» On m’a demandé de signer, j’ai signé. »

Venant d’un chef d’État – celui censé être l’homme le plus renseigné dans un pays -, ces propos (qu’aurait tenus M. Macky Sall) ne peuvent  susciter qu’inquiétude et désarroi. Ils sont d’autant plus légers que les responsabilités qui lui sont confiées sont lourdes et la fonction qui lui échoit complexe et difficile à exercer pour quelqu’un qui en est pleinement conscient. En effet, quand la signature d’un homme peut lier tout un pays ou le  libérer de quelque joug, l’enrichir ou le ruiner, y faire naître de l’espoir et de la joie ou entretenir des cauchemars, assombrir des destins, briser des carrières ou les rendre fulgurantes, faire libérer des personnes de prison ou y influencer leur maintien….celle-ci ne doit pas être apposée sur quelque papier que ce soit avec légèreté, ignorance ou inconscience. Car elle n’est plus qu’une simple signature : elle vaut de l’or. Mieux, elle engage des vies. D’autant que, dans notre pays, avec les pouvoirs démesurés du président, la majorité mécanique dont il dispose presque toujours à l’Assemblée nationale et l’esprit de parti obtus,  elle on ne trouve pas en face d’elle ni contreseing encore moins de contre-pouvoir pouvant empêcher de rendre exécutoires les décisions qu’elle autorise. Dès lors elle doit être utilisée avec justesse et justice, précaution et parcimonie.

N’est-ce pas pour une histoire de signature que le Sénégal est englué depuis dans  la rocambolesque affaire Aliou Sall-Petrotim-BP qui secoue le pays depuis plusieurs jours et tient en haleine la  population qui attend impatiemment son épilogue. Elle semble les figer tant elle occupe si amplement l’actualité et nombre de discussions que tout semble s’arrêter ou graviter autour d’elle.

Une petite signature présidentielle n’aurait t’elle pas suffi pour mettre fin à plus de 70 ans  d’asservissement monétaire à travers le franc Cfa, comme l’a si bien dit le professeur Nicolas Agbohou?
Une signature n’a-t-elle pas engagé notre pays sur les chemins  ruineux des APE dont quelques-unes des conséquences commencent à être vues et ressenties du fait de la présence contestable et très contestée des nombreux magasins Auchan. N-a-t’elle pas entraîné nombre de marches de protestations de plusieurs concitoyens et les signatures de pétitions dans le pays et dans la diaspora pour manifester leur mécontentement?

L’acte ayant gracié Amadou Woury Diallo n’a t-il pas été à l’origine  de la grève des pharmaciens et des propos malheureux tentant de le justifier?

Par consequent, la signature du président est la somme de celles de toutes les personnes à la place et au nom desquelles  il s’engage, c’est à dire de 15 millions de signatures. Aussi, à moins de servir de contre-feu permettant de détourner l’attention et les projecteurs qui sont braqués sur son frère pour les concentrer sur lui, les propos du président sont incompréhensibles sinon dévalorisants et irrespectueux de la fonction.

En définitive,  comme Ousmane Sembene qui affirmait dans Les bouts de bois de Dieu que:  » Quand on sait que la vie et le courage des autres dépendent de votre vie et de votre courage, on n’a plus le droit d’avoir peur », nous disons au président que : quand la « vie » du peuple, sa quiétude, sa prospérité, sa ruine, son courage et son espoir, ses inquiétudes… sont au bout de votre plume,  vous n’avez pas le droit d’en user autrement qu’avec respect, raison et conscience. Car votre signature n’a pas la même portée que celle chantée par la diva de Thiès, Ndèye Seck

BOSSE NDOYE
MONTRÉAL

[email protected]

*C’est juste pour dire  un citoyen lambda en faisant allusion à un des titres chanson de tata Ndèye Seck, appelée parfois Ndèye Seck signature

3 Commentaires

  1. Je combat la politique du président Sall, parce que je ne suis pas convaincue que le chemin pris est le bon pour développer le Sénégal, même dans cents ans et avec dix fois plus de moyens financiers que depuis 7 ans. Par contre, je dis que le président a bien été trompé par Aly N’gouye N’diaye qui ne se doutait pas qu’un jour les Sénégalais découvriraient par quelque moyen que ce soit que le rapport de présentation était faux. Dans tous les gouvernement du monde démocratique, les chefs d’états font confiance à leurs ministres qui préparent les dossiers avec leurs services compétentes . Soyons justes et axons les responsabilités sur Aly N’gouye N’diaye d’abord, ensuite le président Sall, à moins qu’ils y aient des intérêts énormes tous les deux. C’est ma déduction.

  2. « Macky est un sentimental, lorsque c’est difficile, qu’un dossier est très compliqué, je demande qu’on me transfère les dossiers, mon mari est sentimental et sensible, faut pas lui donner les dossiers lourds », confie la Première Dame à un journaliste de l’Express cité par nos confrères. Vous avez dit, influence?

    NO COMMENT !!!

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