte celui qui dirigea le Sénégal de 2000 à 2012 au point qu’il ait décidé, plus que nonagénaire, de replonger dans le très rude terrain de la contestation politique.
Le symbole est dévastateur: candidat déclaré et recalé, Karim Wade, en dépit de promesses répétées de retour à ses souteneurs, a fini par « sous-traiter » le combat à son père, jetant un Abdoulaye Wade émoussé dans la bataille pour garder son confort douillet d’invité princier à Doha. « L’aurait-il fait s’il était de culture typiquement sénégalaise ? », se demandent, de façon récurrente, les Sénégalais.
C’est à la limite son problème si Wade père consent à être l’agneau du sacrifice. Après tout, les passionnés de tragédies antiques mettent beaucoup tout sur le compte de l’amour filial.
Ce qui est problématique, par contre, c’est que le père nous promette le bruit et la fureur parce que son fils ne peut pas être roi. C’est que Wade-père laisse Wade-fils au chaud, sous les ors, lambris et dorures des palais de Doha, pour venir souffler le feu sur les enfants des Sénégalais qui vivent dans notre pays.
Beaucoup de choses se sont passées au cours de ces derniers mois, dont des coupures d’eau et des conflits estudiantins, sans interpeller outre mesure Abdoulaye Wade. Il s’est éloigné du Sénégal après la libération de son fils, et n’y est revenu qu’à l’occasion des élections législatives de juillet 2017. Lorsqu’il a échoué à renverser la majorité parlementaire, c’est-à-dire à frayer la voie du palais au « candidat du Pds », il est reparti… Pour ne revenir qu’après la disqualification dudit candidat par le Conseil constitutionnel…
Ce rapport au Sénégal, qui se décline à travers le seul objectif de porter Karim Wade à sa tête, est plus scandaleux que le scandale. Madické Niang l’a appris à ses dépens.
Avocat, averti de la grave hypothèque qui pesait sur la candidature du fils, ce fidèle parmi les fidèles de la famille a eu l’outrecuidance de se poser en alternative pour pouvoir canaliser l’électorat du Pds. Mal lui en a pris: il a essuyé et continue d’essuyer les foudres du père. Le calcul de Wade est aussi froid et cynique: tant qu’à faire, il vaut mieux une non-candidature qu’un candidat pour occuper le trône de son parti dont seul son fils peut et doit hériter.
Le retour au bercail de Wade, ce 07 février, n’a donc rien de transcendant. Il s’inscrit dans une stratégie de reconquête familiale d’un pouvoir perdu par les urnes. Une stratégie si personnelle ne doit pas conduire les enfants d’autrui, qui font office de chair à canon alors que l’enfant de Gorgui est en sécurité, à casser et à brûler. Abdoulaye Wade, qui a dépassé l’âge canonique où même Dieu est indulgent avec lui, peut se targuer d’avoir fait creuser à Touba sa tombe où il est prêt à aller reposer. Nos compatriotes, eux, à majorité jeunes, souhaitent vivre.
Le Sénégal ne doit pas être brûlé, aucun Sénégalais ne doit être blessé, encore moins tué, pour une cause si triviale. Nul, pas même Abdoulaye Wade, n’a le droit de mettre le feu à ce pays pour les beaux yeux de son fils…

Cheikh Yérim SECK

12 Commentaires

    • To be désolé il y a rien de democrate chez wade tu oublie que Wade à mis des journalistes en prison et qu il esta interdit de séjour au Sénégal Tiken Jafakoly qui le dénoncer d’imposer son fils au sénégalais ils faut arrêté la loi interdictions de manifester au Sénégal sous wade

  1. Yérim ! Si tu l’ignores , alors sache que , la faim , la maladie , le malheur et la mort sont déjà et depuis longtemps dans les hameaux au Sénégal , alors que vous vous goinfrez ton mentor , sa meute et toi .
    C’est un devoir de salubrité nationale et publique , une question même de vie et de mort pour le peuple sénégalais .
    Ce système d’un machiavélisme gratuit , entre frères , que vous avez bêtement installé au Sénégal , est hautement plus meurtrier que l’appelle au refus par Abdoulaye WADE de toute cette manipulation politique d’un autre âge, qui ne nous mène comme tout le monde entier le sait , qu’à une ignoble mascarade électorale , indigne de notre pays . Dans le monde entier tous les peuples opprimés se rebellent . Parce qu’ils préfèrent mourir libres , que vivre esclaves . Et surtout esclaves de leurs propres frères .
    Toute fois Yérim , il faut convenir en toute honnêteté, que ton érudition est avérée , et ton expérience de la géopolitique , au vu de la trajectoire professionnelle qui est la tienne ne souffre d’aucune contestation ; elles te commandaient cependant une autre posture , toi et ceux et celles des fils et filles de l’Afrique sur qui le continent repose tous ses espoirs d’un avenir radieux .
    Vous n’avez pas , pour tout ce que vous représentez pour la jeunesse de notre Afrique , le droit de renoncer en baissant les bras , à la grandeur des hommes de sacrifice , des homme d’honneur , des hommes de destin , pour des privilèges qui ne seront jamais qu’éphémères et d’un goût de souffre , de sentiment d’insatisfaction , et même de profond remords et d’immense regret finalement .
    Reprenez-vous ! Des millénaires d’histoire vous contemplent , en plus du sentiment noble , céleste et d’un infini bonheur du devoir d’un homme de bien accompli .
    L’e bonheur d’une telle vie sur terre , est d’essence divine .
    VOUS GÂCHEZ TELLEMENT DE CHOSES À DE TELLES PETITESSES !
    EUYINEUW …

  2. Regardez moi ce vendu, ses espèces de journalistes analystes manipulateurs qui ne font que déformer à dessein chaque jour que DIEU fait les propos de Wade dans le but d’influencer le peuple naïf dans le sens qu’ils veulent. Nul part Wade a dit qu’il va boycotter les élections, ce qu’il a dit c’est clair, il est venu pour déboulonner Macky sall et empêcher la tenue de ces élections car le processus est biaisée du début à la fin, il a parfaitement raison et il est cohérent avec lui. Mais ces pseudo analystes vendus comme cheikh Yérim seck, Mounirou ndiaye, le nul sociologue Aly khoudia, Momar seni ndiaye etc.. nous tympanisent avec cette chanson démodée réductrice à la limite même indescente oui wade veut brûler ce pays à cause de son fils, hier c’était la dévolution monarchique, du n’importe quoi alors que ce sont ces mêmes personnes qui encourageaient la violence ici en 2012 avec son lot de 12 morts. Nous avons tous entendu lamine diack avoué devant un juge qu’il a financé des jeunes en 2012 pour créer des actes insurrectionnels pour le départ de Wade et si on était dans un pays normal Lamine diack serait traduit devant la justice pour coup d’état. Nous avons vu le 23 juin profitant du respect des libertés de marche inscrites dans la constitution par Wade en autorisant le rassemblement à l’assemblée nationale, l’opposition d’alors et au pouvoir aujourd’hui avec leurs complices de la presse en avaient profité pour brûler le pays alors que même le projet de loi était retiré. Ce sont ces gens qui appellent à la paix aujourd’hui en chargeant Wade de vouloir brûler le pays à cause de son fils qui a subit toutes les injustices du monde les plus ignominieuses sans que ces nafekhs ne pipent mot. Moi je pense que au delà de la personne Wade il y a autres choses qui dérangent ces gens sur la personne parceque je ne peux pas comprendre cette haine cette méchanceté cette hypocrisie à l’égard d’une personne qui est entrain de lutter contre l’injustice, la survie de la démocratie et de l’état de droit dans ce pays.

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