Il y’a de cela un an, le pays était secoué par une situation d’une extrêmes gravité. En effet, 690 élèves maîtres venaient d’être accusés de fraude massive par la tutelle à l’issu de leur examen/concours qui devait les permettre d’intégrer le naguère prestigieux corps des enseignant.  Cette situation avait fini de briser spectaculairement leur rêve. Poussés par un instinct d’orgueil et de survie, ils se constituèrent en collectif pour porter le combat. A l’arrivée, la décision du ministre est cassée par la haute juridiction ouvrant la porte de  l’administration sénégalaise à ces concitoyens sur la tête des quels planent une grave accusation.

Je ne suis ni outillé ni motivé pour commenter une décision de justice parce que profane en la matière. Mais comme la plupart des sénégalais, je reste profondément préoccupé par les conséquences de cette décision si jamais cette fraude était un fait avéré. C’est pourquoi, j’exhorte le ministre Serigne Mbaye Thiam, de convoquer les possibilités qui lui restent pour tirer cette affaire au clair. Il semble, selon ce que nous avons lu dans la presse, que la cour n’a pas dit qu’il n’y a pas fraude mais qu’il n’appartient pas au ministre de le constater.

En conséquence, il convient de fournir tous les documents et les preuves matérielles que vous détenez à la justice pour éventuellement réexaminer le dossier et se prononcer cette fois ci sur la véracité ou non de la fraude. Car, la mission de la justice c’est de combattre l’injustice. Or si jamais vous n’explorez pas ces parcelles que vous offre notre justice, elle ne pourra certainement pas s’auto saisir. Cela veut dire qu’elle ne pourra pas se prononcer sur le fond du dossier. Dans ce cas, s’il  se trouve qu’il y’ a fraude, ce serait très grave car les conséquences pourraient être incalculables pour les enfants qui ont le droit de bénéficier d’un enseignement de qualité donné par des hommes et femmes vertueux.

C’est tout le monde qui a intérêt à ce que cette affaire soit vraiment tirée au clair :

  • D’abord les élèves maîtres incriminés. Ces derniers ont besoin que toutes les étapes de la procédure soient respectées c’est-à-dire qu’ils ont intérêt à ce qu’un huissier de justice constate l’existence ou nom de la fraude. Car ils ont besoin de regarder, dans le blanc de l’œil, leurs concitoyens, leurs collègues, parents, épouses et enfants et se glorifier d’avoir réussi sur la base de leur travail.

 

  • C’est ensuite le peuple qui a besoin que cette affaire soit tirée au clair pour s’assurer que le système qui porte son espoir le plus prestigieux en l’occurrence l’avenir de ses enfants ne soit infecté. Il a besoin d’être rassuré que ses enfants sont/seront dans de bonnes mains et que demain, ils leurs seront utiles comme ils le seront pour leur pays.

 

  • C’est enfin l’Etat qui a la responsabilité première de former le citoyen modèle sur qui reposera le développement du pays qui doit tout mettre en œuvre pour s’assurer qu’il y a fraude ou qu’il n’y a en pas afin de prendre les faveurs ou sanctions exemplaires qui s’imposent. Car s’il n’est pas avéré qu’il y’a fraude, on aura porté un grand tord à des concitoyens et il sera obligatoire de les réhabiliter. Si c’est le contraire, l’Etat devra requérir des peines exemplaires sans faiblesse coupable ni cruauté inutile.

Aujourd’hui tout le monde, le Président de la République en premier, est entrain de décrier et de regretter la perte effrénée des valeurs culturelles sans les quelles, il n’y à point de citoyen modèle capable de booster ce développement qui refuse de décoller. Laisser prospérer la triche et la fraude, si elles existent, dans le système éducatif équivaudrait à promouvoir et à légitimer un comportement qui, demain, se traduira par le mépris des deniers publics et donc  par un vol sans état d’âme de milliards. On doit se poser pourquoi il est plus fréquent d’entendre parler de détournement en Afrique et particulièrement au Sénégal que dans certains pays ? Où est ce qu’il faut chercher la différence et le mal qui ronge notre maigre économie depuis la naissance de nos Etats ?

Falilou Cissé

                                                 Conseiller en développement communautaire

                                                                             77 689 79 44

 

 

 

 

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